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quoiqu'il soit notoire qu'on n'en seroit jamais venu là, si l'on n'eut été obligé, faute de protection du Maître, de se defendre contre des violences publiques & insuportables, & d'apeller pour cet effet les Troupes des Etats au se. cours. Que d'ailleurs rien ne fauroit être plus agreable aux Habitans, que fi chacun pouvoit exercer en paix & en repos sa profession & son metier.

Ad. 2.) Comme les Habitans n'avoient ja mais cherché à troubler les Officiers du Prince dans l'administration de leurs charges, quoiqu'ils ne puissent pas empêcher que le peuple de foit fi aigri , qu'ils ne se soient plus crû en sureté chez eux, l'execution de ce point dependra uniquement de la , qu'on ôte tous les obstacles au repos, par une exacte observation des Accords ; & qu'on arrête toute forte d'exaction.

Ad. 3. ) Et comme on menace encore actuellement les Habitans d'affli&ion, de defolation & de leur ruine totale , il est impossible qu'on puisse pretendre avec équité qu'ils se defaffent des Troupes des Etats; quoique rien ne feroit plus de plaisir aux Habitans que d'avoir des Allurances fuffisantes qu'on ne feroit point troublé dans sa poffeffion où l'on est de l'Aministracion des Fermes, & qu'en general la violence & l'injustice ne prendroient pas le dessus. Aussi espere-t-on que plusieurs raisons invincibles porteront la justice de Sa Majesté Imperiale à changer de resolution sur la cassation des Troupes des Etats.

Ad.4.) Il est vrai que les Habitans doivent reconnoitre en tout respect sa gracieuse declaration ; mais comme ils ne se sentent cou,

pables

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pables d'aucun crime & qu'il leur paroit rebutant, que le pardon n'a été promis que de la part de Son Altesse Serenissime personnelle ment, ils esperent que Dieu inspirera à Son Altefle des sentimens de paix, & qu'il previendra par faProvidence toute ulterieure diffention, qui nie fauroit que causer la perte du Pais; car quoique tous les Habitans continueroient vo. lontiers dans une fidelité & obéissance confor. me aux Accords, ils seroient responsables même devant le monde , fi lorsqu'on vient à les enfreindre, ils se laissoient priver de tous leurs Privileges. Enfin les Habitans ne peuvent qu'être extrêmement surpris que la representation ci-devant mentionnée, & qui eft datée du 6. du courant, leur a pu être faite le 8. après que la veille 7. du courant on eut usé des violences les plus terribles & inouies dans toute la Chre. tienté; d'ou l'homme du monde le plus inno. cent peur tirer la consequence , que malgré toutes les promeffes on ne sauroit être en fu reté, & qu'on n'auroit à attendre qu'affliction & defolation, fi Dieu & la Nature ne fournisfoient d'autres moïens, & ne permettoient de s'en servir.

Ceci est la veritable Resolution Qu Plein. pouvoir, ce qu'à la requifition des Plenipoten. tiaires prefens des communes, j'ai attesté par mon feing, en y apofant le Sceau Notarial.

N. MENCKEN, Not. Cæs. publ.

()

(L. S. Nor.)

Resolutions

Refolution ulterieure el prealable de S. A.

S. le Prince d'Ooftfrisë, du 12. A vril, sur la Déclaration des Deputez des

en date de Leerb le 10. A

11

Communes ,
pril 1726.

SO

On Alteffe, notre très-gracieux Prince &

Maître, veur & demande par la presente, que les Deputez , au nom desquels la DeclaFation signée par le Notaire Mencken à Leerh le 1o. Avril 1726. a été envoyée au Lieutenant Colonel de Son Altesse Sereniffime, en reponfe à la Resolution qui leur avoit été adressée en date du 6. Avril, fe rendent ici à la Refidence le 17. du courant, munis de pleinspouvoirs luffisans des Communes dont ils se qualifient Plenipotentiaires, pour aprendre du Conseiller privé & Chancelier , & des autres Confeillers Commis à cet effet, la Refolution & Declaration de Son Altesse sur ladite Reponse, ou S.A.S. a vû avec furprise, que les Communes sont très mal inftruites de la fituation de l'affaire, & qu'elles ont besoin d'information fur les points y compris, comme il paroit par la Resolution préalable ci-jointe. Pour cet effet, non-seulement Son Altefte leur accorde sauf conduit par la presente, mais la Commiffion fubdeleguée leur donne une pareille assurance , S. A. S. fe reservant au reste tout ce qui peut lui competer. Signé de la main de S. A. & scellé du Sceau de la Regence le 12. Avril 1726.

(Etoit figne.)

GEORGE ALBRECHT. (L. S.)

1. Son

Bbs

I. Son Altesse Serenissime voit avec étonnement, qu'on a osé avancer dans la declaration envoyée au Lieutenant-Colonel de Staudach, que les Habitans n'avoient pas pris les armes contre Sa Majesté Imperiale & Elle, mais qu'ils avoient été obligez, faute de protection du Maître, de fe defendre contre de pretendues violences publiques & insuportables, & d'appeller pour cet effet les Troupes des Etats au secours; quoiqu'il soit notoire que le soulevementà Leerh & en d'autres endroits, ne s'est fait , deja dans l'année passée, que dans la seule vûe de renverser de ses propres Forces les Ordonnances Imperiales sur les differens dans le Pais. Et jamais son Altefle n'a refusée la projection à aucun Sujet , ni perfonne des Communes ne l'a jamais implorée.

Mais qu'on ose pretendre que Son Altesse aprouve les violentes opofitions qu'on a faites auxdites Ordonnances ; & qu'elle y prête la main, faute de quoi on l'accuse d'avoir refusé sa protection à ses Sujets, c'est là un raisonnement des plus étranges. Une autre propofition encore plus grossiere , est qu'on avoit été obligé d'apeller au secours les Troupes des Etats, comme on les apelle : or on peut voir clairement par la Patente Commifforiale communiquée aux Communes conjointement avec la Resolution du Prince, que la Garnison d'Embden n'est pas la Milice des Etats , & qu'elle n'y est que pour garder la Ville : & quel danger y avoit il qui rendit le secours de ces Troupes fi neceflaire ? les Communes ne fouffrirent aucune violence injuste; aufli quand elles liront l'Ecrit que tout lc Tiers-Etat a

presenté

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presenté à la Haye le 10. Fevrier 1695. au fujet de la Garnison d'Embden, elles auront une toute autre idée de l'affaire.

11. Il ne paroit pas moins étrange à Son Altesse

? qu’on ose avancer que les Habitans n'ont jamais cherché à troubler ses Officiers dans l'administration de leur Charge: On ne les a donc pas arrêté? mené par sorce à Embden , & en parti exilé de tous côrez ? - les exemples, & en particulier celui du Receveur des Tailles à Leerh, tout cassé & malade qu'il étoit , ne le prouvent que trop. Et fi quelqu'un est aigri contr'eux, c'est justement cette aigreur qui doit être comptée parmi les choses defendues.

Son Altesse Serenissime a remis au Juge competant & fuprême, à decider en quoi consiste l'oblervation inviolable des Accords: & fi les Communes font obligées de reconnoitre un Juge, elles sont aussi obligées de s'en tenir à les decisions, & de ne point juger, selon leur fantaisie, de l'observation inviolable des Accords.

III. C'est une fauslęté insigne, que les Habitans soient menacez d'affliction , de desolation & même de leur ruine totale: Son Altesse a temoigné tout le contraire dans sa Resolution; mais ceux qui continuent à s'oposer au Chef suprême & à leur Prince legitime, n'ont qu'à attribuer à eux-mêmes, s'ils sont declarez dignes des punitions dont ils ont été menacez: Et qu'est ce que l'usage de la Milice des Etats, comme on l'appelle, sinon une oposition réelle aux Ordonnances du Juge saprême, auquel rang il faut aussi mettre la pretendue pofleflion de l'Administration des Fermes...

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