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transportées dans la ville , & la dogane décidera fi elles foot p:ohibées ; les décisions de cette chambre auront la même surce que les icntcices d'un haut tribunal.

Suivant les lectres de Griselhamn, il n'y a pas trois semaines que la mer y est dégagée des glaces ; mais les vents en ont poussé en si grande quantité dans la mer de Finlande , que la navigacion y est encore très-dangereuse.

D A NEM A R C K.

le

COPENHAGUE (le 5 Juin.) Le roi a nommé conseiller d'état & secrétaire du cabinet M. Gullembert, qui , en cette qualité , prendra le titre de premier secrétaire du roi. . Une ordonnance de S. M. met hors de cours, à commencer au 1er. Janvier prochain, les pieces de deux escalins danois, frappées depuis 1711 jusqu'en 1725 , & dont la valeur avoit déjà été réduite en 1726. Après le terme prescrit par l'ordonnance, elles ne pourront avoir cours que dans les colonies danoises de l'Amérique.

Conformément au plan qui fut adopté par roi, il y a environ 2 ans, on vient d'expédier des ordres à tous les régimens d'infanterie & de cavalerie en Danemarck & dans les principautés qui en dépendent, de faire une augmentation de dix hommes par compagnie. On va mettre sur pied aussi deux nouveaux régimens d'infanterie , & 8 escadrons de hussards. Ces levées doivent être faites ayant la fin de l'année.

On écrit de Wybourg que, depuis le commencement du printems, on voit à Aunsberg dan le Jutland deux cicognes noires, qui ont fait leur nid sur les branches les plus proches d'un arbre placé dans un buisson extrêmement touifu. C'est la premiere fois que ces oiseaux, trèsrares dans ce pays, s'écartent de l'initina qui

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leur à toujours fait placer leurs nids gu haut des édifices,

POLOGNE.

WARSOVIE (le 5 Juin. ) Le roi a disposé de l'abbaye de Wegroviec, vacante par la mort du comte Rzewuski, chancelier de Léopol, en faveur de M. Skrzetuski, président du tribunal ecclésiastique de Petrikau.

S. M. a donné une nouvelle marque de l'estime qu'elle fait des talens , en conférant le cordon de l'ordre de St. Stanislas à M. Naruszewicz, actuellement évêque co-adjuteur de Smolensk. On sçait que ce prétat, ci-devant membre de la société des jésuites, a rendu son nom célebre

par des vers dignes de paller à la postérité., & qui, en le mettant à côté du fameux lyrique polonois Sarbiewski, lui ont mérité la diftinction d'une médaille que le roi fie frapper , il y a quelque tems , à son honneur. Sur l'un des côtés , on voit le buste du poëte & celui de Sarbiewski, & au revers ces mots, entourés d'une couronne de laurier : Quò non pertinget , coepo tans ubi definit ille ? S. A. R. E. E. 1772. Comme M. Naruszewicz a d'ailleurs prouvé par une excellente traduction polonoise de Tacite, & par plusieurs pieces détachées de l'Histoire de Polow gne, qu'il est du petit nombre de ceux qui écrivent également bien en vers en profe., & qui réuniffent à une imagination vive & brillante une critique lumineuse & des recherches approfondies, le roi vient de faire choix de lui pour écrire l'Histoire de Palogne. Suivant le plan qui en a été formé, on paffera fous filence les fiecies fabuleux; on parcourra avec rapidité les tems reculés ; & parvenu à l'époque du regne de Cafimir le Grand, on tachera de démontrer par des pieces authentiques, la vérité des faits. S. M. a adjoint dans ce travail à M. Naruszewicz le cham

que cet.

bellan Trembecki & l'abbé. Albertrandi , pour rassembler les matériaux épars dans les livres im. primés polonois & étrangers, ainsi que dans les manuscrits, tant ceux qui font en grande quantité dans la bibliotheque du roi, que dans celle de Zaluski & ailleurs.

Le marquis Joseph de Sagramoso, frere dų comte de ce nom, chevalier & ministre plénipo. tentiaire de l'ordre de Malte auprès de cette cour a reçu un diplôme royal qui lui donne le drott d'indigenat dans ce royaume. Il est dit te diftin&tion est un témoignage authentique de la reconnoissance de la république pour les services desintéressés du comte son frere, qui a refusé constamment ici des commanderies, des gratifications & l'indigénat même, qu'il méritoit à plusieurs titres. On scait d'ailleurs que son ordre n'est pas moins fatisfait des négociations de ce ministre en Pologne, puisque le grand-maitre vient de lui conférer la grand'croix de l'ordre, qui lui donne un des premiers rangs dans le conseil , ou sénat de Malte , qui forme la souveraineté de cette république militaire & religieuse.

Le 26 du mois dernier, le comte de Stackelberg, ambassadeur de Russie, se rendit au palais royal, dans le plus grand deuil, pour y. notifier au roi la mort de la grande - duchesse de toutes les Russies. Le deuil, de la cour sera de trois semines.

Le même jour, le comte de Branicki, granda général de la couronne, revint de Pétersbourg, & fe rendit dans le cabinet du roi, où il eut une audience assez courte ; il paroit rarement à la cour, & l'on croit qu'il ne tardera pas à partir pour une de ses terres en Volhynie.

Tous les regards font fixés sur les démarches du comte de Stackelberg; les grands de ce roa yaume affluent dans son hôtel, & cherchent vai

nement à pénétrer les instructions dont il est
chargé ; ce ministre garde un profond filence sur
ce point, & ne répond à aucune des questions
qui pourroient y avoir quelque rapport. Livrés
à leurs conje&ures, les politiques qui connoif
fent le fond de la république, prédisent que la
prochaine diete sera plus longue & plus remar
quable que la derniere. I.a confirmation du con-
seil permanent est décidéc; le roi & les loix tri-
ompheront enfin dans cet état , qui sembloit les
méconnoitre, & les réfractaires seront punis de
l'exil & de la proscription. Il n'y a que la puis-
sance coactive qui puisse réprimer & éclairer une
nation aveuglée par ses préjugés. La combinai,
son de plusieurs circonstances semblables à celles
où elle se trouve, pourra à la fin la rendre heu-
reuse. On voit quantité de nobles se mettre sur
les rangs pour être nonces à la diete; la cour de
Russię, qui ne se trompe pas sur les motifs qui
les guident, les regar de comme suspects, & leur
fait infinuer d'abandonner leur prétention, & de
craindre les fuites de la violence qu'ils pour-
roient employer pour se faire élire. Depụis que
ces dispositions sont connues, l'esprit de parti
s'émoufle, & les cabales diminuent sensiblement.
Les magnats preffentent que leur regne eft paf-
fé; les uns ont déposé une partie de leur gran-
deur, les autres ont rampé sur les degrés du trô-
ne, sans être certains que ce changement de rôa
le leur réussiffe; & enfin, le plus grand nombre
eft parti pour aller à la campagne ou pour se
trouver aux diétines des différentes provinces.
Comme il n'est
pas

le nombre des troupes russes ne soit considérablement augmencé, iant dans cette capitale que dans les environs, le roi, de concert avec le conseil

permanent, a nommé une commission particuliere chargée de leur asligner des logemens ; cette

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douteux que

commission tient ses séances au palais du com te de Bruhl, gouverneur de cette capitale.

Les conférences que M. de Benoît, ministre du roi de Prusle å Warsovie avoit enramées avec ceux de la république, sur le réglement des frontieres, ont été continuées de tems en tems ;mais il ne paroit pas que cette affaire ayance beaucoup, parceque M. de Benoît manque d'instructions sur la plupart des sujets ; obstacle qui fait préfumer qu'avant de travailler sérieusement à cette négociation, l'on veut attendre l'issue d'une autre actuellement sur le tapis, & traîner la premiere en longueur.

La démarcation autrichienne se terminera bien plus promptement : la cour de Vienne fait exécuter à présent la convention qui en a réglé la marche ; & déjà l'on apprend qu'on a rendu à la république le faubourg Casimir" de Cracovie , & que la poste impériale qui y étoit établie, a été transférée près de Wielicza. Les instructions que le roi & le conseil permanent ont fait dresser par les commilaires chargés de travailler a la fixation des limites, de la part de la république, ont été communiquées au public: elles sont datées du 1 Mai, & contiennent 14 articles, dans lesquels la clarté & la précision se trouvent réunies à toute la prudence nécessaire. Le premier de ces commissaires est M. Tlubicki, lieutenant-colonel dans le corps d'artillerie de la couronne : il a sous lui deux adjoints, versés dans l'art du génie : ce sont MM. Bakalowitz, major dans l'armée de la couronne, & Sierakowski, capitaine du corps des cadets.

Le prince Mallalski, évêque de Wilna,qui,comme on l'a dit, met sur pied une légion de son nom, pour laquelle le, baron de Rullecourt a fait venir une cinquantaine d'officiers françois, vient encore d'ordonner la levée de 100 hulans pour faire le service auprès de la personne.

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