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dont l'ainé n'est agé que de dix huit ans, fort parens de MM. Pasquier, & fils de comman. dant de la Garde Nacionale de Sémur. Ce der nier , ancien Gendarme & décoré de la croix de Saint-Louis , répandoit la nouvelle que res fils étoient bréverés , & disoit avoir une lettre du ministre de la guerre qui leur offrcit des emplois militaires ; ceçendant fitôt que ce commandant a our parler de la lecere de 43. Girardot,.& de l'indignation des bons citoyers qui alloient retirer les drapeaux de ses mains., il est allé au devant en offrant la démission de: fa place ».

Des Patriotes Brabançons furent admis , le 18 Septembre, à la séance de la société des amis de 'la Constitution de Maubeuge. M. Rochambeau, alors président de cette société, leur fit la réponse suivante :

« Messieurs les Pacriores, vous fçaviez apprécier la liberté, vous la défiriez, & des évé. nemens malheureux vous ont privé de fa conquête. Les amis de la Constitution Françoise enbrassent le monde entier dans leur système de philantropie, & c'est à ce titre, Messieurs, qu'ils esperent qu'en retournant dans votre pays, vous y jerierez les germes de nos projets bienfaisans, pour qu'ils y produisent une recolte abondante ».

Elle fut imprimée par ordre de la société ;. mais le Gouvernement des Pays - Bag Autrichiens, prompt & s'alarmer, a conçu de l'ombrage de cette réponse , &'1'a regardée comme un libelle incendiaire ; il s'est adressé au. ministre, de l'io terieur pour avoir des renseignemens fur cet objer. Le ministre a interrogé les Cops Administratifs du département: du Nord ;, la municipalité de Maubeuge dair. an-dreffer procès-verbal., & relle est la ré.

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ponse de la société des amis de la Constitu-
tion à ces demandes bizarres & ridicules :
A MM. les officiers municipaux de Maubeuge.

« Messieurs, par quelle étrange curiosité le Gouvernement - général des Pays-Bas Aurrichiens ofe-t-il faire des recherches inquisitoriales sur le résulcat de nos procédés v.

La France, libre depuis la Révolution, ne reçoit la loi d'aucune puissance étrangere, & Je ministre de l'intérieur n'est pas à la hau teur des lois nouvelles , quand il qualifie du moc libelle un ouvrage signé de nous.

Les amis de la Conftitution de Maubeuge foot les amis de l'humanité, ils ont rappelle leurs, principes aux Patroites Brabançons qui ont allitté le 18 Septembre à leur séance , ils leur ont dit qu'ils fermoient un instant les yeux sur leurs malheurs paffés, mais qu'ils leur présageoient leurs fuccès à venir. Oui Meffieurs, les principes qui dirigent notre Gouvernement représentatif seront des fanaux fuffisans pour les préserver du naufrage, & Je livre sacré de nos loix philosophiques sera un jour ouvert au monde entier.

« Telles sont les opinions qu'ils se font gloire de profeffer, & l'insolence du Gouvernement des provinces belgiques est pouffée à l'extrême, quand elles prétendent trouver mauvais l'expression franche & amicale de, nos sentimens sur le sol qui nous a vu naître , surtout dans l'instant où elles ont l'impudence d'apperç voir difficilement le rassemblement hoftile des officiers françois réfugiés à Ath, parjures à leurs fermens, & rebelles à la loi de leur pays ».

« Telle est la réponse que M. le ministre de lintérieur auroit dû, faire, au nom de la Nagion Francoise , à la reclamation indiscrete du Gouvernement des Pays-Bas Autrichiens ,

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nous vous prions, Meffieurs, de lui en faire pager une copie fidelle, afin qu'elle puiffe servir à régler la conduite future ».

Signés , Donatien-Marie-Joseph ROCHAMBEAU, LAMBERT, HUCQ, SOYER , CAULIEZ , BERU PHILIPPE DE FLES, DALMAS, BocQUET, & un grand nombre d'autres signataires.

Nos papiers ont publié une lettre de M. Ri. bié, datée du Havre-de-Grace le 30 Novembre, & dont voici les détails les plus curieur,

« Je suis parti du Cap François le 17 Otobre dernier ». Etat des habitations incenitées, jusqu'au 14

Odobre 1991, décofé sur les bureaur de
l'Asemblée générale de Saint-Domingue.

944 cafereries.
164 fücreries.
14 cotonneries.

12 indigoteries.
168,000 Negres en infurre&tion.

Et 1200 habitans, gérents, économes, & autres égorgés.

« A l'inflant de mon départ, on craignoit du Port-au-Prince les nouvelles les plus affligeantes. La ville du Cap eft maintenant un tableau de misere : les habitans de la plaine qui ont eu le bonheur d'échapper , & qui avoient précédemment les plus brillantes fortunes, s'y Tont réfugiés : ils vivent maintenant de la ration du roi, & font habillés de la charité des citoyens; enfin , cette viile, bier encore fi opuiente, ce Paris de St. Domingue, ne s'est conservé jusqu'à présent contre l'ennemi commun que par une surveillance & une intrépicité rares' de la part des Blancs & des gens de couleur qui font un service forcé. Plusieurs camps sont placés aux extrêmités de la ville

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pour en défendre l'approche : il y a souvent des attaques, méme des combats sanglans ; mais on a beau triompher des rebelles, c'est une hydre; plus on en détruit, plus ils semblene se multiplier ; ils ont une bravoure fau; vage, ne connoiffent point le danger, & vien nent jusqu'à l'embouchure du canon ; ils ont également des camps formidables, du canon, une cavalerie fort bien montée, des armes & des munitions de guerre. M. d'Alfas, major du régiment du Cap, & parent du Curtius françois , fait des merveilles dans le poste qu'on lui a confié. M. Pajot , jeune créole d'une bravoure à toute épreuve, a le commandement des Mula:res; il s'est signalé dans plusieurs a&ions; il est chéri de ses soldats, & redouté de ses ennemis. M. de Thouzard, commandant au Terrier-Rouge, a défait-le. camp de Galifet qui étoit occupé par un nombre prodi. gieux de révoltés, & leur a pris deux pieces de canon aux armes d'Espagne, ce qui donne de grandes inquiétudes ».

« Les Negres se sont donné un souverain qu'ils appellent le roi Jeannot; il a une cour assez considérable : ils sont toge affublés des vols qu'ils font; il ne respectent rien, tuent tes hommes, Iss enfans mâles, & ne gardent que les femmes blanches ).....

« On a pris dernierement la reine Jeannette, on l'a mile dans les prisons , on lui a fait fon procès : mais le jour qu'on la fait fortir pour subir son arrêc de, mort, les révoltés ont fait dire que si l'on tranchoit les précieux jours de l'au. guste Jeannette, soixante femmes blanches, qu'ils tenoient prisonnieres, alloient éprouver le même fort. Alors les Blancs, moins par refpeet pour les ordres du souverain noir, que par huinanité pour leurs femmes, leurs enfans,

leurs fours enfin, ont fufpendu l'exécution & ont fait rentrer fa majesté jusqu'à mouvel ordre ».

« Le jour même de notre départ , 1500 hommes du Cap sont partis pour attaquer le camp de l'Embarcador a l'Acul. Veuille le ciel leur avoir donné un bon fuccès ».

GRANDE-BRETAGNE

LONDRES ( le 2 Décembre ). On a derpiérement jugé au tribunal du banc du roi l'affaire de M. Perry , propriétaire de l'Argus , accusé d'avoir reproché aux ministre de faire de la gazette de Londres le réceptacle de leurs mensonges, pour agioter 'à leur aise dans les fonds publics.-M. Perry a dit qu'il n'y avoit plus de liberté de la prefle s'il étoit poursuivi au criminel pour un pareil article ; que son papier ne contenoit rien de feditieux; qu'il n'aitaquoit pas le Gouvernement, mais ses agens ; qu'il étoit reçu qu'un papier public devoit être la sentinelle du Peuple, & le met. ye en garde contre les mesures dangereuses du Ministere. Il s'est plaint de la dureté avec faquelle on le traitoit, en a appellé à ses meurs pour prouver qu'il étoit un honnête homme, incapable de soulever le peuple. — Cependant, sur les conclusions du procureur-génécal, il a été condamné à 1oo liv. fterl. d'a: mende, & à la prison jusqu'au paiement de cette amende, fans préjudice du tems qu'il devoit y refter en vertu de sentences anté. rieures.

C'est ainsi que la liberté de la preffe , n'est plus qu'un mot. vuide de fens, que le mibiftere foule aux pieds.

En attendant le Swallow , qui doit nous apporter les nouvelles officielles de l'Inde, it

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