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bre des communes, à la pluralité de 192 voim contre 46.

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L'affemblée de la bourgeoifie, qui avoit été convoquée pour rédiger une pétition à préfenter au roi au fujet des affaires de l'Amérique, fe tint le même jour. Le lord maire en fit l'ouverture en remettant fous les yeux de fes concitoyens la pétition de cette métropole aux deux chambres du parlement en 1739, à l'occafion des différends furvenus entre cette monarchie, & celle d'Efpagne, portant ce qui fuit: « Les citoyens de Londres font trop intéreffés en tout ce qui affecte le commerce de cette nation , pour ne pas exprimer la plus grande inquiétude à l'égard de la profpérité de cette unique fource de nos richeffes. Les requérans comprennent que le commerce des royaumes de S. M. dans & avec les colonies américaines, eft de la derniere importance, & prefque le feul commerce avantageux dont notre nation jouiffe actuellement être trou blée par aucune rivalité de la part d'autres peuples ». Après cette lecture, le lord maire continua fon difcours en ces termes: Si, conformément l'opinion de cette métropole, le commerce avec nos colonies américaines étoit, il y a près de 40 ans de cette importance, les regiftres de la douane, que l'on peut confulter tous les jours, démontrent l'immenfe étendue à laquelle il s'eft depuis accru. Un objet tel que celui-ci exige sûrement que nous ne le perdions jamais de vue, & que nous y donnions toujours notre plus férieufe attention. On fit enfuite lecture de la remontrance projettée. La ville y exprime toute l'horreur que lui infpirent les mefures dernierement prifes par rapport à l'Amérique, & qui tendent à diminuer les revenus publics, à augmenter les taxes, à répandre & prodiguer le fang & le tréfor des fujets, & à établir un pouvoir arbitraire. Elle infifte fir

ce grand principe de la liberté, qu'aucune partie de l'empire ne doit être taxée, tant qu'elle n'eft point représentée ; « que la fubordination est tout ce que nous avons droit d'attendre des Américains; qu'ils doivent contribuer, & qu'ils le font en effet, leur part aux taxes par les arrêtés & réfolutions de leurs affemblées. Les requérans paffant enfuite à la loi faite dernierement, pour ordonner le tranfport des Américains pour les juger en Angleterre, témoignent leur vive inquié tude à ce fujet, vu le danger auquel on expofe par-là ceux que l'on veut faire juger; ajoutant que la capitale de la Nouvelle-Angleterre eft. punie, fans avoir été jugée, ni entendue,, & qu'on a anéanti les droits qui appartiennent aux Amé ricains par leur chartre. Enfin, on y déplore l'excès qui porte les auteurs de ces mefures à faire périr de faim & de mifere un fi grand nombre de citoyens, & l'on conclut par dire que l'on eft convaincu que ces mefures tirent leur origine des avis fecrets d'hommes méchans, que les requérans fupplient S. M. de vouloir éloigner inceffamment & pour toujours de fes confeils. Il fut décidé qu'on adrefferoit aux membres de la chambre-haute du parlement qui ont protesté contre le bill concernant la pêche en Amérique & qui fe font oppofés aux mefures arbitraires & illégales qu'on a prifes contre nos compatriotes négocians dans ce pays-là, les remercîmens du lord maire & de la communauté de Londres ainfi qu'à ceux de la chambre des communes qui fe font oppofés au bill. On réfolut auffi d'adreffer au lord Chatham, au Sr. Burke des remercîmens de leurs plans de reconciliation entre l'adminiftration de ce royaume, & les colonies de l'Amérique, qu'ils ont propofés dans les deux chambres du parlement; & enfin des remercîmens aux deux membres de la chambre des commu

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nes, qui ont propofé de biffer fur les regiftres, les réfolutions concernant l'élection de Middlefex.

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Le lord maire ayant député deux échevins à St. James pour fçavoir quand il plairoit au roi de recevoir la requête de la corporation de Londres en faveur des Américains, & S. M. en ayant fixé le jour au 10, tout le corps de ville, ayant à fa tête le lord maire & les aldermins, s'y rendit ce jour-là, au milieu d'une foule innombrable de peuple. Le roi ayant examiné cette requête, y fit la réponse fuivante:

Je fuis dans un étonnement inexprimable de trouver de mes fujets capables d'encourager l'efprit de rebellion qui fubfifte malheureufement dans quelques-unes de mes colonies de l'Amérique feptentrionale. Me repofant entierement en la fagete de mon parlement, le grand-confeil de la nation, je pourfuivrai invariablement les mefures qu'il a recommandé de prendre pour le main. tien des droits & conftitutions de la Grande-Bretagne & du commerce de mes royaumes.

S. M. étoit environnée de fes miniftres, & les avenues du palais étoient occupées par une double garde de foldats & d'officiers de police, pour con. tenir la populace. Mais il n'y eut pas le moindre tumulte, & lajournée fe paffa fort tranquillement.

Le moyen de parvenir à la découverte d'un paf-: fage par le nord aux mers occidentale & meridionale de l'Amérique a fait l'objet des délibérations des communes en comité le 7; & il a été arrêté que cette découverte, fur quelque méri dien qu'elle fe fir, feroit d'une grande utilité pour le commerce de ce royaume ; & que, pour l'encourager, il feroit bon d'accorder une récom penfe publique, non- feulement aux perfonnes、 qui feroient une parfaite découverte de ce paffage, mais aufli aux propriétaires des vaiffeaux qui pénétreront au pôle arctique ou feptentrional On fit le 10, le rapport de ces arrêtés, & la chambre les approuva. Celle des feigneurs examina

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en comité le bill pour reftreindre le commerce de la Nouvelle-Jerfey, & autres colonies de l'Amérique il fut agréé fans aucun changement.

Les communes formées en comité le 12, prirent plufieurs réfolutions, & entr'autres celle d'accorder 192, 537 liv. fterl. 7 chelins, & 10 fous, pour dépenfes extraordinaires de l'armée, y com pris une fomme de 92 mille liv. fterl., qui a déjà été remife au général Gage.

Le même jour, on fit dans la chambre la troifieme lecture du bill pour reftreindre le commerce de la Nouvelle-Jerfey, Penfylvanie &c., & il fut paffé en loi à la pluralité de 88 voix contre 24. Les pairs oppofans ont encore protesté contre cet acte.

Le 13, le roi s'étant rendu au parlement, S. M. donna fon confentement à ce bill, ainsi qu'à 16 bills publics, & à 17 bills particuliers. Le roi s'étant retiré, les deux chambres s'ajournerent au 25 de ce mois, à l'occafion des fêtes de Pâques.

La cour paroit invariablement déterminée à triompher de la résistance des Américains par la voie des armes. Les troupes qui font actuellement à Bofton, fe montent à 13 mille hommes; l'efcadre qui eft dans le port, eft compofée du Prefton, que monte l'amiral Grants, de so canons & de 300 hommes d'équipage; du Sommerfer, de o canons & de 520 hommes; de l'Afie & du Boyne, de 64 canons, & de 520 hommes chacun ; de 8 frégates, de 20 à 28 canons, & de 10 chaloupes ou fénauts, de 6 à 14 canons, faifant en tout 502 canons, & 3, 474 hommes d'équipage. On joint à ces forces de nouvelles troupes & de nouveaux vaisseaux de guerre. Les bâtimens chargés de transporter ce renfort à Boston ont enfin mis à la voile de Portsmouth & de Plymouth vers l'Irlande, où ils prendront à bord les trou

pes qui font destinées pour le même pays. La fregate du roi la Pomone eft aufli partie le 11 de ce mois, de Portsmouth; ayant à bord plufieurs officiers fupérieurs. Les généraux Howe, Clinton & Bourgoyne, qui ont pris congé du roi, le 12, font partis, le Is, pour la même ville, où ils s'embarqueront fur la frégate le Cerbere. Ces officiers font chargés d'un exemplaire du bill pour reftreindre le commerce de la Nouvelle Jerfey &c. Ils commanderont en Amérique des corps déta chés, fous les ordres du général Gage.

Quoique plufieurs perfonnes aient tâché de favorifer en Amérique, les vues du ministere & du parlement, on n'y eft pas moins fermement déterminé à ne pas fe foumettre aux nouveaux ates. Il femble qu'on n'y attende que la premiere hoftilité des troupes du roi, pour faire le premier pas vers l'indépendance à laquelle on craint que les colonies n'afpirent, malgré leurs déclara tions, où elles témoignent un vif defir de refter unies à la métropole. Ces hoftilités feront done le fignal de la fcene tragique qui va s'ouvrir. On fe prépare dans les colonies, à repouffer la force par la force. Les dernieres lettres qu'on en a reçues, portent que la Virginie a mis fur pied un corps de 15000 hommes, qu'elle a nommé la légion américaine. La province de Maryland & la Penlylvanie en ont fait de même. La province de Connecticut & celle de Maffachuffet-Baye ont offert chacune un corps de 20 mille hommes. Chaque régiment de milice a un efcadron de ca-! valerie. Le gouvernement de cette derniere province a été remis entre les mains d'une commiffion de 40 perfonnes élues par le peuple.

- Les colonies ont pris plufieurs réfolutions, dont voici l'extrait.

«L'affemblée des comités de la province de Philadelphie, tenue le 28 du mois dernier, approu

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