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Tiré à 250 exemplaires.

DU

COTENTIN

ET DE

SES I LES

par

GUSTAVE DUPONT

ANCIEN CONSEILLER A LA COUR D'APPEL DE CAEN
MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES, DE LA SOCIÉTÉ

DE L'HISTOIRE DE NORMANDIE, ETC.

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RUE FROIDE,

2 et 4

1885

ERRATUM

Page 209, dernière ligne, au lieu de Coulombs, lisez Coulonces.

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DU COTENTIN

ET

DE SES ILES

TROISIÈME PARTIE

(Suite).

LIVRE V.

LES PREMIERS STUARTS ET RICHELIEU.

1010-1043.

CHAPITRE Ier.

Le parlement informé de la mort du roi. -Le coile de Soissons gouverneur

de la Normandie. — Agilation dans le Colen!in. – La reine gouvernante de la Normandie. Élais généraux de 1614. — Seconde prise d'armes des princes. - Les gens de guerre dans le Cotentin. — États provinciaux de 1617. - La gabelle ; la tangue; la navigation sur la Vire; les paluds et marais. Détresse du Colentin, Menées du gouverneur, le duc de Longueville. - Siège et réduction du château de Caen. – La Basse-Normandie pacifiée. 1610-1620.

La nouvelle de la mort du roi était parvenue en Normandie avec une rapidité extrême. Le parlement en avait été informé dès le lendemain, 15 mai, à quatre heures du matin, par cette dépêche laconique : « Le Roy est mort, il « fut le jour d'hier frappé à mort dans son carosse (1). » Le sentiment de stupeur fut général. Chacun comprit que la France était subitement rejetée dans les sombres incertitudes de l'avenir. Au premier moment, les partis semblèrent s'associer dans un commun désir de conciliation et de paix ; ils laissèrent la reine prendre la régence. Les gouverneurs, lieutenants généraux et capitaines des principales villes, qui étaient venus à Paris, à l'occasion de son sacre, furent immédiatement renvoyés dans leurs commandements respectifs. Le maréchal de Ferraques retourna à Rouen ; MM. de Monthazon et de Brissac reprirent le chemin de la Basse-Normandie et de la Bretagne (2).

Le calme n'était qu'à la surface. La guerre implacable des intérêts, des ambitions et des haines était prête à éclater au premier signal et sous le plus futile prétexte. « Chacun, suivant l'expression de l'un des principaux « acteurs de ce temps (3), chacun songea à ses affaires : « La reine à établir son autorité; les ministres d'État à « maintenir la leur, en appuyant la sienne, comme la plus « facile et autorisée, à cause de l'absence du premier » prince du sang (Condé); de l'imbécillité du deuxième « (Conti) et de la mauvaise intelligence du troisième (le « comte de Soissons), avec eux; et les autres grands, à se

relever de l'abaissement auquel le règne précédent les a avait soumis. » Tous s'élancèrent à la curée. La régente crut les apaiser en leur donnant de grosses pensions, et en les nommant aux charges de l'État. Rien ne les satisfit 4).

(1) Rey, secr., l. XVIII, PO 25.
(2) Mém. dc Pontchartrain (édit. Michaud), p. 298).
(3) Nim, du duc de Rohan (même édit.), p. 493,
(6) Mém. de Pontchartrain, p. 329.

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