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ment prête, auroit effectivement été passée sans l'aflallinat inopiné qui arriva de fa personne : & comme il y a des preuves legales de cette verité, on pourroit les montrer presentement; en sorte que cela étant confideré, on doit d'au. tant moins reputer pour Tefta

, ment valide la susdite prétenduë disposition qui avoit été passée trente ans auparavant, que peu de tems après, elle fut renduë invalide par le Prince Testateur même; car encore que cette disposition pofterieure, ainsi préparée, soit, à cause de ce triste accident, restée imparfaite, faute de solemnité, il en paroit néanmoins abondamment , qu'il s'en faut beaucoup que le susdit Prince auroit voulu confirmer par sa mort ce Testament, qui fi long-tems auparavant avoit été annullé.

Outre qu'il faut ajouter à cela, que dans le contenu du prétendu premier Teftament du Prince Guillaume Premier , il n'y eft dit autre chose, finon seulement, que

le

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le Prince Testateur y institue pour son Héritier son Fils aîné qu'il pourroit venir à laisser , laissant à ses plus jeunes enfans Fils & Filles, un ou plusieurs , seulement dix mille livres de rente annuelle; & s'il ne venoit à laisser que des Filles, que fa Fille aînée seroit de la même maniere héritiere ; & ne laissant point d'Héritiers legitimes, qu'alors fon Frere , Fils aîné de son Pere Guillaume, feroit Héritier universel fans qu'il y soit fait mention d'aucun fidei-commis, à la charge de son Fils, de fa Fille, ou Frere; par le moyen de quoi aulli on n'en peut tirer aucune indu&tion pour quelque fideicommis

Et de plus, quand on pourroit objecter quelque chose contre ce susdit ancantissement , aussi bien qu'à l'égard du contenu du prétendu Testament de l'An 1554. , que non, le tout seroit rendu vain au moyen du Traité de Partage & transaction de l'An 1609. dont on a fait ici mention, puisque lesdits

que ce soit.

trois Fils de ce Prince se sont ac-
cordez, & ont transigé en la ma-
piere furdite de tous leurs differens
sur la foi & honneur de Princes,
tant au sujet de la succession de
leur Pere, que de celle de René
de Chalons, avec fpecification &
mention expresse de ladite impar-
faite disposition posterieure, à la4
quelle le Prince Maurice & le
Prince Frederic Henri soutenoient
qu'il falloit plûtôt se tenir , quoi
qu'elle manquât de solemnité,
qu'au prétendu fidei-commis de
René de Chalons , qui étoit éteint
avec la personne de leur Pere; mais
de laquelle imparfaite disposition
paternelle, on a là évidemment

defifté.
Refuta Et passant enfin au Testament
tion de la du Prince Frederic Henri, en dat-
prétenfion
de Sa Ma

30. Janvier 1644., & au fijefté, par dei-commis que Sa Majesté Prusraport au fienne en prétend tirer, on ne con

Tefta- testera pas la validité de ce Teftament de

ment, non plus que le fidei-com-
Frederic
Henri,

mis graduel & perpetuel qui y est
contenu; mais on dira pour défense

pes

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te du

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peremptoire , que la Principauté d'Orange & les autres Biens fituez sous la Domination de la France, nc regardent & ne touchent pas le Testament & la dirposition fideï-commissaire de ce Prince; & que quand lesdits Biens auroient dépendu de la disposition Teftamentaire de ce Prince, quc non, cela n'auroit néanmoins point de lieu à cet égard.

Pour faire voir que lefdits Biens n'étoient pas tous à la disposition & dépendans du susdit Prince Frederic Henri, il faut faire attention à ce qui est dit clairement dans ledit Traité de Partage de l'An '1609, sçavoir que ces Biens ne sont pas écheus audit Prince Frederic Henri, qui étoit le plus jeune des trois Freres, mais au Prince Philippe Guillaume, comme l'aîné. Qu'à l'égard de la succession dudit Prince Philippe Guillaume, qui a été incontestablement le legitime possesseur & proprietaire defdits Biens, en vertu dudit Traité de Partage, & qui aulli les a

por

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possedé en pleine liberté, elle peut être representée ou comme pour cause de Testament, ou comme ab inteftat , ainsi que l'un fe prétend par le Prince de Nassau-Siegen, & l'autre par le Comte de Solre; que suivant le contenu de ce, sur quoi le Prince de Naffaus Siegen fonde sa Cause, en vertu d'un Testament, lesdits Biens auroient été assujettis par ledit Prince Philippes Guillaume à un fidezcommis graduel, & en vertu de ce fidei-commis le Prince Frederic Henri, non plus que le Prince Maurice son aîné n'ont point eu le moindre Droit de disposer desdits Biens; mais que par le moyen de ce fidei-commis les susdits Biens, après la mort de Frederic Henri, auroient dû écheoir à son Fils le Prince Guillaume. Second, & de lui au Prince Guillaume III. Roi de la Grande Bretagne, & qu'alors, suivant les Edits d'Orleans & de Moulins, lesdits Biens auroient été déchargez & exempts en la perfonne de Sadice Majesté, de tout

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