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"nir un bon. Un mauvais choix peut nous perdre'; "permettez-moi donc d'éviter ce malheur en me ,, réunissant, en me consultant avec toute l'assem,, blée; on ne nous y a pas envoyés pour nous y " former en corps de communauté je vous quitte; ,, mais auparavant écoutez une aventure dont j'ai été " témoin. Trois frères avoient un grand procès; il: s'agissoit de nommer un avocat; le premier et le "' second s'entêtèrent chacun à fournir son ami le "plus jeune leur proposa de prendre le plus célèbre orateur de la ville. Ils ne l'écoutèrent point: , il fallut tirer au sort; l'aîné gagna: son avocat eut "l'affaire mais le procès fut perdu, et les trois ,, frères ruinés. Profitons, Messieurs, de cet exemple, " ce n'est pas la peine d'élire au scrutin pour élire au

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,, hasard,,.

Voilà, Messieurs, les petits abus que j'ai vu së glisser dans nos élections. Je vous instruirai de tous ceux que je pourrai observer par la suite. Le métier de citoyen est nouveau pour nous, et il a des difficultés ; mais l'apprentissage ne seroit pas long, si tout le monde savoit lire. Vous me direz que je prêche pour mon école : mais qu'importe; si j'ai raison?

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De Paris, ce 2 Novembre 1790.

J'AI reçu, ma chère Marianne, la lettre qui m'annonce ton arrivée à S***. J'ai été mille fois dans mon enfance, dans cette même ferme, dont tu me fais une peinture si agréable; mais ta description dérange tous mes souvenirs; Combien ces lieux sont changés depuis que je ne les ai vus! A la place de ce verger dont tu me parles, étoient jadis une basse-cour et des granges: Cette jolie ferme bâtie en briques, n'étoit de mon temps qu'une humble chaumière, et je vois

que l'on a détruit ce charmant berceau de vigne sous lequel j'allois si souvent manger du raisin et de la

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crême et cette pauvre Nicole, la grand'mère de ton mari, que tu me représentes si vieille et si REVÈCHE; elle n'avoit pas alors 50 ans; elle étoit fraîche encore et d'une gaîté si égale et si naturelle !

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Pauvre Nicole tout a fructifié

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tout s'est embelli autour d'elle depuis 30 ans ; elle se repose sous l'ombrage des arbres qu'elle a plantés : Une grande Ferme remplace sa petite cabane de chaume. Elle embrasse ses arrières-petits-enfans; elle voit enfin T'heureuse révolution qui a détruit sans retour la servitude et la tyrannie, et qui assure à jamais le bonheur de la France: Peut-elle s'attrister d'avoir vieilli! Mais malgré sa mauvaise humeur, je suis certaine que ma bonne Marianne, regarde comme un devoir sacré le soin de la rendre aussi heureuse qu'elle peut l'être. En général, dans les villages on pas assez de respect pour la vieillesse: Cependant la religion nous prescrit d'avoir pour elle une profonde vénération, et la nature nous l'inspite. - Ah! quel bonheur de voir parvenir les auteurs de nos jours jusqu'à la vieillesse la plus avancée; de pouvoir alors nous acquitter envers eux de tout ce qu'ils ont fait pour nous, dans les premières années de notre vie; de devenir l'appui de leurs foiblesses, comme ils furent les soutiens de la nôtre; de les soigner, de les servir, de supporter sans murmures fes injustices cauées par l'affoiblissement de leur raison, comme ils ont supporté les caprices et l'imbécillité de notre enfance: telle fut, ma chère Marianne, ta conduite dans ton yillage Tu faisois la consolation et les délices

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de tes parens; tu donneras le même exemple dans le pays de ton mari, tu rendras paisibles et fortunés les derniers jours de la vieille Nicole: tu feras renaître la joie dans son ame abattue par les infirmités de la vieillesse; -elle bénira le lien qui t'unit à son petit-fils; elle s'attachera à toi; elle aimera, et la vie ne sera plus un fardeau pour elle. Le portrait que tu me fais de la jeune Claudine ta belle-fille, me prouve qu'elle te plaît beaucoup: j'en suis charmée; il est rare qu'une femme prenne véritablement en amitié les enfans d'un premier lit; mais c'est encore un exemple que l'on doit attendre d'un aussi bon cœur que le tien. Je t'avois priée en partant de me donner des nouvelles d'une amie de mon enfance! Simonnette fille du marinier Jean-Pierre; elle demeuroit au bout du village, à l'extrémité de la grande pelouse qui borde la rivière du côté de cet orme antique, sous lequel (de mon temps) on s'assembloit pour danser. Hélas! cet orme qui avoit alors plus de 100 ans, a conservé, sans doute, sa fraîcheur et sa beauté, et ma pauvre compagne, peut-être, n'existe plus !... Parle-moi aussi du château qu'on a bâti depuis moi : Ne reste-t-il aucun vestige de celui que j'habitois ?... A-t-on détruit, dans la seconde cour, un canal bordé d'ébéniers? Si ces arbres n'ont pas été coupés, va les voir, ma chère Marianne; cherche sur leur écorce le nom de de FELICIE; ma main l'y traça plus d'une fois!.... Combien ces doux souvenirs m'attendrissent...... Adieu; je ne t'envoie pas encore les instructions que tu m'as demandées; Je ne puis te parler que de ma chère Patrie. Quand j'aurai épuisé toutes les questions que je puis te faire sur la Bourgogne et sur. S***, je remplirai ma promesse avec autant de détails que de plaisir.

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PHILADELPHIE. Dans l'Amérique septentrionale, le congrès, ou l'assemblée législative des treize répu bliques unies de l'Amérique Angloise, vient de terminer sa seconde session, dans laquelle a été examinée, confirmée, développée la grande confédération à laquelle cette partie du monde est redevable de son indépendance. Rhodisland, le seul de ces vastes états, la seule de ces riches colonies, qui n'avoit pas encore adhéré à la confédération, touché enfin des intérêts com muns de l'Amérique septentrionale, s'est allié aux autres états unis, et s'est soumis à leur constitution. C'est le complément d'une révolution, qui, de proche en proche, va briser les fers du nouveau monde, et apprendre à l'ancien à rompre aussi peu-à-peu ses vieilles chaînes.

MADRID. L'Espagne et l'Angleterre ont arrangé à l'amiable le petit différend dont on vouloit faire une guerre formidable. Le sujet de la querelle étoit un établissement de commerce que les Anglois avoient for mé au nord du Mexique. L'Espagne ne s'oppose plus à cet établissement et consent à la navigation libre des Anglois sur ces mers. Nos mécontens qui espéroient beaucoup de la guerre, sont déconcertés par la paix.

LISBONNE. La reine de Portugal vient d'abolir toutes les jurisdictions territoriales dont jouissoient les principaux seigneurs et maisons privilégiées. Elle a compris, dans cette loi si juste, ses propres domaines. Mais elle n'a point osé toucher aux priviléges bien plus terribles de l'inquisition. Son peuple est encore trop esclave des

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moines.

LA HAYE, On a fait beaucoup de conjectures sur le voyage de M. de Calonne. On lui prêtoit de bons et de vastes projets. Tout cela se réduit à un mauvais et gros ouvrage qui paroît depuis une semaine. Cet homme qui a si fort contribué à jeter la France dans un abyme, ne veut pas qu'elle en sorte. Il attaque toutes les opérations de l'assemblée nationale: il se montre mauvais citoyen par ses principes, mauvais politique par ses systêmes, mauvais prophète par ses prédictions

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car il nous annonce que rien de tout ce qui a été fait, ne pourra durer; il assure bonnement que le roi ne se contentera jamais d'un pouvoir modéré: or tous les sentimens du roi attestent le contraire ; il assure que le peuple ne se soumettra jamais à la constitution; or, toutes les villes et tous les villages manifestent le contraire il assure que l'armée de ligne et l'armée natio nale, seront toujours divisées: or, la facilité que l'une et l'autre ont eue à étouffer les discordes semées parmi elles, démontrent le contraire. Enfin il assure que la noblesse, le clergé, la magistrature, la finance, tous ceux, en un mot, qui sont réformés, murmureront et s'agiteront sans cesse: Voilà le seul point où il ait raison; et il travaille lui-même à fomenter ces troubles : au défaut d'une 'escadre Angloise, il envoie contre nous un libelle effroyable.

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LIEGE. Les électeurs de l'Empire ont fait signifier au peuple Liégeois de prendre l'ancien gouvernement, en le menaçant de réunir contre lui leurs troupes. Le peuple Liégeois a répondu qu'il attendoit de pied ferme les troupes pour les repousser jusqu'au dernier soldat ou pour mourir jusqu'au dernier citoyen. L'ordre de la noblesse et celui du clergé passent pour avoir des dispositions différentes. C'est pourquoi le peuple Liégeois les surveille, bravant l'ennemi étranger et observant Tennemi domestique!

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LISIEUX. L'évêque ayant donné un mandement où il s'est intitulé Monseigneur, et où se trouvent gravées ses armoiries, la commune a fait une défense expresse à tous les imprimeurs de donner, à l'avenir, à qui que te soit, des titres, ou d'employer des écussons, proscrits par la constitution françoise. Les titres de monSeigneur, de grandeur, d'excellence d'altesse de même que les armoiries en bandes, en chevronsen étoiles, en croix, en lions, en tigres, etc, sont également ridicules. Le bon sens suffit pour que l'on se moque d'un usage qu'une vanité bête et folle, peut seule regretter.' up 209 25 CAVALLON. Le lieutenant civil d'Avallon, homme d'un mérite rare et d'un patriotisme éprouvé, avoit toute raison d'espérer que ses concitoyens le choisiroient

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