Page images
PDF
EPUB

son culte était répandu dans presque une misère affreuse. L'empire de Sur. toutes les contrées du Nord, à l'épo- tur (le Noir), où des flammes éterque commencèrent les missions. nelles punissaient les méchants, était Les traditions relatives à ce dieu tien- situé au-dessus de la terre et occupait nent de beaucoup plus près à l'élément une étendue immense. L'Udainsakr, historique que celles qui concernent au contraire, séjour des immortels, les autres divinités. On croit entrevoir était un paradis terrestre où quelques qu'un schaman, ou chef d'une colonie héros avaient pu pénétrer durant leur de prêtres, venu du Caucase, se fit vie, comme Ulysse pénétra dans les passer pour une incarnation de l'an- enfers. Le bonheur dont on y jouiscien dieu du soleil, que son but fut sait était assez matériel, et la prédans le principe d'expulser entièrement sence de vierges immortelles donnait les vieilles divinités et de fonder une à ce paradis quelque ressemblance avec theocratie nouvelle , mais que les peu- celui de Mahomet. ples se montrant trop attachés à leur Suivant les croyances scandinaves, culte primitif, un système mixte fut la terre a déja subi de nombreuses réformé, ou l'antique religion trouva sa volutions; elle en subira d'autres enplace pres d'Odin qui, n'ayant pas en- core; mais enfin tout périra par le feu : tierement réussi sur la terre, se fit le les dieux eux-mêmes ne seront pas exmaitre de l'avenir, et par ce moyen ceptés de cette destruction universelle. arriva plus tard à ses fins.

La crovance à l'immortalité de l'ame Indépendamment des trois dieux se rencontre, comme dogme fonda- principaux, il en existait encore un mental, chez presque tous les peu- grand nombre, souvent confondus les ples qui ne se sont pas trop écartés uns avec les autres, et même avec les de la nature; elle était généralement grands dieux. On déifiait certains homrepandue dans le Nord à l'époque où mes et certains objets de la nature. il entra en rapport avec les Romains. Chaque province, chaque famille avait Ces peuples sont heureux de leur er- ses dieux tutélaires. Ceque nous avons reur, felices errore suo, disait Lucain. dit des deux ames paraît même indiLa métempsycose et les incarnations quer que chaque homme avait son des dieux avaient chez les Scandinaves génie particulier. de nombreux partisans , et le même Ægir ou Hler, le dieu de l'Océan , poète nous apprend que cette croyance avait eu de sa femme Rauno neut les rendait si braves, qu'ils regardaient filles, les nymphes de la mer; mais comme une lâcheté de ménager une quelque puissant qu'il fût sur cet éléexistence qui devait renaître, igna- ment, il avait un rival redoutable rum redituræ parcere vitæ.

dans le Midgards Arm, grand serpent Le principe de toute théocratie, c'est qui, couché au fond de l'Océan, entoul'espoir des récompenses et la crainte rait la terre comme une vaste ceindes peines d'une vie future. Les pré- ture. On reconnaît là le mythe asiatres odiniques savaient exploiter ce tique qui se retrouve chez les Tibepuissant mobile. Il paraît qu'avant tains, les Hindous, et jusque dans l'aneur on croyait que les ames des morts cien Testament. Hler avait deux frères, restaient quelque temps autour des Kar, le dieu des vents, et Loki, le dieu tombeaux ; on retrouve même quel- du feu. Il parait que les prêtres de celuiques traces de la croyance à deux ci furent les derniers qui se soumirent aines, l'une humaine qui s'anéantit à la réforme odinique; c'est ainsi que avec le corps, l'autre divine qui lui l'on explique ce qu'on raconte de ses survit.

luttes avec Odin et avec les Ases, Aux extrémités du Nord était l'em- luttes qu'on pourrait aussi expliquer pire d'Héla, où les ames de ceux qui, fort bien en les considérant comme sans être méchants, n'avaient cepen- une théorie physique sur la nature dant rien fait d'illustre, vivaient dans · du feu élémentaire; mais prendre

[ocr errors]

Loki pour le mauvais principe, pour Bragi était le dieu de l'éloquence et l'Ahriman de la religion scandinave, de la poésie ; c'était la divinité tutéc'est méconnaître d'une manière étran- laire des bardes. Sa femme Iduna ge le caractère de cette religion. veillait à la garde des pommes de

On donnait pour fils à Loki le l'immortalité, fruit célèbre dans les loup Feuris, qui devait rester enchaîné mythes asiatiques, et qui ne pouvait jusqu'au dernier jour, où il briserait être mieux placé que dans les mains ses chaînes et dévorerait tout. Loki de l'épouse du dieu des poètes. lui-même (pl. I, 4) est , comme Pro- Les Parques étaient connues dans méthée, attaché, avec les intestins de le Nord sous le nom de Nornes. La son fils aîné, à trois rocs immenses : première s'appelait Urd (la passée), sur l'un reposent ses épaules, sur la seconde Verandi (la présente), et l'autre ses cuisses, sur le troisième la troisième Skuld (la future). Les ses genoux; au-dessus de sa tête est Walkyries conduisaient les héros à suspendu un serpent qui laisse tom- la mort dans les batailles, et paraisber sur lui des gouttes de poison; sent avoir eu quelque analogie avec mais Sigyn, sa femme, ne l'abandonne les Kñpes de la mythologie grecque. pas : elle tient au-dessus de lui une Enfin la terre, l'air et la mer étaient coupe dans laquelle elle reçoit le poi- peuplés d'un grand nombre d'autres son qui découle, et quand cette coupe dieux, les uns solitaires, les autres est pleine, elle va la vider. Alors le vivant en société, comme les Alfes, poison tombe sur la figure de Loki les Dises et les Vættres. dont le corps se contracte et s'agite, Rien ne prouve qu'avant la réforme en proie à des douleurs indicibles, et odinique les dieux aient été adorés c'est en ce moment qu'ont lieu les dans des temples, ou qu'on les ait retremblements de terre.

présentés à l'aide du bois ou de la Pour se soustraire aux poursuites pierre; mais il faut bien se garder de des prêtres odiniques, les serviteurs voir dans cette absence des idoles une des anciens dieux s'étaient à diverses preuve de la pureté des notions relireprises réfugiés vers le Nord : c'est gieuses à cette époque. Cela prouve là que Loki, identifié avec Thor, fut uniquement qu'alors on ne savait pas adoré sous le nom de Jumala. En ercare figurer, soit avec la pierre, Suède on l'appela Utgarde-Loki, Loki soit avec le bois, les idées que l'on se le banni , et il fut souvent consulté faisait de la nature des dieux. En repar les princes du Nord, jusqu'aux vanche, il est souvent mention d'arderniers jours du paganisme, alors bres et de pierres sacrés. On trouve que, par des motifs ditferents, les prês dans le nord de l'Europe des rochers tres d'Odin et les missionnaires cher- posés l'un sur l'autre de telle manière chaient à représenter son séjour comme que par la plus légère impulsion on d'un aspect horrible et offrant des peut mettre en mouvement le rocher dangers insurmontables à quiconque supérieur. Pline l'ancien en avait vu cherchait à y pénétrer.

en Asie mineure : ils ne sont pas rares Tyr était le dieu de la guerre, et en Angleterre, où on les appelle Rokcomme des vierges assistaient souvent ingstones, ni en France, où ils sont aux batailles, non seulement pour pan- connus sous le nom de pierres branser les blessés, et pour porter les lantes; on en a même trouvé au boucliers des combattants, mais aussi New-Hampshire en Amérique, et ces pour prendre part elles-mêmes à la monuments paraissent appartenir à bataille, on donna pour femme à Tyr l'une des plus anciennes religions du la déesse Hilda , dont le nom se re- globe. trouve dans celui des plus fameux Il nous reste à parler du culte d'Oguerriers de la Scandinavie et de l'Al- din, tel qu'il existait au temps des leinagne (*).

premières missions, tel que les Eddas (*) Hildebrand, Hildetand, ele. nous le représentent. Nous avons déja dit que les mythes de cette époque trionales, enseigna une cosmogonie sont presque entièrement historiques. dont nous parlerons plus tard, et une Ce n'est pas que de nos jours on n'ait morale qui, il faut le reconnaître, est cherché en Allemagne à leur donner plutôt celle d'un aventurier adroit que un sens mystique et astronomique; celle d'un dieu , et sut profiter habilemais ces théories supposent que les ment de l'humeur guerrière des Scanbarbares du Nord possédaient au dinaves , bien qu'il ne soit pas fait huitième siècle des connaissances astro- mention des faits d'armes par lesnomiques aussi étendues que celles quels il put s'illustrer lui-même ; mais qu'on acquiert aujourd'hui, non sans il sayait imposer à la multitude par quelque peine, et cela seul suffit pour une langue poétique et énigmatique aire apprécier le système de M. Mone. dans le goût oriental, et il possédait

Odin arriva sur les bords de la toutes les ressources de la sorcellerie, Baltique d'Asgard, l'ancienne patrie par laquelle, même encore aujourdes peuples scandinaves ; il arriva lui d'hui, les schamans en Sibérie et les douzieme, et bientôt lui et ses com- angeroks chez les Groenlandais exerpagnons se donnèrent pour des incar- cent une si grande influence. « Il sait, nations des anciens dieux du pays. On He saura jamais avec certitude si l'on ait employé quelquefois les lettres runiques doit voir dans Odin, le Decæneus sur le papier ou sur le parchemin, il parait ou Cæneus dont parlent Strabon et qu'on s'en servait particulièrement dans les Jornandès, et qui au temps de la dic- inscriptions lapidaires ; or, pour peu que l'on tature de Sylla vint chez le roi des soit familiarisé avec ce genre de monuments, Getes, Byrebistes, obtint, avec l'amitié on sait que la forme des caractères épigradu roi, un pouvoir égal à celui de ce phiques varie à l'infini. Aussi ne donneronsmonarque, étendit la domination des nous que deux variétés de l'alphabet runiGetes sur une grande partie de l'Alle

que : d'abord (pl. I, 1), les caractères du magne , donna des lois, enseigna la Helsiugaland, qui se distinguent des autres philosophie, la morale, la physique qui paraissent offrir une analogie, au moins

par l'absence de la barre perpendiculaire, et et l'astronomie, et fut regardé comme

extérieure, avec les caractères cuneiformes la résurrection de Zamolxis. Ce dont il des monuments de Persépolis; ensuite (pl. Il, faut convenir, c'est que toutes ces don- 2), les caractères les plus ordinaires, et nous hées s'appliquent assez bien à l'Odin y joignons une inscription funéraire (pl. du Nord : il introduisit les lettres ru- 111, 1), afin de montrer de quelle manière Diques (*) dans les contrées septen- on écrivait. Il faut remarquer que ehaque

lettre a un nom significatif et que ces noms (") On fait dériver ce mot de runa , signe se rapportent en partie à l'ancienne mythootstérieux. L'alphabet connu sous ce nom logie. Parmi les monuments lapidaires ou était en usage dans le Nord, et même en ces caractères figurent, il en est qui desAllemagne, avant la propagation du christia- cendent jusqu'au treizième siècle; mais on uisme. On peut croire qu'il y a été apporté n'en connait pas que l'on puisse faire rede l'Orient et qu'il n'est pas tout-à-fait étran monter au-delà du huitième. La plupart sont per a l'alphabet hiéroglyphico-phénicien, qui des inscriptions tumulaires : celle que nous est la base primitive du nôtre. Dans l'im- publions (pl. III, 1) a été trouvée dans possibilité d'entrer ici dans de longs détails l'ile d'Oeland. Il faut pour la lire, commencer à ce sujel, nous nous contenterons de remar- par l'extrémité inférieure à gauche, suivre quer que, comme l'ancieu alphabet ionien, le cercle et remonter ensuite verticalement. l'alphabet runique n'eut d'abord que 16 let. Nous croyons devoir la donner ici en lettres tres, auxquelles on en a ajouté plus tard trois italiques : Hardrudr raisti stain dinza aistir autres; mais, d'un autre côté, par l'ordre des sun sin Smith, trek gudan, halfitrin brudir lettres et par leur valeur numérique, il dif- ans sitr a gardum Orantr litr iakdu rada fere entièrement des autres alphabets euro- kan; ce qui signifie : « Hardrudr éleva cette péens, comme on pourra s'en convaincre par pierre pour son fils Smith, bon guerrier; la planche i.

son beau-frere possede l'héritage; Orante Bien que dans les temps postérieurs on la fit sculpter par un homme habile. »

[ocr errors]

dit l'ancienne Edda, guérir les mala- Jés Ynglinges, qui n'étaient rois que. dies, émousser le glaive de l'ennemi, du district d’Upsala. La série des rois faire tomber les chaînes des prison- historiques ne commence qu'au neuniers. Son regard retient la flèche vième siècle, alors que saint Anschaire

: cations sur ceux qui en prononcent lerons de leur histoire après avoir contre lui. Par ses charmes il éteint donné un aperçu rapide du système la flamme et amortit la haine dans le cosmogonique et dogmatique d'Odin, coeur de ses ennemis, il commande au ainsi que des meurs du peuple durant vent de la mer, il apaise les vagues. l'époque du paganisme. Son seul regard est un charme puis- On reconnait dans les mythes des sant qui maitrise les esprits malins. Eddas deux systèmes différents sur Il sait rendre la vie à un homme la cosmogonie : l'un emprunte de prépendu; qu'il jette quelques gouttes férence ses images au règne animal, d'eau sur un enfant nouveau-né, et l'autre au règne végétal; tous deux , celui-ci devient invulnérable. Enfin, on ne saurait le méconnaître, sont s'il veut posséder seul le cour d'une nés sous le ciel de l'Asie et sous l'injeune fille aux blanches mains, il sait fluence d'un climat plus fécond et plus à son gré captiver ses pensées.» riche que celui du Nord. L'un d'eux

Odin réussit complétement en Da- appartenait-il au culte d'Odin et l'aunemark; mais en Norvège l'ancien tre à celui de Thor? c'est une quesculte de Thor se maintint presque tion sur laquelle on pourra long-temps sans altération; en Suède, où il avait discuter, sans jamais arriver à une bâti le premier temple à Sigtuna sur solution définitive. le lac Mælar, un de ses compagnons Suivant le premier de ces deux syslui succéda. Il se fit paver un impôt tèmes, deux mondes existaient en personnel, que l'on appela l'impôt des même temps avant le monde d'aunez, et moyennant lequel il s'obligea jourd'hui, au sud Muspelzheimr, à défendre le pays contre les ennemis le pays du feu et de la lumière, au et à faire les sacrifices dus aux dieux. nord Niflheimr, le pays du brouillard Partout il sut s'accommoder aux idées et du froid. Ces deux mondes étaient religieuses du pays , et c'est ainsi qu'il séparés par l'abîme Ginunga - gap, n'abolit point le sacrifice des prison- léger comme l'air lorsque le vent né niers. On connait la prière que les se fait pas sentir. Un grand nombre Saxons lui adressèrent, lors de leur de fleuves sortaient du puits Hvergeldernier effort pour résister aux armes mir. Le poison que ces fleuves contevictorieuses de Charlemagne : « Saint naient se durcissait à mesure qu'ils « et grand Wudan (c'est la modifica- s'éloignaient de leur source, et dans a tion allemande d'Odin), sois-nous le Ginunga-gap ils se transformaient « en aide à nous et à nos princes en glace et en frimas. Mais la glace a Wittekind et Kelta, contre le mé- fondait à la chaleur de Muspellzheimr, « chant Charles ! Fi, le boucher ! Je et des gouttes qui en découlaient s'é« te donnerai un ure, deux brebis et tait formé le corps du géant-monde '« le butin! Je t’immolerai tous les Ymir. Celui-ci transpira pendant son a Francs sur ta sainte montagne du sommeil, et de sa main gauche sor« Hartz! »

tirent un homme et une femme, et Odin donna aux Suédois les lois l'un de ses pieds engendra avec l'auqui existaient dans le Caucase, sa pa- tre le père des Hrimthurses , géants trie. La tradition nomine parmi ses

en Suède trois dieux, En même temps qu'Ymir naquit, c'est-à-dire, trois de ses compagnons. des gouttes de la glace fondue, la Le troisième, qui se donnait pour le vache Auchumbla, des pis de laquelle dieu Freyr, s'appelait Yngwe; de lui coulèrent quatre fleuves de lait dont descendent les rois mythiques, appe- Ymir se nourrit. Puis elle lécha les

de glace.

successeurs

[ocr errors]
[ocr errors]

frimas qui recouvraient les rochers, afin que les géants ne puissent pas traet en fit ainsi sortir le premier jour verser ce pont pour se rendre dans le les cheveux, le second la tête et le ciel. Ce pont, comme l'univers, et les troisième le reste du corps d'un dieux eux-mêmes, sera détruit au derhomme nommé Buri, qui fut beau, nier jour. grand et fort ; son fils Borr épousa Cela fait, des êtres furent placés la fille d'un géant, et en eut pour fils au ciel pour conduire le soleil et la les trois dieux Othin, Wili et Wé. lune. Nott (la nuit), fille d'un géant, Ceux-ci tuèrent le géant Ymir , et des naine comme toute sa race, avait trois blessures de ce dernier il sortit tant enfants. Son fils ainé s'appelait Audr de sang que tous les géants s'y noyè- (richesse), sa fille , Jörd (terre); son rent, à l'exception de Bergelmir, quí se autre fils Dagr (jour), qu'elle avait eu saura avec sa femme dans une nacelle, du dieu Dellingr, était blond et aussi et devint le fondateur de la seconde beau que son père. Othin plaça Nött race de géants. Les trois frères trai- et son fils Dagr dans le ciel, et donna Derent le corps d'Ymir au milieu du à chacun d'eux un cheval et un char Ginunga - gap, et en formèrent le avec lequel ils font journellement le monde que nous habitons; son sang tour de la terre. Nött marche la predevint la mer et les eaux, sa chair les mière, et l'écume qui tombe de la ontinents, sa chevelure les arbres et bouche de son cheval forme la rosée les plantes, ses os les montagnes, matinale. La crinière du cheval de son crâne le ciel. Ils le posèrent au- Dagr est si brillante qu'elle suffit pour dessus de la terre sur quatre piliers, éclairer l'air et la terre. Le soleil et la ou cornes, et sous chacune de ces co- lune sont conduits par les enfants de Jonnes ils placèrent un nain pour veil- Mundilföri (conducteur du monde): ler à sa garde : ces nains s'appellent son fils Sæl conduit le soleil, sa fille l'Est, l'Ouest, le Nord et le Sud. De Mani la lune; tous deux vont sans sa cervelle ils firent les nuées, et des cesse au galop, parce qu'ils sont pourétincelles que Muspellzheimr lançait suivis par deux loups, qui occasioncontinuellement, ils formèrent les étoi- nent les éclipses et les tempêtes. les, à chacune desquelles les trois frè- Les hommes, dans la mythologie res assignèrent sa place et sa route. scandinave, comme dans celle de tous

La terre est ronde comme un an- les peuples germaniques, ne sont pas neau, la mer l'entoure, et les géants créés par les dieux, mais seulement habitent ses bords. Des sourcils d’Y. animés par eux. Trois dieux sortis mir, Othin, Wili et Wé ont construit d'Asgarthr trouvèrent sur le bord de sur la terre un château immense pour la mer deux arbres , le frêne et l'aune, s'y défendre contre les géants : ils l'ap. qui étaient là sans force et sans avepelerent Midgard (le monde). Au cen- nir. Les dieux en eurent pitié et en tre de ce château se trouva Asgarthr, formèrent l'homme et la femme. Othin la résidence des dieux, et au centre leur donna l'ame et la vie, Lodur le d'Asgarthr la salle nommée Ithavöllr, sang, la parole, la beauté, l'ouïe et la la plus grande et la plus magnifiqué vue , Hoenir l'esprit et le mouvement. demeure qui existe, car elle est con- Midgard leur fut assigné pour habitastruite d'or pur. C'est là que les douze tion. grands dieux s'assemblent. Une habi- Ce mythe forme la transition an tation séparée fut destinée aux déesses. second système, qui parait antérieur à Puis les dieux construisirent un pont, l'autre, plus germanique et moins alpour aller de la terre au ciel; ils le téré par la réforme odinique; mais nommèrent Bifraust, les hommes malheureusement il est encore plus l'appellent arc-en-ciel. C'est le monu- fragmentaire. Nous n'en possédons ment le plus solide et le plus élégant plus que ce qu'on en a pu intercaler qui existe. H est de trois couleurs, et dans le premier, sans tomber dans La ligne du milieu est de feu brdlant, trop de eontradictions. Le séjour fa

[ocr errors]
« PreviousContinue »