Collection des mémoires relatifs à la révolution française ...

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Saint Albin Berville, François Barrière
Baudouin frères, 1823 - France
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Page 37 - Le jour où elle fut condamnée, elle s'était habillée en blanc et avec soin : ses longs cheveux noirs tombaient épars jusqu'à sa ceinture. Elle eût attendri les cœurs les plus féroces; mais ces monstres en avaient-ils un? D'ailleurs elle n'y prétendait pas : elle avait choisi cet habit comme symbole de la pureté de son âme. Après sa condamnation, elle repassa dans le guichet avec une vitesse qui tenait de la joie. Elle indiqua par un signe démonstratif qu'elle était condamnée à mort.
Page 260 - Qu'un heureux époux, à son tour, Vienne rendre à ma douce amie Des jours de paix , des nuits d'amour ; Je ne regrette plus la vie. Je revolerai près de toi Des lieux où la vertu sommeille ; Je ferai marcher devant moi Un songe heureux qui te réveille. Ah ! puisse encor la volupté Ramener ù ma douce amie L'amour au sein de la beauté Je ne regrette plus la vie.
Page 144 - Oui, ci» toyen docteur, répond l'infirmier ; mais ce n'est pas le même ; » le malade d'hier est mort , et celui-ci a pris sa place. — Ah ! » c'est différent : eh bien , qu'on fasse la tisane.
Page 34 - Une seule fois Fonfrède me prit à part, et comme en cachette de son frère laissa couler un torrent de larmes, aux noms qui brisent les cœurs les plus stoïques, aux noms de sa femme et de ses enfants; son frère l'aperçoit : * Qu'as-tu donc?
Page 33 - Le dernier jour, avant de monter au tribunal , il revint sur ses pas pour me donner une paire de ciseaux qu'il avait sur lui , en me disant : « C'est une arme dangereuse, on craint que nous n'attentions sur nous-mêmes. » L'ironie digne de Socrate avec laquelle il prononça ces mots produisit sur moi un effet que je ne démêlai pas bien : mais quand j'appris que ce Caton moderne s'était frappé d'un poignard qu'il tenait caché sous son mauteau, je n'en fus point surpris et je crus que je l'avais...
Page 19 - ... sur toutes ces choses que parce qu'à chaque pas on sent le besoin de donner au peuple le respect de lui-même et de la dignité de l'homme. Quand nous fûmes dans Agen , à la même auberge où il avait servi , c'est alors que notre homme voulut recueillir tous les regards; il allait, il venait, il visitait la voiture à chaque instant et sans nécessité ; il faisait des signes aux citoyens, plus triomphant que s'il eût amené douze Autrichiens faits prisonniers de sa main. Il nous laissa...
Page 163 - J'ai seulement doublé le pas; mais les femmes, cent fois plus cruelles que les hommes dans leurs horribles abandons, se sont toutes mises à ma poursuite. » Il est certain , mon Eugénie, que ton malheureux père eût été déchiré par elles, s'il n'avait pas eu de l'avance; car la perquisition n'étant pas encore faite, rien n'aurait pu leur utii de l'esprit que je m'étais échappé en coupable.
Page 64 - On eût dit que le gouvernement était dans les mains de ces hommes dépravés qui , non contents d'insulter au sexe par des goûts monstrueux, lui vouent encore une haine implacable. De jeunes femmes enceintes , d'autres qui venaient d'accoucher, et qui étaient encore dans cet état de faiblesse et de pâleur qui suit ce grand travail de la nature...
Page 66 - C'était vers les trois heures après midi que ces longues processions de victimes descendaient du tribunal , et traversaient lentement , sous de longues voûtes , au milieu des prisonniers qui se rangeaient en haie pour les voir passer , avec une avidité sans pareille. J'ai vu quarante-cinq magistrats du parlement de Paris , trente-trois du parlement de Toulouse , allant à la mort du même air qu'ils marchaient autrefois dans les cérémonies publiques.
Page 34 - Il rejetait ainsi sur moi ce qu'il croyait la honte d'une faiblesse. Ils s'embrassèrent, et, s'entrelaçant, ils devinrent plus forts. Fonfrède arrêta ses larmes qui coulaient, son frère arrêta les siennes prêtes à couler, et tous deux redevinrent vraiment Romains. Cette scène se passa vingt-quatre heures avant leur exécution.

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