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dans ces mers,

l'amirauté en état de satisfaire à la prote&tion que demande le commerce de nos côtes.

Il paroît plus évident de jour en jour, que les américains ont des vues sur l'Irlande. Le 13 Juillet, un bateau de pêcheur , appartenant au port de Limerick, fut hêlé par trois corfaires ; le patron, en conséquence, ayant paffé à bord du plus gros, montant 22 canons & plein de monde , y fut retenu près de deux heures; ce tems fut employé de la part du capitaine américain à lui faire plusieurs questions sur le plus bu moins de force de différentes villes d'Irlande, sur le nombre des vaisseaux que les anglois avoient

& enfin sur les fortifications des ports les plus considérables de ce royaume. Il ne put se défendre de répondre fur ces différens articles, & il remarqua que l'on prenoic note de tout ce qu'il disoit. Après lui avoir fait Iubir ce long interrogatoire , on lui fit présent d'une bouteille d'eau-de-vie, & de quelques bifcuirs; ensuite il eut la liberté de se re: irer. On a communiqué ces détails alarmans aux seigneurs de l'amirauté.

En conséquence des déprédations des armateurs, la foire de Chester, la plus considérable de toute l'Angleterre , n'a pu avoir lieu certe année, les vaifl'eaux qui apportent d'Irlande les toiles qui forment le principal objet de cetre foire se trouvant pour ainsi dire bloqués dans les différens ports de ce royaume.

Le gouvernement.a ordonné que l'on répare incessamment les fortifications de Kintale , de Waterford, de Carickfergus, de la Calanque, de Corck & d'autres ports & villes d'Iilande. Six frégates vont ausi s'établir en croisiere dans le canal St. George, pour y intercepter les corsaires américains, ou du moins prévenir les desseins

#u'ils semblent avoir formés contre l'Irlande, & le commerce de ce royaume.

On apprend d’Air, capitale de la province de ce nom en Ecolle, que les bourgeois s'y sont enrégimentés pour veiller à la défense de leur viile, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à craindre de la part des corsaires qui infestent les cores occidentales.

Une des plus riches maisons de la cité , & peut-être de l'Europe, a été obligée ces joursci de faire un emprunt de 50 milie liv. Iterl. pour foutenir fon crédir: on parle de sept banqueroutes considérables qui seront déclarées au premier jour. M. Wooldridgs, alderman de la cité de Londres, vient de faire une faillite considéTable. Son commerce principal étoit avec l’Amérique, & la guerre actuelle lui a fait perdre plus

de 100, ooo.liv. fterł. , fant à défaut de paiemens de la part des Américains, que par la prise de quelques-uns de ses vaisseaux.

On rapporte le fait suivant concernant le vain Yeau de guerre le Phénix, commandé par M. Parker. Lorsqu'il eur jetté l'ancre au poite qui lui étoit affigné, les gens de l'équipage apperçurent un hoinme qui remorquoit un ras de carêne, * paroisfoit fort einpreilé à gagner l'autre bord de la riviere ; M. Parker envoya son lieutenant pour découvrir ce que ce pouvoit être ; l'homme te voyant approcher, coupa l'amarre, & s'éloigna. On sé fajsit du ras de carène, il étoit chargé de plusieurs barils de poudre que le capit. fit placer dans la Ste. Barbe. Une demie-heure après, on vit un autre homme ramant de toute la force vers le vaisseau ; on le laisia approcher ; il demanda à parler au capitaine , il fut reçu à bord, & conduit dans la chambre de poupe;

là il s'informa si l'on avoit enlevé les barils de poudre, & demanda oji on les avoit mis : ayant reçu des réponses à cas

queftions, « qu'on les retire , Monsieur, dit-il au capitaine, ou votre vaisseau va sauter dans quelques heures ». Il apprit alors à M. Parker qu'on avoit renfermé dans l'un des barils une efpece de pendule qui au bout de trois heures devoit produite l'effet d'un briquet , & mettre le feu à la poudre. On ouvrit le baril qu'il désignoit, & l'on y trouva effectivement cette curieule piece de mécanique.

Extrait d'une lettre de Galloway en Ecosse,

24 Juillet.

Nous ne voyons dans nos parages que des pavillons américains ; aucun de nos navires n'ofe mettre en mer, & nos Sages ministres ne nous envoient que des secours inutiles. Un gros vaisseau de ligne qui croise à la hauteur de nos côtes, ne peut nous étre d'aucun service ; autant vaudroit-il mettre un bæuf à la poursuite d'un lievre dans l'espoir que celui-ci seroit devancé par l'autre.

Il y a huit jours que nous fümes allarmés par des volées de canon qui durerent pendant plus de huit heures, & nous venons d'en apprendre le sue jer : deux corvettes de S. M., & une lettre demarque , appartenant à des négocians de Liverpool, étoient aur prises avec un corsaire améria cain. Celui-ci, quoiqu'il ne fút monté que de 20 canons, coula les deux corvettes à fond , & l'autre vaisseau fut obligé de s'éloigner à force de voiles.

HOLLANDE.

LA-HAYE ( le 4 Aonit. ) Jamais il n'y eut plus d'apparence d'une rupture prochaine entre la France & l'An. glecerre. Suivant plusieurs lecres de Paris, le viomie Stormone , ambaladeur de cette derniere puissance , a dé. claré hautement au comie de Vesgennes, miniftre des

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áfaires étrangeres, que le roi, fon maitre , éroie erdit mécontear de l'efpece de procedion que la France fembloic accorder aux Américains. Dans l'audience que ce tord eur ensuite de S.M. T. Chr., il renouvella les mêmes plaintes, Les uns disent qu'il a reçay'afurance qu'il se. roit défendu aux négocians françois de fournir aucune efpece de secours aux insurgens, & que les vaisseaux amé. ricains ne pourroient refter à l'avenir plus de 24 heures dans les ports de France. D'autres assurent que s. M. T. Chr. a répondu qu'elle avoit résolu de maintenir l'honneur de fon pavillon, & de défendre la liberté & le commer: ce de les sujets ; que ses ports ne seroient fermés qu'à les ennensis , mais qu'ils seroient toujours ouverts aux na. cions dont elle n'avoit aucun sujet de se plaindre ; que d'ailleurs,S. M, n'aimoit ni ne de froit la guerre, mais qu'elle ne la craignoit point. Ces lettres ajoutent que le mêm me ambassadeur avoir demandé que l'on ceffär d'armer dans les ports de France. & qu'on croyoit qu'un consei? qui s'éroic tenu à Versailles, avoit eu pour objet la ré. ponse qui seroit faite au lord Scormont. Les avis de Toulon porcent que des ordres de la co

cour qui ne sont peut-être que des précautions, portent , de visiter coutes les batteries donnant sur la mer, pour les incare en état de défense ; 2°. de mettre deux nouvel. les frégates de 30 canons de 12 fur le chantier. Elles sep conr à l'entreprise, & non à la journée du roi. L'une s'appellera la Magicienne , & l'autre la Précieufe ; 3o. de meare.en radoub le vaisseau la Bourgogne. 1. Ces avis ajoutent que les vaisseaux le céjar,

commandé par M. de Barras; le Hardi, par M. Treffemanes, & la Mi. gnone par M. d'Entrecafte aux , font partis de Toulon, sans qu'on scache leur destination; après un mois de campagne , ils doivene , die on, rentrer dans ce port , & deux autres vaisseaux avec une frégate prendront la méme rouge.

Suivant une letire de Douai, il y a ordre de conduire de cette ville à Dunkerque 185 pieces d'art.llerie , dont 60 pieces de fiege. D'autres avis porient qu'un bataillon du régiment d'artillerie de Metz doit se rendre à St. Malo, où il sera joint par des détache mens de 60 homines de chaque régiment du corps royal de l'artillerie. Quand ces nouvelles seroit ne fondées, on ne regarde ces mouve. mens que comme des précautions devenues nécessaires dans les circonstances a&uelles , & non comme le signal d'une guerre que la fageffe de s. M. T. Chr. cherchera tous jours à éloigner de les écars,

On apprend que le marquis de la Fayecte a débarqué ca

Amérique , près de la Providence , & qu'il a été accueilli avec tout l'enthoufiasme que devoit naturellement inspirer son généreux dévouement. Il a déja levé un corps de 300 hommes, dont la plupart font Framons. Quelques lettres all'urent que le congrès lui a accordé deux ségimeas , l'un d'infanterie, & l'autre de cavalerie,

Les papiers publics anglois rapportent la lettre suivance que l'on fait écrire par le général Howe au minikres chargé du département de l'Amérique.

MYLORD, Celle-ci est pour vous faire sçavoir que j'ai fait passer l'armée dans les Jerseys ; j'ai été moi-même. reconnoire Pennemi ; mais voyant que l'armée n'étoit composée que d'une canaille déguenille , & prejque mourant de faim, commandée par l'archi - poltron Washington , j'ai cru qu'en l'attaquant je dérogerois à l'honneur du nom anglois. En effet , étoit-il digne d'un général coinme moi , étoit-il digne de mes braves vétérans d'aller se mesurer á de pareils grec dins? ADieu ne plaise! Enconséquence , je me suis retiré vers New.Yorck pour m'y délal'er de la fatigue de mon voyau ge , & me défaire des maux de cæur & des nausées que m'a causés le spectacle dégoktant de ces bélitres. Je laisse à la pros vidence comme dit notre bon roi, le soin de les réduire & je me tiendrai coi dans New-Yorck pour y atiendre cet événeinent qui ne peut tarder.

Les choses étant ainsi , je ne doute pas que S. M. n'ap. prouve ma conduite ; & je vous prie , Mylord , de bien apa puyer sur l'égard fingulier que j'ai pour l'honneur & larke puiation de ses armes. Adieu, Mylord , je me flatté que j'aurai du moins votre approbarion ; je fais ici la guerre, à peu près comme votre Seigneurie la fit aux plaines de Minden.

Mon frere se proposoit de vous écrire par la même occa. fion; mais n'ayant rien à vous dire, ce sera pour une au-? Ire fois.

Extrait d'une lettre de Dunkerque , le 22 Juillet. Le capitaine Cunningham a mis à la voile le 17 de ce mois , à 6 heures & demie du soir , au moment qu'on s'y astendoit le moins , avec le gros armateur qu'il a équipé dans ce port : il faisoit roue au nord. Notre amiraná s'éloit: emparée , par ordre de la cour, de ses voiles & de son goue vernail , mais ils bui ont été rendus peu avant son départo On assure que 12 à 13 petites frégates ou cótiers croia fent entre Calais & la cóie de Zélanie , pour le guetter & l'aliaquer. Le jour suivant , il est venu à la rade de celle ril#

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