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pourrions aller & venir librement d'ici à Boffon; nous l'avons fait avec confiance; votre parole ne feroit-elle point facrée ? Le lieutenant-colonel Nef bitt eft fous vos ordres; nous vous demandons juffice de la violence de fa troupe. Si les tranquilles habitans des bourgs font encore infultés par vos foldats, nous n'employerons plus les plaintes & les remontrantes; & fi les puiffances de la terre fe déclarent les enremies de la liberté & đc la vertu, nous en appellerons à celui qui juge fuivant la juftice, & nous nous foumettrons avec joie à tout ce qu'il lui plaira d'en ordonner ». On apprend que la province de la NouvelleYorck envoie des délégués au congrès de Philadelphie. On ajoute que dans le comté de Cumber land, colonie de cette province, les infurgens, au nombre de 500, peu fatisfaits de leurs magifirats, les ont enlevés, & l'indécifion du genre de mort qu'ils leurs feroient fubir, a fauvé leurs jours, en donnant le tems aux habitans de la Nouvelle-Hampshire de s'emparer de ces juges, qu'ils ont conduits dans leurs prifons. On ne laiffe traverfer le comté de Cumberland par aucun voyageur fans un paffe-port figné du comité. De tous les officiers de juftice ils n'en' ont confervé que deux, dont ils ont reftreint les fonctions à la feule connoiffance des affaires criminelles.

Un autre fait prouve encore davantage les dif pofitions de la Nouvelle-Yorck. Le Needham, capitaine Chervets, arrivé dernierement à Corck, à apporté la nouvelle que deux vaiffeaux qui avoient fait voile d'Ecoffe, & un hull (dans Yorck-Shire) chargés de marchandifes angloifes, étoient entrés dans le port de New-Yorck, mais qu'ils avoient été forcés de remettre en mer fans qu'on eût voulu leur permettre de rien débarquer.

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Tous les avis des colonies s'accordent furlaferme réfolution des Américains à maintenir leur berté aux dépens de leurs biens, & même de leurvie. Les habitans de la Caroline-Méridionale en ont don né un exemple. On mande de Charles-Town, en da te du 3 Mars, que le vaiffeau du capitaine Fortune y étant arrivé après l'expiration du terme accordé pour l'importation, il fut réfolu d'en jetter toute la cargaifon à la mer; ce qui, au départ de la lettre, s'exécutoit à l'embouchure de la Crique, à peu de diftance de la ville, fous les yeux du comité d'obfervation.

On vient d'avoir connoiffance d'une lettre circulaire que le lord Darmouth avoit fadreffée à chaque gouverneur du continent de l'Amérique, affez à tems pour s'oppofer, s'il étoit poffible, au congrès de Philadelphie, fixé au 10 de ce mois. La voici.

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Certaines perfonnes qui fe qualifient de délégués des colonies de S. M. en Amérique, ayant ofé, fans fon autorité, tenir un congrès à Philadelphie dans les mois de Septembre & d'Odobre derniers, & ayant jugé à propos, parmi d'autres démarches infoutenables, d'en affigner un fecond dans la méme ville au Mai Juivant, & de recommander que toutes les colonies de l'Amérique feptentriona le euffent à élire des députés pour affifter à ce congrès, à moins qu'avant cette époque on eût obteny le redreffement de certains prétendus griefs; j'ai ordre, de la part du roi, de vous faire connaitre les intentions de S. M., qui font que vous fafier vos efforts pour empêcher cette nomination de deputes dans la colonie foumife à votre gouvernement, & que vous exhortez tous & un chacun des habitans de cette colonie à le défifter d'une pareille entreprife, qui ne peut qu'être très-défagréable au roi.

Signé, DARMOUTH.
Les Caraïbes noirs, ou negres Marons de St

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Vincent, viennent d'exercer des hoftilires.conte nous en tirant fur un détachement d'ingénieurs géographes, dont ils ont tué le chef & quelques autres. Ces Caraïbes font ceux contre lefquels nous fimes, il y a trois ans une expédition qui as nous coûta beaucoup d'hommes & d'argent, & qui fut terminée par un traité de paix que con clut avec eux le colonel Dalrymple. Le gouver neur a écrit une lettre à l'affemblée pour engager les habitans à prendre de concert avec lui les pré cautions néceffaires à la sûreté commune. L'affemblée lui a répondu qu'elle appréhendoit fort que ce mallacre ne fût le prélude d'une nouvelle guerre, avec des voifins auffi dangereux que ces Caraïbes, qui depuis la paix avoient toujours laiffé ar més les efclaves qu'ils avoient attirés à eux ; qu'en conféquence on le fupplioit de faire des repré fentations à S. M. fur la fituation déplorable de l'ifle, qui a même à redouter que les Caraïbes rouges, en donnant la chaffe aux negres Ma rons, ne rendent la guerre plus générale, & pe l'attirent du côté de fes établiffemens; le gouverr neur a juftifié cette crainte en recommandant aux habitans de fe tenir fur leurs gardes avec la plus grande circonfpection, &,de diffimuler tout defi de vengeance qui pourroit devenir pl préju diciable qu'avantageux à la colonie.

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Les états de Hollande ont fait, dit-on, afficher un placard par lequel ils déclarent que les habitans de la Flandre Hollandoife devant toujours être ré putés fujets de la république, il fera permis aux bâtimens appartenans aux ports de Hollande d'im porter chez eux divers articles de marchandifes & de leur prêter tous les fecours néceffaires. Ce placard donne lieu à beaucoup de fpéculations de la part de ceux à qui les circonftances préfentes. font, fans aucun fondement, conjecturer la guer re, en ce qu'il procureroit des moyens de porter

des munitions dans ces ports, & de les débarquer dans des lieux où elles ne pourroient être inter ceptées.

Les nouvelles les plus récentes de Bofton por tent que les horreurs de la guerre civile viennent de s'y manifefter. Le 19 Avril, les troupes du roi, au nombre de 900, commandées par le colonel Smith, firent feu fur les milices du pays. Il y a eu du monde tué de part & d'autre, & le peuple accourt de toute, part au fecours des boltoniens.

HOLLAND E.

-LA-HALE (leser Juin.) Le prince Stadhouder, la prin ceffe fon époufe & leurs enfans partirent d'ici, le 29 du mois dernier, pour fe rendre au château de Loo, où L. A. S. fe propofent de paffer une partie de la belle faifon.

Les états de Hollande affemblés font aufi attentifs à multiplier les profits du commerce aux dépens de l'étranger, qu'à limiter fes entreprifes fur les befoins du eitoyen; ils ont pris en confidération quelques nouveau. tés introduites dans les ports de la Baltique & dans les marchés du nord. L'objet le plus urgeat étoit le déchet dont la vente des harengs hollandois étoit menacée per la concurrence d'Embden, & par les faveurs que le roi de Pruffe vient d'accorder encore à la compagnie de cette ville. On a pris la réfolution de relever par des primes l'émulation de notre pêche pour lai conserver des débouchés de préférence chez les étrangers; & en conféquence, il a été décidé que ces primes feroient de soo florins pour chaque navire employé à cetre pêche.

On écrit ici que le public' fera inftruit, avant le mois de Juiller, des réfolutions prifes en Amérique au con grès général de Philadelphie, qui doit fe tenir actuelle. ment. Le principal point de la difficulté porte fur l'affociation qu'on a faite à la couronne, du parlement britannique comme co. légiflateur, parce que les colonies Toutiennent que leurs chartes les ont fouftraites au pou voir de ce parlement, en lui fubftituant leurs affemblées nationales; d'après ce fait, elles prétendent que l'au forité des deux chambres de Weftminster eft renfermée entre les quatre mers par le texte même des loix de la Grande Bretagne; mais quelques perfonnes penfent que

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cette prétention pourroit, après un tems donné à la fermentation, réduire la querelle à une queftion de mots fufceptible d'accommodement,

On voit ici un manifefte du roi de Maroc contre les Algériens, en date du 8 Mars dernier.

PAYS-BAS.

BRUXELLES (le 5 Juin.) Leurs Mat. Imp. ont difpofe de la place de gouverneur de cette ville, vacante par la mort du duc d'Urfel, en faveur du comte d'Argenteau, lieutenant-général de leurs armées. Le nouveau gouver neur grêta ferment, en cette qualité, entre les mains du prince Charles...

Il paroit une ordonnance de l'impératrice - seine, da tée du premier de Mai, & contenant 27 articles. Le haut prix des grains & la difette même de cette demrée, qui fe fait fentir dans quelques pays étrangers, exi geant que l'on augmente les précautions pour empêcher Pexportation frauduleufe qui s'en fait des provinces & terres de fon obéiffanse aux Pays-Bas, nonobftant les défenfes & les peines déjà ftatuées, S. M. I. réitere les défenfes d'exporter de ces pays toute efpece de grains ou de farines, à peine de confifcation de ces denrées, ainfi que des chevaux, chariots, voitures & bateaux, fervant au tranfport, & en outre, d'une amende de 500 florins, & en cas d'infolvabilité, de châtiment arbitraire, felon l'exigence du cas. Il eft fpécialement défendu, jusqu'au 31 Août, fous ces mêmes peines, d'en tranfporter de l'intérieur du pays dans les deux lieues de la frontiere fans être muni d'acquits à, caution & de certificats qui font plus amplement expliqués dans cette ordonnance.

NAISSANCE,

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La princeffe de Naffau-Weilbourg eft accouchée le 1er., Mai, à Kircheim Pohland, d'un prince qui a été baptife les, & a reçu les noms de Charles-Guillaume-Frédéric. Il a eu pour parreins le prince de Solms Braunofeid & le prince Frederic de Naffau-Ufingue, & pour marceine la margrave, de Bade-Douriach.

MARIAGES.

Le comte Rzewuski, grand notaire de la couronne de Pologne, époufa, le Mai, à Warfovie, la comteffe Pacocka, fille du feu comte Potocki, palatin de Kiow, Le roi T. Chr. & la famille royale ont fgné le con

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