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8 tems son propre arrêt de mort. Le prince Potenkin répondit à cet envoyé : « Dires au grand visir & même au sultan que s'il ne veut pas accepter mes conditions dont je ne the depardirar en rieni, je suis prêt à recommen er les, hoftilités ». Ce: prince Jaiffe des

ritheffes immenses en argent comptant, en terres', biens fonds , & furtout en pierres préŹ!! avoir une cafferre remplie de gros brillans, avec lefq iels il se plaisoit quelquefois à jouer comme d'autres avec des jertons. Les musiciens perdront en lui un grand pro<tedeur 'il'en avoit 60 à fes gages. On pré

tend qu'il avoit une bibliotheque, non de livrés , niais de billets de banque de presque stoutes les nations commerçantes de l'Europe. Cet " hom tie extraordinaire avoit été moine dans fa premiere jeunesse'; il est mort le fa

vori d'une grande souveraine , & le particutier le plus riche de l'Europe. Il avoit , ditoh, louri bu ion crédit auprès de Catherine par le moyen qu'employoit Mme. de Pompadour pour Clerver lon naicendant : c'étoit celui de vac 11-es plaifirs du prince, mais en prenant bith garde que les objets de les goûts errans & patlagers me puffeót acquérir aucune influ. cerce. Àirfi, lorique Porenikin s'appercevoit que quelqu'un des nouveaux amis de la rouveraine vouloit le mêler des affaires d'État, il ne nanquoir pas de Penyoyer en "Sibérie.

Niue finirons cet article en intérant ici ce que Miraf en avoir die cu prince Potemkindans fon Hijtoire fecrette de la Cour de Berlin, page 72.

« Quelqu'un qui m'arrive de Ruffie, maf. fure que Poren kin exalte Ton ambition jusqu'aux plus grands projeis, & l'on cie tout baue qu'il sera empereur, ou qu'il aura la tekercoopée à l'avénement du grand-duc. Ces

Hortene rule, tranchant, & d'une fermeté rare, no pas 'un ami, & cependant le nombre de les créatures & de ses créanciers, qui perdcoient roue avec lui, est tellement grand dans toutes les classes de la Nacion, que son parti eft extrem errent formid ble. Il amaffe un tré, for imme ile dans un pays

où sout eft venal. bitůé, ne jamais payer les dertes, & dil posant de tout en Russie, il pe lui est pas

d'accumuler des sommes immenses. Il a un appartement dont lui seul gar de la clef , garoi de rayons du haut en bas, & divisé en un grand nombre de cases remplies de hitler's de banque de la Russie, du Danemárck, & Túrenue de la Holande & de 1'Arigleterre. Un de fes gens d'affaires lui pro:

pofoir un jour l'achat de la bibliotheque d'un grand feigneur qui venoit de mourir. Potem kin' le mera dans son appartement à Billers, &, pour toureréponse, lui demanda s'il croyoit que certe bibliotheque valdt celle qu'il lui proporoit. Avec de reis moyeos pécuniaires, il m'a pas même besoin d'un autre crédit pour faire Saint-Pée Bourg cout ce qu'il ose vouloit

2150 ?LOV ::. "VIENNE? Ole" 20 Novembre ). Le Gouver nement vient de publier une lettre circulaire: fur le nouveau'régement de police qu'il a cru néceffaire de mettre sur un pied différent de celui qui avoit été établi Tous le regne précent: Oh "voit par le préambule de cette lettre qu'une des raisonz, qui ont engagé le Gouvernenrent cette publication, eft de: détruire le bruit que

des , mal intentionnés:

gen avoient Fait' courit, tant ici qu'ailleurs , comme s'il s'agissoit d'une police Secrerre qui eût pour but l'espionnage & les dénonciations.

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Cere piece est divisée en quatre parties qui comprennent l'organisation, les objets, les fonctions & les limites de la police. On y trouve entr'autres, un excelient établissement fondé par l'empereur lui-même, sçavoir : celui d'un médecin, d'un chirurgien & d'une fagefemme qui seront attachés à chaque, diftri& pour voler au secours des pauvres qui aysont besoin de leurs foios: Ces employés fefont aux frais du public, & ferviront gratis l'indigence souffrante.

Le baron de Trenck avoir été arrêté, il y a quelque cems, pour avoir publié des écrits hardis sur le Gouvernement ; &, au moment où l'on croyoit qu'il seroit condamné à finis sa vie dans une fortereffe, il a été remis en pleine liberté. L'empereur lui permet de voyager & d'écrire fus cel sujet que ce soit, en le prévenant qu'en ce cas il seroit privé de la pension de isoo florins dont il jouit ; mais s'it passe dans les pays étrangers , & fi fa femme veut rester à Vienne , elle ne sera pas la vicrime de l'esprit inquiet de son mari, & elle joutra seule de la totalité de fa pension.

On diftribue beaucoup de congés, les uns limités, les autres absolus ; mais comme on n'accorde que fois par jour aux soldats congédiés, il n'est pas possible qu'ils puissent fous tenir les frais & les farigues d'une longue route. Six d'entr'eux ont arrêté un général qui leur offrit la bouffe. Ils ne vouluren/qu'un ducar difant qu'il

ne leur en falloit pas davantage pour terminer leur voyage ; ils le prierent d'alSurer l'empereur qu'une extrême néceffité avoit pu feule les porter certe adion. Le général s'en voyant quitte à fi bon marché, leur donna 6 ducats à chacun, qu'il euc beaucoup de peine à leur faire accepter.

un Chré

Les vols font fréquens dans cette capitale, & l'on vient d'en faire un considérable à M. de Polignac, dans sa chambre à coucher. On lui a pris un diamant d'une grande yaleur, la montre, fa bourse, & beaucoup de bijoux. · La tolérance religieuse eft fi avantageuse l'humanité, qu'il lemble enfin que la Porte Ottomane veuille adopter cette opinion. Par un firman très-severe, elle vient de défendre à tout Musulman d'insulier à l'avenir tien , de quelque secte qu'il soit, & nommé ment de l'appeller Chiaour, c'eft-à-dire, Chien, C'est en vertu de cet ordre que le pacha de Belgrade a fait publier que tout Chrétien in. fulté auroit le droit de demander une fatisfaction qui lui seroit accordée sur le champ, & d'une maniere éclatante ; les japillaires étant , à cet égard les plus insolens comme les plus redoutables, on n'a pas voulu les recevoir dans Belgrade, dont la gacoison n'elt composée que de spahis. Quoique les Chrétiens aient lieu de Cufpe&er les intentions du Gouvernement Turc , ils profitent de cette fa-. veur , & rentrent dans le cercitoire ocroman qu'ils avoient été obligés d'abandonner, fauf à quitter encore, s'ils s'apperçoivent que la cule & l'intérêt du moment ont eu plus de part à ces déclarations que la bonne volonté & Ics

feprimens d'humanité. 'La fievre épidémique qui a emporté le prince Potemkin, fait toujours des ravages dans l'acmée suffe, dont elle a attaqué plusieurs gé. péraux. Le Gouvernement prend toutes les pré. cautions pour que cetre espece de contagion ne fe communique pas en Transylvanie, en Hon. grie, &c. FRANCFORT.sur-le-Mein ( le 27 Novembre ).

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Ie décret contre les émigrés eft parvenu à CoBlence; mais, quoi que faffe l'Allembiée Nastionale", dient les lettres de cette ville , les Sémigrés n'en sefteroid pas moins, fidelement

Attachés à la cause des petices, yypit avec unie in dicit fe fatisfachon que li s'émigrations continuent, &re'eiorent pas à Ja Nab effe; on y calcule are plus de 30 mille bovige js, laboureurs, artisans, &c. , ont quitté le coyaų. me ; une municipalité entiére, le maire, le procureur yndic.,'ai la tère de tous les officiers municipaux , viennenr dy arriver & de mettre leurs écharpes aux pieds des princes. Le bel & Ait eor hommage ! De forte qu'on le dire

Erblenfe que la France n'est plus en France; comme ll? fé nombre des émigrés, für il tri. ple, quidrüpté ; pouvoit occalionner un vuide fer sitter en France ; comme 11. l'immense population de ce royaume pouvoir se transplanser & Te corticentrer dans quelques petics Etats d'Allemagne. w Quelqu'il en soit, sout eft en tiouvement pourraiten blet bientôt l'armée dese igrés, qui eft pourvue d'artillerie.On igrés déterminer le landgrave de Heffe Callél, auri grandennemi de la Révolution Françoise que yendeur de chair humaine, à céder id à 12 mille hommes de res 'troupes. On ignore fi.; avec ce renfort, on commencera contre révolation, out f. l'on attendra le printein's épocae- de l'arrivée des Ryfes & des Suédors:

Av reste, 11 n'y pas de loi qui forters croire rigouteulement tout ce que certains papiers publics débiten fürlere ulet des fén. zimeas unanimes des émigrés: Onlpeur fé cone vaincre dit contraire en lifant les extraits de quelques lettres de Coblence & d'Ettenheim.

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