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droits d'entrée dans le royaume les livres imprimés ou gravés, feit en françois, foit en latin, reliés ou non liés, vieux ou neufs venant de l'étranger.

Le 4e., du 28 du même mois, ordonne qu'à l'avenir la garance qui viendra de l'étranger, paiera à toutes les entrées du royaume, 25 fols par quintal; & exempte de tous droits de traites celle qui circulera dans les royaume, ainfi que cele qui proviendra de l'ifle de Corfe, en justifiant de fon origine.

Le se., du Ier. de ce mois confirme & antorife les délibérations du chapitre des religieux de la province ancienne de l'ordre de la Merci; & enjoint à ceux qui fe trouveront de résidence dans les maifons qui doivent être fupprimées, de fe retirer dans celles de leur affiliation.

De 4 lettres-patentes du roi qui viennent d'être publiées, les premieres, du 18 Décembre 1774, regiftrées en la chambre des comptes le 29 Mars fuivant, fixent les capitaux de l'emprunt fait en rentes viageres, au nom de la cour par les Srs. Horneca & compagnie, banquiers à Amfterdam, & ordonnent qu'elles feront payées à l'avenir à l'hôtel de ville de Paris. L'enregiftrement de la chambre des comptes porte que le roi fera fupplié d'ordonner que ledit emprunt ne pourra être étendu au-delà de la fomme de a millions de ventes viageres, & de vouloir bien confidérer qu'un emprunt auffi onéreux ne peut être que très-préjudiciable à l'intérêt & à l'économie de fesfinances.

Les fecondes & troifiemes du même mois, & regiftrées au parlement le 17 Février fuivant, ont pour objet de confirmer les confuls & habitans de la ville d'Avignon & comté Venaiffin, & les habitans du comté de Venife, dans la

jouiffance de plufieurs libertés & franchifes, telles que l'exemption des droits forains, & écu par tonneau, pour les chairs vives, mortes, bleds vins, fromages &c.

Par les quatriemes, le roi voulant prévenir tout ce qui pourroit troubler la tranquillité de la province de Bretagne, & ayant confidéré qu'il pourroit y avoir quelque inconvénient à laiffer aux officiers du parlement actuel la connoiffance des conteftations qui pourroient intéreffer ceux de leurs anciens confreres qui ont tenu le parlement en leur abfence, & qui fe font retirés depuis le rétablissement de cette cour, S. M. juge propos de renvoyer au grand confeif toutes leurs affaires, tant civiles que criminelles, & de fixer cette grace particuliere au terme des années, qui fera plus que fuffifant pour effacer tout fouvenir du paffé.

Il paroit 6 ordonnances du roi, toutes en da. te du 26 Avril dernier.

Par la Iere., concernant l'infanterie françoise les régimens de Picardie, Champagne, Navarre, Piémont, Normandie, la Marine, Béarn, Bourbonnois, Auvergne, Flandre, Guyenne & celui du roi font confervés à 4 bataillons; ceux de Royal Poitou, Lyonnois, Dauphin, Aunis, Touraine & Aquitaine font dédoublés pour former 14 régi-, mens de 2 bataillons chacun. Au moyen des arrangemens prefcrits, il y aura 12 régimens de 4 bataillons & 56 de 2 bataillons. ( Si l'abondance des matieres le permet, nous ferons mieux connoitre les difpofitions de cette ordonnance.)

La feconde porte que le régiment d'infan terie allemande d'Alface, compofé de trois batailIons, fera réduit à 2. La 3me. compagnie de gre nadiers, celle du 3me. chef de bataillon & les 7, dernieres compagnies de ce régiment, avec les officiers qui y font attachés, ainfi qu'un des aides

major, feront incorporés dans le régiment d'infanterie allemande de Bouillon, qui formera à l'avenir un régiment de 2 bataillons.

La troifieme, concernant les régimens irlandois, porte que le régiment de Dillon fera incorporé dans celui de Bulkeley, pour en former le 2me. bataillon, & que ce régiment portera à l'avenir le nom de Dillon; que le régiment de Berwick, également incorporé dans celui de Clare, pour en former le 2me. bataillon, portera le nom de Berwick.

Le régiment de Walsh formera l'infanterie de la légion corfe, laquelle fuivant la quatrieme ordonnance, portera à l'avenir le nom de légion de Dauphiné, & continuera d'être compofée de 17 compagnies, dont une de grenadiers, 8 de fufiliers & 8 de dragons.

Par la cinquieme, les 9 compagnies de l'infanterie de la légion corfe feront incorporées dans le régiment d'infanterie de Royal-Corfe, lequel fera compofé à l'avenir de 2 bataillons.

La fixieme fupprime le régiment d'infanterie françoise de Tournaifis, & ordonne qu'il fera incorporé dans celui de Royal-Italien, qui, par cette incorporation, fera porté à 2 bataillons.

La récolte médiocre de l'année derniere, & le tems froid & fec qu'il fait depuis 6 femaines, en nourriffant les efpérances de quelques fermiers & commerçans de grains, ont pu donner lieu au renchériffement de cette denrée en plufieurs endroits; mais il s'en falloit toujours beaucoup que le pain fût aussi cher dans la capitale qu'il l'a voit été en 1770 & 1772. On ne fe rappelle que trop que le prix de la livre de pain montoit généralement à 4 fols, & que dans quelques provinces du royaume, elle s'y vendoit à 6 fols. Cependant, le gouvernement attentif à la secouffe momentanée que pouvoit éprouver le com

merce des grains, fans vouloir en gêner la liberté, a employé auffitôt les moyens les plus doux & les plus convenables pour en faire baifler le prix. C'eft en conféquence qu'il a paru fucceffivement des arrêts du confeil d'état du roi (dont on a rendu compte ), qui fufpendent la perception des droits fur les grains & farines, & accordent des gratifications à ceux qui en feront venir de l'étranger. C'est encore pour le même objet qu'un arrêt du même confeil fufpend la perception du droit de minage dans la ville de Pontoife, & défend à toutes perfonnes de l'exiger, & même de le recevoir, quoiqu'il fût volontairement offert. Malgré ces difpofitions, qui annoncent affez la bienfaifance & l'humanité du miniftere, on a vu des émeutes populaires fe manifefter dans les provinces, & dans la capitale même.

Dès le 18 du mois dernier, la populace de Dijon pourfuivit le meunier de la rivière d'Ouch qui s'étant retiré chez un procureur, fut obligé de fe fauver de toits en toits; fon moulin, fi tué dans un des faubourgs, fut culbuté, les meules, les roues, toutes les machines brifées, & la farine pillée. La troupe féditieufe choifit en-, fuite pour victime le S. de S. C., l'un des corfeillers qui fe font retirés lors du rappel du parlement; fa maifon fut généralement pillée, & fes meubles mis en pieces. On doit les plus grands éloges au zele paftoral de l'évêque, qui fe montra partout, & arrêta le défordre par fes exhortations. Une cinquantaine des plus mutins furent arrêtés & conduits dans les prifons; & pour contenir la multitude, on fit venir d'Auxonne 400 hommes du corps royal d'artillerie, & de Dôle le régiment Dauphin, cavalerie.

Il femble que cette premiere étincelle ait allumé le feu général de la fédition. Evénement fans exemple, fatalité inconcevable, dans un tems où

les marchés étoient fuffifamment approvisionnés, dans un tems où la sagesse d'un miniftre éclairé, l'ami de fes concitoyens, appelloit des fecours étrangers pour faire rencître l'abondance, & forcer ainfi, par la concurrence les commerçans les plus avides à baiffer le prix de leurs grains. C'eft à regret que nous entrons dans des détails que tout bon françois voudroit voir effacer des faft.s de la nation. Mais ils ferviront au moins à défigner quelques indignes citoyens qui avoient conçu le projet ténébreux de contrarier l'édit qui rend la liberté au commerce des grains, & de traverser toutes les opérations qui y font relatives. C'est dans cette vue qu'ils ont fuppofé de faux arrêts du confeil, qu'ils ont ofé faire afficher clandeftinement dans les bourgs & villages, des placards, des ordres du roi, portant que S. M. vouloit que fes fujets ne payaffent le bled que 12 francs le feptier; qu'ils pouvoient s'en pourvoir partout à ce prix &c. Ils avoient eu grand foin d'alarmer les habitans des campagnes, en leur annonçant la difette & l'avenirle plus terrible; & on leur montroit, pour les animer, du pain qui avoit été fabriqué avec du fon, du feigle & des cendres, & qu'on avoit laissé moisir.

La trame odieuse étant ainsi disposée, ce fut alors qu'on vit éclater la fédition que l'on peut appeller une conspiration contre le bien public & contre la gloire de l'adminiftration. Moins preffés par des befoins réels qu'animés à nuire à leurs concitoyens, des vagabonds, des gens fans avep, répandirent l'épouvante dans les villages, en entraînerent les malheureux habitans aux marchés les plus voifins, taxerent les bleds fort au-deffous de leur valeur; & fur le refus des marchands de vendre à ce prix, ils enleverent de vive force tous les approvifionnemens. On a remarqué que la marche de ces vagabonds fe faifoit avec une cer

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