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que nous ferons expédièr par notre crès-cher & féal chras. . celier, à ceux que nous aurons choisis pour les remplir. Voulons qu'ils soient reçus , avec sermen , par les lieu. tenans civil & criminel en notre chacelet de Paris, fur les conclufions de notre procureur audit châtelet , infosmation de vie & meurs préalablement faire.

III. Voulons qu'à l'avenir , tous les arrêts , jugemeos & sentences 'portant la contrainte par corps pour cause

de dettes civiles, ne puissent être signifiés que par us chuiffier commis à cet effec par lesdits arrêrs , jugemens & sentences , à peine de nullité de ladite signification : enjoignons à tous juges d'y tenir la main.

IV. La fignification desdits arrêcs , jugemens & fenrences , fera faire à la partie condannée, en parlzoc à fa personne, finon laissée en fon domicile , en présence de deux voisins, dont les noms & qualités ferone portés dans ladite signification, laquelle fera signée d'eux ; fic Aon , sera déclaré qu'ils ont été interpellés de ligner.

V. Lesdits arrêts , jugemens '& sentences , ainfi bien & duement signifiés , feront remis à l'un desdirs officiersgardes, pour être la contrainte par corps ò portée exécu. -rée , sans qu'il soit besoin de faire , à l'avenir , le com. mandement qui étoit d'usage par le passé, à l'instant de la capture & emprisonnement du débiteur, dont nous avons abrogé & abrogeons la formalité. Faisons défense aux huissiers , & à cous autres, à cainprer du jour de la publication & enregiftrement du présent édit, de s'immiscer dans l'exercice de la contrainte par corps, à peine, contre la parcie , de nullicé, & contre les huissier & aucres, d'amende , d'interdi&ion, même d'être poursuivis extraordinairement, fi le cas y écher.

VI. Les arrêts , jugemeos , & fentences, porcane con. srainie par corps pour doctes. civiles , pourront être mis à exécution dans l'intérieur des maifons tous les jours

& à coure heure, à l'exception coutefois des fêtes & dimanches, à moins qu'il n'y aic' ordoppance sentence, jugement ou arrêt qui , dans des cas urgens, en pere mectroient l'exécution lefdits jours de fêres & dimanches; ce que nous laisons à la prudence de nos cours & juges. Voulons néanmoins, que lesdites contraintes ne puiffent être mises à exécution pendant la nuit , sans l'atliftancs d'un commissaire, dont les frais de transport & vacation feront payés par la partie poursuivante , sauf à les répérer.

VII. Lesdits officierg-gardes du commerce auront une masque dininkive en forme de baguerre, laquelle ils fe.

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sont tenus d'exhiber aux débiteurs condamnés lors de l'exé. curion de la contrainte.

VIII. Lesdics officiers pour l'exécution desdices contrainres pár corps enjoindront , de notre ordre , aux parties condamnées, de les suivre dans l'une des prisons de notre bonne ville de Paris; ordonnons auxdites parties condamnées, de quelque qualité & condition qu'elles soient , d'y obtempérer à l'instant , à peine , en cas de refum, d'écre punis comme réfractaires à nos ordres , & pourfuivis comme rébellionnaires à justice à la requête de nos procureurs, auxquels enjoignons d'y renir la main ; le tour faute par ces débiteurs de payer sur le champ le montant des condamnations en principal & ir-érêts.

Ix. Faisons pareillement défenfes à toutes personnes , de quelque qualicé & condition qu'elles soient, d'ufer envers lefdics officiers d'aucuns propos injurieux, ni d'aueune voie de fair , sous les mêmes peines de désobéidance à nos ordres, & d'être pareillement poursuivies comale pour fait de rébellion à justice. • X. L'écrou sera fair en la forme ordinaire sur le regirtre des prisons par l'officier qui aura arrêté le débiteur; & copie d'icelui , ensemble du procès-verbal d'einprison

lui feront laitiées. A l'égard des recommandations qui pourront survenir, elles continueront d'être faites par les huiffiers.

xi. Ét pour que les débiteurs ne puissent désormais trouver une recraire , au préjudice de leurs créanciers, dans nos maisons & autres lieux privilégiés, aucorison's lefdits créanciers & lesdits officiers-gardes du commerce requérir des gouverneurs de nos maisons & châteaux , & du priucipal officier desdits lieux privilégiés d'en faire expulfer le débiteur, & de permettre que la contrainte y foit exercée ; nous réservant, en cas de refus de la part desdirs gouverneurs & principaux officiers , d'y pourvoir ainfi qu'il appartiendra.

XII. Avons attribué & attribuons auxdits officiers-gara des du commerce par chaque capture la somme de 60 liv., fans qu'ils puissent rien exiger au-delà pour main-forte ou toute autre cause que ce soit , & ce à peine de con. cussion, laquelle sera allouée dans la taxe des frais concre la partie condamnée ; & dans le cas où lefdits officiers ne parviendroient pas d'arrêter le débiteur, il sera dres-fé proces verbal, pour lequel il leur sera payé seulemenc la somme de 20 liv, &c,

nement

,

Nous avons rendu compte précédemment du

mémorable incendie, qui a réduit en cendres, le 30 Décembre dernier, la plus grande partie de l'hôtel-dieu de Paris. Voici quelques détails historiques qu'on vient de publier sur cette maifon, consacrée par l'humanité, au soulagement de cette foule de maux dont l'indigence est si rarement exempte.

L'origine de l'hôtel-dieu remonte aux premiers tems de la monarchie françoise. On prétend que St. Landry en est le fondateur; qu'Erchinoald, ou Archambaud , maise du palais, fous Clovis II, céda, pour cet établissement, un palais qu'il avoit auprès de la cathédrale. Quoi qu'il en soit de cette opinion, combattue par plusieurs écrivains , il paroic certain que cet hôpital existe depuis le 7e. fiecle, & qu'il y avoit auparavant, dans le même lieu un monaftere de filles. L'évêque de Paris & les chanoines de nutre-dame avoient une égale autorité sur l'hôtel-dieu; & en 1002, Renaud, évêque , céda fes droits au chapitre. Sous Philippe I, en 1095, Guillaume de Montfort donna aux chanoines l'église de St. Chriftophe. Depuis cette époque, l'hôpital fur gouverné pas deux chanuines, sous le titre de proviseurs , & les fonctions du St, miniftere furent remplies par deux prêtres de la cathédrale, à la chapelle St. Christophe & à notre dame. En 1217, Erienne, Doyen de l'église de Paris, conjointement avec le chapitre, introduisit un nouvel ordre dans l'administration de cette maison. Les fraturs de ce tems, prouvent qu'il y avoit 4 prêtres, 4 clercs, 30 freres laïcs & 25 sæurs. Cecte forme fut changée daus la fuite. Sous le regne de St. Louis & de fes fuccefseurs, on appelloir freras & fæurs de la maison, les per. sonnes des deux sexes consaciées au service des malades; mais dans l'année 1505 ; le parlement fir un réglement, dans lequel ils sont nommés religieux & religieuses. C'ef dans ce cems que le prévôc des marchands & les éche. vins choisirent 8 bourgeois notables & an receveur, pour régir les affaires teniporelles de cette maison. Un arrêt de 1536 introduisit & chanoines réguliers de l'ore dre de St. Augustin , pour veiller à la réforme ; & 4 ans après, un second arrêt ordonna que l'observance réguliere de l'abbaye de S. Victor feroic suivie à l'hôtel-dieu ; qu'on y porteroic l'habir , & qu'on observesoit les pratiques en usage dans cetre abbaye. Il étoit réservé à Genevieve Bouquet , dice du St. nom de Jésus, d'établir en 1630, ua: derniere réform. Cette maicoa ift

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desservie , pour le spirituel, par 24 ecclésiastiques, sous la jurisdi&ion immédiate du chapitre, exercée par 4 dépurés qu'on nomme tous les ans , & qu'on appelle ada ministrateurs ou visiteurs. Le premier de ces eccléfiafti. ques a le citre de maitre. Depuis 1644, les administrareurs temporels font au nombre de 12, sous l'inspection & l'autorité de l'archevêque & des premiers magistrars. Cet asyle est ouvert aux malades de tout sexe , de couc âge, de route condition, de tout pays & de route religion: 90 religieuses de l'ordre de St. Auguftin, des chirurgiens, ý servoient dans 21 salles différentes, les malades à qui on donne tous les secours dont ils ont besoin.

Les bâtimens ont reçu des accroissemens fuccessifs. Avant St. Louis, 3 ou 4 corps de logis avec l'ancienne chapelle de Sr. Christophe , en formoient l'enceinte. Ce prince l'aggrandit considérablement, & versa cant de bienfaits sur l'hôtel-dieu , qu'il en est regardé comme le fondateur. Les bâtimens s'étendirent entre la riviere & la rue des sablons, & abourirent bientôt au petit pont, où l'on avoit båti une chapelle sous le nom de Ste. Agnès. On acheta des terreins auprès de cette chapelle, en 1463. On perça de ce côté, une nouvelle entrée,

& l'on éleva un portail. La rue du fablon fut enfuice -bouchée, en exécution d'un arrêt du 27 Mai 1511, & l'on $ y construisic une galerie. Cet endroit s'appella jusqu'au

13e. fiecle, la sablonniere , & en 1300 la rue du Sablon, & depuis rue & ruelle des Sablons. Elle est aujourd'hui coupée en différentes parties ; &'fermée à ses extrémités. L'abbaye Ste. Genevieve y avoir 7 maisons , qui ont faic ensuite partie de l'hôtel dieu. Le cardinal Antoine Duprat, légar en France, fic construire la salle nommée du légar, une de celles qui ont été incendiées. L'hôtel. dieu ayant fait de nouvelles acquisitions dans la rue de la bucherie , Henry IV fic rebâtir, en 1606, la salle de St. Thomas & conftruire les piles du pont où elle aboutit, pendant qu'on travailloit , par les libéralités de N. de Pomponne de Bellievre , à la salle St. Charles , qui a donné le nom au pont. En 1626, les administrateurs firene construire une voûce le long de la riviere & báo cir pardessus une nouvelle falle. Iis obtinrent ensuite la permition de faire élever un pont , qui fuc achevé en 1634, & dont le péage fut fixé par Louis XIII ; l'hô. tel-dieu prie une forme plus érendue en 1714. On ag. grandic les anciens bâtimens, & l'on en conftruifit de nouveaux. En 1737, la nuit du 1 au 2 du mois d'Aour, le feu pris dans un des greniers de cerce maison, &

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se conmuniqua aux autres avec cant de violence, l'incendie dura jusqu'au du même mois; mais il fi beaucoup moins funefte que le dernier.

Outre le projet de bâtir l'hôtel-dieu dans un endro plus convenable, on a encore celui d'aggrandir le parvo notre-dame & la rue qui y conduit. Le nom de Para viene, selon Ducange, de celui de paradis qu'on donnoit aux aires ou places réservées devant les basiliques. Le parvis fut augmenté en 1748, lorsqu'on abattit l'é glife St. Christophe , & qu'on fupprima la rue de la Huchette. On y démolit une fontaine construite en 1639; à laquelle écoit adossée une ftatue. Il falloit que cette figure fût bien mutilée, puisqu'on la prise pour l'image d'Esculape, de Mercure, d'Erchinoald, de Guillaume d'Auvergne, évêque de Paris, de Jésus-Chrift, enfin de Ste. Genevieve. C'écoir dans une maison du parvis que se cenoient les écoles publiques , avant l'établiffe meat des colleges. Il y avoit une échelle patibulaire , qui étoit la mar. que de la justice de l'évêque. Cette place eft principalement célebre par l'exécution du jugement des templiers, qui a étonné les fiecles suivans. Ce fut au parvis notre-dame gue Berenger & Etienne, cardinaux & légats de Clément V , tirent dresses, le u Mars 1314, un échaffaud sur le quel ils monterene & firent monter apgès eux, le grand maitre des templiers , le commandeur de Normandie & deux autres freses. Là, ils leur luren: , en présence du peuple., la confession des crimes qu’on imgutoit à leur ordre , & la sentence qui les condamnoit , quoique ces malheureux chevaliers proceftaffear de leur innocence.

Nous avons présenté dans le dernier supplément, le tableau général de la population de la France, d'après le sçavant abbé d'Expilly : pour donner à nos lecteurs des notions plus particufieres sur cet objet important, nous aurons encore recours au même écrivain. On trouve dans son ouvrage le relevé des naissances , mariages & sépultures d'environ 41 , 000 paroisses que contient ce royaume , pour deux époques éloignées l'une de l'autre , la premiere de 1690 à 1710, & la seconde de 1754 à 1763. En prenant de chaque époque 10 années ; sçavoir , de 1691 à 1700, & de 1754 à 1763, il résulte qu'année commune , il

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