Page images
PDF
EPUB

nasif

a-t-it dit à l'huiffier, que M. Bosquillon m'arSigne, je souhaite qu'il ait ma place pour récompense; fi c'est par intrigue, je souhaice qu'il l'ait encore pour punition, Je répondrai à la loi ».

TRIBUNAUX. Le 5 Mars 1790, vers les 5 heures du soir, les nominés Jean Leroi, piqueur de grès, Pierre Langoine, terrassier, tous deux naiifs de Saint-Paulien, département de la Haure. Loire, & Jean-Baptifie Clochet , marelor, de Paris, attaquerent, au Plessis Chener, près Corbeil, le curé de ce village, lorsqu'il ver Boit de prêter le serment civique, le vererent, lui porterent plusieurs coups , lui volerene sa montre d'or. Aux cris du cura, les habitans accoururent & poursuivirear les affalins. On parvint, avec beaucoup de peine & de tems, à les faifir. Le nommé Lerci, fe voyant arrêté, dit qu'il sortoit du châ:eler, & qu'on aloit l'y reconduire, mais qu'il en sefortiroit bien ói pour se venger sur les habirans du Plessis. Chenet, & fur le curé cons ficutionnel. Ces atlaslins, quoique convaincus de plusieurs crimes, n'avoient été condamnés, par le châ:eler, qu'à garder prison jusqu'à un plus ample informé de fix mois. Les fix mois expirés, & fur la requête du curé du PlessisChenet , le sixieme tribunal, établi au Pslais , aanoolié la procédure du crâcelet, &, le 25 du mois dernier, il a condamné les trois aflamins à être, pendus.

M. Giroux, âgé de 30 ans, né en Suisse, Wans le canton de Neufchârel, domicilié à Paris, Iue de La Calendre, depuis 14 mois , & la Dernoiselle Jouffroy, majeure , demeurant dans la mênic rue avec ses pere & mere ,

conviennent de s'épouser, Ils font publier un banc

dans l'église de Notre-Dame , leur paroiffe. 11 ne survient point d'opposition à leur mariage. M. l'évêque métropolitain du département de Paris leur accorde la dispense des deux autres bancs. Affilés chacun de deux témoins, & des pere & mere de la Demoiselle Jouffroy, ils se présentent , le 22 Novembre dernier, à l'audience du tribunal du cinquieme arrondissement. Ils remetrene sur le bureau la dispenle , leurs actes baptiftaires , &c. M. Giroux expofe qu'il n'est point Catholique. Ils déclarent , lui & la Demoiselle Jouf. froy, qu'ils entendent fe prendre , conformé. ment à l'article 17 de la loi du mois de No. vembre 1787, en légitime & indi soluble mariage , & qu'il se promettent fidélité. Les témoins certifient que les personnes qui se présentent font réellement M. Giroux & la De. moiselle Jouffroy. Un filence respectueux re. gne dans tout l'auditoire ; la satisfaction & l'étonnement font peints fur tous les visages; les larmes des magistrats atrestent leur fenfibilité.

Le tribunal, par l'organe de M. Target fon président, reçoit les promeffes respectives de M. Giroux & de la Demoiselle Jouffroy',' leur en donne acte , & leur déclare, au nom de la loi , qu'ils sont unis en légitime & indisoluble mariage, le tout aux termes de la loi du mois de Novembre dernier , concernant ceux qui ne sont pas de la religion Catholique. TRAITS ET RÉCITS VARIÉS.

On voit imprimée, dans les papiers du jour, la pétition suivante du citoyen Lambert de Toulon. a 1°. Que les princes françois & leurs adhé.

railemblés au-delà du Rhin, foienr de.

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

rens ,

CA

[ocr errors]

clarés dès ... présent prévenus d'attentat con

tre la företé de l'Etat & contre la Constitution; -2°. que conformément à l'article 10., chapitre 3 , feaion premiere de la Constitution, l'Ar. semblée Nacionale les mette en état d'accusarion , & décrete qu'il seront poursuivis devant Ja Haute Cour Nationale ; 3o. qu'accendu que les conjures d'outre-Rhin continuent à se fervir du nom du roi pour attirer dans leur parti le plus d'hommes possible, le roi soit invité

s'opposer par un acte formel à toutes leurs entreprises en conformité de l'article 6, ti

tre 2, fe&ion premiere de la Constitution .qui porte qu'à défaut il sera fenfé avoir abdiqué la royauté ; 4". que tout annonçant de la part des émigrés des hoftilités imminentes qui peuvent être regardées comme une déclaration de guerre , le roi soit inyité à donner , sans aucun délai , notification au Corps Législarif de tous ce qui est & viendra à sa connoifsance, conformément à l'article 2, feâion pre. miere, chapitre 3 de la Constitution ».

Dans le tems que les Patriotes sont convaincus de la néceflité très-urgente de déconcerter les complots des émigrés, la Chronique de Paris s'égale à leurs dépens dans l'article qu'on va lice,

Outre les felles , les, bridęs , les fangles, & les fouets, qu'on envoie tous les jours aux émigrés pour leur ulage , un particulier a été chargé de leur envoyer la pacotille suivante qu'il est occupé à faire fabriquer ; 19 milke crucifix en bois blanc pour les soldats ; 1200 crucifix d'ivoire pour les officiers ; une gran de bandiere croisée noir & blanc ; so. aurels portatifs pour dire la meffe , & 50 paires de hurettes, 12 mille chapelers, 12 mille imą. ges de Saint-Nicolas . patron de Russie ; avec

[ocr errors]
[ocr errors]

ætte devise : Nage toujours ; 1200 gravures da portrait de Charles XII, la rêce en bas, avec eecte légende : Bender. On assure que leur pre. miere expédition doit être d'enlever la SainteAmpoule pour faire , roi quelqu'un qu'ils ne: nomment pas.

Ces armes du ridicule n'ont d'autres effers que d'exciter à rire: un moment ; i mais il n'en est pas de même de la lettre que M. Volney à écrite de Paris, le 4. de ce mois , à M. le: baron de Grimm, chargé d'affaires de l'im. pératrice de Rusie. Par le patriotisme & la fierté qui l'ont di&tée, on ne peut s'empêcher de regarder fon auteur , comme plus grand. & plus noble: que la princelle qui en eft l'objer.

MONSIEUR, « La protection déclarée que S. M. l'impé. ratrice des Russies accorde à des Fra

is rés. voltés, les secours pécuniaires dont elle favosise les ennemis de ma- patrie , ne me permettent plus de garder en mes mains le moa: nument de générosiré qu'elle y a déposé. Vous: fentez que je parle de la médaille d'or qu'au: * mois de janvier 1788 vous m'adreifaces de la pait: de S. Maj. », (*)

« Tant que j'ai pu voir en ce don unité moignage d'estime & d'approbation des prin.

[ocr errors]

(*) En Juin 1787 , M. le baron de Grimm màu yant prévenu, chez M. Holback ,, qu'il se propo-foit d'envoyer à l'impératrice mon Voyage', qui: venoit de parofire, je lė priai d'en recevoir un ex-emplaire choisi: & corrigé: : il y mit la. comdition: obligeante de le préfencer de ma part ;, &.c'eft cette: policeffe qui, 7 mois après, m'attira-une. très-belle: médaille; mon mémoire sur la guerre: des, Turcs ,, étoit presque achevé , & je dirai', avec vérité, o que je n'y ajouai ai t'en retranthaii.

[ocr errors]

cipes polítiques que j'ai manifestés ; je fui af porté le refpe&t que l'on doit au noble enploi de la Puissance ; mais aujcurd'hui que je partage cet or avec des hommes pervers & dénaturés , de quel wil pourrois-je l'envisage ? Comment souffrirois-je que mon nom se trou. vât inscrit sur les mêmes registres que ceux des déprédateurs de la France ? Sans doute l'impératrice est trompée ; sans doute la fou veraine qui nous a montré l'exemple de confulter les philofophes pour dreffer un code loix ; qui a recoonu pour base de ses loix l'égalité & la liberté ; qui, dans son adminiftration a Sans cesse tendu à l'anéanciffe. ment de la Noblesse & de la féodalité ; qui a affranchi fes propres serfs , & qui, ne pou. vant briser les liens de ceux de les Boyards les a du moins relâ hés ; fans doute Caths. rine Il n'a point entendu épouser la querelle des champions iniques & absurdes de la barbar e fuperftitieuse & tyrannique des liecles passés ; sans doute enfin, la religion féduite n'a besoin que d'un rayon pour fe deffiller. Mais , en attendant , un grand scandale de contradition existe ,'& les esprits droits & juítes ne peuvent consentir à le partiger. Veuillez donc, Monsieur, rendre à l'impératrice un bienfait dont je ne puis plus m'honorer, veuillez lui dire que si je l'obtins de son eftime, je le lui rends pour la conferverque les nou. velles loix de mon pays , qu'elle persécute , ne me permettent d'être ni ingrat ni lâche, & qu'après mot de veux pour une gloire que je crois utile à l'humanité, il m'eft douloureux de n'avoir que des illusions à regretter ».

Il est fort question de la résurrection prochaine du club monarchique qui n'aura pas moins de 2009 membres & qui fera combes

« PreviousContinue »