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envoyé une dépuration au ministre, afin de lui demander des tories navales & militaires, suffisantes pour rétablir la paix dans les illes de l'Amérique, & appai'er la révolte des Negres de Saint-Domingue.

Afit mblés de nouveau le 8, à la caverne de Lonje , la députation leur a rapporté que le Gouver emene vouloit bien prendre les précautions qu'on exige de la vigilance, mais que, forcé d'êire économe, il compicit que la dépenle d'un envoi extraordinaire de troupes seroit supportée par les individus qui en for meni la demande. Cette réponse n'a pas été goûtée. Plusieurs membres ont soutenu avec railon , que le Gouvernement doit prote&ión & affiftance à ceux qui vivent sous les loix ; qu'il est obligé de leur g. rantir leurs propriétés, * que cer'e ind fference incroyable alloit même contre les insérers cu Miniterę.

Une lecende de, utarion, qui a mis ces confidérations sous les yeux du minifire, l'a enfin décidé : M. Pili a promis un renfort de troupes pour la Târeré des ifies sous le Veni.

Des lettres de Paris, a porrées par la frém gate la Méduse, venant de l'ine de France, ont répandu ici la nouvelle que le hird Cornwallis avoit été entierement défair le is M.i, à 8 lieues de Seringapatnam, 0, ne croit pas ici à ce severs, dont on n'a jusqu'à prélenc reçu aucun avis officiel. Cependent on assure que la nouvelle n'est que trop vraie.

M. Péthion a reçu ici l'accueil le plus frarernel de tous les lacriotes Anglois. Il a aififté à une fêre civique que la société de la Révolution célébroit pour l'anniversaire de la Ré. volution Angloise. Celle de France n'y a pas été oubliée. On a couronné le repas par un trèsgrand nombre de cookies dont voici les princi

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pales : Les Droits de l'homme ; la Révolution de 2688, la Révolution de France ; la Révolution de Pologne ; la souveraineté du Peuple ; puif. sent les Révolutions n'avoir de terme que celui de la tyrannie! puiffe Elmond Burke continuer longtems de servir la cause de la liberté ..... en écrivant contre elle !....... On a accueilli avec transport une toafte portée par M. Péthion : c'est l'éternelle union du Peuple Anglois & dy Peuple François , fondée sur les principes. inaltérables de la justice & de la liberté. La fête a été terminée par l'air célebre ça ira , cet air qui fait tant de plailir aux paysans, & qui donne au monde le signal de la liberté.

PA Y S-B A S. BRUXELLES ( le 19 Novembre ), Le due & la duchesse d'Yorck, qui, en se rendant à Londres, ne se sont arrêtés qu'un jour ici, y, ont été accueillis, avec la plus grande dil. iindion. On a vu la réunion de fils & filles de cinq souverains , un fils de l'empereur Léopold, une fille de l'empereur François I, son époux, le duc de Saxe-Teschen, né d'Auguste III roi de Pologne,, un fils de George III, roi de la Grande-Bretagne, & la fille aînée de Fréza deric Guillaume, roi de Prusse.

Les Etats de Brabant ont voulu pousser de bour le Gouvernement par rapport à la querelle qu'ils lui ont faite sur la composition du Con'eil souverain de la province, en refu. fant absolument d'y, admettre les conseillers qui s'étoient prêtés en. 1789 aux desirs de l'empereur , & avoient passé au Grand-Conseil de Malines. Dans leur derniere protestation du 27 Octobre , ils ont reichéri sur toutes les précédentes, en donnant jusqu'à 27 fois l'épithe. e d'illégal au Conseil souverain. Celui-ci & voulů exécuter la partie de la sentence qui ordonne la radiacion des résolutions des

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3 Ecats & des protestations qui s'en sont eni suivies. Le substitut procureur-général, de Leen. 4 beer , le présenta le 2 de ce inois , accom

pagné d'un officier de l'Etat-major & de deux - huissiers, pour faire la radiation ; il trouva # la porte de la salle des Etats fermée; &, quoi.

qu'il frappât trois fois de fa baguette , les députés ; qui y tenoient leur séance, ne ju

gerent pas à propos d'ouvrir ; il fut donc s obligé de s'en retourner sans avoir rempli

l'objet de la mission. En conséquence d'un i refus fi réfractaire & fi opiniâtre, L. A. R.

nos gouverneurs généraux ont adreffé aux Etats

de Brabant une lettre en date du 3 Novem1 ore', & de la teneur suivante.

TRÈS-RÉVÉRENDS RÉVÉRENDS PERES EN
DIEU, NOBLES, CHERS ET BIEN-AIMÉS,

« Comme vous n'avez pas accepté les divers arrangemens qui vous ont été successivement Les proposés pour & au nom de l'empereur, dans

la vue de cerminer la difficulté que vous avez i élevée sur la compofition du Conseil de Bra

bant', telle qu'elle a été arrêtée pour rem-
placer le Conseil que vous aviez inftitué pen-
dant les troubles nous vous faisons la pré-
sente
pour vous

dire que le terme moral qui vous a été accordé a ceffé, à

compter de ce jour ; nous vous déclarons en conséquence, 1°, que l'empereur a résolu de ne plus admettre aucun temperament ni moyen de conciliacion dans cette affaire »

« 2°. Que S. M. a renoncé à faire rentrer dam's Ton Conseil de Brabant ceux des conseiflers. de ce tribunal qui, en 1789 , ont paffé en la méme qualité au Grand-Conseil »

Et 3o. qu'en échange, s. M. entend aulli ne plus admettre dans son

Conleil de Bia. bant les cing conseillers qui ont fervi d.26

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le Conseil qui a siégé dans le Brabant pendans les troubles , lous un lerment incom. patible avec celui qu'ils avoient prêté à $. M., à moins que, par la voie de la jur. rice réglée , que S. M. leur laiise ouverie , selon la Costitucion, dont elle ne se dépar. tira jamais , il ne soit prononcé que S. M. y est cenie.

Quatre membres de la députation des Etats on été mis en état d'arieitation dans leurs maisons, où ils font gardés à vue par des miir aires. Ce sont les abbés du Parc & de Viler (pour 1 Ordre du Clergé ) & les comtes de Duras & de Limninghe (pour la Nobleffe ),

BOUILLON ( le 25 Novembre ), M. Loyfel, dans une leur écrire de Louvigné, près de Fou. geres, le 6 Novembre, nous fait une peiniure vraie & touchante de tous les moyens employés par les prêcres non affermentés, pour occasion ner & enue enir les troubles. Le principal rellort qu'ils mettent en jeu est de répandre l'eff oi dans les consciences des fimples; c'est c. qui les agite, les tourmente & jes fouleve co itre le nouvel ordre établi par la Constitutions... «les prêtres réfractaires, die-il, temblables à des loups plutôt qu'à des pasteurs , ne cherchent qu'à disputer & à dé. chirer le troupe u qui lur éton confié, & dont ils regredient bien plus la toi on que la di. rection & la condujie. Ce sont ces fourbes ces hypocrites qu'on ne sçauroit trop se hâter d'éloignei du bercail que leur souffle infeet em Joisonne ... Les payians. los plus égarés en conviennent eux mêmes de bonne foi. Ils disent tous les jours qué tant qu'on laissera parmi eux deux pasteurs qui se disputent leurs mes, ces pauvres gens croiront toujours avoir deux lix & deux dieux , & que, dalis l'im. poflibi ité de discerner le bon parii , ils s'en tiendront non par préférence, mais par la f.rce de l'habitude, à ce que leur diront leurs anciens », M. Loyfel eft chaque jour convaincu que les pie res non affermentés déniora itent le pa,fon, en lui perfuadant qu'il vaut mieux plan er des choux les dimanches & fêres que d'alliler aux melles des nouveaux curés, se conreffer au pied d'un chêne qu'à eux, & mou. rire fans faciemens plutôt que de les recevoir des mains de ces excommuniés. Il pense que s'il eft dangereux d'éclairer indifféremment tous les hommes sur la liberté na urelle de choisir leur culte, il ne l'est as moins d'autoilier les prêtres atfermentés & les rétra&aires à prêcher à la fois & à remp.ir les autres fonctions facerdutales dans les paroisses, parce que ce sont les deux especes d'hommes les moins disposés à se concilier & à vivre en paix ; parce. que c'est élever aucel contre aurel, & vouloir faire renaire les guerres de religion. M. Loy. set n'est point de l'avis de ceux qui dulent qu'il faut mépriser le fanatisme pour l'anéantir; il le regarde, au contraire, & avec raison , criin. me l'ennemi le plus redoutable... «Cent mille étrangers prêcs à forcer.nos froncierés 'ne pour.' roiect nous inspirer que du courage;

mais ent mille fanatiques, au milieu de pois, doivent nous faire trembler le jour & la nuit ». Sans vouloir déférer l'honneur de la persécution aux prêtres trouble-conscience , le bon citoyen termine sa leure pleine de force & de railon par derrer qu'on les-iraite comme des fous & des maniaques', qu'on les éloigne, & qu'OA! renterme au moins les enragés.

Nous concluons avec M. Loysel', qu'on ne

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