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communs. Il faut donc chercher quelqu'autre raison de l'extrême inquiétude que la Cour de Vienne en témoigne.

Le Traité d'Hanovre est purement défenfif, comme on le démontrera dans le cours de cet Ecrit; Il ne déroge à aucuns Traitez anterieurs, il les confirme même tacitement. Ainsi nulle raison pour la Cour de Vienne d'en être allarmée ; car

: nous n'osons pas croire que la stipulation du maintien de l'équilibre en Europe, dont l'Auteur de l'AnaTyfe fe garde bien de parler dans son Ouvrage, puisse être pour cette Cour un motif d'inquiétude. Ce seroit un reproche trop sanglant à lui faire dans le tems qu'elle cherche a prou. ver son amour pour le bonheur de l'Europe, même par des circonstances qui n'y ont nul raport.

Il nous reste, avant que d'entrer en matićre, à répondre à l'Article de l'ordre de Succeffion établi par l'Empereur dans ses Etats héréditaires. Les indu&ions que l'Auteur de l'Analyse en veut tirer font trop dangereuses, pour ne les pas détruire d'avance, puisque nous avons beaucoup moins de raisons que l'Auteur de l'Analyse de vouloir tout attendre de la pénétration des Le&teurs, à laquelle il s'en remet sur les choses qu'aparemment il n'ose pas déveloper.

Le peu d'attention que les Rois de France & d'Angleterre ont donnée aux difpofitions domestiques que l'Empereur a jugé à propos de faire,fuffit pour convaincre combien l'un & l'autre font éloignez des vuës que l'on affecte de leur attribuer. Mais après avoir pere, pour ain di dire, au poids du fan&uaire, ce que l'Auteur

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de l'Analyse avance pour faire fogarder ces difpofitions comme obligatoires pour les Rois de France & d'Angleterre, nous ne pouvons pas admettre ce que l'Auteur pofe cependant comme indubitable.

Les difpofitions faites par l'Empereur font poftérieures aux Traitez qui ont ftatué sur les Successions d'Angleterre, de France, & d'Efpagne. Elles en font abfolument indépendantes, & elles n'ont été ni follicitées ni de. mandées par aucune Puissance. L'Empereur n'a peur - être fait fur cela pour fa Maison, que ce qu'en matiere civile un bon Pere de famille auroit pû faire ; inais encore une fois, c'est une matiere tout-à-fait étrangere aux autres Etats de l'Europe. Ils n'ont pas été en droit d'y prendre part, comme its ne sont pas dans l'obligation d'y joindre leUTS fuffrages; & l'on peut dire que l'Aateur de l'Analyse n'a pas été bien confeillé, lorsqu'il à voulu établir une entiére parité entreles difpofitions faites par l'Empereur pour fa fucceffion, & l'ordre de fucceffion des Royauines d'Angleterre, de France & d'Espagne, que ce Prince a garenti pour ses intérêts par ticuliers, après l'avoir fait achetet par toute l'Europe en général & en particulier par toud L'Empire, au prix de l'effufioni de tant de fang & de l'épuisement de tant de Tréfors.

Sur les Articles I. II. III. IV.

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L'on ne conçoit pas aisément coniment les allarmes de la Cour de Vienne sur le Traité d'Hanovre peuvent tomber en particulier fur J'Article, qui ftipule la garantie réciproque

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des Etats d'Angleterre , de France , & de Pruffe, & nous ne sçavons, pour aing dire, que penser de la peine qu'elle en rémoigne. Cette Cour autorileroit à croite que ses vûës présentes & à venir feroint blessées par une , garantie, qui regarde les Puissances, que les Constitutions de l'Empire & les Capitulations même des Empereurs autorisent à faire des Traitez lorsqu'elles le jugent à propos , pourqu'ils ne soient point contraires à l'Empereur. & àl'Empire ensemble. Rien assurément n'y doit paroitre moins contraire qu'une ftipulation de garantie qui est purement défensive, & nous pouvons dire que bien loin que cette stipulation tende à la destruction de l'union du Corps Germanique , & de l'Autorité judi. ciaire; ce feroit au contraire la Cour de Vienne qui s'exposeroit aux reproches d'y vouloir donner atteinte, fi elle pouvoir un moment blâmer un Traité, qui ne fair qu'assurer l'Etat de deux Membres principaux du Corps de l'Empire, sans offense de qui que ce soit, ainsi qu'il est dit dans le Traité d'Hanovre ; mais à Dieu '

ne plaise que nous puissions suposer l'Empereur aufli éloigné des devoirs les plus eflentiels de Chef & de Membre du Corps Germanique. L'Auteur de l'Analyse donne fans doute une fausse interprétation aux intentions de ce Prince, lorsqu'il peint comme une ftipulation contraire à ses intérêts une garantie aussi parfaitement conforme à l'obligation où il est de maintenir les Princes de l'Empire dans la jouïssance de leurs poffeffions & dans l'exercice de leurs Droits. Il prétend cependant trouver dans cet engagement une infraction faite aux Constitutions de l'Empire. !!

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croit que les Princes de cet auguste Corps ne sont autorisez de se garantir entre eux par des Alliances particulieres que des Droits dont ils jouïssent sans contestation des Parties, ou bien en vertu d'une Sentence prononcée par le Tribunal fuprême. Notre Auteur ne veut pas souffrir que l'on ait recours à ces forces de garanties pour l'assurance des prétensions dont on pourroit croire & prétendre pouvoir jouïr, pendant que ce sont des affaires pen. dantes en justice, ou fans les laisser décider par des Juges légitimes.

Pour foutenir cette suposition, on allegue que la Paix publique, le Reglement de la Chambre Impériale, le Traité de Westphalie, & les Capitulats des Empereurs obligent Sa Majesté Impériale d'adminiftrer la justice à tous les Etats de l'Empire conformement aux Constitutions anciennes & nouvelles Privileges & aux louables Coutumes. De là on tire cette consequence que les Electeurs & Princes de l'Empire font réciproquement obligez de se soumettre aux décisions de ce Juge suprême.

Cette obje&ion tend a persuader aux Lecteurs, que ces Loix ne permettent pas aux Etats de l'Empire de s'assurer par des Alliances particulieres les Droits , dont ils pourroient croire & prétendre pouvoir jouïr, soit pendant que ce sont des affaires pendantes en justice, foit qu'on n'en n'ait pas requis le Juge légitime.

La preuve de cette These est fondée sur l'Autorité du Juge suprême, qui est l'Empereur. La principale question donc est , de sçavoir G les Etats de l'Empire font en droit Ys

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de contracter entre eux des Alliances défenfives, pour maintenir des prétensions qui font contestées a&uellement, ou qui le pourroient être dans la suite.

Avant que d'examiner cette matiére selon les Constitutions de l'Empire, & selon les Documens que l'Histoire nous fournit on pesera le raisonnement de l'Auteur selon les regles de la bonne consequence, que la Logique nous aprend. Où trouvera-t-on donc un homme de bon sens & defintéressé qui aprouvera cette maniere de raisonner ?

Les Etats de l'Empire fort en droit de con. tracter des Alliances pour leur confervation en néral.

Or l'Empereur poleae la Jarisdiction fupreme dans l'Empire.

Donc il s'ensuit que les Etats ne peuvent pas, Sans empiéter sur les prérogatives de Sa Majefte Impériale chercher d'autres moyens pour confer. ver les Droits dont ils pourroient croire & pretendre pouvoir jouir sans s'en remettre à la décifion du Juge suprême de l'Empire,

La premiere de ces trois propofitions eft fondée sur des termes très-évidens & généraux, qui font exprimez dans l'Article VIII. de l’Inftrument de la Paix de Westphalie $. Gaudeant. Les voici en origual. ,, Cumpri

mis verò jus faciendi inter se & cum exteris » foedera, pro sua cujusque conservatione ac fco

curitate fingulis Statibus perpetuò liberum efto,

ita tamen ne ejusmodi fædera fint contra Impe, ratorem & Imperium, Pacemque ejus publi. » cam, vel banc inprimis Iransactionem, fiant», que salvo per omnia juramento, quo quisque

Imperatori & Imperio obftri&tus eft. Que

:9 tous

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