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pérance. Les vafes étrufques qu'on a tirés des fépulcres, font d'une fi grande beauté, d'une exécution fi admirable, que l'imagination ne fcauroit s'en faire une idée. Parmi ceux-ci il s'en est trouvé un en forme d'hippogriphe dont le travail eft un chef-d'œuvre qui a excité l'admiration de S. Maj. Sicilienne & de toute la Cour. On a découvert encore une Vénus triomphante en marbre, fi parfaite, que les plus habiles artifies n'ont ofé y ajouter l'extrêmité d'un bras qui lui manque, & qu'on a préféré de la transporter telle qu'elle eft au Museum. On va continuer ces excavations avec une nouvelle ardeur, & en commencer d'autres parmi les ruines de l'antique Telefe, où l'on a lieu de fe flatter de faire les plus précieufs découvertes pour les antiquaires.

ESPAGNE...

MADRID (le 17 Novembre). L'empereur de Maroc avoit à peine recommencé les hoftilités, qu'il a propofé d'envoyer un miniftre plénipotentiaire pour négocier un traité de paix. La Cour a la bonté de le recevoir. Qu'arrivera til? Que S. Maj. Maure, demandera de l'argent à S. Maj. Catholique, qui n'en donnera jamais affez pour fatisfaire fon infa tiable avidité; ce qui ramenera la guerre, & puis la paix, & puis la guerre.

elles

Quant aux nouvelles difficultés qui s'étoient élevées au fujet de la ceffion d'Oran, paroiffent être arrangées. La régence d'Alger a modéré fes prétentions pécuniaires. C'est au mois de Janvier que les Espagnols évacuéront cette place, qui leur a coûté tant d'hommes & d'argent.Sire

On affure que la Cour va figner avec les Anglo-Américains une convention en vertu

de laquelle ceux-ci obtiennent la libre navi gation du Miffiffipi, & Pufage exclufif d'an port à l'embouchure de ce fleuve. It eft plus que probable que les Anglois ne verront pas de bon œil que l'Espagne accorde de fi grands avantages au commerce des Américains, & qu'ils ne tarderont pas à les réclamer pour eux-mêmes. On dit déjà que de courrien que vient de recevoir le miniftre d'Angleterre lui a apporté des dépêches relatives à ces récla mations, ainfi qu'au prompt paiement des in demnités que l'Espagne a promises pour l'af faire de Nootka, Les Anglois ne manqueront pas de profiter des circonstances pour former les plus étranges prétentions. S'ils ont paru jufqu'à préfent ménager l'Espagne, ce n'a été que pour lui donner le tems d'adopter ug fyttême qui lui fera perdre l'alliance de la France ou qui ne lui laiffera qu'un allié fans forces & fans moyens.

FRANCE.

PARIS (le 2 Décembre ).

ASSEMBLÉE NATIONALE LÉGISLATIVE. PRÉSIDENCE DE M. LACE PEDE.

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Sur ce que M. Delatre jouit de la liberté de voir fa famille, & que M. Varnier n'a pas même la permiflion d'écrire à fa mere, M. Bequet a réclamé avec raison contre cette diffé→ rence de traitement, qui, entre deux hommes, paroit devoir être la même il réclamoit donc la liberté pour M. Varnier d'écrire à fatmere. L'Affemblée Nationale s'eft bornée à ordonner que la formation de la Haute Cour Nationale feroit accélérée par le rapport prochain du comité de légiflation.

...Une députation de la ville de Saint-Malo admife à la barre, a exprimé toute autre chofe que ce qu'il eft utile de rappeller dans ce moment, c'est-à-dire, la néceffité de préparer, d'envoyer de prompts fecours à Saint-Domingue. Lorfque les députés ont dit que les colonies périfoient, comme on en avoit formé le vau dans l'Affemblée Nationale, une violente réclamation s'est élevée contre une telle expreffion. On demandoir l'expulfion de l'ora, teur; M. La Croix a fait prévaloir la propo fition de le rappeller au refpect dû à l'Affemblée. L'une étoit auffi déplacée que l'autre ; car on ne peut refufer d'entendre ni rappeller à l'ordre celui qui rapporte un fait. Or il eft de fait que, dans l'Affemblée Conftituante, M. Robespierre, entraîné par un mouvement d'éloquence, s'écria: Périffent les colonies plutôt que de leur facrifier un principe! C'étoit une inconvenance peut-être; mais ce n'étoit pas un tort pour un homme libre que de retracer la vérité.

Enfin la députation a fini de fe faire entendre, & on lui a accordé les honneurs de la féance.

Le rapport fur les colonies qui devoit fe faire aujourd'hui, a été renvoyé, fur la demande du comité colonial, au 10 de ce mois. 1 fera important ce rapport : car il devra fixer les incertitudes fur les faits, & faire parler Ja vérité au milieu de toutes les exagérations de toutes les conjectures, de toutes les incertitudes.

Après avoir expofé le tableau des divers intérêts qui pouvoient partager les colonies françoifes, & des partis que ces intérêts devoient produire, M. Briffot a fuivi, depuis le commencement de l'Affemblée Constituante jus

qu'à la fin du foulevement des Noirs à SaintDomingue, la conduite infidieufe & coupable de celui de ces partis qui a pour objet de rendre les colonies indépendantes de la Nation Françoife. Il a fait voir combien, avec de bonnes intentions, de l'activité & du courage, il eût été facile de prévenir le défaftre de Saint-Domingue.

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Il a répondu, en une feule phrase avec autant de nobleffe que d'énergie, à ce ramas impur de calomnies abfurdes que les ennemis de la liberté, dans les deux mondes, ache. tent fi cherement & fi inutilement contre lui depuis quelques mois.

L'Affemblée Nationale a ordonné Pimpreffion de fon difcours, & du projet de décret qui devoit le terminer.

M. Guadet a dit que la France n'avoit qu'un feul moyen de conferver les colonies : c'étoit de maintenir les concordats entre les Blancs & les hommes de couleur puifque ces concordats les avoient feuls préfervées d'une ruine totale. La difcuffion de cette propofition a été remise au 3 de ce mois.

Du er. au foir.

L'Affemblée Nationale Conftituante avoit décrété le licenciement des troupes que M. Damas avoit renvoyées en France, pour caufe d'infubordination; mais, fur l'avis du comité des pétitions, l'Affemblée Législative a fufpendu le licenciement du Régiment Colonia! qui fe trouve actuellement dans le département du Morbihan.

Un fecond décret ordonne que les quatre grands-juges & les deux grands-procurateurs de la Nation fe rendront fous 4 jours à Orléans.

Un troifieme décret étend aux peres de fa

mille, mis en état de contrainte pour mois, de nourrice, à l'époque du 15 Septembre, le décret bienfaifant par lequel l'Affemblée Conftituante avoit ordonné que les dettes de ces prifonniers feroient acquittées par le tréfor public. La fomme confacrée pour cet effet fe monte à 225 mille 781 livres.

La féance s'eft terminée par un quatrieme décret d'urgence, en cinq articles qui reglent le rang des officiers de la Gendarmerie Nationale entr'eux.

Du 2.

L'Affemblée a eu, par le miniftre des contributions publiques, connoiffance officielle des nominations des commiffaires de la compta bilité; elle a arrêté de les admettre dimanche à la barre. M. François a obfervé, à ce fujet, que le décret rendu par l'Affemblée Nationale Conftituante étoit incomplet; qu'il ne falloit pas préfumer la queftion de l'éligibilité des vérificateurs nommés; qu'il y avoit parmi eux des parens des miniftres; un autre a dit, le frere d'un député. On a paru vouloir élever des doutes fur ce point, & on a renvoyé au comité de comptabilité, comme fi tout ce que la loi ne prohibe pas pouvoit être détruit ou blâmé, & fi un homme pouvoit être exclu de la confiance du Peuple ou du Gouvernement, parce que fes parens l'ont obtenue.

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M. Duportail a annoncé par une lettre, qu'il avoit prié le roi d'accepter fa démiffion: tant mieux, s'eft écrié un membre dont un murmure d'improbation a fait à l'inftant juftice. Le miniftre offre de rendre tous les comptes, de donner tous les éclairciffemens que l'Affemblée pourra defirer.

Cette lettre a ramené les regards de l'Af femblée fur l'importante matiere, trop mal

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