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teau Guillaume, qui les auroit rendus maitres du havre , &z mis à même de détruire la flotte, il eut le tems de le faire sauter & se retira dans la rade de Nantasket ».

« Au commencement de Mars, l'armée n'avoit de provifions que pour trois ou quatre femaines. Il n'y en avoit que très-peu à bord des bâtimens qui devoient la transporter à Hallifax, où la disette se faisoit tellement sentir , qu'on avoit de la peine à empêcher le peuple de se mu

Quoique ces avis foient contradictoires, it n'en est pas moins certain que les

troupes

du roi sont passées à Hallifax dans la NouvelleEcofle où elles seront mal approvisionnées ; confinées aing dans la partie feptentrionale du continent, elles auront un long trajet pour pénétrer dans l'intérieur du pays,

dont les. A méricains ne manqueront pas de leur disputer le passage ; il ne leur restera que la reffource de se transporter par mer d'un endroit à l'autre & cette voie offre encore bien des obstacles. D'ailleurs, ces troupes sont hors d'état de faire parellesmêmes quelqu'entreprise considérable en Amérique; elles seront obligées d'attendre celles qui y partent de l'Europe; ce qui suspendra les opérations jusqu'à la fin de l'été. En supposant mêm me que les troupes du roi puiilent pénétrer dans le

pays, elles le trouveront transformé en désert ; & les Américains auront cet avantage, que plus ils se retireront dans l'intérieur des terres avec leurs bestiaux, plus ils trouveront de moyens

de subfifter.

La suite des événemens peut seule faire connoitre les puissantes reflources que le congrès de Philadelphie a sçu ménager. On est déjà convaincu de la fausseté des bruits qu'on avoit af fecté de répandre sur la málintelligence qui réo

& que

tous

gnoit parmi les membres de cette assemblée. Toutes les lettres de l'Amérique s'accordent à confirmer que les délibérations du congrès se pasfent avec la plus grande unanimité; que les mesures qu'exigent la défense générale s'y prennent avec le concert le plus exaa , les ordres qui en émanent, sont respedés & exécutés sans délai par toutes les provinces. Le cré. dit du papier-monnoie que le congrès a créé, &. qui a cours dans les paiemens du commerce intérieur, en est la preuve la plus certaine ; puifque la chûte de cette opération de finance seroit la fuite immanquable de la défection ou du changement de principes de ses auteurs.

Dès qu'on fut informé à Philadelphie de l'acte de prohibition du parlement, dont l'objet est d'anéantir le commerce des Américains, & des trai. tés conclus par le ministere de Londres pour prendre des troupes étrangeres à sa folde, le congrès résolut unanimement ; 1°. qu'il ne leroit plus envoyé d'adresses ou de pétitions ni au roi ni au parlement de la Grande-Bretagne ; 2o. que tous les ports de l'Amérique seroient ouverts aux nations étrangeres , qui leroient invitées à partager

son commerce. Pour donner plus de poids à ces résolutions, on a élevé des redoutes & autres retranchemens en divers endroits les plus exposés aux entreprises des Anglois ; on a construit sur l'embouchure de la Delaware une forteresse qui domine le canal , & dont l'artillerie est plus que fuffisante pour en écarter les vaisseaux emnemis. En même tems , le congrès a envoyé ordreà 20 armateurs, dont les bâtimens ont depuis 20 jusqu'à 36 canons, de fe porter À l'embouchure du fleuve St. Laurent pour intercepter les navires de transport partis d'Angleterre & d'Irlande. Une autre escadre d’armateurs, commandée

par M. Hopkins (dont on a annoncé le départ dans la ire. Quinz. de Mai, p. 66), & qu'on croyoit destinée à intercepter les navires de la compagnie des Indes' qui relâcheroient à Ste. Helene, a porté son premier coup sur l'isle de la Providence, dont elle s'est emparée. La fituation de cette isle entre les colonies septentrionales & les ifles occidentales, causera un grand préjudice à notre commerce, & favorisera celui des Américains. Les forces de terre des insurgens seront aussi très-considérables, sans compter sur aucun secours étranger. Suivant leur plan de défensive, qui est, dit-on, très-bien concerté, leur grande armée occupera le centre des colonies, sous les ordres du général Washington, tandis que plusieurs corps séparés prendronc poste en divers endroits des colonies pour s'y opposer aux troupes du roi qui tenteroient de les conquérir.

Le même congrès, a fait frapper des médailles d'argent & de cuivre, que les officiers des infurgens portent à la boutonniere. On y voit d'un côté deux vases flottant sur l'eau , avec ces mots : Si collidimur, frangimur; & sur le revers, 4 mains en fautoir

furmontées d'une colombe , & au bas, un serpent coupé en morceaux.

Malgré ces circonftances où tant de mesures femblent se réunir pour déconcerter les opéra-, tions guerrieres du ministere, on vient de créer une commission chargée , non de traiter avec les Américains, mais d'accorder une amnisties ceux qui rentreront dans le devoir. La base des inftrudions eft de n'entrer dans aucune nég ciation avec les rebelles, avant qu'ils n'aient mis bas les armes, & ne fe soient entierement foumis. Comment les Américains recevroient ils cette proposition , eux qui ont déclaré positivement que le premier pas vers la conciliation ne se feroit que lorsque les troupes du roi duroient cetlé toute espece d'hostilités ? Quoiqu'il en soit, la nouvelle commission est composée du lord Howe, amiral, du général Howe, fon frere, commandant en chef en Amérique , & de M. Cornwall; elle a pour secrétaire M. Strachy.

Le premier de ces commissaires , après avoir pris congé du roi, partit les pour Portsmouth où il arriva le ménie jour. Le 6, il arbora son pavillon à bord du vaitseau de guerre l'Aigle , de 64 cinons. Toute la flotte de vaisseaux & dé bâtimens de transport, confiftant en 120 voiles, partit le 8 avec un vent favorable, de forte qu'el ie est actuellement en pleine mer;

sans

y comprendre les bâtimens de transport, elle est composée de 2 vaisseaux de guerre, de 2 frégates & de 2 galiottes à bombes.

La frégate la Flore de 36 canons, fit aussi voile de Grecnock pour l'Amérique le 29 du mois dernier, elle escorte 33 bâtimens, dont quelques-uns font armés de 10 jusqu'à 16 ca

& à bord desquels se trouvent le 42me. régiment & le nouveau corps de montagnards du général Fraser.

Le grand nombre de mâtelots qu'exige l'armement de tant de vaisseaux, avoit déterminé le gouvernement d'expédier des ordres pour la presle; mais on les a retirés , dans la crainte que cette levée extraordinaire & forcée ne fit éclater des troubles dans le sein du royaume. On s'est borné à proroger jusqu'au 30 Juin inclusivement, la proclamation du 22 Mars dernier, dont l'effet ne devoit avoir lieu que jusqu'au 30 Avril ; on sçait qu'elle accorde 3 liv. sterl. aux mâtelots de la premiere clafe, & 2 liv. fterl. à ceux de la sem conde, pour les encourager à entrer au service du roi.

Les deux chambres du parlement & le con

nons ,

feil commun de cette ville ont présenté au roi. leurs adresses de félicitation sur l'heureux acco ichement de la reine. Dans l'assemblée où l'on convint de rédiger celle de la ville, le lordmaire fut charge de demander à la chambre des communes, que les Américains fuífent antorisés à füire leurs octrois par leurs représentans, ainsi que l'ont toujours fait les sujets de S. M. en Irlande.

Le 30 du mois dernier, la chambre des communes résolut qu'on accorderoit, pour les dépenses de l'établissement civil en Géorgie dans l'année présente, 3861 liv. ft. ; pour celui de la Floride orientale, 4950; pour celui de la Floride occidentale, 4950; pour celui de l'Acadie , 4245,- 10 f. 5 d. ; pour: celui de Sénégambie 55;0; pour les dépenses de l'arpentage en Amé rique, 1886, 4 f. ; à S. M. pour remplacer pareille somme dépensée en conséquence de différentes adresses , 7405.

- Le rer. de ce mois, le comte de Norfolk remit à la chambre des pairs, par ordre du roi, la copie d'un traité conclu entre S. M. & le prince de Waldeck pour prendre un corps de fes troupes à la folde de la Grande-Bretagne. Le lord North en remit une pareille aux communes. Cette chambre fit la premiere lecture d'un bill pour lever deux millions par annuités & unerlo. ferie, & pour établir divers droits fur les carroises, instrumens, cartes, dez & feuilles publiques, ainsi qu'un bill pour lever une fomme d'argent par billets d'échiquier. M. Wilkes y a. voit proposé qu'il fôt arrêté de biffer des journaux de cette chambre, la résolution du 17 Février 1769, portant : Jean Wilkes, écuyer, avoit été chassé de cette séance du parlement , & elaré inhabile à étre élu membre pour toute autre séance, comme tendant à renverser les droits

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