Page images
PDF
EPUB

de la retraite ; surquoi notre petite escadre s'éloigna de l'ennemi, & Je nit en fiireté dans le cunal. La flotte ottomane rejia devant nous, & tenta le 13 Tuin, de nous fureer a quitter notre pofte, mais vainement : mulgré fa superiorité, notre fiorille l'a empéchée jusqu'a-présent de tenter aucune descente. Au moment que je finis cette lettre, l'ennemi paroit faire des dispositions pour nous attaquer une feconde fois. ; Revel (le 20 Juillet.) Le prince Auguste de Holstein - Gottorp a perdu malheureusement la vie. Le 3 de ce mois, après midi, il monta fur Ia hune du grand mât de la frégare à bord de la

quelle il se trouvoit; c'étoit pour la zme, fois qu'il avoit donné cetre preuve de son agilité; mais, en descndant vers les 5 heures, il s'embarrafla dans une des cordes, tomba à la renverse sur le

pont, & de-là dans la mer. Comme le bâtiment étoit à la voile, il fut impossible de le fecourir, quoiqu'il fut bon nàgeur, & que divers matelots offrissent volontairemene leurs services. Jusqu'à préfent on n'a point retrouvé fon corps, quoique toute la flotte ait' attendu dans ces parages, pendant qu'on faisait toutes les perquisitions possibles pour le découvrir,

S U E D E. STOCKHOLM ( le 31 juillet.) Depuis la cérémonie du mariage du duc de Sudermanie, il ne s'est point parlé de jour fans qu'il y ait eu quelque fête à la cour. Le 21 de ce mois, on donna à la duchelle son époule le spectacle d'un combat fimulé; le régiment des gardes, celui de la reine douairiere & le corps d'artillerie s'afsemblerent pour cet effet , dans la plaine de Ladugard, & furent partagés en deux divisions, dont l'une exécuta ses manquvres tous les ordres du roi, & l'autre fut conduite par le duc d'Oftrogoxhie , frere de S. M. Le 22 , on termina les divertissemens par un grand bal masqué, qui s'ouvrit entre 10 & 11 heures du soir dans l'orangerie du château , & dura jusqu'à 6 heures du matin. On donna le même jour une seconde représentation de l'opéra Birgel-Jars, dont le plan & l'invention sont du roi, & la poésie du comte de Gyllenberg, conseiller de la chancellerie.

Les fêtes du mariage étant ainsi terminées , la famille royale s'est séparée. Le duc & la duchelle de Sudermanie font au château de Rosersberg; la reine douairiere alla le 23 à Drottningholm, & le meme jour , L. M. le rendirent à Eckolmlund, où le roi travaille avec la plus grande ailiduité. Comme S. M. a permis au comte de Scheffer, fon premier ministre, d'aller prendre les eaux de Loka, c'est elle-même qui entretient la correspondance avec ses ministres dans les cours étrangeres. Le conseil privé s'y assemble fouvent, sans qu'on puiffe sçavoir le résultat de ses délibérations, qu'on présume devoir être très-importantes. S. M. y à fait la cérémonie de recevoir chevalier de l'ordre de l'étoile polaire le Sr. de Celsing, président du college de commerce, & elle a créé chevalier de Vafà le lieutenant-colonel Anckerstrom chevaliers de celui de l'épée, l'avocat fiscal Ruckerschiold, le professeur Gustave Liungberger & le secrétaire Henri Fougt. Le chambellan baron d'Ehrensward a été nommé pour aller notifier à la cour de Pétersbourg le mariage du die de Sudermanie, & S. M. a difpofé du gouvernement de Louisa en Finlande , en faveur du lieutenant-colonel Riddercreutz.

Le roi a fondé dans l'université d'Upfal une nouvelle chaire d'anatomie, qui a été confiée au docteur Murray. La nouvelle église d'AdolpheFréderic, dont on a commencé la construction dans la même ville , sous les auspices du feu roi,

[ocr errors]

avance beaucoup, sans qu'on ait été obligé de faire pour cela une collection publique. Le roi qui veut contribuer à l'exécution de cer' édifice, a prolongé jusqu'à la fin de 1782 l'impôt d'un ocre par liv. de café applicable à ce bâtiment; cette imposition qui n'est point gênante , a com mencé le 9 Janvier 1772.

Lorsque le comte de Vergennes eut l'honneur de prendre congé du roi, S. M. lui fit présent d'une bague de grand prix, comme une preuve de l'estime particuliere qu'elle avoit pour la per fonne : elle daigna aulli faire présent d'une superbe bague au marquis de Goustainville, gentilhomme d'ambaffade , qui est parti d'ici avec le comte de Vergennes.

Le roi a donné un édit par lequel il déclare que les dectes contractées par les personnes de la maison royale, ne seront plus payées à l'avenir 's ni par le trésor de la couronne,

les effets mobiliers des contractans. S. M. parle des dette's déjà faites, & de celles à faire : elle prétend que chaque prince de son sang, paye. exactement les fiennes sur son revenu ; elle leur recommande le meilleur ordre à cet égard, afin que les grande n'aient point d'exemples dont ils puissent le prévaloir pour faire impunément des dettes, comme cela n'arrive que trop souvent ailleurs, surtout dans les états despotiques , où le souverain craint plus les sujets, & eft plus obligé de tolérer les désordres. · S. M. a envoyé en même tems dans toutes les provinces de ses états une lettre circulaire qui lupprime tous les emplois qui ne se trouvent pas dans l'état de 1696; ce qui comprend tous ceux qui ont été créés pendant & depuis le regne malheureux de Charles XII, notamment en '1714. C'est la commillion de l'état qui a représenté au roi que cette réforme étoit nécessaire. On croit que S. M. modificra cette premiere lettre circu. laire par une seconde, & que cette réforme n'au. ra liea que peu à peu.

ni par

>

le roi vient de renouveller les ordres déjà donnés aux gouverneurs de provinces de veiller à la confervation des forêes ; s. 11. a accordé une récomp nte de 3 mille d hlers, monzoie d'argent, à un artiste qui a inventé une nouvelle méiliode de titler, infiniment pius fimple & plus courte que celle qui étoit connue. Un autre artiste a trouvé, dit-on, le moyen de préparer l'acier, de maniere à pouvoir en faire du linge.

Un com iis qui avoit contrefait un billet de banque de 60 mille de hlers, monnoie de cuivre, a été surpris au moment où il vouloit le chana ger. Il a été arrêté sur le champ, & fa sentence eft prononcée par le papier même qu'il cherchoit à négocier ; car chaque effet de banque a pour devile ces mots en langue suédoise : quiconque contre fera un billet de banque fera pendu.

On apprend de Cronfiait qu'on y a essuyé un incendie qui a réduit en cendres plusieurs m.iisons, dont il ne reste plus que les ruines. Quelques jours après ce malheur, un orage ruina les districts de Zeyden & de Weydenbach , dont les campagnes sont tout-à-fait abîmées. Pendant cet orage , qui dura plus d'une heure , la force du vent enluva le toit de plusieurs maisons; les grêlens étoient ligros, qu'ils tuerent & bleilerene en

tombant quelques hommes , & plusieurs animaux. On n'étoit pas encore revenu de la terreur qu'avoit inspirée ce délaftre, que le tonnerre tomba dans la ville même, & mit le feu à une maison; il se communiqua aux édifices voisins, & en dé truisit plusieurs. On n'est pas encore en état d'évaluer le dommage causé par ces fléaux.

DA NE MARC K. COPENHAGUE (le 6 caout.) Le 3 de ce mois,

[ocr errors]

le prince de Raffadale , envoyé extraordinaire du foi des Deux-Siciles, a eu la premiere audience du roi, & de la famille royale.

Par une ordonnance du 28 du mois dernier, le roi déroge à son édit du 11 Février '1771, qui défendoit la distillation de l'eau-de-vie de grains.

Le roi defirant de contribuer de plus en plus aux progrès de la navigation, vient d'envoyer deux sçavans à l'extrénité de la Laponie Norwégienne, dans l'ille de Wardhuus entre le zone. & le 71me. degrés de latitude. L'objet de leur voyage est de fixer avec précision la longitude du bourg de ce nom. Ils ont également ordre de vérifier les positions des principales villes de la Norwege. L'isle de Vardhuus , ou Wardoë, n'est séparée du continent que d'un quart de mille & n'a que trois milles de tour. Son bourg est fitué sur un bon port , & peut être regardé comme le dernier lieu du monde qui foit fortifié du côté du pole ar&ique. Malgré les tentatives

infructueuses faites pour connoitre les iftes & les mers qui sont fous le pole antar&ique qu'une frégate angloise, accompagnée de deux bâtimens chargés de provisions, est partie pour aller tenter les découvertes que les autres vailseaux n'ont point faires , cependant l'exemple des capitaines Furneaux & Cook n'est guere propre à les encourager; mais accoutumés depuis longtems à ces fortes d'entreprises, les Anglois, qui de 15 ou 16 navigations célebres, prétendent à l'honneur d'en avoit produit 9 ou 10, auront peutêtre encore la gloire de quelque découverte extraordinaire dans ces mers. On est instruir des courses des anciens marins, & l'on trouve tous les jours, sur des plages inconnues, des Européens qui attestent que des bâtirnens y font pira venus ou à dessein, ou dominés par les tem êtes.

on dic

« PreviousContinue »