Page images
PDF
EPUB

« ans, fils d'un gendarme à la résidence de Saint-Pol de Léon (Finistère), sauve deux en«fants de son âge qui étaient venus se baigner, « et que la mer emportait,» par Taunay (Nicolas-Antoine).

Vue du palais et du parc de Saint-Cloud, par Dunouy (Alexandre-Hyacinthe).

Vue d'une cascade de l'Isola di Sora (royaume de Naples), par M. Bidauld (Joseph-Xavier). Mariage de deux Bressans, béni par leur aïeul, par M. Genod (Michel).

Paysage historique. La reine Audouère précipitée dans un torrent par ordre de Frédégonde; par Boguet.

Vue des ruines du château de la Barben, en Provence, à l'aube du jour, par M. le comte de Forbin.

Une guérilla, par M. Jollivet (Jules).

Les Singes savants, par M. Fouquet (LouisVictor).

Halte en Palestine, en 1825, par M. Champmartin (E.).

N° 16

SALLE A MANGER

Dans une lettre fort curieuse de 1688, nous trouvons la relation détaillée d'un dîner donné par Monsieur à Louis XIV. Le cérémonial, minutieusement raconté, mérite d'être reproduit ici. Nous copions donc textuellement :

« On se mit à table sur les neuf heures. Elle étoit dressée dans une grande salle magnifiquement parée du beau buffet de vermeil de Monsieur. Il y a, dans cette salle, un très-beau tableau de la bataille de Cassel, gagnée par son

Altesse Royale. Le Roy qui étoit servi par le dedans de la table (deux controlleurs servoient à droite et à gauche) avait à sa droite Monseigneur, Madame, Mademoiselle, etc. A sa gauche étoient la Reyne, madame la Dauphine, Monsieur, madame la princesse de Conty, etc. Il y eut plusieurs tables, pour tous les seigneurs de la Cour, très-abondamment et très-proprement servies, entre autres celle de M. le chevalier de Lorraine. La table du premier maître d'hôtel étoit de vingt-quatre couverts. Il y eut trois services fort magnifiques, et cinq pour le Roy, le bout de la table où estoit Sa Majesté ayant été relevé plusieurs fois. On trouva le fruit fort beau. Chaque service fut porté par autant de personnes des livrées de Monsieur, qu'on servit de plats, le tout sans confusion. Le soupé dura une grande heure et demie. Après quoy toute la Cour passa chez Madame, où l'hostel de Bourgogne joua le Mithridate de M. Racine, avec la petite comédie du Deuil. Le lieu qui devoit servir de théâtre étoit préparé dans l'ancien sallon. Des paravents d'une très-grande beauté, entre

lesquels étaient des guéridons d'argent portant des girandoles garnies de bougies, faisoient la décoration de ce théâtre. Entre chaque guéridon, on voyait des pots remplis de toutes sortes de fleurs, avec des vases et des cuvettes d'argent. Au fond du théâtre, il y avoit une manière d'amphithéâtre dressé dans la grande croisée qui regarde Paris (le salon de la Vérité). Ce n'étoient que fleurs dans tous les appartements et l'on en trouvoit jusque dans le fond des cheminées. J'ay oublié de vous dire que les cascades étoient aussi garnies de pots de fleurs et qu'il y en avoit autour de tous les bassins du jardin. Leurs Majestez partirent à minuit pour s'en retourner à Saint-Germain, fort satisfaites de la magnificence de ce régal, qui ne pouvoit être ni plus galant ni mieux entendu. »

La Gazette de France de 1659 jusqu'à 1670, enregistre soigneusement tous les déjeuners, diners et soupers donnés à Saint-Cloud; nous renonçons à suivre cette excellente gazette dans sa description pantagruélique.

Constatons seulement, avec le journaliste, qu'après la bonne chère, comme il l'écrit, il y avait presque toujours comédie française ou espagnole, puis ballet, divertissement, concert et cascades.

En général, Leurs Majestés arrivaient par eau, sur une galiote, et souvent le sieur de Saint-Laurens, maître des cérémonies, profitait d'une telle fête pour présenter quelques étrangers de distinction.

Une curieuse visite fut celle du Czar Pierre, en 1717. Le Mercure de France la raconte en ces termes :

« Sa Majesté Czarienne, qui n'avoit pu aller dîner les jours précédents à Saint-Cloud, à cause de quelque légère indisposition, s'y rendit le 23 (mai), avec M. le maréchal de Tessé et les principaux seigneurs de sa cour. Tout étoit préparé pour le recevoir. Monseigneur le Duc Régent se trouva à la descente du carrosse, et le conduisit dans les appartements. Après le dîner, le Czar souhaita voir les jardins et jouer les eaux;

« PreviousContinue »