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les ou à Worms, entre les mains des contrea révolutionnaires. N'eft-il pas jufte , en effet, de continuer les remboursemers des créances populaires, plutôt que des créances patriciennes? S'i l'Etat à des detres qu'il doive regarder comme sacrées, n'est-ce pas covers cette claffe indigente du Peuple que la fuppreffion deș jurandes & des maîcrises a jette dans va extrême befoin? Suspendre les liquidacions pour les riches , les accélérer pour les pauvres , & en attendant qu'on ait récabli Pordre dans les liquidations , laiffer courir les intérêts pous tes créanciers dont la decte est constatée : el tes sont les mesures proposées par M. Briffoto Pourroit-on vouloir défigurer sous le nom de banqueroute une operacion que réclame la justice & que commande le faluc du Peu ple comme le disoit cer orateur ? Pour être loyal, un peuple a besoin d'être sévere , & du moment où il cesse de l'écre, le brigandage dans les finances devient plus odieux encore que fous le despotifme. Ceux qui le plaindroient des mesures propres à porter le flam beau dans le labyrinthe des créances contrac* tées fous le régime ministériel, font des voleurs qui se plaindroient de ce qu'on perce les fum rêts & de ce qu'on les éclaire. Chez un peu ple libre, le Gouvernement doit être pauvre & les citoyens aisés. Chez nous, c'est précisément l'inverse. Ces idées, développées par M. Briffor', se feront mieox sentir à melum re qu'on connoîrra mieux la fauffété & le danger du principe trop tongiems consacré par los écrivains voués aux Cours, que fa fplendeur d'un Ecát doit se mefarer fur celle du trône. Certainement ce ne peur Terre un moyen de rétablir des finances ruinées par le fafte & les pallions d'une Cour ccrrompue , que de teiffer

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n'a pas

toujours une difproportion choquante entre la fortune du Peuple & la sompiuosité du Goue vernement.

M. Brissoe a ajouté à la discussion divers épisodes sur les finances. Une mesure digne de fixer l'attention de l'Assemblée, c'est de décréter une monnoie courante de petic assignats de IQ & de 20 Lols. Il faut bien, en effet fe mettre dans l'idée que le numéraire réel, soit qu'il ait passé dans les pays étrangers avec les émigrés, foit que la craince le tienne caché, ne reparoicra pas de quelque tems. Il faut donc le remplacer par un numéraire fictif, pable de remplir les mêmes besoins, & de fatisfaise au cours journalier des affaires. Oa

à craindre le défaut de crédit pour ces petits affignats, puisque ce même crédit fe foutient pour des affignate bien plus confidera. bles qui absorbent une plus grande hypothéque de bi nationaux. On a vu nos manufactures fe tanimer par les allignats de cent sols : on verra, de même renaître la facilisé des échanges dans les plus

petirs détails du commerce par la fabrication d'afügnars qui correspondcont à ces mêr mes détails. Qui ne sent d'ailleurs, que c'est le (moyen le plus simple de faire rentrer dans leurs

caies refpe&ives cette multitude de billets pa: triotiques auxquels le besoin plus impérieux que la crainte

a

donné cours & qu'il aco crédire' encore. On ne verra plus des particu. liers s'arroger le droit de battre mopnoie lorsque le Gouvernement aura pourvu aux besoins du Peuple par une monnoie, fi&ive à laquelle il aura imprimé un type qui en aflurera la validice, & en préviendra la contrefaction.

Telles sont les idées de M. Briffot, aurang du moins qu'une le&ure rapide a permis de -les failir.

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La nécessiré de mettre un ordre nouveau dans les paiemens de la caisse de l'extraordi. naire, & de perfe&ionner la distribution de notre numéraire est généralement sentie , & on doit espérer que l'Assemblée Nationale prendra inceffamment des mesures sages sur ces deux objets, d'où dépend le falut public.

M. Poupart Beaubourg écrit aujourd'hui à l'Assemblée pour désavouer la lettre qui

écé lue hier comme émanée de lui. \II convient en effet avoir écrit à M. le président; mais si la lettre qu'il a écrite est celle qu'on a lue hier , elle a été, dit-il, étrangement altérée. Il repousse toute complicité dans l'afe „faire de M. Varnier. Celui-ci écrit aussi à l'Arq semblée pour demander qu'on lui permette au moins de lire les papiers publics, & d'écrire à få mere.

* Sur ces lettres, l'Assemblée est passée à l'ors dre du jour. : M. Péricot a été proclamé - second procurateur national.

Du 24 au soir. M. Merlin a lu à l'Assemblée, une lettre trouvée par un marinier dans un bateau qui paffoir sur le Rhin pour aller à Tseves ; elle étoit adressée à M. de Calorrie, à Coblence, Par cette lettre, M. Delattre, professeur en Droit de la faculté de Paris , annonce à M, Calonne que , son âge ne lui permettant plus de servir ses projets pour la délivrance du roi, il lui envoie son fils unique , qui fe consacrerą tout entier à la bonne cause.

M. Delattre, mandé sur le champ, comparoîc à la barre. Interrogé par M. le président, il répond avez beaucoup de fang froid & de caline. Il convient d'avoir écrit , figné & adressé à M. Calonne la lettre qu'on lui représente.

Son fits eft à Brétigny en Champagne, où il eft retenu par une fracture au bras:

L'Allemblée a porté un décret d'accusacion contre M. Delattre, & n'a pas cru devoir ý comprendre le fils , contre lequel il n'y a nulle procédure, nul témoignage de complicité, ni même de condefcendance de la part. Un officier municipal a été chargé de conduire M. Delattre à l'Abbaye ; & cette séance, qui a joint la conviction à la certitude morale de la relation qui exifte entre les émigrés & un grand nombre de Français reftés dans le royaume, a été les vée à It heures.

Du 25.

Des pieces adreffées à l'Afemblée Nation sale constatent que Voulon, ce serrurier qui a nié avoir envoyé à M. Bazire la leare de M. Varnier , perfifte dans sa déclaration. Elles: ont été renvoyées aux archives ; mais la fuite de la séance en a changé bientôt la deftinano tion. Elles feront remises à un comicé créé presqu'ausli-tôt sous le nom de Comité de Surveillance , & à qui t'Affemblée a renvoyé toutes les pieces relatives à l'affaire de MM. Varnier, Delattre & autres du même genre..

M. Merlin, avant le décret qui établit ce comité, proposoit de mettre en état d'accufation les princes françois dont les projets boftiles se manifestent chaque jour. Plusieurs faits ont été rapportés pour en prouver la réalité. M. Creştin entr'autres a annoncé que se ouvriers étoient partis hier pour Worms.

C'est au milieu du mouvement imprimé ? l'Assemblée par ces divers dérails qu'a été déerérée la création du comité de surveillance. Elle s'est retirée sur le champ dans ses bureaux, au milieu des applaudiffemens des tribunes, pour nommer les douze membres qui

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doivent le composer, & qui seront renouvelles
par moitié tous les trois mois.
Lc ministre de fa.:

guerre a envoyé une copie de la lectre de M. Wimpfes , qui an. inonce la testative qu'on'a faite pour le séa duire. Ce loyal officier annonce qu'on voulu l'ébranler en lui rappellant son premier serment de fidélité au roi ; en lui faisant des. promeffes pour fa nombreufe famille, mais que redant à ses engagemens: plus qu'à la vie prêt à donner la sienne pour la patrie, il a Tépondu avec franchise & énergie, qu'il a ,

ta vérité, douze enfans, mais que tous, aniemés des mêmes sentimens que lui, préfére

soient l'indigence à une fortune que leur pere auroit achetée par une trahison déshonorante.. Il invite, en finiffant, l'Affemblée à anéantir une des sources de troubles en éteignant de flambeau du fanatisme, & en laissant une liberté illimitée à tous les cultes. Laisser des

églises ouvertes aux non-conformistes feria -plus utile que le gain de deux batailles.

L'Affemblée a confacré, par l'insertion de - la lertre de M. Wimpfen dans son procèsverbal, l'exemple de fidélité qu'il vient de donner à ceux qui , comme lui, pourroient être attaqués par les séduđions. & les offres. des émigrés , soit qu'ils aient réellement projet d'invasion , soit qu'ils ne veuillent que femer là crainte, & fomenter les troubles. intérieurs, comme quelques membres de l'As · femblée l'ont prétendu. Le veu de M. Wimp

fen før la liberté du culte aux non Confor"mites, cê vea que la véricable piété, qui hait le fanarisme, ne repouffe pas , que la philofophie & la raison ont toujours formé, a éré accompli. M. Albitte a proposé de réserver l'usage gratuit des édifices nationaux aux prt. wes salariés par l'Etat mais de laisser la li.

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