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lement, trouva sur son passage une multitude predigieuse de peuple rassemble, qui faisoit retentir l'air de ces cris : Point de papisme! point de lour françoises! point de roi papijie-protejlant ! Vive į jamais le duc de Glocelier ! (opposant au bill en question.) A son retour du pårlement, où Sa Majesté venoit de consommer la besogne papiste, elle rencontra sur son passage une foule de peuple encore plus considérable , qui renouvella avec plus de châleur les mêmes acclamations : S. M. fut accompagnée de cette sorte jufques dans la rue du parlement, vis-à-vis la maison du Sr. Churchill, où le Sr. Wilkes étoit à la fenêa tre. Tout-à-coup les cris de joie & d'alégresse ayant succédé aux signes de mécontentement, le roi mit la tête à la portiere de son carrosse: mais le peuple , pour ne pas induire S. M. en erreur, cria à haute voix: Vive Wilkes à jamais»! Le roi continua sa marche, en méprisant les cris de cette infolente populace.

Un bill plus fameux, plus important que celui dont on vient de parler , est l'acte concernant le port de Boston: le ministere de Londres perfifte dans la résolution de le faire exéeuter, & les co. lons dans celle de s'y opposer de tout leur pouvoir. Dans ces jours de crise & de fermentation, les colonies Américaines attirent tous les regards de l'Europe, & semblent vouloir vérifier l'événement prédit par de grands politiques, qu'elles formeront un grand empire indépendant de leur métropole. Obligés de mesurer la rédaction de ce journal aux bornes qui lui sont prescrites, nous avons rendu un compte succint de ce qui s'est passé dans ces contrées : les pieces que nous allons y ajouter , feront connoitre dans un plus grand détail les mesures prises par les Américains pour s'oppo: ser aux résolutions du parlement d'Angleterre.

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7:)

Rifolution prise le 19 Juin 1974, dans la chambre des re

présenians de la province de Maffachu fel-baye, à la pizo ralité de 129 voix contre 12.

« La chambre, ayant pris en, considération les malheurs sans nombre auxquels les colonies Américaines, & par. ciculierement cette province, font & doivent être rédui. tes par l'cffce de cei cains a&es passés depuis peu en parle

ment, a jugé qu'il est absolument néceffaire de nomnier un capaz comité qui s'assemblera le plutor pullible, avec les comi

tés qui seront établis par les différences colonies du cuno tineat, pour délibérer ensemble sur l'écac présent des colonies , & pour fe concerter & se détermin:r fur des mesures sages & propres à écre proposée & recommandées à

toutes les colonies, afin de recouvrer & d'alfurer leurs Phi, 13-2, juftes droics & leurs libertés civiles & religieuses, &

de faire revivre cerce union & cette harmonie entre 16 Grande-Bretagne & kas colonies , fi ardemmeoc defirée par tous les bons citoyens. En conséquence, l'honorable Jacques Bowdoin, écuyer , l'honorable Thomas Culbing, écuyer, les Srs. Samuel Adanus, Jean Adams,'& Robert Trear-Paine , écuyers , ont écé nommés pouc former le comite de cette province à l'eff-e fus-dir; & trois d'ener'eux formeront un Quorum ( commillion particu. Jiere, choisie d'entre lesmen.bres du comité) pour s'afem bler avec cels comités ou dépucacions de la part des autres colonies , qui våt déjà été non'nés, ou seront nonmés dans la suite, soic par les chambres des citoyens ou des représentans des dires colonies , soie par convention , ou par des comités de correspondance, établis par les chambres respectives d'assemblée, afin de s'assembier dans la ville de Philadelphie , ou daas telle aucre

place qui fera jugée la plus convenable par tous les de ferme comités, le ier. Septembre prochain. La chambre a de

plus sólolu de faire payer audic comité , hors le tréfor public, une somme de soo liv. fterlo , pour le mercre en état de répondre digaement à la confiance qui a été mise en lui; de laquelle fomme les membres du dit comicé feront responsables , après s'être acy uitcés de leur commiffion

Cetre séfolurion ayant été envoyée par la chambre des représentans à celle du conseil, cette derniere y concourue d'abord. On voulut en conséquence, recommander aux différentes villes ou diftrias de lever & payer au Sr. Thomas. Culbing, Boston, le 15 Aoûr, leur quuce. part dans la somme de soo liv, fterl., accordée au co

Supplément. 3e. trimestre, 1774. D

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de Londres

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Tous les ( years Ves, qué Jarr dear redictions prelcrita ce qui si

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us graza s pozast

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trité, selon une-life' formée à cet effet , & à pros portion du cadafire le plus récent de la province. Le gouverneur refusa , non : feulemene. l'expédition de ces lectres circulaires ; mais il envoya encore le même jos fon recrétaire aux deux chambres pour les informer qu'il avoit jugé à propos de dissoudre l'assemblée. Le chambre des représentans, de son côré, refufa d'écouter son message : le secsécaire , ayant trouvé la parte fermée, chargea l'hoitier de dire à l'oraceur , qu'il étoit chargé d'un message à la chambre de la part du gouverneu, & qu'il demandoit à y étre admis pour s'en acquitter : mas l'huillier de retour lui répondit, a qu'il en avoit intor mé l'oraceur ; que celui ci avoie communiqué sa deman. de à la chambre; & que fur cela , elle ayoic donné of. dre de tenir fa porre fermée ». En conséquence le général Gage fic lise & publier de l'escalier qui conduit à Ja chamo e des représeorans , en présence de quelques wiembres de cette assemblée & d'un grand nombre d'ave tres personnes, une proclamation qui fue immédiatement apr's publiée dans le conseil;elle étoit de la cene ir suivante

Vu que les procédés de la chambre des représentans dan la présente séance de la cour générale, font cause qu'il of néceffaire de dissoudre , l'assemblée générale; à ceere caule ja jugé à propos de dissoudre la dire a Temblée, & de dispenser la membres qui la composent, d'y affifter è l'avenir.

L'assemblée générale de la province se trouvant dissoute par la proclamation qu'on vient de rapporter, il se tine, le même jour, à l'hôtel de Faneuil, une grande affemblée de francs-tenar.ciers, & autres habitans de Boston; on y prit, sous la préfidence du Sr. Jean Adams, écuyer, la réfolution suivante.

sor la convocation faire , la ville a pris de nouven en consideracion l'article proposé dans l'ordre de l'ale semblée; sçavoir, d'aviser aux mesures propres dans is eonjoncture aétuelle des affaires publiques, particuliere ment à l'égard de l'édit du parlemene brirannique pour bloquer le pore de Boston , & anéanrir le commerce de retre ville :. & après de sérieux débats, il a été réco's unali mement (à l'exception d'une seule voix ) ore le comité de correspondance fera chargé d'écrire á pour tes les autres colonies; pour les assurer de noue ani. vité sur les mesures à prendre dans la présenre riceti é des affaires publiques ; que nos concitoyens, lus hr frans du plat pays de cette province, concourear, iros

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un courage & une unanimité fans exemple, à la réfisJwion de ne puine faire usage des marchandises importé-s de la Grande Bretagne, & que nous attendons avec la plus grande impacience le résultat d'un congrès de cou a tes les colonies du continent, dont nous defirons ardemmene l'afsemblée, comme nous confiane encierement dans la fagefle & dans la fermeré, & étant prêcs à acquiescer à tout ce qu'elle jugera devoir arrêter,

Ensuite le comité de correspondance remit devant l'affemblée les lettres qu'il avoit reçues en réponse à celles qu'il avoit écrites aux différentes colonies, ainsi que les lettres écrites des ports de mer de cette province , lorfqu'on y-eut reçu le bill du port de Boston. Après cette lecture il fut unanimement résolu de remercier , de la maniere la plus sincere & la plus affe&ueuse, les concitoyens du continent du vif intérêt qu'ils prennent au sort de Boston & le comité de correla pondance de la fidélité & de la vigilance avec lesquelles il s'acquittoit de la commission qu'on lui avoit confiée, en l'exhortant à continuer de fervir la patrie avec le même zele, & la même activité.

Les marchands & francs-tenanciers du port de Salem (où, suivant l'acte du parlement, le conmerce de Boston devoit être transféré) présenterent, le 18, au général Gage, une adrefie dont voici la traduction.

Nous les marchands & francs-tenanciers de la ville de Salem, demandons la permission de vous présenter nos humbles félicitations sur votre nominacion, au gouvernement de cerce province. Le tribue général d'applaudissement & de recongoillance qu'on a rendu à voire sagefle, à votre bonté, & à l'exacte régularité de votre conduire dans un autre commandement, ne peut manquec de fáire naitre l'accence la mieux fondée que cecie province va jouir des heureux fruits de la douceur de votre caractere,

Nous sommes profondément touchés du senciment de nos calamicés publiques ; mais les affreux malheurs qui vont fondre sur nos concitoyens dans la capitale de cette province , exciceat principalement abors

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fenfibilité, & nous espérons que V. Exc. fera cout ce qui dépendra d'elle pour empêcher que de nouvelles calamicés ac s'accumulent fur ce-peuple, déjà fi amere. ment affligé.

Il y a des gens qui s'imaginent qu'en fermant le port de Bofton, le cours du commerce en pourra être décourné vera Salem, & à notre avantage ; mais la nae Cure , par la formation même de notre pore , nous a défendu la rivalité de coinmeşce avec ce marché fi com. mode & fi convenable : & quand même cela ne feroit pas ainsi, il faudruic avoir renoncé à toute idée de jus. tice, il faudroit avoir perdu coue stacimcác d'humanité, pour se permettre seulement la pensée d'acquérir des richesses & d'élever nofre fortune sur la ruine de nos malheureux concitoyens ; mais , bien loin de retirer de l'avantage de ce que le port de Bofton a été fermé, aous en refloncons le plus grand préjudice , parce que cette mesure nous prive du marché pour la plus grande partie des marchandises d'importation que nous recevions des Indes occidentales, & il n'y a pas une feule ville dans cette province qui n'en ressente les effets ruiReux. Permettez nous donc, Monsieur, d'avoir recours de yoire boncé & à votre justice, pour vous prier de nous donner coue le foulagement qui eft en votre pouvoir , & de nous procurer tout le redresemeac posible d'un cort aussi étendu & aussi général.

Nous regardons comme le plus grand malheur qui půt nous arriver, que cecce province, qui s'eft coujours diftinguée par la fidélité aux souverains de la GrandeBretagne , par ses efforts pour défendre leurs étacs & aggrandir leurs domaines, soit la premiere à reffentir la disgrace la plus sévere de notre roi. Nos ancêtres, pour fe Toustraire à l'oppreffon , une bravé couc danger , & ont formé ici un'établissement dans un pays inculce qu'ils one, pour ainsi dire, créé eux mêmes. On ne sçauroit presque croire les facigues & les difficultés de tout genre qu'ils ont éprouvées, en défrichant un désert affreux & Aérile, fourmillant de bêtes féroces , & d'hommes plus sauvages encore ; mais , par un courage invincible & fupérieur à tous les obftacles , ils ont enfin réuisi à les sur. moorer, & par des efforts éconnais ils om beaucoup facilicé l'écablissement des autres colonies britanniques en Amérique. Oui, Monsieur , nous le difons avec douleur, les fils sone châtiés & déshonorés pour avoir donne des preuves qu'ils ont hérité de quelque porrioa de ce généreux courage qui dans leurs peres produifit des effecs fi surprenaus.

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