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pour en défendre l'approche: il y a fouvent pal des attaques, méme des combats fanglans;

mais on a beau triompher des rebelles, c'est une hydre; plus on en détruit, plus ils femblent fe multiplier; ils ont une bravoure fau vage, ne connoiffent point le danger, & viennent jufqu'à l'embouchure du canon; ils ont également des camps formidables, du canon, une cavalerie fort bien montée, des armes & des munitions de guerre. M. d'Affas, major du régiment du Cap, & parent du Curtius. françois, fait des merveilles dans le poste qu'on lui a confié. M. Pajot, jeune créole d'une bravoure à toute épreuve, a le commandement des Mulâtres; il s'eft fignalé dans plufieurs actions; il est chéri de fes foldats & redouté de fes ennemis. M. de Thouzard, commandant au Terrier-Rouge, a défait le camp de Galifet qui étoit occupé par un nombre prodi gieux de révoltés, & leur a pris deux pieces de canon aux armes d'Efpagne, ce qui donne de grandes inquiétudes ».

,

« Les Negres fe font donné un fouverain qu'ils appellent le roi Jeannot; il a une cour affez confidérable : ils font tous affublés des vols qu'ils font; il ne refpectent rien, tuent tes hommes, Iss enfans mâles, & ne gardent que les femmes blanches ».....

« On a pris dernierement la reine Jeannette, on l'a mife dans les prifons, on lui a fait fon procès mais le jour qu'on la fit fortir pour fubir fon arrêt de mort, les révoltés ont fait dire que fi l'on tranchoit les précieux jours de l'augufte Jeannette, foixante femmes blanches, qu'ils tenoient prifonnieres, alloient éprouver le même fort. Alors les Blancs, moins par refpet pour les ordres du fouverain noir , que par humanité pour leurs femmes, leurs enfans,

leurs fœurs enfin, ont fufpendu l'exécution & ont fait rentrer fa majefté jufqu'à nouvel ordre ».

« Le jour même de notre départ, 1500 hommes du Cap font partis pour attaquer le camp de l'Embarcador à l'Acul. Veuille le ciel leur avoir donné un bon fuccès ».

GRANDE-BRETAGNE.

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LONDRES (le 2 Décembre ). On a derniérement jugé au tribunal du banc du roi l'affaire de M. Perry, propriétaire de l'Argus, accufé d'avoir reproché aux miniftre de faire de la gazette de Londres le réceptacle de leurs menfonges, pour agioter à leur aife dans les fonds publics. M. Perry a dit qu'il n'y avoit plus de liberté de la preffe s'il étoir pourfuivi au criminel pour un pareil article; que fon papier ne contenoit rien de féditieux; qu'il n'attaquoit pas le Gouvernement, mais fes agens; qu'il étoit reçu qu'un papier public devoit être la fentinelle du Peuple, & le mettre en garde contre les mefures dangereufes du Miniftere. Il s'eft plaint de la dureté avec Jaquelle on le traitoit, en a appellé à fes mœurs pour prouver qu'il étoit un honnête homme, incapable de foulever le peuple. Cependant, fur les conclufions du procureur-génécal, il a été condamné à 100 liv. fterl. d'amende, & à la prifon jufqu'au paiement de cette amende, fans préjudice du tems qu'il devoit y refter en vertu de fentences antérieures.

C'est ainsi que la liberté de la preffe, n'est plus qu'un mot vuide de fens, que le miniftere foule aux pieds.

En attendant le Swallow, qui doit nous apporter les nouvelles officielles de l'Inde, it

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paroît un extrait de la gazette de Madras qui porte que le lord Cornwallis avoit été joint durant la marche vers Seringapatam par la cavalerie Maratte au nombre de 12 ou 15 mille hommes; qu'en s'approchant de Seringapatam, il avoit fait les préparatifs néceffaires pour attaquer les ouvrages extérieurs le 15 Mai, à 2 heures du matin ; mais qu'une pluie violente étant furvenue, l'armée n'arriva au rendez-vous qu'entre 10 & 11 heures du matin; ce qui donna à l'ennemi le tems de fe préparer ; que cependant l'attaque commença immédiatement, & que les ouvrages extérieurs furent emportés d'affaur; que Tippo avec fon armée, fut forcé de chercher un afyle dans Seringapatam, où la famine faifoit les plus grands ravages. Cette gazette ajoute que la continuation des pluies avoit fauvé l'armée de Tippo, & mis le lord Cornwallis dans la néceffité de fe retirer à Bangalore; elle ne dit point, comme on l'a débité, que Tippo eût fait aucune tentative pour harceler ou at taquer le lord Cornwallis dans fa retraite ; elle suppose feulement que notre perte a été confiderable. Il eft vrai que le lord Cornwallis a été obligé de laiffer derriere lui une partie de fa groffe artillerie, après l'avoir rendue inutile; mais c'eft parce qu'elle manquait d'animaux de trait, la plupart étant crevés faute de fourrages.

BOUILLON (le 16 Décembre). Une lettre de Liege en date du 3 de ce mois, contient ce qui fuit.

« Je voudrois bien fçavoir quand il plaira au Ministere François de fe croire en état de guerre vis-à-vis des François réfugiés en Allemagne. Attend-il que l'or de l'Espagne &

de l'Italie, mêlé aux roubles de Cathérine II, ait achevé les avances d'un armement plus formidable? L'empereur auroit-il trouvé plus commode & plus fûr de mettre dans fon fecret les miniftres de France, ou bien a-t-il réellement trouvé le moyen de les conduire, de les diriger, felon fes vues, par des pratiques qui leur foient inconnues, complots, trahifons, tout refte dans la plus parfaite impuni. té ! L'Affemblée Nationale s'agite & ne bat que de l'air! Les miniftres y prennent la parole, & n'y font que du bruit! Des querelles fur la loi, des querelles fur l'exécution de la loi, des querelles fur tout à quand donc les combats? Ne voyez-vous point que vous êtes menacés de toutes parts; que le nom François eft en horreur dans toutes les Cours de l'Europe; que Léopold n'a que fa philofophie de Tofcane & qu'en fa qualité de chef de l'Empire, il eft votre ennemi, & plus encore en fa qualité de monarque autrichien.

Où donc eft cette vigueur qui vous a conquis la liberté & l'égalité? Ne voulez-vous plus de cette derniere qui feule peut vous répondre que vous conferverez l'autre ? Car c'eft la nobleffe de toute l'Europe qui preffe & conjure les fouverains de fe déclarer contre la France. Ne croyez-vous donc plus que le fer foit dans vos mains le glaive de l'équité? Eft ce que la Hollande, & les Belges & les Liégeois ne vous ont point appris ce que c'eft que de manquer de réfolution?.... Vos ennemis font ici dans nos murs; la citadelle qui nous domine, & d'où le defpotifme autrichien a renverfé avec des paroles fallacieufes & des baïonnettes redoutables, nos dernieres efpérances de liberté.... oui, cette fortereffe eft occupée tout-à-l'heure

par 1800 rebelles. Déjà vos réfugiés qui font dans cette ville nous indignent (je parte des neuf dixiemes de ma nation) par la hardieffe de leurs propos & l'atrocité de leurs efpérances contre leur propre patrie..... Ah! fi nous Liégeois, nous n'avions eu à combattre qu'une poignée de rebelles, nous n'aurions pas à rougir de voir notre citadelle fervir de repaire à des étrangers ennemis des loix de leur pays & de l'humanité!... François, venez nous délivrer de la présence de ces traîtres! Venez faire retentir dans nos murs (où vous trou. verez encore des amis) le nom de liberté & celui du roi que vous avez librement couronnë !..... La bɔnne foi de votre prince est dans l'ordre de marcher foudain à vos ennemis ».

« En un mot, ne croyez point achever un ouvrage auffi extraordinaire que votre Révolution, fans un effort extraordinaire. La France n'a plus à garder, ou ne peut plus garder les mêmes mesures qu'autrefois avec des voifins dont les princes manquent aux égards dus à la Nation Françoife, à tous les traités d'amitié & de bon voisinage...... Voulez vous les empêcher d'agir, montrez-leur ce que vous fçavez entreprendre..... Quand des Cours qui vous haiffent feront prêtes pour vous accabler, elles ne manqueront pas de prétextes pour le faire; & leur Agamemnon Léopold, peut-être ipubliera les manifeftes les mieux libellés. Prévenez leurs complots. Diffipez vos rebelles fur vos frontieres menacées; & vous auffi, vous émigrez, les armes à la main comme eux; qui fouffrit les premiers, ne doit point s'offenfer des autres. C'eft un champ clos que vous prendrez fur une terre étrangere. C'est un grand cartel qui doit s'y terminer entre des Patriotes & des rebelles. Victorieux Vous

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