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cement de la guerre, puisqu'elle s'étend depuis Czernowitz jusqu'à Egra. Pour faire face à la dépense occasionnée par ces préparatifs, l'empereur a nommé une commission chargée de trouver un juste milieu entre le systême de taxation extrêmement onéreux proposé par M. de Wallis et le systême de banque et d'emprunt imaginé par d'autres financiers. Cette commission a commencé hier ses séances; elle est présidée par le comte de Stadion.

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Pièce jointe à la dépêche de M. le comte Otto, du 20 Mars, 1813.

M. le comte,

Dans l'absence de M. le comte de Romanzow, que des fonctions importantes ont retenu à Saint-Pétersbourg, l'empereur m'a prescrit de répondre à l'office dont M. le chevalier de Lebzeltern a été le porteur. S. M. I. a donné à cette pièce l'attention que mérite une démarche motivée par un objet d'une si haute importance. Toujours exempt de passion, ses principes politiques n'ont jamais varié. Elle veut la paix, mais une paix avec des garanties et telle, par conséquent, que l'Autriche doit la désirer elle-même.-Cependant, il faut en convenir, c'est pour la première fois que l'on voit une puissance encore en guerre, proposer une entremise pour la paix. Les formes et les usages sont contraires à une pareille attribution. Mais S. M. I. a trop à cœur de donner à l'empereur votre auguste maître une preuve non équivoque de sa confiance et de son estime pour ne point passer sur des considérations aussi prononcées. Cette manière d'accueillir vos propositions, M. le comte, doit donner aux explications un caractère de franchise, qui peut seul assurer la marche d'une négociation tendante à concilier de si grands intérêts. Il s'agit donc de considérer que depuis la date de votre lettre ministérielle, la Prusse, par des motifs que l'Europe jugera, a réuni ses armes aux arines russes et de cette manière, il se présente, d'emblée, plusieurs intérêts compris dans un seul. Les liens sont trop étroits entre la Russie et la Grande-Bretagne, trop intimes entre la Russie et la Prusse, trop fortement établis avec la Suède, pour que S. M. I. puisse séparer sa cause de celle d'aucune des puissances alliées avec elle. L'empereur m'ordonne, en conséquence, de déclarer, en son nom, qu'il accepte l'entremise de l'Autriche; dans le cas où cette entremise sera également acceptée par l'Angleterre, la Prusse et la Suède. Vous jugerez vous-même, M. le comte, qu'il était impossible que S. M. fit une réponse ni plus catégorique, ni plus amicale. S. M. l'empereur d'Autriche trouvera les mêmes principes en toute occasion. Ils sont considérés, chez nous, comme le seul moyen de

parvenir aux résultats qu'on se propose, quelques compliquées que puissent être les questions.

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Edit impérial, portant création d'un fonds de 45 millions de florins en papier-monnaie, sous la dénomination de billets d'anticipation.

Art. 1er. Nous assignons annuellement, pour l'hypothèque de ce fonds d'anticipation, une somme de 3,750,000 fl., qui sera prise pendant 12 ans, à compter de 1814, sur le produit de la contribution foncière dans nos provinces d'Allemagne, de Bohême et de Gallicie.

2. La députation d'amortissement ayant, par son exactitude à remplir ses devoirs, merité notre satisfaction et la confiance générale, nous la chargeons exclusivement de l'administration du fonds établi par l'art. Ter.

3. A cette fin, cette somme de 3,750,000 fl. établie par l'art. 1er, et prise sur la contribution foncière, sera remise immédiatement à la députation d'amortissement: ce qui mettra à sa disposition, pendant les douze ans ci-dessus, une somme de 45 millions de florius.

4. Afin qu'on puisse, suivant les besoins et les circonstances, appliquer sur-le-champ ces fonds à couvrir les dépenses extraordinaires, nous chargeons la députation d'amortissement d'émettre des billets d'anticipation pour la somme de 45 millions de florins, et de les tenir à la disposition de notre ministère des finances.

5. Une patente particulière fera connaître la forme de ces billets d'anticipation, et de leurs différentes sous-divisions.

6. Nous chargeons la députation d'amortissement, sur sa responsabilité, d'anéantir tous les ans à compter de l'année 1814, une somme de 3,750,000 florins en billets d'anticipation, et de faire connaître chaque fois au public l'accomplissement exact de cette obligation.

7. Les billets d'anticipation qui entreront de cette manière en circulation, étant couverts de la manière la plus sûre par un fond particulier suffisant, et devant être entièrement amortis par ce moyen dans l'espace de douze ans, nous ordonnons qu'ils soient reçus non-seulement dans les caisses de l'état, mais encore par les particuliers, pour leur valeur nominale, de même que les billets d'amortissement, et assimilés en tout à ces billets.

Donné en notre résidence de Vienne, le 16 Avril, 1813, de notre règne le 22e.

FRANÇOIS.

Note verbale de l'ambassadeur d'Autriche, prince de Schwar

zenberg.

Paris, le 22 Avril, 1813.

Dans la conférence que l'ambassadeur d'Autriche a eue hier avec S. Ex. M. le duc de Bassano, ministre des relations extérieures, il a eu l'honneur de s'expliquer dans le sens des dépèches qu'il venait de recevoir de sa cour, sur le contenu de la note verbale remise par l'ambassadeur comte de Narbonne au ministre comte de Metternich.

S. Ex. ayant invité l'ambassadeur, vu l'importance des questions, à lui en faire un résumé dans une note verbale, il s'empresse de satisfaire à ce désir.

S. M. l'empereur ayant à cœur que dans ce moment important de crise le plus parfait accord continue de régner entre elle et son auguste allié, croit que cet accord ne saurait mieux être consolidé que par la connaissance réciproque la plus étendue de la marche des deux cours; elle s'est décidée, en conséquence, à s'expliquer avec toute sa franchise sur les ouvertures qui ont été faites à son ministre par l'ambassadeur de France.

S. M. trouve que les objets sur lesquels portent ces ouvertures, se séparent parfaitement en quatre questions principales.

1°. Attitude de l'Autriche pour amener une négociation de paix, et pendant cette négociation;

2o. Accord eutre les deux cours d'Autriche et de France sur les arrangemens généraux de pacification;

3°. Attitude de l'Autriche dans le cas que la négociation devrait ne pas mener à la paix;

4°. Opératious militaires dans ce dernier cas.

Ad lum. D'après les termes dont s'exprime M. l'ambassadeur de France dans sa note verbale, "l'Autriche, qui s'est mise en avant pour la paix et qui la désire si vivement, doit prendre pour tendre à ce but une couleur prononcée, insister sur l'ouverture immédiate d'une négociation, exiger que des plénipotentiaires soient nommés, qu'un armistice soit conclu, et entrer dans la lutte comme partie principale."

Pour atteindre ce but il n'existe qu'une seule forme diplomatique, celle de la médiation armée. S. M. se prête en conséquence, à prendre cette attitude. Elle en tiendra le langage vis-à-vis des cours alliées et ne négligera rien pour donner tout le poids à son langage.

L'idée de la réuuion instantanée des plénipotentiaires s'est К к к

TOME V.

rencontrée avec le point de vue du cabinet autrichien, qui attend, toutefois, le premier courrier de son ambassadeur pour voir quelle sera la forme qu'aura choisie S. M. l'empereur Napoléon pour régler ses démarches, c'est à-dire, pour savoir si S. M. I. aura crû devoir procéder spontanément à la nomination d'un négociateur, ou, si elle aura préféré attendre la demaude uniforme, que la cour de Vienne adressera à ce sujet à toutes les cours intéressées; on espère que ce même courrier portera des nouvelles du baron de Wessemberg, qui peut être arrivé à Londres le 24 ou 25 Mars. Quelle que soit la réponse que fera le cabinet Britannique, il sera important de la connaître; car dans la supposition qu'elle soit favorable, le prétexte, que pourrait avec raison mettre en avant la Russie, de vouloir, avant d'entrer en négociation, connaître les intentions de son allié, ne saurait plus exister, et les démarches du cabinet Autrichien vis-à-vis de l'empereur Alexandre et du roi de Prusse pourraient, dans la supposition d'une réponse anglaise négative, prendre un caractère prononcé dans le sens d'une négociation de paix continentale.

Ad 2dum. Avant d'entrer en détail sur cet important objet, le cabinet autrichien doit attendre les premiers rapports de son ambassadeur à Paris, vis-à-vis duquel il espère que S. M. l'empereur Napoléon aura manifesté plus explicitement ses idées.

Ad 3ium. Il ressort de la nature des choses, et on est trèsaise de voir que l'empereur des Français partage la conviction du cabinet autrichien, que la marche des événemens, le rapprochement du théâtre de la guerre, sur une étendue de plus de 400 lieues, des points les plus importans des frontières autrichiennes, ne comporte plus que l'empereur prenne part, comme puissance, simplement auxiliaire à la guerre, si, contre ses vœux les plus chers elle devait continuer.

L'armée française et confédérée ouvrit la campagne en 1812 comme armée principale, forte de plus de 400,000 hommes, et sur la ligne la plus reculée des frontières de la monarchie, up corps d'observation, inférieur en nombre au corps auxiliaire, suffisait alors pour couvrir ce corps infiniment restreint, tandis que, maintenant, il faudrait au moins 100,000 hommes pour couvrir l'immense frontière touchant au théâtre présumable de la guerre.

Dans une position de choses pareille, si différente de celle de l'année dernière, il ne restera, sans doute à l'Autriche, si sa médiation devait ne pas avoir le résultat désirable, que le choix entre les deux seuls partis prononcés, ou de se retirer derrière ses frontières, en neutralisant son territoire, ou de prendre une part plus active à la guerre comme partie principale.

S. M. ne peut donc que partager l'opinion de S. M. l'empereur des Français, que les stipulations des secours limités

du traité d'alliance, ne sont pas applicables aux circonstances du momeut.

Cette position particulière des choses et indépendante de l'Autriche, ne préjuge en rien les bases de son alliance avec la France.

L'alliance de 1812, quoiqu'amenée par les circonstances, n'offre pas moins une base politique véritable et solide aux deux hautes parties contractantes. Cette alliance ne saurait être confondue avec les traités (on ne peut en excepter aucun) contractés par la France depuis les guerres de la révolution} celui du 14 Mars offre la plus parfaite réciprocité, il renferme donc la première des conditions de sa durée. S. M. l'empereur des Français convient lui-même que le traité de Tilsitt et l'alliance entre la Russie et la France sont bien loin de ressembler à celle de l'Autriche. Si la Russie, sentant la nécessité de modifier ses rapports avec la France, n'est pas entrée en explication envers son allié, elle a en tort et elle n'a surtout pas suivi les conseils de la cour de Vienne. Si l'empereur François trouvait un mot à changer aux bases de son alliance, il serait le premier à le dire.

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On peut susprendre, d'un commun accord, les restrictions portées, d'après le texte du traité, aux rapports militaires de l'Autriche, dans une guerre qui a changé entièrement et de nature et même de terrain; ce cas a lieu; l'empereur n'étendra pas moins sa tâche militaire, si les puissances coalisées devaient ne pas se prêter à de raisonnables arrangemens, quoique le se cours stipulé par le traité du 14 Mars, ne soit que de 30,000 hommes. L'une et l'autre de ces chances ressortent de la force même des circonstances. L'assurance que l'empereur ne trouve pas un mot à changer à ses rapports écrits avec la France, prouve plus que tous les raisonnemens, combien ces rapports lui paraissent naturels et applicables sur-tout à un tems de repos, qui forme le plus beau des rêves de S. M., et que les liens qui l'unissent à la France, devront essentiellement raffermir.

Ad 4um. Il est essentiel que l'empereur des Français connaisse très-exactement la position des différens corps d'armée autrichiens, pour le cas prévu dans l'article 4.

Le corps auxiliaire, après s'être assuré par une suspension d'armes momentanée, la possibilité d'occuper le dernier point du duché de Varsovie, a été dans le cas d'admettre, dans son rayon, les restes de l'armée polonaise, pour les soustraire à la supériorité des Russes. Le général, commandant ce corps, avait fait témoigner, dès la retraite du 5e corps sur Czentochow, le désir, au prince Poniatowski, qu'il se plaçât dans le rayon autrichien, pour ne pas exciter en vain l'attention de l'ennemi, et le porter à des entreprises ruineuses pour le 5e corps et compromettant pour le séjour des troupes autrichiennes dans le

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