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cette devile: Nage toujours; 1200 gravures du portrait de Charles XII, la tête en bas, avec cette légende: Bender. On affure que leur premiere expédition doit être d'enlever la SainteAmpoule pour faire roi quelqu'un qu'ils ne: nomment pas.

Ces armes du ridicule n'ont d'autres effets que d'exciter à rire un moment; mais il n'en eft pas de même de la lettre que M. Volney à écrite de Paris, le 4 de ce mois, à M. le baron de Grimm, chargé d'affaires de l'impératrice de Ruffie.. Par le patriotifme & la fierté qui l'ont dictée, on ne peut s'empêcher de regarder fon auteur, comme plus grand. & plus noble que la princeffe qui en eft Yobjer.

MONSIEUR

La protection déclarée que S. M. l'impé ratrice des Ruffies accorde à des Francois ré.. voltés, les fecours pécuniaires dont elle. favo-rife les ennemis de ma patrie, ne me permettent plus de garder en mes mains le mo-· nument de générosité qu'elle y a déposé. Vous: fentez que je parle de la médaille d'or qu'au mois de Janvier 1788 vous m'adreffaces de la part de S. Maj. ». (*)

«Tant que j'ai pu voir en ce don un te moignage d'eftime & d'approbation des prin..

(*) En Juin 1787, M. le baron de Grimm m'à-yant prévenu, chez M. Holback,, qu'il fe propofoit d'envoyer à l'impératrice mon Voyage, qui: venoit de paroître, je le priàt d'en recevoir un ex-emplaire choifi & corrigé : il y mit la condition: obligeante de le préfenter de ma part; & c'eft cette: politeffe qui, 7-mois après, m'attira une très-belle: médaille mon mémoire fur la guerre des Turcs, étoit prefque achevé, & je dirai, avec vérité. que je n'y ajoutai ai n'en retranchaii.

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cipes politiques que j'ai manifeftés, je lui aí porté le refpe&t que l'on doit au noble emploi de la Puiffance; mais aujourd'hui que je partage cet or avec des hommes pervers & dénaturés, de quel œil pourrois-je l'envisage ? Comment fouffrirois-je que mon nom fe trou. vât inferit fur les mêmes registres que ceux des déprédateurs de la France ? Sans doute l'impératrice eft trompée; fans doute la fouveraine qui nous a montré l'exemple de confulter les philofophes pour dreffer un code de loix; qui a reconnu pour base de ses loix l'égalité & la liberté ; qui, dans fon adminiftration a fans ceffe tendu à l'anéantiffe. ment de la Nobleffe & de la féodalité; qui a affranchi fes propres ferfs, & qui, ne pou vant brifer les liens de ceux de les Boyards les a du moins relâ. hés; fans doute Cathsrine II n'a point entendu époufer la querelle des champions iniques & abfurdes de la barbarie fuperftitieufe & tyrannique des fecles paffés; fans doute enfin, fa religion féduite n'a befoin que d'un rayon pour fe deffiller. Mais, en attendant, un grand fcandale de contradiction existe & les efprits droits & juftes ne peuvent confentir à le partager. Veuillez donc, Monfieur, rendre à l'impératrice un bienfait dont je ne puis plus m'honorer; veuillez lui dire que fi je l'obtins de fon eftime, je le lui rends pour la conferver; que les nouvelles loix de mon pays, qu'elle perfécute, ne me permettent d'être ni ingrat ni lâche & qu'après ant de vœux pour une gloire que je crois utile à l'humanité, il m'eft douloureux de n'avoir que des illufions à regretter ». Il est fort queftion de la réfurrection prochaine du club monarchique qui n'aura pas moins de 2000 membres & qui fera tomber

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les Jacobins, même l'Affemble Nationale. On dit auffi qu'il fubjuguera les fpectacles qui contribueront à ramener le public à fon opiniɔn, c'est-à dire à une Contre-Révolution mitigée. Ce ne font là que des craintes ou des fanfaronades.

Les Monarchistes accufent les Jacobins d'avoir fait venir à Paris les brigands d'Avignon. Ils ont en conféquence fait diftribuer à la main un placard qui commence ainfi : François, je vous dénonce les fociétés des Jacobins. Ils en veulent à la vie de votre roi. Ils ont appellé les brigands d'Avignon; ils marquent leurs vidimes, & les maifons que les fcélérats de Jacobins leur indiquent, &c.

A ces horreurs, les mécontens ajoutent qu'outre le nombre d'affignats fixé par les décrets, on en a fabriqué beaucoup d'autres pour les opérations fecrettes de la Révolution; mais ceux mêmes qui font occupés à ce travail, dépofent qu'il y a impoffibilité, quand même les prépofés feroient tous des coquins. Le plus grand danger eft dans la fabrication des faux affignats, & l'on continue d'affurer qu'on s'en occupe en pays étranger.

Dernierement, un particulier au fervice d'une Dame, lui avoit volé des bijoux, un étui d'or & un portrait d'homme. La maîtreffe & le voleur font confrontés, & les juges demandent à ce dernier s'il reconnoît le portrait « Oui, dit-il, c'eft le portrait de M. B*** qui entretien Madame » & celle-ci de rougir, Interrogé enfuite s'il connoît la femme-de chambre de cette Dame : « Je la con nois pour une C.... qui fuit l'exemple de fa maîtreffe.

Une autre femme entretenue vient de fe pendre à fa porte. On a trouvé fur la table

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ces mots écrits: Vous me quittez pour une au tre femme, & je meurs pour vous. La jufticea fait ouvrir la porte de cette femme par un ferrurier, caporal dans la Garde Parifienne. Ces lui-ci, à la vue de ce trifte spectacle, s'eft trouvé mal, & il eft mort au bout de trois jours. La femme a été inhumée comme fi eile étoit morte naturellement; elle appartenoit à de bons bourgeois qui ont recueilli fa. fucceffion, riche en mobilier.

Bien différente des deux femmes dont on vient de parler, une Dame, Dominguoife agée de 19 ans,.a. fait plus que la chafte Lu; crece. Cette derniere ne fe poignarda qu'a: près avoir éprouvé la brutalité de Tarquin; au contraire, Mme. Bayou fe défendant con tre 6 ou 7 Negres, parvint à arracher le poignard, du plus entreprenant, & se donna la mort pour ne pas éprouver la puiffance de ces malheureux.

Le feu a pris dernierement, rue des Arcis à l'enfeigne du finge verd, par la négligence de la fille de la maifon qui, lifoit dans fon lit.. De prompts fecours n'ont pas empêché le feu de faire quelques progrès, & le dommage eft évalué à plus de 100 mille livres. On a trouvé dans les cendres un porte-feuil-le contenant 90 mille livres en affignats dont la couverture feule a été brûlée; tous les affignats, étoient intacts.

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Quoique St. Barbe n'ait pas inventé la poudre, les canonniers en ont brûlé quelques: tonneaux en fon honneur, Quand, donc ouvrira-t-on les yeux, fur les inftigateurs, & les. fondateurs de ces cérémonies ridicules ? Et qu'a: de commun, St. Barbe avec les faudres de la guerre. Si les braves artilleurs veulent fe créer. ane fêre, qu'elle foit au moins analogue à

La profeffion qu'ils exercent. Qu'ils célebrent par exemple, l'anniverfaire de la naiffance ou de la mort d'un Vilpatoux, d'un Gribeauval &c. C'est dans ces commémorations, qu'un orateur rappelleroit à fes camarades les talens, les belles actions des officiers & foldats d'artillerie qui fe font diftingués dans les fieges & combats. Cela vaudroit mieux qu'un fermon fur Ste.-Barbe, qui n'est d'aucune infruction pour les enfans de Mars.

On nous a donné les crimes des rois de France. Maintenant il paroît un ouvrage du même genre intitulé les crimes des reines de Frandepuis le commencement de la monarchie. Des livres de cette espece font peu propres à ramener la paix..

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Les prétendus Amis du roi, font affez embaraffés depuis que le roi a accepté la Conftitution: ils cherchent un autre titre hipocrite, pour masquer leur fentiment fecret. Les uns veulent s'intituler les amis de la royauté ; d'autres levant le masque propofent les titres d'Amis des princes; d'Amis de Monfieur; d'Amis d'un autre, roi. L'un d'eux vouloit parier que, dans un mois,, Monfieur feroit couronné à Metz M. d'Artois à Lyon, & un ins fant d'Espagne à Perpignan. Il vouloit donner la. Corfe à la Ruffie & Marseille à la. Suede.. Il distribuoit la France comme Céfar les Provinces Romaines. Il prédifoit que tout feroit: executé le 6 Janvier 1792, & il appelloit cela le gateau des rois. Le corps d'un pareil pro-phere. eft digne de fervir de pature. aux vau

tours.

*

NOUVELLES DES DÉPARTEMEN S.. Les citoyens de Strasbourg eurent, le 27 Novembre, la fatisfaction d'affifter à la prei tation du ferment civique de MM. Derefer

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