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55 liv. 8 s.

Les droits de taille réelle et personnelle chemins , milices et vingt sols pour livre seront remplacé par un seul droit entre le, quart et le cinquième

5e liv, Il consommera la même quantité de sel, mais à 2 sols

Droits d'aides , IL N'Y EN A A PLUS

S'il a un loyer de 60 liv. il payera 1'. sa contribution de citoyen actif.

3 29. Sa cotte d'habitation. 8

Pour sa contribution personnelle il auroit 6 liv. à payer, mais il en est quitte en rapportant sa quittance de contribution foncière, il lui reste

Il ne lui restoit ci-devant que
Donc il

gagne par le nouveau régime

166 liv. 1? S. 107

8

59 liv. 45.

Nous ne parlons pas de tout ce qu'il payoit sans s'en douter sur les fers , les huiles, les savons, les cuirs , &c. ni de ce qu'il gagne au bas prix du sel dont il fera une plus grande consommation pour ses bestiaux ; ni de I'abolition des droits féodaux ; ni de l'heureuse li, berté dont jouira la culture sous une administration populaire. Nous laissons aux villageois le soin de faire ce calcul à loisir.

Parlons à présent du pauvre journalier qui n'a au: cune propriété, et qui nourrit aussi une femme et deux enfans.

Il étoit imposé, au moins à une taille de

2 liv. Les accessoires susmentionnés.

10's. Il consommoit en sel pour lui , sa femme et ses enfans , au moins

S'il buvoit deux bouteilles de vin par mois, cela lui coûteroit en plu

10 livi

2

5 s.

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sieurs provinces

2 liv. 8 s. Il payoit donc

16 liv. 18 s. Il payera, Supposons-lui un loyer de 40 liv.

Sis deniers pour' livre d'un revenu présumé de 80 l. ei . Pour sa cotte d'habitation

3 liv. 15 s. Le sel de sa consommation

Il gagne donc sur l'ancien régime 13 liv. 3 s.

Voilà la vérité , bons citoyens des campagnes, vrais François , hommes précieux à l'Etat. La richesse et la grandeur vous écrasoient autrefois, elles vous trom. pent aujourd'hui, Repoussez leurs perfides caresses, leur fausse pitié, et leurs feintes alarmes, qui couvrent le projet de reprendre, à la faveur du désordre, les priviléges qu'elles ont perdus. Abandonnezvous au zèle de vos représentans, et toujours soumis à la loi , recueillez avec reconnoissance les bienfaits qu'elle vous présente.

Bientôt nous vous apprendrons que la France sera encore plus soulagée à l'avenir qu'elle ne l'est aujourd'hui, Cent soixante et quinze millions de rentes viagères s'éteindront rapidement, et vous serez soulagés à mesure de leur extinction. Les pensions aux ccclėşiastiques et religieux supprimés s'éteindront aussi les unes après les autres, et les contributions seront encore diminuées. L'Etat devoit cinq milliards , vos représentans liquideront cette dette, graces à la vente rapide des biens nationaux. Ils ont besoin , cette année, de 582 millions : bientôt, il rie leur en faudra successivement que 500, 450 et 400. Nul peuple sur la terre pe présentera alors moins de besoins et plus de ressources. Vous verrez ces jours heureux, et vos enfans en jouiront après vous ; et c'est le prix du courage avec lequel vous leur avez conquis cette liberté que vous leur laisserez pour héritage.

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LES POIS CHICHES. Histoire véritable. Des évêques séditieux invoquent le pape contre la loi, et nous menacent même de leurs excommunications : des curés séduits prêchent contre la constitution, refusent le serment et abandonnent le service. Pourquoi ces gens-là n'ont-ils pas lu l'histoire des Pois CHICHES ? Elle les auroit rendus plus sages. C'est une histoire très-instructive, et présque aussi morale qu'une fable. Voici comme la chose arriva en 1711, dans le royaume de Sicile.

Le clergé Sicilien, de concert avec la cour de Rome , avoit formé le projet de se rendre indépendant de la puissance civile, et particulièrement d'un tribunal souverain, auquel les ecclésiastiques avoient toujours été soumis comme les laïcs. On cherchoit un prétexte ; on en fit naître un le plus ridicule du monde.

Un fermier de l'évêque de Lipari porta des pois au marché. Les commis du roi lui demandèrent le paiement des droits d'éialage. Il refusa , et se fit saisir les pois. L'évêque , reclamant son immunité, excommunia sur-le-champ les commis. Ceux-ci rapportèrent humblement la denrée privilégiée. L'évêque exigea des réparations si extravagantes, que les commis en rendirent compte aux supérieurs ; lesquels ayant fait des représentations, furent de même excommuniés. Le tribuual s'en mêla , et se fit aussi excommunier. Troisieme ercommunication pour des pois chiches ! L'évêque menacé se sauve à Rome. On ly accueillit. D'autres l'y suivent, en lançant chacun leur petite excommunication. Alors le pape met la Sicile en interdit. Une populace de moines et de mauvais prêtres va trouver les prélats à Rome. Ce schisme dura deux ans. Cependant le gouvernement tint ferme. Le peuple fut sage: Il resta assez assez de bons prêtres pour faire le service. L'interdit porta bonheur aux campagnes. On remarqua qu'elles furent ces deux années plus ţiches et plus fleuries. Seulement, les jésuites ayant' essayé de fomenter le trouble, en une nuit, on les fit tous, pères , frères et petitsfrères, enlever , embarquer et jeter sur les côtes des

états du pape.

Bientôt la cour de Rome se lassa. de nourrir cette

cohue de prêtres transsuges. Un beau jour ils furent tous chassés. Ils ne purent rentrer en Sicile, et se répandirent dans les campagnes d'Italie , où la plupart périrent de misère.

A la fin le pape entendit raison. Les Siciliens furent maîtres chez eux. Les nouveaux évêques furent aussi bons sujets que bons chrétiens. Quelques litrons de pois chiches apprirent aux gens sages de ce tempslà, plusieurs vérités qui en France commencent à courir les rucs. La première, c'est que les curés imbécilles sont toujours les victimes des prélats factieux; la seconde, c'est

que la malédiction du ciel n'est pas aux ordres de quelques brouillons fanatiques ; la troisième , c'est que la cause de Dieu est toujours la cause de la loi , de la paix, du bon sens et du bien public (*).

ASSEMBLÉE NATIONAL E.

1

Serment des Prédicateurs.

De toutes les fonctions des prêtres, il n'en est point de plus importante que la prédication. La loi et la morale doivent être d'accord. Il faut donc s'assurer que celui qui, enseigne la morale , aime et respecie la loi. C'est pour cela qu'un décret vient de déclarer les prédicateurs, fonctionnaires publics ; et comme tels, tenus de prêter le serment civique. Quelques personnes regrettent qu'on ait exigé ce serment. .-- Il a fait éclater des mauvaises intentions que du moins on dissimuloit. i

-- Eh bien! quoi de plus utile ? Un ennemi découvert vaut mieux qu'un ennemi caché. Les nôtres n'attendoient qu'un instant favorable. Le serment civique ressemble à ces remèdes énergiques qui font sortir l'humeur, qui la poussent à la peau du malade. Le serment civique nous purge

de tous les mauvais prêtres.

(*) Cette histoire qni a tant de rapport avec la fituation actuelle de la France, eft tirée des mémoires de Duclos, dont on connoît la véracité.

SITUATION DES FINANCES.

Véritables besoins de l'état. Le comité des finances a présenté à l'assemblée mationale le tableau des dépenses de l'année 1791. Elles sont de trois sortes. Les dépenses générales et annuelles, les dépenses locales et les dépenses du me. ment.

Dépenses générales et annuelles. Le culte ; ( ou l'entretien des églises) la liste civile ! (ou l'entretien du roi) les rentes apanagères et le traitement des frères du roi ; les affaires étrangères ; la guerre ; la gendarmerie nationale ; la marine et les coJonies; les ponts et chaussées; les ministres ei le conseil; l'administration générale des finances et le trésor public ; celle de la caisse de l'extraordinaire, de la direction générale de liquidation, et de la comptabilité ; l'école des mines , les dépôts publics i les primes et encouragemens pour le commerce ; le jardin et la bibliothèque du roi; les universités , académict et travaux littéraires; les invalides et les quinze-vingt; la haute cour nationale , le tribunal de cassation et l'assemblée nationale.

Tons des objets , en y joignant six millions pour tout ce qui peut être imprévu ou omis, coûteront 280 millions,

Les traitemens du clergé supprimé, les pensions , l'intérêt, des rentes cl de toute la dette publique et autres objets, monient à 302 millions. Ainsi toute la dépense commune de la nation,

qui doit être payée par le trésor public, forme, un total de 582 millions. Dépenses locales qu'on propose de confier aux dépar

tem?1.5. Ce sont les dépenses des assemblées administratives, des tribunaux, des prisonniers, de la perception des impositions directes, des hôpitaux, des secours destinés

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