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Jablonowski , & M. Brunck associé-libres regnicole, pour remplacer le feu président de Brosses.

On voit ici un lynx d'environ 8 mois, qui n'avoit pas plus de 6 semaines, lorsqu'il fut pris dans les Pyrénées , par un chasseur qui venoit de tuer la mere, & qui les avoit apperçus l'un & l'autre sur un arbrę. Ce lynx est de la taille d'un chien courant de la petite espece , fort mince de corps, monté sur de hautes jambes & très-agile; la tête ressemble à celle du chat,& n'en. differe que par les oreilles, qui sont terminées par une touffe de poils noirs, formant une espece de pinceau, & par ses yeux qui , quoique de la même couleur que ceux du chat, font beaus coup plus fendus. Sa peau est d'un jaune fon.. cé, son poil ras & tacheté comme celui du tigre, & la queue est d'environ 6 pouces de lon! gueur. On dit qu'il y a plus de 200 ans qu'on n'a vu de lynx en Europe ; cependant, celui... qu'on voyoit vivant, il y a 4 à 5 ans à la ména.. gerie de Chantilli, & que l'on conserve dans. le cabinet du prince de Condé, a beaucoup de ressemblance avec celui qu'on voit ici. Au reste, il n'a rien de commun avec le lynx fabuleux des anciens, dont la vue perçante pénétroit à travers Les murailles , & dont l'urine se changeoit en une pierre précieuse appellée Lapis lyncurius.

Les numéros sortis aų tirage de la loterie. royale de France, du 16 Juillet, font : 64., 10., 73, 63, 36.

Le second tirage de la loterie royale des rentes viageres & perpétuelles , établie par l'édit de à éré commencé, comme le

pre. mier, dans la grand'salle de l'hôtel de ville de Paris, en présence des prévột des marchands & échevins, le rer. Juillet. On ne rapportera içi comme on l'a fait pour le premier tirage, que.

Janvier 1777

les lots échus en rentes viageres jusqu'à la concurrence de soo livres inclusivement.

No: 375, 'vingt mille livres de rentes viageres ; dans le surplus des nos. pour les rentes viageres, il n'est échu à chacun que 150 livres, à l'exception de quelques lors de 200 & 300 liv. ; il n'entéchu aux autres nos, tirés dans toutes les séances que 48 livres de rentes perpétuelles.

Dans la séance du 2 Juillet , no. 664, six cens livres de rentes viageres.

Dans la séance du 3, n. 670, dix mille livres de rentes viageres.

Dans la séance du 4, aucun lor de rentes via geres qui ait atteint soo liv.

Dans la séance du s, il est échu au no. 378, trois mille livres de rentes viageres ; au no.

840, douze mille livres viag.; au n° 394, trente mille livres viag. , au no. 804, cinq cens livres viag.

Dans la séance du 7, au no: 761 , six cens liv. viag.

Dans la séance du 8, no. 14513, trois mille

livres viag:

Dans la séance du 9, no. 906, fix mille livres viag. : no. 14120, fix cens livres viag.

Dans la séance du 10, no. 800, mille livres

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viag.

Dans la séance du 11, il n'est échu aucun lot qui ait été à cinq cens livres & au-delà.

Dans la séance du 12, il est échu au no. 3539, cinquante mille livres viag., au no. 813, cinq cens livres viag. ; au no. 11035, cinq cens livres viag. au no. 910, cinq mille livres viag.

Dans les séances du 14 & du 15, il n'eft échu aucun lot de soo liv. ni au-dessus.

Dans la séance du 16, il est échu au no.7098, 600 liv. viag.; au no. 8247, 1000 liv. yiag.; au no. 11565, 600 liv. viag.

M. de la Lande, de l'académie des sciences, -adreffé la lettre suivante, aux auteurs du Jouth nal de Paris; elle est datée du 9 Juillet

Depuis que vous m'avez parlé, MM., de la multitude des raches qu'il y a eu sur le soleil depuis un mois , , tout le monde me demande fi c'est à cela qu'il fauc'aco

tribuer le froid que l'on éprouve encore , & la saison pluvieuse qui paroft extraordinaire. Permettez-moi de répon. dre à ces queftions par la voie de votre journal. Ou sçaje assez que les taches du soleil n'annoncent que des révolutions dans le globe de cet aftre, & qu'à 34 millions de lieues de difance , elles ne peuvent avoir de rapport avec celles de notre globe. Mais ce que personne ne veut se rappeller, c'eft que de la pluie & du froid dans les mois de Juin & de Juillet n'ont rien d'exeraordi. naire à Paris. Tous les neuf ans, ou à peu près , nous éprouvons de pareilles vicissicudes , soit que cela cienne à la révolucion de l'apogée de la lune , ou à une pé. riode physique de l'hume&ation & du derféchement des montagnes & des lacs.

Qu'on ouvre les Mémoires de l'académie des scierie çes pour 1767, 1768 & 1769 ; voici ce qu'on y trouvera,

1767. Mai. Quoiqu'il soit tombe peu d'eau, les pluies écant venues par ondées & assez fréquemment, ce mois peut passer pour humide ; à quelques jours de chaleur près, tout le mois a été froid, & l'on a été obligé d'allu, mer du feu jusqu'à la fin.

Juin. Ce mois peut passer pour humide , parce qu'il a plu très-souvent; il peut aussi passer pour froid ; les nuits Turcout ont été si froides, qu'il auroit gelé, fi, &c.

Juiller. Çe muis a été extrêmement pluvieux. Depuis le premier jusqu'au 17, il a plu cous les jours prodigieu. fement par de grandes averses., ou par des pluies conrinuelles qui ont duré plusieurs jours de fuite , ou par de pecites ondées qui ont combé cous les jours ; les chemins ont été aulį mauvais qu'en hyver , les pluies ont cessé le

1768. Mai. Ce mois a été fort sec & très froid; un a'a pas pu se passer de feu dans les appartemens.

Juin. On n'a cessé que le 2c de faire du feu; & fi les appartemens n'avoient pas été échauffés par les chaleurs qu'il a fait depuis le 23 jusqu'au 27 , on auroit été obli. gé de se chauffer les derniers jours de ce mois.

Juiller. Le tems a été variable ; & si l'on en excepte quelques jours de chaleur, il a toujours fait froid.

Août. Ce mois a été extrêmement frais , on peut même dire froid pour le muis d'Aos; car excepté quelques

s Aour.

jours de chaleur, il a toujours été 'froid, qu'il a geld plusieurs jours de suite. Ce mois étoit sec,

1769. Mai. Les premiers jours de ce mois, vers le milieu & à la fin, il eft con bé de l'eau fort à propos pour faire lever les avoines , & les graines légumineuses.

Juin, Ce mois peut passer pour froid & humide.; læ terre étoit si molle, qu'on a été obligé de discontinuer des labours.

Juiller. Ce mois a été variable & affez humide ; il eft tombé beaucoup d'eau par orage.

Août. Ce mois a été variable & orageux.

J'ajouterai encore que même l'année suivante 1770, DE ne fue que le 13 Juillet que le tems se réchauffa & s'ég claircic. Mais des écés brûlans comme celui de, 1772, & des années plus tempérées font oublier celles qui ont précédé, & l'on dit chaque fois que les étés sont moins chauds, l'axe de la terre a tourné , le soleil et encroucé, ou d'au. tres balivernes semblables.

Lorsque l'on m'a accusé en 1764, d'avoir annoncé une. éclipse torale , tandis que j'avois dit formellement le contraire ; en 1769, d'avoir dit que Saturne étoit perdu; en 1773 , d'avoir annoncé une comece funefte , j'ai été obligé de prendre la plume pour ne juftifer & pour dés, tremper le public. Cette année on m'impure fes inquića tudes à l'occafion des taches du soleil. C'eft entre vos mains , Messieurs, que je dépose ma justification.

On voit à l'hôpital de la Charité un jeune home me de 12 à 14 ans, qui est devenu malade d'une maniere étonnante : étant allé voir l'exécution de Derues, il se trouva mal en le voyant de près monter fur l'échafaud ; mais quand il le vit rom, pre , il perdit tout à-fait connoissance, & depuis ce tems il croit avoir les membres cassés & fouffre des douleurs affreuses. Cependant les chirurgiens se sont assurés qu'il n'y a aucune fracture, il a seulement tout le corps rempli de taches noires & jaunes, semblables à des meurtrif fures , ce qu'on attribue à la décomposition de fon sang. On ne croit pas qu'il puisse résister à

Le rigoureux incognito que M. le comte de Falckenstein continue de garder ne permet pas de suivre les traces aufli exactement qu'on le dem

cet état.

Greroit. Tels sont les détails qu'on a pu se pro eurer pour servir de suite au journal de son voyage.

M. le com:e n'a resté que trois jours à Bordeaux, & s'y est peu fait voir. Il est allé à Bayon. ne , curieux de voir les pirenées, & ce qui a rapport à l'exploitation de la mâture, ainli que les travaux qu'il a fallu faire sur des rochers & des blocs de marbre, entre des précipices qui ont' plus de 1oo toises de profondeur, au-deffus de rapides torrens, sur des demi-voûtes de 12 pieds de haut & sur plus de 800 toises de long, afin de pratiquer un chemin commode pour tirer des : arbres énormes du poids de 20 à 30 mille livres, & les rendre à l'entrepôt de Bayonne, d'où les mâts sont ensuite distribués dans les différens .arsenaux de la marine.

M. le comte de Falckenstein, en partant de Bayonne , a pris la route de la Bifcaye, où l'on présume qu'il a visité les deux forterelles de Fontarabie & de St. Sebastien.

On perd de vue ce prince en Espagne, & on ne le voit reparoître en France que le 2 juillet, jour de son arrivée à Toulon. Le 3, M. le comte de Falckenftein, accompagné du marquis de St. Aignan & du chevalier de Fabry, alla visiter la corderie ; de-là il se rendit au parc d'ara' tillerie, où il s'embarqua pour aller au lazaret & à St. Mandrié. A son retour dans le port, il visita le vaisseau le Languedoc & le Bassin, & ensuite il rentra chez lui. L'après-midi il fe rendit à bord du chebeck le Caméléon, commandé par le chevalier de Bras, & peu de tems après, il alla voir manæuvrer le régiment de Navarre, qui fit l'exercice à feu au champ de Mars.

Le 4, ce prince alla voir le fort de la Mala gue, & à son retour il visita le cabinet de M, Grognard, cet artiste célebre qui a construit dans la mer une forme dans laquelle les plus gros

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