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posé de prouver & de vous assurer, en même tems de l'amitié parfaite avec laquelle je suis , &c.

Les longs delais qu'aporterent les Suedois à - consentir à l'Accession, à laquelle ils avoient 3 été invitez, donna le tems à ceux qui la sou

haitoient, de publier les Raisons que la Suede avoit, selon eux, d'y donner les mains. De là la Lettre fur les Affaires du Nord , que

l'on trouve a la pag. 246. du Tome III. Un , Ministre* celebre par plusieurs Negociations, » entreprit de refuter cette Lettre , & publia

la Piece ci jointe.

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Remarques sur la diversité des opinions ,

au sujet de l' Accession de la Suede an Traité d'Hanovre , faites à l'occasion d'une Réponse qu'on a envoyée de Stockholm à la Lettre d'un Ami de Province , & qui a été inserée dans la Suite des Nouvelles d'Amsterdam + du 17 Decembre 1726.

L'

'Auteur de la Réponse croira; sans doute,

s'être fait un merite infini auprès de ceux qui desirent notre Accession au Traité d'Hanovre , d'avoir ramaffé & fait publier les pretendues raisons, qui, selon lui, doivent nous y engager. Mais je ne sai point, s'il leur a rendu un fi bon service d'avoir donné occafion au Public de les examiner & de les aproo fondir avec aplication. Peut-être est-il de cette Accession comme d'un Diamant qui paroir beau au premier coup d'oeil, mais en qui on trouve cent défauts en le regardant de près.

rendu

* On assure que c'est le Pr. Boris Kurakin.
+ Los Rufaens empêcherent cette publication.

J'en fais juge quiconque n'y aura d'autre interêt

que celui de connoitre & de decouvrir la veritd.

Pour mettre cette proposition dans son jour, je ferai preceder l'examen des sentimens de

l'Auteur par un petit abregé de plusieurs évenemens qui y peuvent avoir raport , &. qui sont arrivez depuis peu

d'années en differentes Cours.

Il est assez notoire dans tout le monde. que l'Electeur d'Hanovre n'eut pas plutôt apris notre defaite à Pulcava qu'il forma le dessein d'en profiter, & de se rendre maitre des Duchez de Bre. men & Vehrden.

Pour y reussir, il fir d'abord insinuer au feu Empereur de Russie , que le Roi de Suede trouveroit toujours des ressouces dans ses Alliez pour seconder sa vangeance & la valeur , tandis qu'on lui laisseroit des Etats dans l'Empire, qui lui donnoient tant de relief en France & parmi les Princes Protestans; mais que si l'Empereur de Russie vouloit le mettre tout d'un coup hors d'état de soutenir long-tems contre lui la Guerre , il devoit commencer par aider à lui faire enlever la plupart de ces Provinces, & qu'après cela ses anciens Alliez regarderoient son fort avec une éfpece d'indiffe

rence.

Le feu Empereur de Russie faisi, pour ainsi,

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dire,

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dire , d'admiration pour la valeur inouie de Charles XII., d'incomparable memoire, crut ne pouvoir jamais trop s'en garantir, ni trouver affez d'associez pour la combattre, & dans cette persualion il prêra d'abord l'oreille aux propositions de la Cour d'Hanovre.

Le Tout-Puissant permit , que ce concert fatal eut beaucoup plus de succès que des violences fi injustes ne paroisloient meriter: ouï, la Suede fur dépouillée de fes Provinces d'une maniere qui, en aucun tems, ne fera jamais honneur à leurs Conquerans.

Elle n'efluïa pas seule ce triste fort, on y envelopa aussi Son Altefle Royale le Duc d'Hol. stein. Leurs communs Ennemis partagerent, vendirent & troquerent entre eux leurs Etats, & s'en garantirent la possession par une infinité de differens Traitez.

Feu Sa Majesté le Roi de Suede , touché d'un juste depic de le voir si indignement traité par des Princes qui avoient l'obligation de leur principale grandeur, ou à les ancêtres, ou à lui même, & connoiffant d'ailleurs combicn il lui étoit necessaire de regagner par le recouvrement de ces Provinces, la confide. , ration qu'il avoit eue dans l'Empire, resolut d'autant plus volontiers d'entrer en Negociation de Paix avec l'Empereur de Ruflie, & de l'engager dans ses interêts ; que, quoiqu'il fut victorieux & le plus redoutable , il lui offrit les Conditions les plus suportables ; il ballança les pertes à faire d'un côté ou d'autre contre celles qu'il avoit faires en Allemagne.

Une resolution si salutaire auroit certaine, ment eu des suites heureuses, si le Ciel, par la Providence incomprehenlible, ne nous

de

avoit enlevé notre grand Roi à la veille de la Conquête de la Norvegue; perte que nul fie. cle ne pouvoit reparer, & qui redoubloit tous les autres malheurs de la Guerre.

Dans les premiers momens de ces grands & inopinezévenemens, le Royaume de Suede fựt occupé de bien d'autres soins que ceux de la continuation des Projets formez par

lc feu Roi.

La premiere attention de la Cour fut de rendre aux Etats le pouvoir absolu & defpotique , qu'ils avoient confié à leur Roi ; & celle des Etats fur d'établir sur le Thrône la Princeffe , à qui ils avoient l'obligation d'une resolution fi precieuse & seule capable de les consoler de toutes les miseres où de longues & malheureuses Guerres jettent ordinairement les Sujets.

La Cour d'Hanovre ne negligea point de profiter de ces conjonctures , pour nous de tourner du plan du defunt Roi, & pour nous engager à lui ceder les Duchez de Bremen & de Vehrden.

Sans entrer dans le detail des ressorts secrets qu'elle fit jouer , elle nous éblouit sur tout par les assurances que Mylord Carteret donna en plein Senat , de nous aider à obtenir une Paix avantageuse avec la Ruffie.

Remplis de cette esperance, nous fimes la Paix aux conditions que l'Angleterre le fouhaitoit, mais nous, eumes bientôt raison de nous repentir de notre credulité.

Il est vrai que l'Escadre Angloise arriva dans la Mer Baltique , mais G le temoignage de Mr. le Comte de Galowin, à present Mi

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niftre

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nistre de la Russie en Suede , n'étoit point suspect , il pourroit nous instruire, qu'étant allé dans ce tems-là par l'ordre du feu Empereur; pour aprendre de l'Amiral Anglois l'intention de son arrivée, il lui donna des alsurances positives , que fon instruction porteroit, de ne rien entreprendre contre la Florte de Sa Majesté Ruffienne. Mais qu'avonsnous besoin de son temoignage ? la conduite de l’Escadre Angloise prouve allez la verité de ce fait.

Nous en fumes si bien convaincus, que ne pouvant plus esperer aucun secours effectif & réel

nous nous vimes dans la dure neceffité, d'accepter de la Ruflie une Paix beaucoup plus onereuse que nous ne l'aurions obtenue, fi nous l'avions conclue avec elle, avant que de la faire avec nos autres Ennemis.

Pour redresser tous ces travers , les Etats de Suede jugerent à propos à la derniere Diete, de s'unir étroitement avec la Russie, & de jerter par-là le fondement de certaines mesures ; qui vraisemblablement ne pouvoient jamais manquer de nous procurer un dedommagement parfait de ce que nous avions perdu.

l'Angleterre jaloufe de cette Union, dont elle craignoit les suites , engagea la France de travailler, avec plus de chaleur que jamais, à la reconcilier avec la Russie.

Les Negociations furent assez avancées à la mort du feu Empereur ; mais elles le furent encore davantage, il y a * dix-huit mois. Toutes les Condicions étoient arrêtées entre autres , & ce qui est bien à

remarquer,

Fran Au milieu de 1728

r, la

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