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» manifeste du principe de non-intervention dans » l'entrée des Russes sur le territoire polonais, quoi » qu'en aient dit, non-seulement les amis de la » liberté et de la raison, mais, ce qui est bien autre » chose, les actes mêmes de ce congrès?

» Quant à l'Italie, de même que j'ai rendu justice » à la déclaration forte et explicite que le dernier » ministère fit aux puissances voisines de la Belgi» que, j'aime à penser que pareille déclaration, » sans faiblesse ni exception, a été faite aux puis» sances voisines des nouveaux états italiens, et j'ai » lieu de croire que M. le ministre des affaires étran» gères ne répudiera ni cette assertion, ni l'éloge » dont elle est l'objet.

». J'observerai seulement qu'il est étrange que le » duc de Modènė, que nous avons connu mauvais » correspondant, et que son pays n'a pas trouvé » bon prince, ayant emmené un prisonnier à Man» toue, ce prisonnier, M. Menotti, soit détenu » dans les prisons d'un pays étranger, comme étant » le seul sujet qui lui reste: et si l'on ne connaissait » ce que sont les prisons autrichiennes, on pourrait » en juger par certains détails qu'on nous annonce » sur l'état actuel des prisonniers de Spiegelberg.

» Mais ce qu'on ne peut pas comprendre, Mes» sieurs, dans l'Europe civilisée, c'est la manière » dont les voisins de la Pologne se conduisent en» vers elle. La Prusse, par exemple, a saisi à la » banque de Berlin tous les fonds de la banque de » Varsovie qui y étaient déposés, et qui apparte

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» naient, non pas à la couronne, mais à l'Etat et à à » des particuliers; elle arrête les

voyageurs,

sem» pare de leur argent, les emprisonne; et tous ces » excès, qui rappellent certaines forêts autrefois » fameuses, se commettent sous l'influence de l'am» bassadeur russe qui règne à Berlin. Il me semble » que ce genre d'intervention doit être l'objet de » représentations diplomatiques.

Dans tous ses entretiens avec Louis-Philippe, dans toutes ses discussions avec les divers membres du cahinet, Lafayette professa hautement et constamment les mêmes principes. De là, ce débordement de haines et d'invectives dont le poursuivirent toutes les aristocraties de l'Europe (1), de là, aussi, les efforts de la diplomatie étrangère dont l'influence fut décisive sur la conduite que le cabinet du Palais-Royal tint à son égard, aussitôt que ce cabinet eut résolu de se réconcilier avec la Sainte-Alliance, en neutralisant l'élan patriotique de la France , et en laissant le champ libre à la politique des cabinets despotiques, contre les peuples qui voulaient se régénérer à notre exemple. La présence de Lafayette dans les conseils de la nouvelle royauté, son influence sur la direction des

(1) A propos de la haine dont les aristocraties européennes honorent Lafayette, Napoléon lui dit un jour : « Tous ces gens-là » me détestent bien moi, ils nous détestent tous; mais bah! » cela n'est rien auprès de la haine qu'ils vous portent; je n'au» rais jamais cru que haine humaine pût aller si loin. » Et Napoléon était bien à portée de savoir à quoi s'en tenir à cet égard.

360 LAFAYETTE PENDANT LA RÉVOLUTION DE 1830. affaires, sa puissance à la tête de la nation armée, en faisaient un épouvantail pour les absolutistes du dehors autant que pour ceux du dedans, et j'ai la preuve matérielle que la diplomatie fit de son éloignement la condition nécessaire de toute transaction ultérieure avec le cabinet du Palais-Royal.

FIN DU PREMIER VOLUME.

DU PREMIER VOLUME.

PREMIÈRE PARTIE.

AVANT.

CHAPITRE UNIQUE.

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Premières années de Lafayette. Il refuse d'entrer à la

Cour de Louis XVI. L'insurrection américaine mar-
que sa vocation.

Il arrive à Charleston en 1777.
Ses premières campagnes en Amérique.

Son retour
en France. La nation l'accueille avec enthousiasme.
- Il revient en Amérique. - Campagne de 1780. -
Son retour en Europe. Nouveau voyage en Améri-
que.

Il revient en France et visite les Cours de l'Eu-
rope. - Il fait partie de l'Assemblée des notables, et
demande seul la convocation d'une Assemblée natio-
nale. – Lafayette aux États-Généraux.-Sa déclaration
des droits. - Il est nommé commandant-général de
garde nationale. - Versailles, et journées des 5 et 6
octobre. – Lafayette assure pendant deux ans la tran-
quillité de Paris.- Sa conduite dans l'Assemblée natio-
nale. Il refuse le bâton de maréchal et l'épée de con-
nétable. - Le 14 juillet 1790.

Évasion de la famille

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