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FEUILLE VILLAGEOISE,

ADRESSÉE, CHAQUE SEMAINE,

A TOUS LES VILLAGES DE LA FRANCE,

POUR LES

INSTRUIRE

Des Lois, des Événemens, des Découvertes qui
intéressent tout Citoyen:

QUATRIÈME ANNÉE,

Par P. L. GINGUENÉ.

Heureux le pays où l'on ne trouveroit, ni un seul champ,
ni un seul esprit ineulte !

SEPTIEME PARTIE.

A PARIS,

Chez les directeurs de l'Imprimerie du Cercle
rue du Théâtre Français, no. 4.

Social,

-

793,

L'an deuxième de la Rép. française une et indivisible.

Livres nouveaux qui se trouvent au bureau de l'Imprimerie du Cercle Social.

Lettres sur les Confessions de J. J. Rousseau ; par P. L. Ginguené, in-8°.

2 liv.

De l'autorité de Rabelais dans la Révolution; par le même, in-8°.

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1

**

Chaussard; in-8°.

"

10 l.

2 liv. Nouvel abrégé de la Grammaire de Restaut; in-12. liv. De l'Allemagne et de la maison d'Autriche, par Publicola 2 liv. 10 s. L'année française ou vie des hommes qui ont honoré la France par leurs talens, par leurs services et sur-tout par leurs vertus, 4 volumes in-12. L'Arithmétique élémentaire, in-8°. 2 liv. Acte constitutionnel du Peuple français, jolie édition in-18. Constitution des Romains, et autres OEuvres posthumes par A. Auger; 8v. in-8°. Il en paroît 5. Chaque v. 5 liv.--Déclaration des devoirs de l'homme, des principes et maximes de la morale universelle ; par F. Lanthienas, in-8. 4-15 s.

10 S.

>

Bases fondamentales de l'Instruction publique, par le même in-8°. i 4 liv.

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Les Rouges-Gorges, ouvrage traduit de l'Anglais, destiné à l'éducation. 2 v. in-12. 2 liv. 10 s.

Géographie des départemens, in-12. br. 3 liv. Philosophie de la nature, par Delile, 7 vol. in-89., fig. 50 liv. Voyage philosophique, politique et littéraire, fait en Russie pendant les années 1788 et 89; 2 vol. in-8o. fig.

11 liv.

10 S.

2 liv.

Voyage dans les déserts du Sahara; in-80.
De l'Esprit des religions, par N. Bonneville
in-8°.
Nouveau code conjugal, par le même, in-8o, 1 liv. 10 s.

2 vol.

7 liv.

Printed in FY

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24-46 43841

No. 1. (*)

LA

IVme. Année.

FEUILLE VILLAGEOISE.

Jeudi 3 octobre 1798,

L'an second de la République Française.

P. L. GINGUENÉ,

Aux lecteurs de la Feuille Villageoise.

A MIS

MIS et frères, le tems et la révolution, dans leur cours, emportent ou dispersent les hommes: la liberté seule est stable; et tandis que tout passe, elle demeure. Il faut que l'instruction, qui la soutient et la nourrit, seit permanente comme elle: il faut que cette rosée salutaire, jaillissant toujours de la même source, lai porte le même 'aliment. Le changement de culture lui seroit mortel et cette plante délicate se flétroit sur sa tige, si elle ne reconnoissoit plus la main du cultivateur.

CERUTTI, qui avoit conçu le plan de la Feuille Villageoise, auroit pu l'exécuter seul. si sa santé, déja foible, lui avoit permis un travail assidu. Obligé de chercher un second, il ne trouva que GROUVELLE qui en saisît parfaitement l'idée, et dont le style, se rapprochant du sien, pût mettre dans l'exécution de cet ouvrage de l'accord et de l'unité.

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(*) Plusieurs Souscripteurs ont demandé, et l'un d'eux surtout avec instance, que l'on fit ce changement au titre, pour en diminuer la longueur. Il s'est servi d'une raison obligeante et solide. Dix ligues par Numéro pour un titie! Quel emploi futile d'une place qui seroit si bien remplie par quelque yait d'histoire, par quelque avis, ou par quelque bonne leçon dẻ mofale!".

Septième parties

A 2

Ces deux plumes amies tracèrent de concert pendant la première année, cette institution des villages. Malgré la supériorité de l'une, que l'autre aimoit à reconnoître, souvent on put se méprendre à leurs productions. On complimentoit Cerutti sur les explications lumineuses du système des impositions; il répondoit elles sont de Grouvelle; et pendant cinq mois presque entiers que dura sa maladie l'inaction de sa main défaillante ne parut influer ni sur le mérite, ni sur la téputation de la Feuille.

9

Après sa mort prématurée, son jeune ami, son éleve l'exécuteur de ses dernières volontés, trop commandé par les devoirs d'une place importante (1) pour suffire plus long-tems seul à un ouvrage qui ne souffre ni négligence, ni interruption, ni retard, regarda autour de lui; et les rapports qui existoient entre nos goûts, nos principes philosophiques, notre passion pour la liberté, notre haine pour le fanatisme et la tyrannie; l'intérêt avec lequel j'avois suivi ses travaux, et sur-tout mon amour constant pour la campagne, et l'habitude que j'ai eu d'y vivre, seul moyen d'en bien connoître les habitans, le décidèrent, autant que notre ancienne amitié, à m'offrir ce que j'acceptai avec joie.

Pendant plus d'un an et demi, nous avons rempli ensemble cette tâche intéressante et honorable. Je fus absent trois mois ; et vous ne sutes qu'à mon retour que mon ami vous avoit parlé seul dans cet intervalle. Depuis trois mois, il est parti ; et si j'en crois votre correspondance et votre empressement pour cette quatrième année, vous ne paroissez pas vous être défavorablement apperçus que, depuis ce tems, je corresponds seul avec vous.

Il est parti; et désormais toute son existence appartient aux grandes fonctions dont il est chargé par la République. Nommé son ambassadeur auprès d'une cour neutre (2) dont son ambition et son es

(1) Celle de secrétaire du conscil exécutif.

(2) La cour de Danemarck.

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poir sont de faire bientôt une cour alliée, les tempêtes et les corsaites ont respecté le ministre de la liberté; mais tout entier à la pauie, le voilà perdu pour tous, pour les villages.

cu

Moi, je leur resterai fidèle. Fixé par mon goût pour la vie sédentaire et studieuse, isolé des affaires, n'y tenant que par moa zèle passionné pour les progrès et l'affermissement de la revolution et de la Republique, rien ne peut me distraite de ce qui est devenu mon occupation chéric. En y cousaciant tous les jours quelques heures, (et ce sont mes heures les plus douces) je sens, j'ai éprouvé, que je puis y suffire. Je suis jaloux de ce bonheur; ct, si je n'ai point trop presumé de mes forces, je ne veux plus le partager.

Je marcherai donc avec plaisir et avec courage dans la carrière qui m'a été ouverte par l'amitié, où je l'ai eue pour compagne et poursoutien de mes premiers pas. C'est sans effroi, que j'en mesure l'immense étendue; elle me promet pour long-tems, peut être pour le reste de ma vie, l'heureux et utile emploi de mes méditations philosophiques, de mes douces rêveries sur ce qui peut rendre mes semblables plus heureux et plus libres en les rendant plus vertueux, enfia du peu que j'ai appiis, et de ce que je puis encore apprendre.

Je ne serai point découragé par quelques injures que nous avons recueillies de tems-en-tems, et que je recevrai sans doute encore, soit de certains esprits chagrins que rien ne contente, soit de certains fanatiques de religion ou d'aristocratic et de royalisme, que nous ne nous sommes jamais proposé de conteniter.

Il en est d'autres auxquelles malgré leur injustice, nous avons dû être plus sensibles, et qui n'ont pu être hasardées que par des patriotes prévenus ou inatientifs. Je ne veux ni les rappeller ni les refuter ici. Quel seroit, si ma main ne se elusoit à les écrire, quel seroit l'étonnement de nos nombreux lecteurs, que nous avons si constamment entretenus dans l'horreur pour les rois, pour la noblesse

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