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arbitraire et perte de leur privilège sur les meubles, et mesme que la maison ne pourra estre louée d'un an.

Deffences aux hostes, etc. de donner à boire, etc. aus serviteurs, escholliers, enfans de famille et notamment les dimanches et festes pendant les offices; amende solidaire contre les uns et les autres de 10 1.; point d'action pour répéter cette dépence.

Aus notaires de recepvoir aucuns actes les dimanches et fêtes, si ce n'est les testaments; nullité des actes, dépends, dommages et intérêts. 301. d'amende aus cirurgiens et barbiers et autres de faire le poil lesd. jours.

Deffences à toutes personnes de tenir berlans et jeux de hazard, de retirer les escholiers, enfans de famille, serviteurs, domestiques, compagnons, pour y jouer, à paine de répondre de la perte que les susd. y feront.

De donner publiquement ny autrement, le jour des patrons ny autres festes, aus joueurs de violon, flûte, tabourin et hautbois, qui joueront de leur instrument, à boire ny à manger, lesquels en outre seront condamnés à 8 1. d'amende.

Deffenses de mesme de vendre ny exposer aucunnes marchandises sur le parvis des églises, à paine de 51. et de confiscation des marchandises au proffit de la luminaire.

Par arrest du 22 janvier 1672, deffences sont faites aus officiers des justices subalternes de fréquenter les cabarets, à paine de 50 1. d'amende et d'interdiction de leur charge à la 2o fois.

On s'est autant qu'on l'a peu opposé aus farces, opéra, comédies, bateleurs, jeux deffendus, aus devins et diseurs de bonne fortune, aus charivaris, débite de mauvais livres contre la relligion et les bonnes mœurs, à la fréquentation des cabarets, notamment pendant le service divin; à l'usage de la chair les jours de vendredy, sammedy, caresme et autres jours d'abstinence et prohibés, aux scandales publicqs et profanation des églises et choses saintes; aux

concubinages, bigamies, prostitutions publicques et particulières ; aux opinions nouvelles et suspectes; aus promenades nocturnes, bains indécens, chansons prophanes,. impudiques et satiriques, contre la relligion et les bonnes mœurs; introduire en place des cantiques spirituels dont les paroles et les airs sont très beaux............ (1); au mauvais usage des boutiques de café, (2) aus festes baladoires, aux foires et marchés qui se tiennent les jours de patron, dimanches et festes; à ceux qui travaillent en ces jours, comme notaires, cirurgiens, barbiers (3), charretiers, aux chanteuses du mois de may.

La Compagnie a estably, ou par elle ou par voyes excitatives, les Pénitentes, les Recluses, les Petites Escholes des pauvres, filles et garcons, le Séminaire de St-Charles, les Sœurs de la Charité, la Propagation de la Foy, le Bon Pasteur, le Conseil et le Prêt charitable, les Frères Tailleurs et Cordonniers, la Confrairie des Agonisants et de la Conversion des pécheurs, des assemblées des dames pour les petites escholes, celle quy estoit pour les Recluses a cessé.

Elle a eu tousjours en recommandation le soing des affaires spirituelles et temporelles de l'Hostel-Dieu et procuré, par voyes excitatives, qu'on en establit un au fauxbourg de La Guillotière ; elle a eu les mesmes soings pour les affaires de la Charité et des prisons royaux, de l'archevesché, des fauxbourgs et des hospitaux de la campagne.

Elle a fait randre une ordonnance par deffunct Mr l'archevesque portant que Mrs les médecins, apotiquaires et cirurgiens, tant de la ville que de la campagne, advertiroient les malades, dès les commancements de leur maladie, d'avoir recours aus sacrements (4).

(1) Lacune dans les deux copies.

(2) La seconde copie porte: boutiques à café et limonade. (3) La seconde copie ajoute pâtissiers.

(4) La seconde copie advertiroient les malades d'avoir recours aux sacrements.

Elle a fait imprimer, il y a plusieurs années, un petit livre des mémoires de Mr de Renty, pour la manière de practiquer les bonnes œuvres dont il ne reste aucun exemplaire, ce qui l'a obligé de se résoudre à le faire réimprimer, mais la chose n'a pas encor esté exécutée.

La Compagnie a beaucoup tesmoigné désirer de procurer l'augmentation de la dévotion à la très Saincte-Vierge et de sa sainte famille, Joseph, Joachin et Anne, et s'estant mise soubs la protection particulière de la très-Saincte Vierge, elle a résolu de faire pour cela tous les ans quelque dévotion particulière le jour de l'Annonciation comme l'ayant choisie pour patronne après le Très-Saint-Sacrement de l'autel.

Elle a encor pensé d'establir une maison de correction pour les enfants de famille qui sont discolles et mesme des endroits pour renfermer les fainéants, vagabonds et vitieux publicqs et incorrigibles, à l'exemple de ceux qu'on a estably allieurs, que l'on appelle galères; contribuer aus missions, tant dans le royaume qu'estrangères; faire que les forçats soient soulagés au spirituel et temporel dans les galères; empescher que les légistes ne se débauchent dans les universités, notamment à Valence; faire que les pauvres de cette ville soient assistés dans leurs parroisses, à l'effet de quoy on avoit formé une compagnie qui s'assembloit au séminaire de St-Irénée, qui a cessé depuis quelque temps, et par les soings de laquelle on a fait, dans quelques parroisses, des assemblées particulières et plusieurs autres bonnes œuvres.

On a parlé d'empescher les processions nocturnes, de promovoir l'establissement d'une infirmerie pour les prestres invalides, d'establir des frères dans les principaux mestiers, à l'exemple des Frères tailleurs et cordonniers; des commissaires dans les quartiers pour faire observer les règlements de police, à l'exemple de ceux de Paris; des inspecteurs secrets; un hospice, maison ou auberge,

pour loger les honnestes gens de piété et les prestres venants de dehors à la ville; procurer des lettres d'establissement pour les Recluses; le Conseil et prest charitable; veiller sur les maistres d'eschole pour les enfans des riches; travailler aus accommodements des procès et réconciliations des inimitiés, avoir des endroits pour la retraite des damesi plusieurs Mrs de la Compagnie en ont fait ensemble (1), plusieurs années, une au Séminaire de St-Irénée, outre celle que les particuliers qu'elle reçoit sont advertis de faire avant leur réception.

On a parlé de procurer que Mrs les recteurs des deux hospitaux laissent les enfans exposés à la campagne, la Compagnie ayant creu après diverses conférences là-dessus qu'il seroit mieux de les eslever dans un bon air, qu'il en mourroit moins et peupleroient la campagne, où ils apprendroient à cultiver la terre et ne seroient plus à charge; procurer des ordonnances et règlements pour obliger les valets et servantes de servir un temps limité leurs maistres et maistresses, ayant esté observé que la liberté qu'ils prennent de sortir lorsqu'il leur plait est la grande source des désordres que l'on voit parmy eux.

On a souvent parlé d'un grand mal qui se commet entre les marchands et les ouvriers, en ce que les marchands payent si peu les façons que les ouvriers ne peuvent subsister de leur travail et il se trouve que des bons ouvriers, fidelles, laborieux, travaillants autant qu'ils le peuvent, ne peuvent pas gaigner le nécessaire à leur vie de leurs femmes et enfans (1), ce qui fait que plusieurs d'entre eux se rendent infidelles, se nourrissent mal et deviennent infirmes, eux, leurs femmes et leurs enfans à la charge des hospitaux et du public et enfin qu'une mauvaise éducation rend ces enfans malheureux, les garçons fripons et larrons et les filles corrompues et très souvent prostituées.

(1) La seconde copie porte: assembler.
(1) Seconde copie : à leur vie de leur famille.

D'autre costé, les marchands qui ne laissent pas de vandre bien chèrement leurs marchandises deviennent extraordinairement riches; ces grands biens les portent au luxe, aux plaisirs et à la bonne chère; leurs enfans prévenus et persuadés d'une grande fortune mesprisent le négoce et le travail, se donnent à la volupté et consomment en peu de temps ce que les pères ont gaigné en bien des années, en sorte que les uns se perdent par l'abondance comme les premiers par l'indigence et la misère.

Le mal vient de ce que les ouvriers se courent et, pour se procurer la besongne de leur voisin, la font à melhieur marché que luy, bien que celuy-là eust desjà assais de paine de vivre de son travail.

Ce mal paroit quasi sans remède, à moins que quelquesuns des melleurs (1) marchands, touchés d'un si grand mal et penétrés d'un esprit d'équité, de droiture et de relligion prissent la résolution de moins gaigner, de ne se pas prévaloir de la misère des ouvriers et de leur payer leurs façons d'une manière qu'ils puissent subsister honnestement, par ce moyen ils auroient le choix des mellieurs, seroient mieux servis, donneroient l'exemple aus autres marchands et courage aus ouvriers qui s'efforceroient à bien faire pour estre préférés par ceux qui auroient pris une si bonne résolution, lesquels attireroient par là une abondance de bénédictions sur eux et sur leurs familles et trouveroient, dans une moindre abondance, plus de solidité dans leur fortune, mesme temporelle.

Il seroit aussy bon que Mrs les curés dans leurs prônes et les prédicateurs dans les chaires fissent ouvrir les yeux à ces vérités, sur lesquelles il n'est presque personne qui fasse réflexion.

Ce seroit encor un remède plus efficace, si deux ou trois négotians zélés en parloient aus autres; il est quasi impos

(1) Sous une rature on lit grands, au lieu de melleurs.

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