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I! est bien entendu que les troupes russes pourront aller et venir sur les grandes routes précitées, mais elles ne pourront prendre leurs quartiers dans les villes de cet arrondissemeut.

2. Les troupes prussiennes resteront en parfaite neutralité dans l'arrondissement désigné article 1er, jusqu'à l'arrivée des ordres de S. M. le roi de Prusse, mais elles s'engagent, dans le cas où sadite Majesté leur ordonnerait de rejoindre les troupes impériales françaises, de ne pas combattre contre les armées russes pendant l'espace de deux mois, à dater du présent jour.

3. Dans le cas où S. M. le roi de Prusse ou S. M. l'empereur de toutes les Russies refuseraient de ratifier la présente convention, le corps prussien sera libre de se porter là où les ordres de son roi l'appelleront.

4. On rendra au corps prussien tous les traîneurs qu'on trou vera sur la grande route de Mittau, également tout ce qui fait partie du matériel de l'armée. Quant à la branche des approvisionnemeus et du train dudit corps, tout ce qui la compose pourra traverser sans obstacle les armées russes pour rejoindre de Koenigsberg ou de plus loin que le corps d'armée prussien.

5. Dans le cas où les ordres du lieutenant-général d'Yorck pourraient encore atteindre le lieutenant-général de Massenbach, Jes troupes qui se trouvent sous le commandement de ce dernier seront comprises dans la présente convention.

6. Tous les prisonniers que pourraient faire les troupes russes commandées par le général major de Diebitsch sur les troupes du général de Massenbach seront également comprises dans

cette convention.

7. Le corps prussien conservera la faculté de concerter tout ce qui est relatif à son approvisionnement avec les régences provinciales de la Prusse, le cas non excepté où ces provinces seraient occupées par les armées russes.

La convention précitée a été expédiée eu double et munie de Ja signature et du sceau particulier des soussignés.

Fait au moulin de Poschernu, le 18-30 Décembre, 1812. (Signé) D'YORCK, lieutenant-général au service de Prusse. DE DIEBITSCH, général-major au service de Russie.

C.-N°. 4.

Déclaration du général d'Yorck.

D'après un article inséré dans quelques exemplaires de la gazette de Berlin, le major et aide-de-camp Natzmer a été envoyé auprès du général-major Kleist, pour lui porter l'ordre de me retirer le commandement général du corps royal prussien, et de s'en charger lui-même. M. de Natzmer cependant n'est venu ui auprès de moi, ni auprès du général Kleist; par conséquent je continuerai sans hésiter à conserver le commandement général du corps, et exercer les autres fonctions déterminées

par l'ordre du cabinet, du 20 Décembre, 1812. Car il est notoire que dans les états prussiens une gazette n'est point considérée comme une feuille officielle d'état, et que jusqu'à présent aucun général n'a reçu ses ordres par la voie de gazettes. Pour obvier à toute erreur, je considère comme nécessaire de publier cette déclaration.

Koenigsberg, le 27 Janvier, 1813.

(Signé) D'YORCK, lieutenant-général au service de Prusse, gouverneur-général et commandant du corps d'armée prussien.

C.-No. 5.

Proclamation du général d'Yorck.

Les représentans de la nation assemblés ont décrété, outre, l'armement général, l'organisation d'un corps national de cavalerie pour renforcer l'armée.

Le major de Lehudorff de la Prusse, homme estimé et connu, se charge, d'après mon invitation, d'organiser ce corps national, et fera connaître au public les détails de cette formation.

Citoyens de la Prusse, formons ce corps pour servir d'exemple aux autres provinces de la monarchie, et réunissons tous nos efforts pour montrer à l'Europe, qui a les yeux fixés sur nous, ce que peuvent produire l'amour pour le roi et pour l'indépendance de la patrie.

Koenigsberg, le 12 Février, 1813.

(Signé) D'YORCK, lieutenant-général au service de Prusse, et gouverneur-général de la Prusse-Occidentale, commandant d'un corps d'armée.

D.

PIÈCES RELATIVES AUX DISPOSITIONS PRISES PAR LA PRUSSE AU SUJET DE LA DÉFECTION DU GÉNÉRAL D'YORCK.

D.-N°. 1.

Extrait d'une dépêche de M. de Saint-Marsan.

Berlin, le 5 Janvier, 1813.

Le roi a été frappé et indigné de la défcction du général d'Yorck. Ses premiers mots ont été : 66 Il y a de quoi prendre une attaque d'apoplexie. Que faut-il faire?" Le chancelier lui a proposé ce dont nous étions convenus et dont j'ai rendu compte dans ma dépêche d'hier, No. 3, et le roi a décidé sur-lechamp,

1°. Que le général Kleist serait nommé lieutenant-général commandant le contingent;

2o. Que ĉe général ferait arrêter le général d'Yorck, s'il y a moyen, pour être traduit à Berlin;

3°Qu'il conduira, s'il est possible, les troupes prussiennes aux. ordres de S. M. le roi de Naples, et où ce prince indiquera;

4°. Que M. de Natzmer, son aide-de-camp, partira ce matin pour Keenigsberg avec une lettre du roi pour S. M. sicilienne; que S. M. sera priée de faire accompagner cet aide-de-camp par un officier français pour exécuter sa commission;

5°. Que S. M. le roi de Naples sera aussi prié de faire mettre à l'ordre du jour de l'armée française le désaveu du roi et l'expression de son indignation;

6. Qu'un ordre pareil sera publié à Berlin, à Potzdam, en Silésie, à Colberg, Graudentz et dans les gazettes;

7°. Que si le général d'Yorck ne peut pas être arrêté, il sera jugé par contumace;

8°. Que le prince d'Hatzfeld se rendra de suite à Paris pour porter à S. M. l'empereur l'expression des sentimens du roi, et prouver ces mêmes sentimens à l'Europe entière par cette mission éclatante.

D.-N°. 2.

PUBLICATION FAITE PAR ORDRE DU GOUVERNEMENT PRUSSIEN.

Berlin, le 19 Janvier.

Le lieutenant-général d'Yorck, commandant, sous les ordres du maréchal duc de Tarente, les troupes auxiliaires prussiennes, a fait, le 30 Décembre dernier, étant en retraite de la Courlande, une capitulation avec M. de Diebitsch, général-major au service de S. M. l'empereur de Russie.

Dans son rapport adressé à S. M. le roi de Prusse, le lieutenant-général d'Yorck doune pour motifs de cette mesure, le mauvais état des routes, l'intensité du froid, l'épuisement des forces de ses troupes, son dénuement de cavalerie, qui, ensemble avec une partie de son infanterie, se trouvait à l'avant-garde, sous les ordres du maréchal duc de Tarente, et éloignée de lui d'une marche et demie, mais surtout la circonstance qu'il se voyait cerné par trois corps ennemis très-supérieurs à lui en force; il ajoute que par conséquent il s'était vu dans la nécessité de saisir ce moyen pour sauver au roi le corps qu'il commandait. S. M., toujours fidèle à son alliance avec la France, ayant reçu avec la plus grande indignation, une nouvelle aussi inattendue, non-seulement elle a refusé sa ratification à la capitulation susdite, mais elle a en outre ordonné:

1°. Que le commandement du corps auxiliaire prussien, cidevant confié au lieutenant-général d'Yorck, serait donné au général Kleist;

2°. Que le lieutenant-général d'Yorck serait tout de suite. arrêté et traduit devant un conseil de guerre ;

3°. Que le général de Massenbach, qui a recounu et accepté

la susdite capitulation, serait également suspendu de ses fonctious, et mis en jugement; enfin,

4°. Que, conformément au texte du traité conclu avec la France, les troupes resteraient à la disposition seule et particulière de S. M. l'empereur Napoléon, ou de son lieutenant S. M. le roi de Naples.

*

M. de Natzmer, aide-de-camp de S. M. le roi, porteur de ces ordres, est déjà parti pour l'armée.

S. M. a été très-douloureusement affectée en voyant devenu inactif, dans un moment aussi critique, un corps d'armée qui, précédemment, durant toute la campagne, avait donné tant de preuves de sa fidélité et de sa bravoure.

S. M. a envoyé le prince de Hatzfeld à Paris, afin de donner à son auguste allié les renseignemens nécessaires sur un événement aussi inattendu que désagréable.

D.-N°. 3.

Copie d'une lettre de S. M. le roi de Prusse à S. M. le roi de Naples.

Monsieur mon frère, V. M. aura vu dans ma dernière lettre que je n'étais pas sans inquiétude sur le corps du général Yorck ; mais j'étais loin de m'attendre à ce qui est arrivé, ce qu'elle verra par le rapport ci-joint de cet officier, et par la capitulation y réunie. Cette mesure a excité mon indignation tout autant que ma surprise. Mon aide-de-camp le major de Natzmer, qui remettra la présente lettre à V. M., porte mes ordres au général de Kleist de prendre incessamment le commandement de mon corps d'armée, de destituer le général d'Yorck et de le faire arrêter. Je n'ai pas besoin de dire que je ne ratifie point la convention. Quant aux dispositions à prendre à l'égard des troupes, elles appartiennent, d'après le traité d'alliance, à S. M. l'empereur, et maintenant à V. M., comme à son lieutenant. Elle voudra donc munir le général de Kleist de ses ordres, et les signifier au major de Natzmer.

Je suis avec la plus haute estime,

De Votre Majesté,

E.

L'affectionné frère.

PIÈCES RELATIVES A LA MISSION DU PRINCE D'HATZFELD

A PARIS

E.-N°. 1.

Extrait d'une dépêche de M. de Saint-Marsan.

Berlin, 7 Janvier, 1813.

Le prince d'Hatzfeld partira après-demain pour se rendre à Paris auprès de S. M. l'empereur, lui exprimer les sentimens du

roi, l'assurer que si l'on peut retirer le corps du général d'Yorck, l'augmentation du contingent jusqu'à 30,000 hommes sera bientôt effectuée; que si le corps est perdu, S. M. n'en fera pas moins tous les sacrifices pour en former un nouveau de 20,000 hommes, qu'il est obligé par les traités de tenir au complet à la disposition de S. M. I, et R.

E.-N°. 2.

Extrait d'une dépêche de M. de Saint-Marsan.

Berlin, le 11 Janvier, 1813.

Le prince d'Hatzfeld part ce soir. Il a eu hier une longue audience du roi. Il m'a assuré que S. M. juge on ne peut pas mieux les véritables intérêts de la Prusse, qui, d'après l'opinion invariable du prince, sont toujours l'union avec la France, quelles que soient les circonstances. La lettre du roi, que le prince apporte à S. M. l'empereur, est bien précise et bien claire, touchant l'attachement de ce prince pour l'alliance. Les instructions que le baron de Hardenberg m'a fait lire en original sont dans le même sens. Elles enjoignent au prince d'Hatsfeld de témoigner à S. M. l'empereur, l'indignation que le roi a éprouvée de la capitulation du général d'Yorck, de lui annoncer les déterminations prises à ce sujet, et de tâcher de détruire toute la facheuse impression que cet événement aurait pu faire dans l'esprit de S. M. I. et R. On le munit de toutes les pièces et rapports venus de l'armée, pour mettre à même de juger les détails de eette affaire.

F.

Extrait d'un rapport sur la connivence du général Bulow. Le soussigné, expédié du quartier-général près M. le général prussien de Bulow, est arrivé à Neustettin, le 10 Février, dans la nuit. Le même jour, à son passage à Tempelbourg, il a vu des Cosaques, au nombre de dix à douze, venant faire le logement pour cinq cents hommes des leurs. Il y avait dans la place un bataillon prussien qui les a laissés faire; mais sur la représentation du bourguemestre, qu'ils avaient garnison prussienne, ils ont été se loger ailleurs. Quelques jours auparavant on avait pris dans le même endroit une quinzaine de Cosaques, qui, sur les réclamations, ont été relâchés par ordre supérieur. La meilleure intelligence règne entre les Cosaques et les Prussiens (qui montent la garde avec des pierres en bois), et il parait que les communications entre les quartiers-généraux russes et prussiens étaient très-fréquentes. A mon arrivée à Neustettin, il y avait un aide-de-camp général russe, Czernicheff, au bal. Il s'y est entretenu pendant une heure avec le général de Bulow. Le général Bulow m'a dit n'être pas sous les ordres de S. A. I. le prince vice-roi, et qu'il ne faisait pas partie du coutingent; qu'il n'était là que pour s'habiller, pour remonter sa cavalerie, et pour recruter ses régimens.

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