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de-Bretagne contre les colonies angloises en Amé rique, avec ordre de le mettre à exécution, & d'intercepter tous les bátimens armés ou marchands qui leur appartiennent. En conféquence, deux fregates font parties de ce port pour établir leur croifiere contre les navires Anglo-Américains, l'une à la hauteur de Cartagene, l'autre à l'embouchure du Tage..

Les mouvemens des Espagnols & leurs armemens nous donneroient quelque inquiétude, fi la bonne foi que nous avons obfervée toujours avec eux dans l'exécution des traités, ne nous raffuroit. D'ailleurs, nous ne pouvons penfer que l'Eurøpe entiere veuille abufer de la crife volontaire dans laquelle nous, nous fommes, mis, pour nous.. arracher l'empire de la mer, dont 1 nous avons ufé avec tant de modération. Envain,, nos ennemis... voudroient-ils nous objecer que nos alliés ont toujours été léfés dans nos traités avec eux. L'hiftoire les démentiroit; les Hollandois, il eft vrai, nous ont aidés à acquérir un commerce immenfe, mais aufi nous leur avons laiffé faire tout celui que nous étions hors d'état de faire nousmêmes, & la preuve de leur confiance en nous Le tire de ce qu'ils ont plus de 57, 000, 000 de li tournois dans nos fonds publics. Quant au Portugal ce royaume n'a point à fe plaindre de nous; dans la derniere guerre, il n'a perdu que quelques places, qui lui ont été rendues à la paix; &fi nous exigions. de lui qu'il fit aduellement: en notre faveur une diverfion en Amérique, nous ferions en état de reconnoitre ce Service important. Enfin, files alliés nous manquent d'un côté, nous en trouverons d'un autre ; déjà tous les princes d'Allemagne nous ont vendu des troupes; & des traités faits dans le nord, qui vont éclore,.. apprendront à l'univers que notre alliance eft recherchée jufques dans les régions hyperborées

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ESPAGNE.

MADRID (le 16 Mai.) On apprend du châ-teau d'Aranjuez, où toute la cour eft actuelle ment, que le courier envoyé par le miniftere? pour demander à la cour de Lisbonne une fatif-faction complette des hoftilités commifes en1 Amérique, n'y eft pas encore de retour, de forte que l'on est toujours dans la même indécifion touchant les bruits d'une guerre prochaine. Néanmoins il fe fait des préparatifs, qui font préfu mer que l'on s'attend à une réponse peu fatif-faifante, car on eft informe que 6 régimens d'infanterie en garnifon à Cartagene, fçavoir ceux du prince, de Cantabrie, d'Aragon, de Soria, de Majorque & celui des Suiffes, commandés par lé baron de Thurn, ont ordre de fe mettre en marche vers Ciudad - Rodrigo, fur les frontieres du Portugal; & l'efcadre qui a été armée à Caz dix, n'attend qu'un vent favorable pour mettre à la voile, fans que l'on foit encore inftruit de fa deftination. Cette efcadre eft compofée de 6 vaiffeaux de guerre de 70 canons, fçavoir le Velafco, fur lequel le chef d'efcadre Gafton a arboré fon pavillon, le St. François de Paule le St. Eugene, le Poderofo, le Monarque & l'O-rient des frégates la Libre de 36 canons, la Ste.. Catherine de 28; du chambequin l'Andaloufie de 32, & des paquebots le Mars de 16, le Jupiter & Caurniffo, chacun de 10 canons. Enfin, on arme à Cartagene un vaifleau de guerre de: 70 canons, nouvellement conftruit, & l'on y attend une efcadre françoife, fur laquelle fe trouve le duc de Chartres...

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Le 24 du mois dernier, on vit entrer dans le port de Cartagene les deux frégatés du roi com-mandées par Don Jacques de Quevedo, avec une? prife qu'elles avoient faite le 16, entre la Sa

B

daigne & la côte d'Afrique. C'étoit un vaiffeau françois de 20 canons, parti de Conftantinople pour Alger, ayant à bord un envoyé de cette régence, qui revenoit de la cour ottomane avec II perfonnes de fa fuite. La cour avoit reçu, fans doute, des avis exacts fur le départ de ce vaiffeau, puifque les deux frégates étoient forties exprès de Cartagene, pour aller l'attendre dans ces parages. L'envoyé d'Alger & l'équipage de la prife ont commencé à faire la quarantaine; on dit généralement à Cartagene, que le vailleau & fa cargaifon feront déclarés de bonne prife, & que l'envoyé africain, avec sa suite feront efclaves du roi; mais on attend à cet égard les ordres de la cour.

Le chargement de ce vaiffeau confifte en plufieurs pieces de coton pour la voilure, quelques milliers de fer en barres, 82 canons de fer, 19 chaudieres qui pourront fervir pour les pompes à feu dans les arfenaux, plufieurs pieces de drap écarlate, & divers ballots d'autres marchandifes. Il y a encore l'habillement des 4000 Turcs, 25000 piaftres ou fequins reftantes des fonds que l'ambaffadeur avoit pris à Alger, & fes effets particuliers; ce qui fait monter cette prife à environ 600, 000 piaftres (à 3 liv. 10 fols de France la piaftre de change), fans comp ter la valeur de quelques ballots qui n'ont point été encore examinés. On a faifi tous les papiers, paffeports & lettres; il réfulte des éclairciflemens qu'on en a tirés, que 4000 Turcs partis de Conftantinople pour Alger ont déjà débarqué fur la côte de Tunis, d'où ils ont continué leur route par terre. Ce fecours a été accordé aux Algériens par le grand feigneur, à la follicitation du mufti & des imans, qui ont perfuadé á S. H. qu'elle ne pouvoit fe difpenfer de foutenir les fideles mufulmans contre les entreprisesdes chrétiens.

On apprend de Barcelone que M. de Caftagnos, intendant de Catalogne, a été envoyé en exil à Efpurgos, & qu'il n'a eu que 24 h. pour exécuter les ordres de la cour. Tous les officiers de fon tribunal & de fa maifon ont été arrêtés & conduits dans les prifons, fans qu'on fçache les motifs d'une difgrace auffi rigoureuse qu'imprévue.

Les projets les plus utiles font auffi le plus vivement combattus: c'eft ce que nous venons d'éprouver dans l'entreprife du canal royal de Murcie, annoncée dans tous les papiers publics de l'Europe. Elle a trouvé des contradicteurs fi opiniâtres & fi hardis, que leurs cris ont engagé le gouvernement à faire une nouvelle véritication des lieux & des plans, avant que de permettre aucun emploi des fonds veriés par la confiance des actionnaires dans la caiffe de la compagnie; en conféquence, par ordre exprès du roi, un célebre ingénieur efpagnol, nommé don Ferdinand d'Ulloa, eft parti le 13 du mois dernier, pour aller reconnoitre les ouvrages: d'après fon rapport, S. M. Cath. déterminera l'emploi des fonds, & le tirage de la loterie.

Gependant on paiera les intérêts des billets dans l'intervalle, fur le pied de 5 pour cent, avec la plus ferupuleufe régularité, comme on s'y eft engagé.

Le gouvernement a fait inférer dans notre gazette, un avis portant que tous les deniers provenant de la négociation des billets ont été, à la rèquifition de la compagnie chargée de l'entreprile, déposés dans la caufe des poftes, où ils feront confervés fous la garde du tréforier, avec le même foin que les deniers royaux. Les prêteurs ne doivent, par confequent, pas être allarmés d'un retard fondé fur une précaution

fi fage, ni choqués de cette précaution même, qui n'a d'autre objet que leur plus grande fu reté.

FRANCE.

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VERSAILLES (le 6 Juin.). Le roi a accordé l'abbaye de Megemont, ordre de cîteaux, diocefe de Clermont, à l'abbé de Clédat, vicairegénéral de Caftres, chapelain de S. M, & de Mgr. le comte d'Artois, fur la nomination de ce prince en vertu de fon appanage.

Le 12 du mois dernier, M. Sénac de Meilhan, maître des requêtes, intendant du Hainault & Cambrefis, eut l'honneur d'être préfenté au roi par le comte de Saint-Germain, miniftre & feorétaire d'état au département de la guerre, & de faire fes remercimens à S. M. en qualité d'intendant de l'armée..

Le 13, le Sr. Regnier eut l'honneur de préfenter au roi & à la famille royale le projet d'un hôpital de malades ou d'un hôtel-dieu, dans lequel chaque malade feroit couché feul, & où, fans beaucoup de frais, ils feroient tous parfaitement fecourus.

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Le roi a nommé miniftre le comte de St. Germain, fecrétaire d'état au département de la guerre, qi, dans cette qualité, a aflifté, le 19, au confeil d'état (& non le 12, comme on l'avoit dit par erreur.)

Le même jour 19, le marquis d'Arbouville prêta ferment entre les mains du roi 1.pour la lieutenance-générale de l'Ifle-de-France, vacan te par la mort du marquis de Gironde.

Les députés de la compagnie des fecrétaires du roi eurent l'honneur de préfenter à S. M. la bourfe de jettons, fuivant l'ufage ordinaire, le Sr. Mouchard portant la parole.

L'après-midi de ce même jour, le roi, accom

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