Page images
PDF
EPUB

lui plait.

de proposer un échange à telles conditions qu'if

L'abbé Terrai , alors contrôleur-général, envoya toutes les parties par-devant l'intendant de Limoges on fon subdélégué,& d'après les enquêtes & le rapport, le conleil d'état rendit un arrêt le 26 Juillet 1774, qui ordonne à ceux qui , par ruses ou par menaces,s'étoient fait rendre par les préreurs une somme de plus de 137 mille liv., de la restituer conformément à la liquidation de l'intendant. C'est cette décision dont le parlement a pris connaissance, la jugeant contraire aux loix civiles, canoniques, &c.

Depuis l'arrêr rendu dans l'affaire du maréchal duc de Richelieu, la dame de St. Vincent ne s'est point retirée au couvent, comme on l'avoit cru; elle a pris un appartement chez son procureur:

On doit se rappeller que l'archevêque de Lyon a été maintenu par un arrêt du parlement dans fa prétention d'atujcttir les chanoines comtes de Lyon aux regles canoniques, & à abdiquer certains usages pour le spirituel. Ce prélat a voulu depuis érendre la domination sur le temporel, & d'après le refus de ce chapitre noble de lui donner communication de tous ses rcvenus, il a obtenu par défaut un arrêt qui ordonne que tous les biens seront faifis & iéquestrés. Les chanoines ont député ici pour s'opposer à cette exécution , & ces nouvelles discussions font portées au conseil d'état. Des députés du parlement de Grenoble , man

ont reçu ordre du roi de s'en fetourner fans passer par Paris. M. de Clermont-Tonnerre a été chargé aussi d'aller tenir une nouvelle féance à cette cour de justice pour y bitfer les arrêtés pris depuis la premiere, contre M. de Moydieu. On dit même que si ce parlement persévere dans la réfiftance, il sera difsous & tranfporté à Valence, où la plupart des membres confentent de le composer, & de reconnoitre M. de Moydieu pour procureur-général.

dés en cour ,

M. de Bellegarde, détenu au château de Pierre. Encise, par ordre du roi, & d'après le jugement rendu par le conseil de guerre tenu à l'hôtel des invalides , au sujet de la réforme des armes, vient d'obtenir d'é:re tran: firé à Pa• ris , à l'Abbaye. Cette grace femble annoncer la révision de son affaire.

Le parlement de Nancy a rendu , le 27 Mars dernier, un arrês par lequel il déclaro nul & comme non avenu , l'arrêt du grand conseil du 13 du même mois ( voyez 2e. quinz. d'Avril, pag. 30 ). Il défend de nouveau à tous les bailliages & lieg spréidiaux de fon reffort, de rien registrer ni publier de l'autorité du grand confeil, le tout à peine d'être procédé contre les contrevenans , &c. Cet arrêt établit que l'autorité du grand-conseil est nulle en Lorraine, & dans la partie du Barrois qui y eft jointe, ou elle n'a jamais eu d'existence depuis les traités qui ont fait paffer ces provinces sous la domination de la France. Il est dit, en relevant les exprellions de l'arrêt du grand-conseil : « C'est le grand-conseil lui-même qui n'a pas assez fléchi aux conséquences de l'espece de critique qu'il s'est permis de faire sur le mot de sanction, employé dans l'arrêt du parlement de la maniere la plus conforme aux vrais principes confitutifs du gouvernement françois , dont ceux hazardés par le grand conseil tendroient à opérer la destruction ».

La liberté rendue au commerce & aux arts & métiers par l'édit de Février , auroie dans le nicment, des suites préjudiciables, si le gouvernement n'avoit prévenu le désordre par

pu avoir

[ocr errors]

les réglemens les plus sages; en conféquence, il a été défendu à tous ouvriers & compagnons travaillans dans les atteliers & dans les boutiques, de quitter leurs maîtres sans les avertir 15 jours d'avance ; & on a enjoint à tous les apprentifs d'exécuter les engagemens pris par leur brevet d'apprentissage , attendu que ce sont des especes de contrats fynallagmatiques, dans lesquels les maîtres échangent leurs connoissances contre le travail des apprentits. D'un autre côté,les maîtres actuels de tous les corps de métiers , fans convention particuliere , ne reçoivent chez eux aucun ouvrer venant de l'attelier de leurs confreres ; ce qui a mis un frein à la pérulance des con.pagnons.

Le plan de réunion de toutes les loteries pas roit être abandonné. Le comte de St. Germain a craint d'exposer à l'inconftance de la fortune les entrepreneurs qui devoient rendre une somme déterminée pour les fonds de la guerre.

Il est fort question de réformer l'établissement des Quinze-Vingt, qui est actuellement régi par un supérieur-général , & 12 gouverneurs ou administrateurs. Suivant ce projet

on ne verroit plus mendier dans les rues de la capitale de malheureux aveugles, dont l'hospice jouit , dit-on, d'environ 80 mille liv. de rente; ils seroient bien logés, bien vêtus & bien nourris, & l'on emploieroit à d'autres objets l'excédent de leurs revenus.

On vient de paver la place de Louis XV dans les routes qui la traversent, & l'on a placé de beaux gazons environnés de barrieres dans les autres parties. Cette opération étoit très-néceffaire par l'incommodité qui résultoit de la poussiere & de la boue dans les tems de sécheresse ou de pluie. On en a fait autant à la cour du Louvre, & à la place qui est devant son superbe péristile.

[ocr errors]

1

On a célébré, le 24 du mois dernier, un fervice à l'hôtel-royal des invalides pour le repos de l'ame du feu maréchal comte du Muy. L'archevêque de Paris y, a officié, & l'oraison funebre a été prononcée par l'évêque de Senez.

Suivant les lettres de Bordeaux, la réception de M. le duc & de Mad. la ducheile de Chartres eft au-dessus de tout ce qu'on pourroit se figurer. Il faudroit connoître le local pour se représenter le magnifique effet que doit produire l'arrivée d'un brigantia , voguant entre le quai & une file de plus de 600 bâtimens , aux acclamations d'un peuple immense de la ville & des environs, & au bruit des décharges multipliées du canon des vaisseaux, & des batteries de terre. Ce fut le 12 du mois dernier que L. A. firent leur entrée dans cette ville : elles avoient fait prévenir les francs-maçons qu'elles defiroient être admises dans leur superbe loge, où elles souperert;

il y eut un bal qui dura toute la nuit. Le 13 & le 14 , l'hôtel-de-ville & M. de Clugny, cliez qui L. A. ont pris leur logement, leur ont donné des fêtes brillantes. L'elcadre d'évolutions, commandée

commandée par M. le comte du Chaffaut , & avec laquelle M. le duc de Chartres doit faire campagne, fera trois divisions ; la premiere eft composée du Zodiaque, vaisseau de 75 canons, de la Renommée, de 28, de la Terpf.core, de 30, de la Sylphide , & de L'hirondelle de 16: la seconde de la Provence vaisseau de 64, la Su.tone & l'Alemene de 26, la Flèche de 18, la Sardine de 16; la troisieme composée du Solitaire de 64 canons, la Sensible de 24, la Diligente de 16, la Perle de 10, & l'Ecureuil de 16. M. le duc de Chartres monte le Solitaire.

On apprend qu'il ne faut plus compter la ReNommée au nombre de ces vaisseaux. Cette fré

[ocr errors]

gate a donné sur une rache, en sortant de la rade de Breft ; tout l'équipage s'est fauvé, mais le bâtiment a péri.

Le grand-maître de l'ordre de Malte vient d'envoyer au comte de Marcellus, lieutenantde roi de la province de Guienne, une bulle qui l'autorise à porter la croix de l'ordre.

On écrit de Soissons , que le curé de Pavant ayant été gratifié d'une pension sur l'archevê-ché d'Auch , étoit monté en chaire , & y avoit contracté l'engagement de ne faire ulage de ce bienfait de la cour, qu'en le consacrant à l'utilité de ses paroisfiens. Il n'entend point , leur dit-il, augmenter par-là les charités qu'il est dans l'usage de faire. Ces secours sont une dette dont il reste toujours chargé de la même maniere envers les pauvres infirmés. La pension qu'il tient des bontés du roi, appartient à ceux qui chercheroient vainement de l'ouvrage, & auxquels il en procurera ; & pour que ces trayaux deviennent le bien de tous , il afsemblera chaque année ses habitans , pour convenir des chemins à réparer, des communes à deffécher des digues à opposer aux inondations , &c. « Si nous vivons, ajouta-t'il , affez longtems pour que nous ne sçaçhions plus à quoi nous occuper, alors , -mes chers amis , nous regarderons nos voisins, & nous leur dirons : Vous êtes n'is freres, vous nous eilijiez aidés, si vous l'eufliez pu, permettez-nouls.de voils étre utiles , & njus proJongerons les chemins de chez eux à leurs voifins, &c. » Il voulut terminer son discours par : une priere pour le roi,& elle fut interrompue par des tranlports, & des cris de vive le roi& non tre curé.

On vient de graver le portrait d'un autre palteur respectable, du sieur Mungodin , curé de

[ocr errors]
« PreviousContinue »