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et de la vérité; Louis XII qui ne veut point. punir les conjurés du duc d'Orléans, et qui reçoit des Français le titre de Père du peuple; du Grand Henri, qui nourrit la ville de Paris qui l'outrage, et lui fait la guerre; de Louis XIV, non lorsqu'il donne des lois à l'Europe, mais lorsqu'il pacifie l'Univers, et qu'il est le protecteur des talens, des sciences et des. beaux-arts.

Mettez un frein à ses passions, et ne déguisez jamais les faiblesses de votre élève; que le calme des vertus privées maîtrise les sens, il sera doux, pacifique, digne d'ètre aimé alors vous serez sûr de votre ouvrage, on vous applaudira, et vous partagerez la reconnaissance que les peuples doivent à ceux qui ont écouté la sagesse de Fénélon, dans les fonctions qui l'ont immortalisé.

Ce n'est point des exploits d'Alexandre ni de Charles XII, dont il faut entretenir votre élève ces princes sont des météores qui ont dévasté la terre. Parlez-lui, et de bonne heure, des princes qui ont protégé le commerce, agrandi la sphère des arts; enfin, rois tels qu'il les faut aux peuples, et non tels que l'histoire se plaît à les louer.

des

Vous connaissez les bons livres, les bonnes

méthodes; vous m'avez paru avoir profité de vos lectures, des premières leçons de la jeunesse; vous êtes instruit, tâchez de faire pour mon fils ce qui a été fait pour vous; mais ne vous pressez pas de jouir du fruit de vos travaux; ne redoutez pas la lenteur; soyez bien convaincu que votre élève sent quand vous voulez lui apprendre encore; ne déguisez jamais, et qu'il ne paraisse pas plus savant qu'il ne l'est en effet : il est honteux à un prince de n'avoir que des demi-connaissances; son instituteur doit lui éviter cette honte.

Feignez d'apprendre avec votre élève, et excitez son émulation en piquant sa vanité: on réussi quelquefois par ce procédé ; il fait la gloire de maître, et les délices de l'élève.

Parlez-lui quelquefois, et toujours avec respect, de Dieu, de ses attributs et de son Culte; prouvez-lui que l'autorité des Rois vient de Dieu, et que s'il ne croit pas à la puissance du maître des Rois, il sera bientôt la victime de ces hommes qui ne croient rien, méprisent l'autorité, et s'imaginent être les égaux des Rois.

Qu'il apprenne, dès-à-présent, que la religion est digne de tous ses hommages et de

et de la vérité; Louis XII qui ne veut point. punir les conjurés du duc d'Orléans, et qui reçoit des Français le titre de Père du peuple; du Grand Henri, qui nourrit la ville de Paris qui l'outrage, et lui fait la guerre; de Louis XIV, non lorsqu'il donne des lois à l'Europe, mais lorsqu'il pacifie l'Univers, et qu'il est le protecteur des talens, des sciences et des. beaux-arts.

Mettez un frein à ses passions, et ne déguisez jamais les faiblesses de votre élève; que le calme des vertus privées maîtrise les sens, il sera doux, pacifique, digne d'être aimé alors vous serez sûr de votre ouvrage, on vous applaudira, et vous partagerez la reconnaissance que les peuples doivent à ceux qui ont écouté la sagesse de Fénélon, dans les fonctions qui l'ont immortalisé.

Ce n'est point des exploits d'Alexandre ni de Charles XII, dont il faut entretenir votre élève : ces princes sont des météores qui ont dévasté la terre. Parlez-lui, et de bonne heure, des princes qui ont protégé le commerce, agrandi la sphère des arts; enfin, des. rois tels qu'il les faut aux peuples, et non tels que l'histoire se plaît à les louer.

Vous connaissez les bons livres, les bonnes

méthodes; vous m'avez paru avoir profité de vos lectures, des premières leçons de la jeunesse; vous êtes instruit, tâchez de faire pour mon fils ce qui a été fait pour vous; mais ne vous pressez pas de jouir du fruit de vos travaux; ne redoutez pas la lenteur; soyez bien convaincu que votre élève sent quand vous voulez lui apprendre encore; ne déguisez jamais, et qu'il ne paraisse pas plus savant qu'il ne l'est en effet : il est honteux à un prince de n'avoir que des demi-connaissances; son instituteur doit lui éviter cette honte.

Feignez d'apprendre avec votre élève, et excitez son émulation en piquant sa vanité: on réussi quelquefois par ce procédé ; il fait la gloire de maître, et les délices de l'élève.

Parlez-lui quelquefois, et toujours avec respect, de Dieu, de ses attributs et de son Culte; prouvez-lui que l'autorité des Rois vient de Dieu, et que s'il ne croit pas à la puissance du maître des Rois, il sera bientôt la victime de ces hommes qui ne croient rien, méprisent l'autorité, et s'imaginent être les égaux des Rois.

Qu'il apprenne, dès-à-présent, que la religion est digne de tous ses hommages et de

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enfans perdus de la nouveauté, de l'esprit du siècle, et du poison de l'incrédulité.

Loin de lui tous les ouvrages, ou la philosophie qui prétend juger Dieu, son culte, son Eglise et sa loi divine. Les passions ne lui inspireront que trop un jour le désir de secouer le joug de la Religion, et les flatteurs sauront bien profiter de ce moment. Faites-lui respecter les choses saintes, et dévoilez à ses yeux la fausse philosophie.

J'aurais bien des choses à vous dire que me dictent ma tendresse pour mon fils, et le désir de former son cœur et son esprit; mais je crains de prendre le ton sententieux, et d'avoir l'air, de dicter des lois à son instituteur. J'ai toute confiance en vous, M. l'Abbé; que ma lettre soit quelquefois consultée par vous, mais ne soit pas l'unique règle de votre conduite. J'ai besoin de vous voir quelq votre élève; au milieu des c

venez avec

qui déchi

rent mon ame, mon unique consolation est dans mon fils; et je me complais en voyant les progrès qu'il fait tous les jours, et qu'il doit à vos soins et à votre amitié pour lui.

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