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alloient périr dans les flots : le brave matelot s'y précipite, et malgré la fureur des vagues, il parvient à sauver les deux malheureux qui se débattoient contre elle. Le chef d'escadre, M. de Bougainville , et le maire de Brest , se sont disputés la gloire de récompenser le héros marin ; ils lui ont décernie' et offert sur le théâtre de Brest la couronne civique.

Lyon. La vente des deux premières maisons du clerge s'est faite avec pompe et on l'a célébrée comme une des plus grandes victoires remportées sur l'aristocratie. On a donné une fête aux acheteurs , 'et'on les a reconduits chez eux au son des instruméns. Ce n'étoit pas de la musique d'église.

Avignon. Le décret, qui accorde'au peuple avignonois la protection des armes françoises', a été reçu avec des transports de joie. Le bruit des cloches s'est joint aux cris d'alégresse. Le TE DEUM a été chanté et accompagné de plusieurs'salves d'artillerie. Des danses et des illuminations ont duré toute la nuit ; et pendant vingt-quatre heures on n'a cessé de sonner la fameuse cloche d'argent qui n'étoit employée que pour annonce'élection ou la mort d'un

pape. Sedan. Le département des Ardennes vient d'élire pour évêque, M. Philebert, curé de Sedan. Ainsi c'est le mérite et non la naissance

que

l'on consulte jourd'hui dans le choix épiscopal. Un prélat orgueilleux se plaignoit de ce que le peuple, et non le clergé, étoit appelé par la constitution à élire les évêques. On lui fit obsesver qu'avant la révolution , ce n'étoit pas le clergé, mais le roi qui nommoit aux évêchés et aux abbayes. Cela est vrai , dit le prélat', mais le roi ne les donnoit qu'à la noblesse.

BRIVE , Département de la Corrèze. Le procureur de la commune , patriote zélé, a disparu tout-à-coup. On a visité les maisons , les forêts , les puits , les denieures les plus secrettes. Toutes les recherches ont été inutiles. Le peuple soupçonnant les aristocrates d'avoir enlevé cet homme , leur ennemi mortel, se disposoit à les exterminer. Les magistrats lui ont représenté qu'un soupçon n'étoit pas une preuve et que

des

au

des vengeances arbitraires seroient des attentats punissables. Enfin on a trouvé le cadavre de cet excellent citoyen, il étoit noyé. Son corps a été ouvert., et l'on a présumé qu'on l'avoit fait mourir de faim.

Paris. Le roi a sanctionné le décret sur la constitution civile du clergé. Ainsi, désormais tout prélat désobéissant, sera privé de son évêché et de sa pension ecclésiastique. Saint-Louis ayant éprouvé une résistance invisible de la part des évêques de son temp3, il

ne parvint à dompter leur hypocrisie qu'en faisant saisir leurs revenus. Il recommanda cette méthode à ses successeurs. Louis XVI, en imitant Saint-Louis, se montrera véritablement LE ROI TRÈS-CHRETIEN.

M. Grégoire , curé d'Emberménil, député de l'assemblée nationale, vient de publier des observations excellentes concernant la nouvelle circonscription des paroisses. C'est le même qui s'est élevé avec éloquence contre l'esclavage des negres. Voilà un pasteur qui honore la religion et qui aime l'humanité !

M. Laurent , curé d'Huillaux, député de l'assemblée nationale , vient de publier une déclaration dans laquelle , exposant les faits et les vérités du christianisme ,, il réfute victorieusement l'écrit séditieux DES TRENTE EVÈQUES, ligués contre la constitution. L'auteur prouve très bien qu'à la nation seule appartient le droit de diviser le territoire que chaque prélat et chaque pasteur doivent administrer spirituellement. «Dieu n'a pas tracé une carte géographique de l'église. Les anges ne sont pas descendus sur terre pour arpenter, mesurer et clorre chaque révêché et chaque paroisse. L'assemblée nationale a pu , a dû régler l'étendue des diocèses, en réglant celle des départemens. Elle a , pour ainsi dire, dédié chaque département à la religion catholique, en y plaçant un évêque.

M. l'abbé Lamourette , docteur en théologie ; a fait pároître le no. et le no. 3 de ses PRÔN'ES; CIVIQUES, Nous exhortons les ministres des autels à lire ces disçours aussi bien raisonnés que bien écrits. Nous recommandons sur-tout la lecture du prône civique où sont exposés les grands principes de l'égalité. L'auteur démontre que Jesus-Christ a rétabli le premier les

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droits de l'homme et du citoyen , et que l'église chrétienne est en quelque sorte le temple de l'égalité sociale.

M. du Portail, ministre de la guerre, a fait assembler les commis de ses bureaux, et leur a dit : j'aime la constitution, mon devoir est de la faire exécuter, je sais que plusieurs d'entre vous sont dans des principes différens : qu'ils se retirent s'ils ne sont pas disposés à me seconder. Ce discours ne produiroit pas un grand effet , si M. du Portail ne joignoit pas, à un caractère ferme , un esprit vigilant.

Le roi a nommé, à la place de M. Lambert , contrôn leur-général, M. de Lessart, homme instruit dans les finances, calculateur exact, et ayant une réputation parfaite d'intégrité. Il étoit l'ami intime de M. Necker qui n'estima jamais les talens, s'ils n'étoient utiles et purs , et qui, selon son expression, regardoit les vertus particulières, comme un présage et une caution des vertus publiques.

L'assemblée des électeurs du département de Paris tout en se hâtant de composer les tribunaux, n'oublie , rien pour les peupler des meilleurs juges. Elle les cherche, avec un coup-d'oeil impartial , dans toutes les classes où existent des jurisconsultes-patriotes. Nous avons annoncé les choix heureux qu'elle a faits dans l'assemblée nationale', du sein de laquelle elle a tiré les six présidens des six tribunaux. M. de Saint-Fargeau, député aussi à l'assemblée nationale, ayant été élu pour simple juge, a refusé. On ignore si c'est le refus de la modestie ou celui de l'orgueil. Cet orgueil seroit bien messéant à un patriote qui doit attacher un grand prix à tous les emplois confiés par la patrie et accordés par la liberté. C'est ainsi qu'a pensé. M. d'Ormesson, ancien contrôleur-général, conseiller d'état, fils, petit-fils, arrière petit-fils des magistrats les plus illustres. Il a été élu , ainsi que M. de SaintFargeau , pour simple juge. Non-seulement il a eu le bon esprit d'accepter, mais il a remercié l'assemblée électorale avec un sentiment si vrai, si pur, si touchant, qu'elle a regretté de n'avoir pas une présidence à lui offrir , non comme une place plus honorable , mais comme une place plus exemplaire.

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FEUILLE VILLAGEOISE.

DOUZIÈME SEMAIN E.

Jeudi 16 Décembre 1790.

Courte réponse de différentes questions de quelques

abonnés.

Plusieurs personnes ont été frappées d'une phrasa .' dans notre No. 9, page 157. Vous dites qu'on pourra appeler d'un district à un autre , quel qu'il soit , dans toute l'étindue du royaume. Ces personnes craignent que cela ne retombe dans l'inconvénient qu'on veut éviter; car un chicaneur ne pourra-t-il pas en appeler à l'extrémité du royaume ? D'autres pensent

l'on ne pourra appeler que dans l'arrondissement de son département. Je laisse à votre sagesse si cela mérite un éclaircissement. J'ai l'honneur d'être , etc.

N, NOBLE.
Réponse.

Il faut pour appeler à un district quel qu'il soit, que les parties soient d'accord. Dans le cas où elles ne le seroient pas, la loi y a pourvu.

Un membre du directoire d'un district, n'a-t-il pas son domicile au lieu du district ? Peut-il voter

ailleurs qu'aux différentes assemblées qui se tiennent au chef-lieu du district ? Il y a , si je ne me trompe, un décret qui porte que les directoires de district seront toujours en activité. Or 'si les directoires de district sont toujours en activité , les administrateurs de district ne sont-ils pas censés demeurer au chef-lieu d'un district et ils ne doivent pas avoir de domicile ailleurs ; car cela doit être leur véritable domicile de droit ? Vous me feriez un véritable plaisir , si vous pouviez m'éclaircir .cette question. J'ai l'honneur d'être, etc.

MERSER le jeune,

avocat à Apremont.

Réponse. Il suffit

que

le membre du directoire assiste au cours des séances ; ainsi tout ce qu'on pourroit exiger , c'est qu'il résidát durant le cours des sessions ; mais si son domicile n'est pas éloigné, s'il peut être assidu sans se transplanter, il n'y a aucune difficulté. Cependant on doit toujours souhaiter qu'il réside.

Il s'est élevé une difficulté dans notre paroisse , pour savoir quel membre de la municipalité doit faire la lecture des décrets sanctionnés par le roi. Si vous voulez prendre la peine de m'éclaircir là - dessus , vous obligerez celui qui a l'honneur d'être , etc.

ROBERT, procureur de la

commune de Brombos.

Réponse. Le maire , ou celui qui le remplace , ou enfin un officier municipal quelconque.

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