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sont entre les mains d'amis qui prendront ce soin à mon défaut. Ces pièces sont en grand nombre et portent avec elles, les caractères de leur authenticité.

On auroit de la peine à se figurer l'étonnante quantité de Mémoires qui ont été écrits sur le parti royaliste. J'en ai vu d'effrayantes collections, et j'ai même des copies d'un assez grand nombre de ces pièces pour pouvoir aisément me former une idée du reste. Je ne sais ce qu'en veulent faire ceux qui les conservent. Celui qui écrira l'histoire de la révolution Françoise, aura sans doute, bien assez à faire pour discerner la vérité, sans qu'on jette encore sur son chemin, des amas de conjectures, et de fables dictées par l'intérêt, par les mé

conten,

contentemens particuliers, par l'esprit d'intrigue, par la peur, ou par la faim, qui retrouvés au bout d'un siècle, pourroient acquérir ce degré de confiance que donne la vétusté.

Les propriétaires de ces recueils, s'ils veulent ne pas se rendre coupables de la propagation de l'erreur, n'ont à choisir qu'entre une précaution et un préservatif. La première de les publier dès aujourd'hui; le second d'écrire au haut de chaque pièce, le nom de son

auteur.

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MÉMOIRES

DU

COMTE JOSEPH DE PUISAYE,

INTRODUCTION.

Porté par caractère et par choix à une vie tranquille et retirée, j'ai été jeté malgré moi, dans les affaires publiques. Ce que

d'autres souvent recherchent avec passion, j'ai fait inutilement tout ce qui a été en mon pouvoir pour l'éviter : j'ai donc cédé à ma destinée. Lancé dans une carrière difficile, je l'ai parcourue à trąvers les dangers et les dégoûts de tous les genres, Je ne puis attribuer le mérite d'en être sorti, qu'à une Providence bienfaisante, qui a veillé comme miraculeusement sur moi. Elle semble m'avoir Tome I.

préservé,

А

préservé, pour m'imposer une dernière tâche; celle de publier ce que j'ai pu observer des moyens dont elle se sert pour disposer du sort des empires et des hommes.

D'autres motifs plus humains sans doute, mais cependant impérieux, me déterminent à cette publication.

Comme tous ceux qui se sont trouvés dans des situations à-peu-près semblables à la mienne, j'ai eu un petit nombre d'amis, un beaucoup plus grand nombre d'ennemis; ces derniers ont élevéun cri presque universel de calomnie jusques sur mes moindres actions; ils ont cherché par un système suivi de diffamations, de persécutions même, à détacher de mọi les premiers. Je dois donc - regarder comme sacré, le devoir qui m'est imposé de justifier aux yeux du public, la confiance dont mes amis m'ont honoré, et l'estime constante que des hommes généreux, dont la conscience ne sait pas

céder à la crainte d'une fausse et passagère opinion publique, n'ont pas cessé de me témoigner, malgré les clameurs d'une multitude trompée par des relations perfides et mensongères.

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