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ci-devant profeffeur de l'univerfité de Bonn; Dorfch, ci devant chanoine & profeffeur à Mayence, & Schwind, ci-devant profeffeur en l'univerfité de Treves; ce font trois, fçavans du premier merite, avantageufement connus dans toute l'Allemagne. Le difcours pro noncé par M. Dorfch a infpiré le plus grand intérêt à tous ceux dont l'esprit eft fufceptible d'inftruction, & dont le cœur eft ouvert à ce défir fi naturel de la liberté. On étoit attendri jufque aux larmes de voir trois hommes célebres quitter leurs emplois, leur patrie leurs amis pour venir s'incorporer à cette nation fiere & libre.

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Le Moniteur, No. 338 rapporte une lettre écrite de Porent u, par M. Girardot, émigré, telle qu'elle a été lue le 22 Novembre, à Sé mur, département de la Côte d'Or, par M. Renard à qui elle étoit adreffée. En voici le

contenu.

« Mon cher ami, la guerre eft indifpenfable, attendu que, non comme les Volontaires qui ont donné plufieurs fermens, nous n'en prêtons qu'un feul, que l'innocence opprimée, l'amour de notre roi, & de notre patrie nous dictent, qui eft de vaincre ou de mourir».

res,

« Des gazettes démocrates font courir le bruit que les princes font dans la difette; c'est un menfonge auffi abfurde que de croire que l'empereur ne prendra point de part à nos affai& il eft auffi certain qu'il s'y intéreffe. ra, qu'il eft für que le prince de Condé commande 16 mille Heffois, & 25 mille émigrés qui font à la folde du roi d'Efpagne; ils recoivent encore des fommes immenfes du roi de Naples & de la reine de Portugal, ainsi que de l'impératrice de Ruffie, cette immortelle

Pi ceffe qui a réclamé le traité de Texel, & qui en a demandé l'exécution, ce qui lui a été accordé: traité par lequel elle a la permiffion de faire paffer fes troupes fur le territoire d'Allemagne; & elles font en marche Pour appuyer l'éclat de la justice & tâcher de relever la France ».

« On vient de lever le camp d'Ettenheim; on rapproche toutes les troupes; 6 mille chevaux de remonte doivent arriver le premier Décembre, ainfi que les cuiraffiers autrichiens qui font en marche pour venir camper à Porentru, d'où je pars à l'inftant pour Bâle, & de là à Worms, à ce que je crois. Mille chofes de ma part à tous mes amis, ainsi que de MM. Pafquier freres, & MM. Bretagne fils, qui fe joignent à moi. J'attends de toi cette grace, comme l'amitié de faire part de ceci à quelqu'un qui feroit dans la réfolution bien prise de venir. Nous avons 30 fols par jour & fommes payés très exactement; la compagnie de Bourgogne eft la plus belle, la mieux protégée des princes, & fur laquelle ils fondent une grande efpérance. Adieu. L'heure de la pofte me preffe, je fuis pour la vie, ton ami G...t ».

«P. S. La route pour venir fans paffe-port & fans crainte d'être arrêté, eft de paffer par Dijon, Belançon, Baume-les Dames, Clerval, Pont-de Rouede, Porentru, Bâle, &c.

«Ceux qui n'auroient pas le moyen d'aller plus loin que Porentru, ce qui feroit une dépenfe de Io écus au plus, trouveront des fonds néceffaires pour fe rendre à leur deftination en s'adreffant à l'hôtel du Soleil d'or, chez M. Notru, qui donnera toutes chofes néceffaires ».

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«N. B. Nous obferyons que MM, Bretagne,

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dont l'aîné n'eft âgé que de dix huit ans, forst parens de MM. Pafquier, & fils du commandant de la Garde Nationale de Sémur. Ce der nier, ancien Gendarme & décoré de la croix de Saint-Louis, répandoit la nouvelle que fes fils étoient brevetés, & difoit avoir une lettre du miniftre de la guerre qui leur offroit des emplois militaires; cependant fitôt que ce commandant a ouï parler de la lettre de M. Girardot, & de l'indignation des bons citoyens qui alloient retirer les drapeaux de fes mains‹, il est allé au devant en offrant la démission de fa place »..

Des Patriotes Brabançons furent admis, le 18 Septembre, à la féance de la fociété des amis de la Conftitution de Maubeuge. M. Rochambeau, alors préfident de cette fociété, leur fit la réponse fuivante :

<<< Meffieurs les Patriotes, vous fçaviez apprécier la liberté, vous la défiriez, & des évé-. nemens malheureux vous ont privé de fa conquête. Les amis de la Conftitution Françoife, ambraffent le monde entier dans leur fyftême de philantropie, & c'eft à ce titre, Meffieurs, qu'ils efperent qu'en retournant dans votre pays, Vous y jetterez les germes de nos projets bienfaifans, pour qu'ils y produifent une recolte abondante ».

Elle fut imprimée par ordre de la fociété ; mais le Gouvernement des Pays-Bas Autrichiens, prompt à s'alarmer, a conçu de l'ombrage de cette réponse, & la regardée comme un libelle incendiaire; il s'eft adreffé au miniftre, de l'interieur pour avoir des renfeignemens fur cet objet. Le miniftre a interrogé les Cops Adminiftratifs du département du Nord; la municipalité de Maubeuge dait. andreffer procès-verbal, & relle eft la ré

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ponfe de la fociété des amis de la Conftitu-
tion à ces demandes bizarres & ridicules:
A MM. les officiers municipaux de Maubeuge.
<< Meffieurs, par quelle étrange curiofité le
Gouvernement général des Pays-Bas Autri-
chiens ofe-t-il faire des recherches inquifito-
riales fur le résultat de nos procédés ».

La France, libre depuis la Révolution, ne reçoit la loi d'aucune puiffance étrangere, & le miniftre de l'intérieur n'eft pas à la hau teur des loix nouvelles, quand il qualifie du mor libelle un ouvrage figné de nous.

Les amis de la Conftitution de Maubeuge font les amis de l'humanité, ils ont rappellé leurs principes aux Patroites Brabançons qui ont affifté le 18 Septembre à leur féance, ils leur ont dit qu'ils fermoient un inftant les yeux fur leurs malheurs paffés, mais qu'ils leur préfageoieut leurs fuccès à venir. Oui, Meffieurs, les principes qui dirigent notre Gouvernement repréfentatif feront des fanaux fuffifans pour les préferver du naufrage, & le livre facré de nos loix philofophiques fera un jour ouvert au monde entier.

<< Telles font les opinions qu'ils fe font gloire de profeffer, & l'infolence du Gouvernement des provinces belgiques eft pouffée à l'extrême, quand elles prétendent trouver mauvais l'expreffion franche & amicale de nos fentimens fur le fol qui nous a vu naître, furtout dans l'inftant où elles ont l'impudence d'appercevoir difficilement le raffemblement hoftile des officiers françois réfugiés à Ath, parjures à leurs fermens, & rebelles à la loi de leur pays »..

<< Telle est la réponse que M. le miniftre de Kintérieur auroit dû, faire, au nom de la Nation Francoife, à la reclamation indifcrete du Gouvernement des Pays-Bas Autrichiens, &

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nous vous prions, Meffieurs, de lui en faire paffer une copie fidelle, afin qu'elle puiffe fervir à régler fa conduite future ».

Signés, Donatien-Marie Jofeph ROCHAMBEAU, LAMBERT, HUCQ, SOYER, CAULIEZ T BERU, PHILIPPE, DEFLES, DALMAS, BocQUET, & un grand nombre d'autres fignataires.

Nos papiers ont publié une lettre de M. Ribié, datée du Havre-de-Grace le 30 Novembre, & dont voici les détails les plus curieur, «Je fuis parti du Cap François le 17 Otobre dernier ».

Etat des habitations incenatées, jufqu'au 14 Odobre 1991, dépofe fur les bureaux de l'Aemblée générale de Saint-Domingue. 944 cafereries.

164 fucreries.

14 cotonneries.
12 indigoteries.

168,000 Negres en infurrection.

Et 1200 habitans, gérents, économes, autres égorgés.

« A l'inflant de mon départ, on craignoit du Port-au-Prince les nouvelles les plus affligeantes. La ville du Cap eft maintenant un tableau de mifere: les habitans de la plaine qui ont eu le bonheur d'échapper, & qui avoient précédemment les plus brillantes fortunes, s'y font réfugiés: ils vivent maintenant de la ration du roi, & font habillés de la charité des citoyens; enfin, cette ville, hier encore fi opulente, ce Paris de St. Domingue, ne s'eft confervé jufqu'à préfent contre l'ennemi commun que par une furveillance & une intrépidité rares de la part des Blancs & des gens de couleur qui font un fervice forcé. Plufieurs camps font placés aux extrêmités de la ville

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