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L'ambassade d'Espagne à Berlin vient d'informer le gouvernement impérial que l'exécution de la mesure vexatoire annoncée par les autorités allemandes a été abrogée.

FAITS & INFORMATIONS

Contrebande de guerre.

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Su

On

ALLEMAGNE. Coton. rabondance des existences cotonnières allemandes. mande de Suisse que l'Entente empêche l'importation du coton pour les fabriques suisses, sous prétexte que le coton passe en Allemagne pour être utilisé dans la fabrication des matières explosives. La France serait fermement persuadée que si les importations de Suisse étaient supprimées, l'Allemagne devrait cesser la guerre dans un bref délai, par manque de coton pour la fabrication des matières explosives.

A ce propos, il faut établir que nous avons assez de coton pour cet usage pour des années encore, seulement avec les quantités existant en Allemagne ; qu'en outre, nous recevons, par la nouvelle voie du Danube, du coton de la Turquie, et qu'enfin s'il n'y avait plus un seul kilo de coton en Allemagne, nous aurions encore pour un temps infini suffisamment de cellulose. (Berlin, 18 nov. 1915, Agence Wolff, Journ. de Genève, 20 nov. 1915.)

Il était donc vrai de dire que lorsque l'Allemagne se plaignait du trouble apporté par le régime maritime des Alliés, à ses importations et du danger de pénurie en matières premières et en aliments où cette innocente nation se trouvait exposée, il n'y avait là qu'une attitude diplomatique. (L. D. Déclaration du coton comme contrebande de guerre absolue, Clunet 1915, p. 582.)

L'Allemagne surabonde er, coton; elle pourrait en revendre ses chimistes d'ailleurs lui ménagent déjà un rem · plaçant. L. D.

ALLEMAGNE.

Occupation.

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Racolage en pays neutres des habitants des pays envahis. M. P. de Wilde, professeur honoraire de l'université de Bruxelles, mande à notre confrère La Suisse » qu'un véritable service de racolage est organisé à Genève même pour ramener les jeunes gens belges en Belgique, d'où les Allemands les expédient enCLUNET. T. 42. No XIII-XIV-XV 1915

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suite en Allemagne, sans doute pour remplacer dans les usines et dans les fermes les Allemands qui sont appelés sous les drapeaux, M. P. de Wilde écrit :

A Genève et dans les environs il y a un certain nombre de Belges qui sont pourchassés par des racoleurs qui les engagent à entrer en Belgique sous les promesses les plus fallacieuses. On leur paye le voyage de retour.

Il y a quatre jours, j'ai pu m'entretenir avec deux jeunes Gantois sortant du consulat allemand et j'ai pu obtenir d'eux la promesse formelle qu'ils ne rentreraient pas en Belgique. Je leur ai fait comprendre que leur devoir était d'aller combattre les Allemands et non de les aider.

Par lettre du 8 novembre courant, j'ai dénoncé à M. le conseiller d'Etat chargé du département de justice et police, l'existence au consulat allemand d'un bureau de recrutement déguisé. J'ai demandé au même dignitaire l'autorisation de placarder et de promener dans les environs du consulat allemand une affiche, dont j'ai fourni le texte, mettant mes compatrictes en garde contre le sort qui les attend s'ils rentrent en Belgique ou même s'ils mettent le pied sur le so! Allemand. (Le Temps, 17 novembre 1915.)

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Outrage.

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Neutre. La Cour criminelle

ALLEMAGNE.
Propos séditieux.
Condamnation (aff. Schweizer).

de Carlsruhe a jugé le 9 novembre 1915 un nommé Emile Schweizer, d'origine suisse, voyageur de commerce de La Chaux-de-Fonds, accusé d'avoir des opinions antiallemandes.

Au moment où l'on annonçait une victoire allemande, il avait dit « Cela changera encore. » Il avait en outre déclaré que les actes trouvés dans les archives de Bruxelles mettant à la charge de la Quadruple-Entente la responsabilité de la guerre étaient falsifiés.

Le Tribunal l'a condamné à deux mois d'emprisonnement. dont à déduire six semaines de prison préventive. (Schwabischir Merkur, Gaz. de Lausanne, 18 nov. 1915.)

ALLEMAGNE. Statistique des vins rouges étrangers. Pour avoir un aperçu exact des stocks disponibles en vins rouges d'origine étrangère, et notamment en vins rouges coupés qui d'après les lois de la matière peuvent être désignés à l'aide d'une dénomination étrangère, le ministère de l'inté

rieur a, après accord intervenu avec les représentants du commerce des vins allemands, prescrit qu'il en serait fait un recensement à la date du 1er novembre 1915. Cette statistique ne concernera ni les vins fins de dessert ni les vins de Malaga, de Porto ou de Muscat. Elle ne vise que les stocks dépassant dix mille litres en tonneaux ou en bouteilles, sans s'étendre aux vins rouges d'origine allemande.

Excitation à la dé-
Condamnation.

ALLEMAGNE ET ALSACE-LORRAINE. sertion. Sentiments anti-allemands. (Aff. Hausknecht). Le 15 novembre 1915, le tribunal militaire du gouvernement de la forteresse de Strasbourg a jugé le major-adjoint (Unterarzt) René Hausknecht, accusé d'avoir incité à la désertion son frère, Paul Hausknecht, soldat dans l'armée allemande, d'avoir manifesté des sentiments anti-allemands et d'avoir répandu de fausses nouvelles relatives à la guerre.

Le Dr Paul Hausknecht, qui était avant la guerre assistant à l'Institut de Chimie de l'Université de Strasbourg, avait été à la fin de l'an dernier incorporé dans l'infanterie. Une fois son instruction achevée, il avait été envoyé dans un régiment se trouvant aux abords de Reims. Au bout de peu de jours, il eut vent que son régiment quitterait prochainement le front occidental pour être transporté en Russie.

Le dernier soir où son régiment était en position et attendait d'un moment à l'autre l'ordre de départ, il se munit avec l'aide d'un camarade de Strasbourg d'une provision de pain, et revêtu de sa capote et de sa casquette, il se rendit sans armes dans une sape conduisant aux lignes ennemies. Arrivé au bout de la sape, il fut d'abord observé par un poste d'écoute, qui le fit retourner sur ses pas; mais il réussit, à un autre endroit, à la faveur de l'obscurité, à ramper, sans être aperçu, à travers le réseau de fils de fer barbelés de dix mètres de largeur et à atteindre la position française, distante d'un kilomètre. En sa qualité d'Alsacien, il ne fut pas traité par les Français en prisonnier de guerre, mais envoyé à un camp spécial de prisonniers alsaciens.

Une perquisition, opérée à la suite de cet incident au domicile des parents du déserteur, fit découvrir une correspondance échangée entre les deux frèrs. Cette correspondance, qui fit procéder à l'arrestation immédiate de l'inculpé, démontrait que celui-ci n'a pas cessé d'engager son frère à se libérer du service militaire, lui donnait notamment toutes sor

tes de conseils sur la façon de simuler des infirmités physiques pouvant entraîner son exemption. Aux objections de son frère, il répondait que le but justifie les moyens, ainsi qu'il ressort de la violation de la neutralité belge.

En outre, l'inculpé aurait, dans ses lettres, employé des expressions offensantes à l'égard de ses supérieurs ou de ceux de son frère. Il aurait enfin, à plusieurs reprises, manifesté des sentiments germanophobes et propagé de fausses nouvelles, usant à cet effet d'une écriture secrète inventée par les deux frères.

En dépit de la jeunesse et de la réputation irréprochable de l'accusé, le tribunal l'a condamné à deux ans et demi de prison et à la dégradation, sous déduction de trois mois de prison préventive. Le condamné n'a cessé de nier les principaux chefs d'accusation relevés contre lu et n'a pas manifesté le moindre regret (Prague, 12 nov. 1915, Gaz. de Lausanne, 24 novembre 1915.)

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Guerre (nouvelle méthode de
Occupation

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guerre). Moyen de terminer la guerre. (pays d'). Famine (organisation de la) des habitants. Un membre du Parlement autrichien, M. Rudolph Keller, rédacteur en chef du « Prager Tageblatt », qui appartient au parti nationaliste allemand et représente une des circonscriptions de Bohême, vient d'écrire une brochure intitulée la « Guerre aux civils », dans laquelle il propose d'amener la guerre à une heureuse conclusion par les Austro-Allemands, en adoptant des mesures de rigueur contre les habitants des régions envahies par les Allemands en France, en Belgique en Russie et en Serbie.

Le membre du Parlement autrichien écrit entre autres choses :

Il y a mille raisons pour lesquelles on devrait exploiter la situation dont nous jouissons actuellement, par l'occupation des pays envahis afin d'amener rapidement la paix. On pourrait adopter contre nos ennemis des mesures répressives qui les obligeraient à demander la paix. L'Allemagne et l'Autriche sont en ce moment en possession de vastes territoires appartenant à la France, à la Belgique et à la Russie, auxquels elles sont en train d'ajouter la Serbie. Nous pouvons donc user des plus grandes rigueurs envers nos ennemis. Il est de la plus grande urgence de priver de vivres les habitants des

régions envahies par les Austro-Allemands et aussi d'empêcher qu'ils reçoivent d'autres subsistances.

Il est certain que la presse française, anglaise et russe jetterait les hauts cris contre la barbarie allemande, mais que nous importe ? Nos peaux allemandes sont assez épaisses pour supporter les insultes de nos ennemis.

Cette mesure de rigueur obligerait l'Angleterre et la France, après un certain temps, à entrer en négociations avec nous, bien que de mauvais gré, parce qu'elles comprendraient qu'elles ne peuvent pas laisser mourir de faim plusieurs millions de Belges et de Français.

C'est donc par le fait que le sort de tant de Français et de Belges est entre nos mains que nous disposons, sans aucun doute, du moyen de terminer la guerre. Adoptons donc cette mesure énergique et ne perdons pas plus de temps à faire la guerre. (Prague, 12 nov. 1915. Journ. de Genève, 14 nov. 1915, p. 5.)

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ANGLETERRE. Ennemi (officier). Evasion d'un pays neutre malgré parole donnée. Arrestation en pays helligérant. Un de ces officiers allemands qui, au mépris de la parole donnée, chercha tous les moyens de s'enfuir, vient d'être arrêté dans un port anglais, dans les circonstances suivantes :

Un vapeur danois avait été amené il y a deux jours dans ce port pour être visité. La visite révéla que l'un des matelots porté sur le rôle d'équipage était en réalité un officier de marine allemand du vapeur Prinz-Eitel-Friedrich, interné en avril dernier à New-port-News.

L'officier a été identifié par un fonctionnaire qui l'avait connu quelque temps avant la guerre. (Londres, 18 nov. 1915. Le Matin, 19 nov. 1915.)

ANGLETERRE. - Navires-Hôpitaux. - Emploi pour le transfert des troupes et munitions. Démenti officiel. Le secrétaire de l'Amirauté anglaise fait fa déclaration sui

vante :

« La radiotélégraphie allemande du 12 novembre déclare que les bateaux-hôpitaux anglais seraient employés pour le transport des troupes, des munitions et d'autre matériel de guerre.

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