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elle

font bien propres à fournir un nouvel aliment à l'ardeur avec laquelle l'intendant pourvoit au bien public de la province confiée à ses soins.

1 La ville de Castres vient d'offrir un trait d'un autre genre : c'est un acte de probité d'autant plus remarquable que l'on n'en voit pas souvent exercer de semblables. Les Srs. Guibal, pere &. fils , par une suite de malheurs continuels, se virent forcés en 1756, de suspendre leur commerce, & de faire à leurs créanciers un abana don de leurs biens. Les dettes de cette maison se montoient à plus de 100 mille liv., & les af. faires étoient dans un tel délabrement, que la répartition qui en fut faite, ne rendit que ro pour cent à chacun des créanciers. La dame Guibal la jeune, cherchant à réparer ce désastre, obrint de ses parens quelques secours , avec lesquels elle entreprit un petit commerce ;

eur des fuecès mérités par la conduite, & s'associa fon fils aîné. Après 20 ans de travaux & d’écono. : mie, cette maison se trouve en état d'acquirter le reste des anciennes dettes, & prend des termes pour le faire. Le Sr. Guibal, fils aîné, a dén jà payé un tiers aux créanciers de fon pere & de son grand-pere; il promet le second en 1777, & le dernier en 1778. On'tient ces détails d'un créancier même des fieurs Guibal.

Marie-Anne Volant, fille du village de Romainville, a été reconnue par les anciens habitans & les filles du lieu , comme la plus digne de la récompenfe promise à la plus vertueuse d'entr'elles. Le marquis de Ségur a reou les fuffrages', le 28 du mois dernier, en pré(ence des citoyens qui ont promis de la marier.

Des gens opulens forment une société de commerce pour Cayenne dans l'Amérique méridionale

3 & le roi voulant encourager les entreprises relatives à cette colonie frañçoise; ac

corde un privilege de 30 ans, avec toutes forces d'exemptions, pour que la compagnie foit afsurée d'un grand bénéfice.

On écrit de Montélimart en Dauphiné, qu'une jeune personne abusée par un particulier, sur une promete de mariage, avoit requis poliment - son amant de l'épouser ; mais que celui-ci, témérairement infidelle , avoit répondu par un refus formel ; qu'alors elle l'avoit tué d'un coup de pistolet,chargé de deux onces de poudre, & plein de bailes. Le pistolet a crevé dans la main de l'amante abandonnée, & l'a blessée grievement , ce qui ne l'a pas empêchée de se sauver par-desfus les murs de la ville , pour échapper aux pourfuites de la justice.

Le 25 Avril, on a essuyé dans les environs de la ville de Toul un orage épouvantable : la pluie & la grêle sont tombées avec tant d'abondance & d'impétuosité, qu'en peu d'instans, elles ont détruit toute espérance de récolte , & causé des ravages que dix années ne pourront pas réparer : toutes les vignes ont été arrachées, & couvertes de gravier; des torrens rapides one cnlevé les engrais & la terre même ; plusieurs ponts de pierre & plusieurs murailles ont été renversés ; ce que les eaux ont épargné, a été détruit par la grêle : on ne voit partout que les traces d'une affreuse dévastation & les habitans fort réduits à la plus grande misere. Mr. de Calonne, intendant de la province, a fait distribuer des secours aux pauvres vignerons, & il follicite en leur faveur de plus grands soulagemens, que la bonté du roi leur donne droit d'erpérer.

Le tirage de la loterie de l'école royale militaire s'est fait le 6 de ce mois. Les numéros sortis de la roue de fortune , sont 36, 24, 62 , 19, 88. Le prochain tirage le fera les Juin.

Fin de l’Edit du roi , portant suppression des jua

randes de communautés de commerce, arts & métiers.

III. La déclaration & l'inscription fur le registre de la police , ordonnées par l'article ci-deffus , ne concer nent que les marchands & artisans qui travaillent pour leur propre compte , & vendenc. au public i à l'égard des Simples ouvriers qui ne répondent point direkte nient au public , mais aux entrepreneurs d'ouvrages, ou maitres pour le compte de squels ils travaillent , lesdits entrepreneurs ou maitres seront tenus , à toutes réquisitions, d'en représenter au lieutenant-général de police un état contenant le nom, le domicile & le genre d'imuftrie de chacun d'eux.

IV. N'encendons comprendre dans les disposicions porn rées par les articles I & II les profefsions de la pharmacie , de l'orfevrerie, de l'imprimerie & librairie, à l'é.. gard desquelles il ne sera rien innové, jusqu'ace que nous ayons ftatué sur leur régime , ainsi qu'il apparciendra.

V. Exceptons pareillement des dispofirions defdits -aricles Ier. & IIe, du présent édit, les communautés des maitres barbiers-perruquiets-éruviftes , dans les lieux oà leurs profeffions sont en charge , jusqu'à ce qu'il en soit par nous autrement ordonné.

VI. Voulons que les maitres achiels des communautés des bouchers, boulangers , & autres dont le commerce a pour objet la fubfiitance journaliere de nos sujets , ne puissent quitter leurs professions qu'un an après la décla. ration qu'ils seront tenus de faire devant le lieutenantgénéral de police , qu'ils entendent abandonner leur pro fellion & commerce, à peine de sco livres d'amende & de plus forte peine, s'il y échoir.

VII. Les marchands & artisans qui sont assujettis å porter sur un registre les noms des personnes de qui ils achetent certaines marchandises, tels qite les orfevres, les merciers, les frippiers & autres , feront obligés d'avoir & de tenir fidelement lesdits registres , & de les représenter aux officiers de police à la premiere réquifition.

VIII. Aucune des drogues dont l'usage peut être dangereux , ne pourra être vendue , li ce n'eft par les maitres apothicaires , ou par les marchands qui en auro:it obtenu la permission spéciale & par écrit du lieutenantgénéral de police , & de plus à la charge d'inscrire sur un regiftre , paraphé par le dit lieutenant-général de po

qualités & demeures des personnes aux

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les noms,

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quelles ils en auront vendu , '& de n'en rendre que des perfonnès connues & domiciliées, à peine de mille livres d'amende, même d'être poursuivis extraordiyairement, suivant l'exigence des cas.

IX. Ceux des arts & métiers dont les travaux peuvent occafionner des dangers ou des incommodités 110fables , soit au public , soit aux particuliers ,continueront d'être assujettis aux réglemens de police faits ou à faire, pour prévenir ces dangers & ces incommodités.

X. Il sera formé dans les différens quartiers des villes de notre royaume, & notamment dans ceux de no ve bonne ville de Paris, des arrondissemens, dans chacun desquels seront nommés, pour la premiere année seulemene , & dès l'enregiftrement, du lors de l'exécution de notre présent édit, un syndic & deux adjoints, par le lieutenant-général de police ; & ensuite le fdics fyndics & adjoints feront annuellement élus par les mar.chands & artisans dudit arrondissement, & par la voit du scrutin , dans une assemblee tenue à cet effet en la maison & en présence d'un commissaire nommé par lediç lieutenant-général de police , lequel commissaire en dressera procès-verbal, le tout fans frais; pour , après néanmoins que lesdits fyndics & adjoints auront prêté ferment devant ledit lieutenant-général de police ,

veile Jer sur les commerçans & artifans de leur arrondisse

sans distinction d'état ou de profession , en rendre compte audit lieutenant-général de police , voir & @ransmettre fes ordres, fans que ceux qui feront nommés pour fyndics & adjoints , puissent refuser d'en exercer les fonctions , ni que , pour raison d'icelles, puifient exiger ou recevoir derdies marchands ou arrió Tans aucune fòmme ni présent, à titre d'honoraires & de rétributions; ce que nous leur défendons exprefree ment, à peine de concussion.

XI. Les contestations qui naîtront à l'occafion des mal. façons & défe&uofités des ouvrages, seront portées devant le lieutenant-général de police, à qui nous en attribuons la connoiffance exclusivement ; pour être , sur le rapport d'expects par lui commis à cet effet , facué sommairement fans frais & en dernier reffort ; fi ce n'eft que la demande en indemnité excédat la valeur de 100 liv.; auquel cas, lesdites conteftations seront jugées en la forme ordinaire.

XII. Serone pareillement pertées par - devant le lieu. tenane-général de police , pour être par lui jugées lommairement , & sans frais , & en dernier resort, jusqu'à

ment ,

rece:

ils

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concurrence de la valeur de 100 livres, les conceftations ?
qui pourroienc s'élever sur l'exécution des engagemens
à tems , contrats d'apprentissage , & autres conventions
faires entre les maitres & les ouvriers travaillant pour
eux, relativement à ce travail ; & dans le cas où l'objet
de raíces contestacions excéderoit' la valeur de 100 livres,
elles ferone jugées en la forme ordinaire.

XIII. Défendons expressément aux gardes , jurés ou
officiers en charge des corps & communautés de faire
désormais aucunes visites , 'infpe&tions , faisies, d'inten-
ter ou poursuivre aucune action au nom defdites commu-
nautés, de convoquer ni d'affifter à aucune assemblée
sous quelque motif que ce puisse être , même sous prétexte
d'ades de confrairie , dont nous abrogeons l'usage , &
généralement de faire aucune fonction en ladire qualité .
de gardes-jurés, & notamment d'exiger ou de recevoir des
membres de leurs communautés aucune somme , sous quel
que prétexte que ce soit, à peine de concussion, à l'exception
néanmoins de celles qui pourront vous être dues pour les
impositions des membres desdits corps & communautés's
& dont le recouvremene , tant pour l'année courante
que pour ce qui reste à recouvrer des précédentes an*
nées , sera par eux fait & suivi dans la forme ordinaire,
jusqu'à parfait paiement.

XIV. Défendons pareillement à tous maitres, compa* gnons, ouvriers, appreprifs desdits corps & communautés, de former aucune association ni assemblée entr'eux fous quelque prétexte que ce puisse être ; en conséquence , nous avons éteint & supprimé , éteignons & fupprimons toutes les confrairies qui peuvent avoir été érka blies, tant par les maitres des corps & communautés, que par les compagnons & ouvriers desdits corps & métiers , quoiqu'érigées par les statuts desdits corps & communautés,

, 'ou par tout autre titre particulier, même par lettres-patentes de nous ou de nos prédécesseurs.

XV. A l'égard des chapelles érigées à l'occasion derdites confrairies, ducations d'icelles , biens affectés à des fondations, voulons que, par les évêques diocésains, il foit pourvu à leur emploi de la maniere qu'ils jugeront la plus utile , ainsi qu'à l'acquittement des fondations ; & serone, sur les décrets des évêques, expédiées des lectres-parentes adressées à notre cour de parlement.

XVI. L'édit du mois de Novenibre 1563 , portant création de la jurisdiction consulaire dans notre bonne ville de Paris , & la déclaration du 18 Mars 1728 , feront exécutés pour l'élection des juges - consuls en coui ce qui

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