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bord dans les rangs, & virent ensuite défiler en colonne par escadrons & par quatre les troupes, qui pafferent également devant la reine & devant Madame. Madame Clotilde & Mme. Elisabeth y étoient aussi venues, ainsi qu'un grand nombre , de seigneurs & de dames de la cour.

Le même jour , le Sr. de Brosses , ci-devant pré: fident à mortier au parlement de Dijon, a prêté ferment entre les mains du roi pour la place de premier président du même parlement, à laquelle S. M. l'a nommé. Le Sr. de Berulle, premier pré. fident du parlement de Grenoble, eut l'honneur d'être présenté au roi, & le commandeur de Vel. theim, ministre plénipotentiaire du landgrave de Heffe-Caflel, eut une audience particuliere du roi, dans laquelle il remit à S. M. les lettres de rappel.

Le départ du roi pour son sacre. eft fixé à demain, 5 de ce mois. Sa Maj. arrivera le même, jour à Compiegne, & y restera le 6 & le 7. Elle couchera le 8 Fîmes; le 9, à Reims. Le 10, les premieres vepres; le II, la cérémonie du la cre, le 12 , repos ; le 13, cérémonie des chevaTrers de l'ordre du St. Esprit, où le roi sera reçu grand-maitre souverain de l'ordre ; le 14, la cao valcade; le 15, la procession de la fête-dieu. Le 16, S. M. se rendra à Compiegne, d'où elle par tira le 19, pour revenir ici.

PARIS (le 6 Juin.) Il paroit une déclaration du roi, donnée à Versailles le 8 Avril dernier, & registrée en parlement le 22 du mois dernier, qui rétablit l'ordre des offices des conseillers au cha telet de Paris, fixe les gages & pensions attachés auxdits offices, ordonne l'emploi d'iceux dans l'état des charges de la recette générale des finances, de Paris, & la suppression des offices de payeur des gages dudit châtelet.

L'attention da miniftere eft particulierementa fixée sur cout ce qui peut servir à favoriser le commerce des grains, & à afturer au peuple une abon dance qui depuis plusieurs années a été bannie i de ce royaume par

des abas
trop invétérés

pour être déracinés d'un seul coup. Un arrêt du con-, seil du 8 Mai, qui vient d'être publié, por te « que le roi ayant , par son arrêt du 24 Avril, dernier, accordé différentes gratifications à ceux : qui feroient venir des grains étrangers dans les différens

ports du royaume, a ręco.a nu qu'il étoig utile d'en étendre les disposirions aux grains qui souvent arrivent des pays étrangers par terre dans quelques-unes des provinces de son royaume qui font dans le cas d'en avoir besoin, & singoliere ment dans les provinces d'Alface, de Lorraine, & des trois évêchés ». Les gratifications accordées par cet arrêt à ceux qui feront.yenir des grains de l'étranger, par terre, dans lefdices provinces, sont de 15 lols par quintal de froment, & de 12 fols, par quintal de seigle, de 18 fols par quintal de fa sine de froment, & de 15 fois par quintal de faris ne de seigle &c.

Un autre arrêt du conseil d'état du roi exempte: la ville de Reims de tous droits d'entrée sur toute espece de denrées quelconques pendant tout le, tems de la cérémonie du Sacre & du séjour de S. M. dans cette ville.

L'ordonnance du roi concernant l'infanterie françoise, en date dų 26 du mois dernier, ramene, à son véritable point le but du service; elle rea, met à leur place ceux que des graces prématurées ayoient portés à des grades supérieurs, tels que, celui de colonel. Ce titre s'étoit si fort multiplié qu'on comptoit plus de mille colonels fans troupes & sans fondions; ceux qui en sont honorés, ne pourront plus concourir aux grades supérieurs, s'ils n'ont été mis en activité par un service réel.

Ok ne pourra passer à la majorité qu'après 20 ans de service. Nous nous proposons de rendre un compte plus détaillé de cetre ordonnance, qui réunit tous les suffrages.

Les princes & pairs se sont assemblés au parlement les 17, 19 & 264 mois dernier. On a coria tinué pendant ces trois séances lecture des procédures du châtelet, dans l'affaire du maréchal de Richelieu & de la dame de St. Vincent.

· Ee maréchal de Richelieu a fait imorimer & pu. blier un mémoire intitulé : Réfutation des sacs fduffement présentés dans la requêre contenant les prétendus moyens de nullité proposés par la dame de St. Vincent.!!

Le service du châ elet-écane diftribué par colonnes qui lervent un mois dans chaque chambre, treût éé très-embarrassant que le rapport qui se fait de l'affaire du comte de Guines, eût passé sous d'autres juges devant lesquels il eût fallu commencer de nouveau; pour prévenir cet inconvénient, dans le cas où le procès ne seroit pas en écat d'être jugé dans ce : mois, le roi a donné des lettres parentes pour que les juges de ce mois soient continués pendant tout le tems' que durera cette affaire.

Il avoit paru un écrit imprimné, portant pour ti! tre : Mémoire sur la nature; l'origine & les progrés de l'affaire pour le comte de Cuines , ambafa. deur du roi, contre le nommé Tori, ci-devant for: Secrétaire. Ce mémoire a été supprimé par un arrêt du conseil d'état du roi, du 16 Mai , portant ce

Le roj s'étant fait représenter un imprimé ayant pour titre :: Mémoire sur la nature, l'origine &-lesprogrés de l'afuire pour le come' de Guities, ambasadeur du roi, conire le nommé Tort, ci-devant son secrétaire, n'a pu voir sans mécontentement, que le comte de Guines donnant un sens forcé à la permission que S. M. lui avoit accordée d'emprun

qui suit.

ter-de fa correspondance particuliere avec le sue d'Aiguillon, les noyens nécessaires pour sa défense contre le nommé Tort, avoit osé se permettre de déférer à l'opinion publique un ministre du feu roi, donc S. M, elle-même a reconnu que la conduite avoit été conforme à la volonté du feu roi & à ses ordres donnés de l'avis de fon confeil. Le roi ayant considéré en outre, que les faits sur lesquels le comte de Guines veut inculper ce ministre , sont étrangers à l'objet de son procès contre le nommé Tort, sur le jugement duquel ils ne peuvent avoir aucune influence, le maintien de l'autorité royale exige de S. M.qu'elle anéantiffe un vuvragepeu conforme au caractere de celui pour qui il a été composé, & qu'elle réprime une licence con. traire aux principes de l'ordre public & à l'ordre judiciaire; à quoi vou'ant pouçvoir, oui le rapport.

Le roi étant en fon.conseil, a ordonné. & ordonne que l'imprimé ayant pour titre : Mémoire .fur la nature, l'origine & les progies de l'affaire pour le comte de Guines, ambasadeur du roi, con

tre le nommé Port, ci-devant son secrétaire, sera „.& demeurera supprimé, comme contraire au respe& dû à l'autorité de S. M. Fait défenses audio comte de Guines & à tous autres, de le diftribuer

& de l'employer , sous peine de désobéissance, Enjoint à tous ceux qui en auront, des exemplaires, de les rapporter au greffe du conseil dans la huitaine; le toụt sous les peines au cas appartenantes. Le 16 de Mai 1775, ligné Gravier de Vergennes.

Le Sr. Türt vient de donner un résumé, ou troj. Sieme mémoire contre le comte de Guines, tendant à réfuter ce qui a été dit contre lui,& à établir ses preuves. Par un

pofl-Scriptum, il annonce qu'il répondra succintement aux deux derniers mémoires du comie de Guines.

Le Sr. Gaullard, ci-devant chargé des affaires du roi d'Berlin, grievement offensé dans la répu- tation par le Sr. Tort dans fon second mémoire contre le comte de Guines , a présenté'requêre & plainte en diffamation, & vient de la rendre publique par la voie de l'impression , tant contre le

Sr. Tort que contre fon avocat , comme s'étant prê. té à la calomnie par fa signature au mémoire,

Comme le grand âge & la santé chancelante du cardinal archevêque de Reims donnent lieu de èraindre qu'il ne puiffe faire la cérémonie du facre, il s'est élevé une contestation entre le coadjuteur de cet archevêché & l'évêque de Soissons pour ces augustes fonctions ; & ces deux prélats cherchent à établir leurs prétentions réciproques dans des mémoires qu'ils ont fait imprimer. Le coadjuteur foutient que les évêques de Soiffons,

qui fondent leur droit sur la possession , ne peuvent - álléguer aucune occasion où ils aient fait le sacre au préjudice d'un coadjuteur. L'évêque de Soiffons a répondu par une consultation de plusieurs avocais , qu'il est indifférent à l'adminiftration de la province &aux droits des prélats, que le métropolitain ait ou n'ait pas un coadjuteur établi pour ton foulagement, & non pas qu'ils aient-deux * archevêques à la fois; que, selon tous les auteurs,

les coadjutoreries font odieuses en ce qu'elles fer· Vent de voie indirecte pour transmettre les béné-fices contre la disposition des saints canons ; que felon la loi , le 'coadjuteur ne devient titulaire - qu'après la mort ou'démission de celui dont il n'est

que le vicaire , parceque l'unité de l'église exige qu'il n'y ait qu'un pafteur pour un troupeau ; que la - fonction précieuse du sacre érant dévolue de droit à - l'évêque de Soissons, 'elle ne peut être déléguée à "son préjudice par l'archevêque de Reims; & enfin, que son coadjuteur , qui ne peut agir que comme grand-vicaire, n'est pas partie capable de con2 tefter le privilege de l'évêque de Soillons, ni d'afpiser ay droit de lui être préféré.

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