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ter de fa correfpondance particuliere avec le due d'Aiguillon, les moyens néceffaires pour fa défenfe contre le nommé Tort, avoit ofé se. permettre de déférer à l'opinion publique un ministre du feu roi, dont S. M. elle-même a reconnu que la conduite avoit été conforme à la volonté du feu roi & à fes ordres donnés de l'avis de fon confeil. Le roi ayant confidéré en outre,que les faits fur lef quels le comte de Guines veut inculper ce miniftre, font étrangers à l'objet de fon procès contre le nommé Tort, fur le jugement duquel ils ne peuvent avoir aucune influence, le maintien de l'autorité royale exige de S. M, qu'elle anéantiffe un Ouvragepeu conforme au caractere de celui pour qui il a été composé, & qu'elle réprime une licence con traire aux principes de l'ordre public & à l'ordre judiciaire, à quoi vou'ant pourvoir, oui le rapport.

Le roi étant en fon confeil, a ordonné & ordonne que l'imprimé ayant pour titre: Mémoire fur la nature, l'origine & les progrès de l'affaire pour le comte de Guines, ambaffadeur du roi, contre le nommé Tort, ci-devant fon fecrétaire, fera & demeurera fupprimé, comme contraire au refpect dû à l'autorité de S. M. Fait défenfes audit comte de Guines & à tous autres, de le diftribuer & de l'employer, fous peine de défobéiffance. Enjoint à tous ceux qui en auront des exemplaires, de les rapporter au greffe du confeil dans la huitaine; le tout fous les peines au cas appartenantes. Le 16 de Mai 1775, figné Gravier de Vergen

nes.

Le Sr. Tort vient de donner un résumé, ou trojfieme mémoire contre le comte de Guines, tendant à réfuter ce qui a été dit contre lui, & à établir fes preuves. Par un pof-fcriptum, il annonce qu'il répondra fuccintement aux deux derniers mémoires du comte de Guines.

Le Sr. Gaullard, ci-devant chargé des affaires

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'du roi à Berlin, griévement offensé dans fa répu- tation par le Sr. Tort dans fon second mémoire contre le comte de Guines, a présenté requête & plainte en diffamation, & vient de la rendre publique par la voie de l'impression, tant contre le Sr. Tort que contre fon avocat, comme s'étant prê•té à la calomnie par fa fignature au mémoire.

Comme le grand âge & la santé chancelante du cardinal archevêque de Reims donnent lieu de craindre qu'il ne puiffe faire la cérémonie du facre, il s'eft élevé une conteftation entre le coadjuteur de cet archevêché & l'évêque de Soiffons pour ces auguftes fonctions; & ces deux prélats cherchent à établir leurs prétentions réciproques dans des mémoires qu'ils ont fait imprimer. Le coadjuteur foutient que les évêques de Soiffons, qui fondent leur droit fur la poffeffion, ne peuvent -alléguer aucune occafion où ils aient fait le facre au préjudice d'un coadjuteur. L'évêque de Soiffons a répondu par une confultation de plufieurs avocats, qu'il eft indifférent à l'adminiftration de la F province & aux droits des prélats, que le métropolitain ait ou n'ait pas un coadjuteur établi pour fon foulagement, & non pas qu'ils aient deux archevêques à la fois; que, felon tous les auteurs, les coadjutoreries font odieufes en ce qu'elles fervent de voie indirecte pour tranfmettre les bénéfices contre la difpofition des faints canons; que felon la loi, le coadjuteur ne devient titulaire qu'après la mort ou'démiffion de celui dont il n'est que le vicaire, parceque l'unité de l'église exige qu'il n'y ait qu'un paffeur pour un troupeau; que la -fonction précieuse du facre étant dévolue de droit à l'évêque de Soiffons, elle ne peut être déléguée à fon préjudice par l'archevêque de Reims; & enfin, que fon coadjuteur, qui ne peut agir que comme grand-vicaire, n'eft pas partie capable de con2 tefter le privilege de l'évêque de Soissons, ni d'afpirer au droit de lui être préféré.

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Les foins que le gouvernement à pris pour de 'tromper les malheureux, qui s'étoient laiffés féduire par des brigands & l'amniftie qui leur a été accordée, ont produit les effets les plus heureux. Les reftitutions en grains, en farine ou en argent fe continuent de toutes parts; & les payfans, que la crainte d'être punis avoit retenus cachés, regagnent tous les jours leurs foyers. Comme il n'eft plus queftion d'employer les châtimens rigoureux que les circonftances exigeoient d'abord, & qui répugnent à la bonté naturelle du le garde des fceaux a écrit par ordre de S. M. aux prévôts généraux des maréchauffées du reffort du parlement de Paris une lettre, en date. du 13 Mai, dont voici le contenu.

roi,

Les émeutes & les brigandages qui les ont ad"compagnées & suivies, Monfieur, ont forcé le roi à prendre les méfures nécessaires pour en arrêter le de fon autorité pour la punition

cours, & à faites laire

prompte & exemplaire des coupables. C'est à regret, & contre la bonté de fon cœur, que S. M. a donné les ordres que je vous ai fait paffer de fa pare; mais la tranquillité publique qu'il falloit rétablir, & la fubfifiance de ses sujets, à laquelle il falloit veiller, ont, pour ainfi dire, fait une loi à S. M. du parti qu'elle a cru devoir prendre.

Ses foins paternels ont répondu à fon attente: les attroupemens fe font diffipés, & le calme eft prefqu'entierement rétabli. S. M. eft inftruite que le repentir & la confternation ont fuccédé au tumulte & au pillage, & qu'un grand nombre de ceux qui ont volé les grains, ou qui ont forcé les laboureurs, les marchands ou les meuniers, à leur en délivrer audeffous du prix courant, ont déjà fait des reftitu tions proportionnées, ou font difpofés à les faire. Touchée de ces circonftances, S. M. a déjà bien voulu ordonner à tous ceux qui étoient fortis de leur domicile d'y rentrer, en annonçant une am

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hiftie générale, & en exceptant feulement les chefs & les infigateurs de la fédition. Elle ne doute pas que fen ordonnance ne produïfe l'effet qu'elle en attend.

Dans cette perfuafion, Monfieur, elle m'a ordonné de vous mander, que fon intention eft que que vous ne procediez au jugement, définitif d'au cun de ceux qui ont été arrêtés, que vous m'envoyiez une copie fur papier non marqué, des procédures qui feront faites, & que vous attendiez les ordres de S. M. fur le fort des accufés.

Elle m'a ordonné de plus de vous man ler, qu'il eft inutile, quant à préfent, de commencer de nouvelles procedures, à moins que vous ne foyer af furé que ceux contre lefquels elles feront dirigées, auront déjà été repris de juffice, ou qu'ils ne foient du nombre des chefs & des inftigateurs de la révol

ou enfin coupables de quelques nouveaux faits de fédition. Je fuis, &c.

Le prince Louis de Rohan a demandé au roi la permiffion d'aller faire fa cour à l'empereur pendant fon féjour à Venife. S., M. la lui a accordée; il eft parti en conféquence, & voyage fous le nom du baron de Coupevray.

Le roi ayant donné 100 mille livres à la province de Lorraine pour fubvenir aux befoins des ,pauvres, en les employant aux travaux publics; plufieurs villes de cette province fe font empreffées d'en témoigner leur reconnoiffance à S. M. par des prieres publiques pour la profpérité de fon regne. La ville de Commercy s'eft fignalée dans cette occafion;le Sr. Prenelle curé de cette ville, auffi diftingué par fon zele pour le bien public que par fon profond fçavoir & fa piété, après avoir annoncé à la meffe de fa paroiffe le bienfait de S. M., a célébré le 29 du mois dernier, en actions de graces, une meffe folemnelle, qui a été chantée en mufique avec la fimphonie du régiment de

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Chartres, cavalerie, en quartier en cette ville. Les officiers de ce régiment y ont affifté, ainfi que ceux. du bailliage & de l'hôtel de ville, & tous les curés du doyenné, affemblés pour le fynode.

Dans la féance où l'académie françoife procéda à la réception du maréchal duc de Duras, le Sr. d'Alembert Jut l'éloge de Boffuet. Il y amena adroitement l'action pleine d'humanité, de charité & de patriotifme de l'archevêque de Touloufe, envers fes diocefains, à l'occafion de la maladie épi zootique qui a fait tant de ravages dans les environs de Toulouse. Ce prélat étoit préfent; il ne s'attendoit pas à ce trait; fa modeftie s'y feroit refufée fi on l'avoit confultée; l'applidiffement fut général; l'attendriffement du prélat refpectable le fit redoubler. C'eft ainfi que le public fçait toujours honorer la vertu, & lui rendre hommage dès qu'il en trouve l'occasion. Ce moment a été bien flatteur pour ce prélat.

Le 30 Avril dernier, à 9 heures & demie du foir, on fentit à Auvillar, lieu dépendant de la généralité d'Auch, deux fecouffes fucceffives de tremblement de terre, dont la feconde effraya les habitans affez pour les faire fortir de leurs maifons. On éprouva ces fecouffes au même inftant, à La Barre de Neftes, dans les Pyrénées, d'où l'on apprend qu'il y en eut une troifieme à 10 heures un quart, mais fans avoir été accompagnée du bruit femblable au tonnerre qu'on avoit entendu aux deux premieres. La direction de ces mouvemens, qui n'ont fait aucun ravage, étoit de l'eft à l'ouest.

On écrit de Pont-de-Beauvoifin, qu'un incendie menaça cette ville des fuites les plus funeftes, le 16 du mois dernier. L'imprudence d'un particu lier, qui avoit placé du charbon fous un lit pour échauffer quelques corbeilles de vers à foie, avoit Juin, 1775 ae. quint C

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