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DE LA

RÉVOLUTION DE FRANCE,

PENDANT LES DERNIÈRES ANNÉES

DU RÈGNE DE LOUIS XVI;

PARA. F. BERTRAND DE MOLEVILLE,

MINISTRE D'ÉT A T.

DEUXIÈME PARTIE,

Gomprenant les années 1791, 1792 et 1793, jusqu'à

la mort de Louis XVI inclusivement.

Quæque ipse miserrima vidi,
Et quorum pars..

TOME HUITIÈME.

A P A R IS,
CHEZ GIGUET ET MICHAUD, IMPRIMEURS-LIBRAIRES,

RUE DES BONS-ENFANS, no. 6.

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DE

LA RÉVOLUTION.

CH A PITRE XVIII.

Les jacobins rejettent sur le comité autrichien les mauvais - succès de l'ouverture de la campagne. - Carra dénonce

au club des jacobins M. de Montmorin et moi, comme principaux meinbres de ce coinité. Nous rendons plainte au tribunal de la police correctionnelle; le juge de paix qui avoit admis notre plainte est décrété d'accu, sation. - Brissot et Gensonné prennent l'engagement de rapporter des preuves authentiques de l'existence du coinité autrichien ; ils font l'un et l'autre leur rapport.

La fable du comité autrichien est entièrement discréditée et tournée en ridicule.

L'ARMÉE n'étoit pas encore assez désorganisée, assez révolutionnaire au gré des factieux; il ne leur suffisoit pas que les soldats , pár leur insu. bordination, par leurs insultes et par

1, leurs ménaces, eussent forcé une grande partie des officiers, à quitter le service, ils vouloient qu'il n'en

VIII.

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restât pas un seul, et qu'ils fussent tous remplacés par des soldats citoyens, ou par des citoyens soldats , c'est-à-dire, par leurs agens affidés. Il falloit donc faire vaquer, tous les emplois militaires, et le moyen le plus sûr d'accélérer ces vacances, non-seulement par démission, mais

par mort, étoit, sans doute, d'imputer la déroute honteuse de Tournai, à la prétendue trahison des officiers. Si cette imposture -atroce eût été adoptée par l'assemblée, il n'est pas douteux que l'assassinat ou la retraite de tous les officiers n'en eût été la conséquence immédiate. Il est vrai aussi que les Autrichiens saisissant ce moment pour attaquer nos armées en insurrection, commandées par des généraux et par des officiers tous pris parmi les soldats, le sort de la révolution', de la liberté, etc. etc. etc., auroit pu se trouver gravement compromis. Il fut donc juge plus prudent đ'attendre une circonstance plus favorable

pour achever de purger l'armée de tous les officiers de l'ancien régime qui y étoient restés; mais- en même-temps, pour faire tourner au profit de la révolution, les mauvais succès de la campagne, les jacobins en accusèrent effrontément le comité autrichien; tous les journaux révolutionnaires répétèrent et affirmèrent cette absurde calomnie. A les en croire, c'étoit par ce comité que l'empereur étoit instruit de nos projets, de tous nos plans, de la marche de nos troupes, de leur

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