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( 534 )
der à la tribune pour y déposer le sceau de l'état qu'il
de pouvoit plus garder.

b.x-ministre de la justice , nous n'effacerons pas les lignes que nous avons tracées plus haut (1) à votre sujet. l faut qu'elles restent pour la vérité de l'histoire. Celles si attesteront que vous fites votre devoir , un peu tard peut-être.

Mais de plus grands intérêts réclament toute notre at. tention. Deux décrets furent rendus , qui sans doute se. ront Sanctionnés par la nation'; ou plutôt la convention nationale de France déclara unanimement qu'il ne peut exifter de constitution fans la libre acceptation du peuple en personne ; & ensuite , elle proclama avec la même unanimité l'abolition définitive & éternelle de la royauté. Nous voilà donc enfin libres !

Cette proclamation, parvenue dans les 48 sections de Paris , fut répétée dans tous les carrefours au bruit du cor & au milieu des applaudissemens universels. Tous les citoyens à l'envi illuminèrent le devant de leurs maisons, comme à l'occasion d'une grande victoire remportée sur le plus puissant de nos ennemis.

Nous nous proposons de revenir , dans le numéro prochain , sur l'ouverture de la convention, dont nous lui

tous les travaux avec la même exactitude &' la même imperturbabilité de jugernent dont nous avons fait preuve à l'égard des deux premiéres assemblées nationales.

Vol du garde-meuble.
Le

17 de ce mois , à une heure du matin, il a été fait au garde-imeuble national un vol considérable en bio joux, diamans , &c. Deux des voleurs ont été pris sur le fait. Le jour même & le lendemain quelques autres ont été arrêtés ; une assez grande quantité des effets volés a été retrouvée. L'afiemblée nationale a nommé des commissaires pour entendre les dépositions, & l'affaire le poursuit. La perte est évaluée à 30 millions.

Comment ce vol a-t-il pu s'effectuer ? comment n'y avoit-il pas là une force fuffisante pour arrêter les voleurs ? Pourquoi n'y a-t-il pas au garde - meuble, à la monnoie, à tous les dépôts publics des corps de garde

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(1) Voyez ci-dessus, page 595 , au premier article de ce numéro.

de cavalerie, comme an trésor national ? Les volem travailldient-ils pour leur propre compte ? Telles sont les questions qu'on se fait depuis cet étrange événement. Sans y répondre, nous citerons quelques fragmens de la lettre écrite le 18 per M. Roland à Bassemblée nas tionale.

* Le vol extraordinaire du garde-meuble n'auroit point » été commis fans doute , s'il y eut eu une garde plus » nombreuse, & sur-tout plus vigilante: cependant plus > fieurs réquisitions avoient été faites à ce sujet, & réité» rées de la manière la plus prompte.

» La garde envoyée , au lieu de factionner zu dehors, » s'eft tenue dans l'intérieur , & c'ett parce qu'elle y écois >> renfermée, que les voleurs ont pu grimper par l'exté; my rieur de la colonnade.

» Pourquoi les réquisitions n'ont-elles pas été suivies ► de plus d'effets ? Telle est la première question à faire, » ou la première chose à réfléchir,

» Je sais que cette nuit même , après l'annonce faite » hier des dangers qu'on pouvoit courir , les postes de

l'allemblée nationale étoient généralement dégarnis , & » j'ai été prévenu à deux heures du matin qu'on n'avoit » trouvé, depuis le lieu de vos séarces juiqu'à la rue » de la Ferronnerįe, qu'une seule patrouille de cinq ci

toyens. ...

» Je n'ignore pas que le premier fait a été expliqué » par l'allegation du froid qui avoit, dit-on, fait reatret » les hommes dans le corps de garde.

» Sans examiner isi l'excuse eft appuyée par l'exactitude » de l'allégation , je dirai qu'elle est détestable dans la ☆ discipline militaire , & inadmissible dans les circonf► tances.

» J'en conclurai , ainsi que des considérations préces ► dentes, qu'il faut à l'assemblée nationale une force ar.. » mee, continuellement à fa réquisition , & capable, par » la constance & fon activité, de maintenir à l'abri de ► toute atteinte & les représentans de la nation , & fon » trésor, & les archives , & fes enfans ; car il ne faut » pas qu'un seul individu puifle craindre d'être troublé

dans son repos par l'audace d'un seul brigand ».

Armée du centre. Enfin la jonction des généraux Kel. lermana & Dumourier s'eft opérée heureusement le 19 de ce mois. Dans la nuit du même jour', 'le général Bour nonville marchoit sur eux à la tête de 18 mille hommes: Ainfi notre armée du centre est composée actuellement de plus de 80 mille hommes, dont plus de 15 de cavalerie. Ainfi plus de doute que nous allons non-leulement arrêter l'ennemi, mais le chaffer de notre territoire qu'il a déjà trop long-temps fouillé, "61.,

Dans la nuit du 14 au 15 , le général Dumourier a quitté son camp de Grandpré pour le rendre au camp de Dammartin'; lon arrière-garde a été atraquée. Ce n'est pas un combat, mais une fuite de lo inille hommes devant is cents qui ont prouvé ce qué peut une terreur panique fur des hommes qui fuyent fans savoir pourquoi ni comment; cát les 15 cents Autrichiens ou Prushens ne songeoient pas même à les poursuivre e'est à peu près la même scene que celle de Mons & Tournai, & le fuccès fera le même. Des scélérats ont drie le fauve qui peut, le nous sommes trahis, la terreur s'est emparée des esprits ; les vivandiers, les conducteurs ont femérularme, & le désordre s'en est suivi ; inais tous aujourd'hui font honteux de leur erreur, & ne demandent qu'à la réparer: Le général Dumourier á purge fon árinée en challant les traitres, en faisait rafer & déshabiller les fuyards; il a perdu quarante ou cinquante hommes au plus, & toute lon armée est toujours dans les meilleures difpofitions pollibles.

Dans les journées des 15 & 16, les "gépéraux Duval & Dubouquet ont enlevé quelques portes à l'ennem, qui a eu so à 60 homines tués , autant de pritonniers, 15 Ou 20 déierteurs, & autant de chevaux pris.

Thionvile. On a jeté dans cette place un secours con sidérable qui y est entré heureusement, & fans que l'en. nemi l'ait sur que fix heures après. Rien n'égale le courage de la garniłon.

Mubenge. L'ennemi ayant repouffé dans cette ville le poste avancé de 1200 hommes commandé par M Lanoue, eit entré jufque dans un faubourg qu'il a pillé, puis il s'est retranché en attendant une coloine qui vient de Philippeville. Il paroît que le pian eit d'attaquer à la fois cette der nière ville, Matheuge & Valenciennes; mais tout ce qu'ly a de détenteurs dans ces trois places est bien résolu de s'ensevelir tous leurs ruines.

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Suite des lettrès souvées chez M. Delaporte , intendant de

la lile civile.

Maubeuge, jeudi 9 au foir.

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u Je viens de recevoir le courrier de Daban.... ; il me tranquillise un peu sur les craintes que je vous exprimai ce maan dans une lettre que je vous envoie par cette occasion. La demande du ministre d'Angleterre est faite pour produire un grand efet ; mais j'aurois autant aimé que la terreur vint à vos brigands par des adresses des départemens, Comment ne les a-t-on pas engagés à s'exprimer sur la question qui alloit s'agitet , &c., comme ils l'avoient fait à l'époque du 20 juin ? Leur conduite d'alors nécessite une opinion prononcée dans cette circonstance ; de même contre la convention nationale, comme contre la déchéance ou fufpenfior.. Je l'ai mandé, il y a trois jours, à Péronne, Amiens, Saint-Quentin , département de l'Aisne ; j'avois mandé à Dup.... pår Lafayette, n'ayant pas de voie sûre plus directe

pour qu'il mit en mouvement Lebrun, du département de Versailles ; Roux par Tourret ou Liancourt , &c. Un second væù national feroit un grand effet, & achevéroit de perdre la faction qui vous opprime. Je serois bien fàché que l'allemblée prît une détermination fàcheuse contre Lafayette, &c. &c.

.N. B. Cette lettre est écrite de la main de M. Alexandre Lameth, adressée à Théodore Lameth, son frère ; elle est datée du 9' au soir, de Maubeuge , & elle s'est trouvée le 10 dans le châu teau des Tuileries ; ce qui prouve qu'elle a été apportée par un courrier.

Lettre trouvée chez M. Delaporte, d M. le duc de Brisa.

Rép. le 18 mars.

* M. le duc, fecevez, je vous prie, mes excuses & mes te. grets de ce que ma fanté ne me permet pas d'aller vous faire ma cour & solliciter moi-même une place d'officier dans la nouvelle maison du roi, en faveur de M. Martinct de la Groze, ancien garde-cu-corps dans la compagnie de Luxembourg. J'ai l'honneur de vous le présenter comme un bon & loyal gentilhomme qui sera fidèle à fon porte; & très-attaché à la personne du roi. II a eu i combattre des préjugés, & un esprit de corps malheureusea ment mal combiné, avant que de prendre son parti. Il n'en sera que plus exaét a les devoirs, ayant sur - tout l'avantage de vous avoir pour modele, M. le duc.

» Deux exemplaires de la confeffion générale d'un député , que j'ai eu l'honneur de vous envoyer dans le temps , doivent vous assurer de mes principes. J'aime le roi autant par devoir que par inclination; il faut être un montre pour ne pas l'adorer. Jugez, Monsieur , combien dans les circonstances pénibles ou nous nous

un galant homme dojt fouffrir. Mon état' ne m'ayant pas No. 367. Tome 133

trouvons ,

D

permis de 'lui offrir mes services personnels, je m'en console, dans l'espérance de lui présenter un galant homme en la personne en faveur de qui j'ai l'honneur de m'intéresser , & sur laquelle il vous sera facile de prendre toutes les informations.

» J'ai l'honneur d'être avec respect, M. le duc , votre trèshumble & obéiffant serviteur , DE COULMIER, ancien député.

» Rue de Rochechouard , faubourg Montmartre , ce 12 mars 1791 »

Autre lettre.

A Paris, le 26 juillet 1792. Demain mercredi, entre une heure & deux :

marqué que je n'ai reçu le billet qu'aujourd'hui. « Je votis serois obligé, Monsieur, de me donner un rendezvous pour vous faire part d'un objet qui vous regarde, ou votre place. J'ai prié de suspendre l'envoi à l'assemblée nationale , des motifs de réclamation contre la liste civile. Je crois vous devoir cette attention par des raisons de reconnoissance à des personnes qui vous appartiennent.... » Agréez mon hommage & mon respect. DELAGONTÉ.

» Rue d'Anjou-Dauphine , no. 91.
Avere lettre.

22 juillet 1792 « Je n'ai point de vos nouvelles, mon cher Pouteau , & cela me fait bien de la peine. Je crains le découragement ; & il n'en faut pas dans cette quinzaine, qui va amener le grand choc. Nos maîtres sont sous la protection divine. Je n'en faurois douter , & cela entretient mon espérance, que leur état a&uel soit un effet de la malice démoniaque. L'événement arrivé à Aranjues le 20 juin, en est la preuve. Un coup de tonnerre, parti de la région inférieure , y fait du vacarme;' y cause du désordre , sans néanmoins tuer ni offenser perfonne. On avertissoit le roi d'Espagne que le coup porté à la maison, le même jour aux Tuileries, partit d'en bas, & non d'en haut, & on le rassuroit sur les fuites; mais où le philosophe d'Aranda eft lumière, tout doit être aveugle. Il n'y a que pour nous que le fait soit clair : profitons - en pour redoubler de confiance & d'efforts du genre de ceux que nous pouvons faire, Vous craignez peut-être toujours les infidélités de la pofte. J'adresle ce billet-ci à mon fils, par un de nos propriétaires d'ici, qui va à Paris. Allons, mon cher ami, prenez courage ; nos malheurs touchent presque à leur terme. Cellez de gémir sur la méprisable indifférence des Parisiens ; ils en seront punis de toutes les manières. Éctivez - moi un mot. Aimezmoi. Je n'ai pas le temps de vous le dire davantage ».

Autre lettre.

Du 5 novembre 1791. « Je vous envoie, mon ami, un petit supplément à donner par destius le searché dans notre feuille a deux liards,

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