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OU GONRADVS EPS, au revers se trouve le type du temple à cinq colonnes entouré des mots, GENeva ou gineva civitas. La figure 1 de la planche XXXVII représente celui des deniers que possède le Musée de Genève; l'autre, portant GONRADUS et GENEVA, fait partie du beau médailler genevois de M. LullinDunant; le demi-denier de Conrad offre une empreinte analogue à celle des deniers et porte GENEVA.

Le demi-denier d'Adalgodus [fig. 2] a le même avers que les deniers conradins avec la légende, † A(d)ALGODVS EPS, et au revers le temple à quatre colonnes entouré de l'inscription, GENEVA CIVITAS.

2. Monnaies du onzième siècle et commencement du douzième.

Nous formerons cette deuxième classe d'une série de deniers d'argent pesant de 20 à 27 grains, et se distinguant de leurs analogues par la forme des caractères généralement bien dessinés, par la hauteur des légendes, par les deux SS placées dans les cantons de la croix, enfin par l'absence de grènetis; nous avons figuré ces pièces sous les numéros 3 et 4.

La première est un denier d'argent, pesant 24 grains; cette pièce, bien conservée, indique parfaitement toutes ces particularités de la monnaie du commencement du onzième siècle; à l'avers on voit la croix cantonnée de deux SS avec la légende, † GENEVA CIVTAS; au revers la tête en profil de saint Pierre, légende, SCS PETRVS. Le denier n° 4 pèse 24 grains, et se fait remarquer par la forme des S, dont les contours anguleux les font ressembler à des Z, caractère que l'on remarque sur certaines monnaies d'Italie du onzième siècle (1).

(1) Voy., dans Lelewel, Numismat. du moyen Age, 3° part., p. 17, et pl. XIV, no 49, une monnaie de l'empereur Henri II (1013—1024),

Les trois pièces représentées par les figures 5, 6 et 7 offrent des caractères qui les groupent, et qui fixent pour époque de leur fabrication la première moitié du douzième siècle : la tête de saint Pierre, figurée sur le revers de ces monnaies, se montre avec la chevelure, et quelquefois avec la barbe et la chevelure, genre de représentation où se reconnaissent les réminiscences de l'Orient, importées chez nous au retour des croisades; on sait que, suivant la tradition ecclésiastique de l'Occident, le prince des Apôtres était chauve; c'est ainsi qu'il est figuré sur les anciens deniers épiscopaux de Genève, et c'est encore de cette manière qu'on le retrouve sur les pièces frappées lorsque la mode byzantine déconsidérée fit de nouveau place aux traditions nationales.

La croix figurée au droit de ces monnaies offre aussi des caractères qui indiquent une époque d'innovation; sur le no 5, qui est un denier pesant 21 grains, elle est encore, comme sur les pièces antérieures, cantonnée de deux S. Les demi-deniers nos 6 et 7, du poids de 14 et 15 grains, offrent, celui-ci les cantons sans accompagnement, tandis qu'ils sont occupés, dans le no 6, par quatre besants.

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Les pièces de cette époque sont des deniers et des demideniers en argent, d'un titre généralement bas; dans les monnaies précédentes on remarque une altération dans la forme des caractères, altération d'autant plus grande que ces pièces se rapprochent de l'époque dont nous nous occupons et qui se distingue par des lettres à jambage fort épais et des formes les plus

frappée à Venise avec la légende, t. (sanctus) MARCVS VENECIA. Cette forme d'S employée encore en Suède au milieu du onzième siècle, se montre d'abord sur les monnaies anglo-saxonnes du dixième. (Lelewel, part. II, p. 32.)

étranges; l'S, en particulier, disloquée est souvent couchée par suite du rétrécissement donné à la hauteur de l'espace légendaire. Le grènetis que l'on remarque et dans les épiscopales signées et dans celles où nous avons signalé l'influence byzantine, sépare toujours dans celles-ci la légende du sujet central; les cantons de la croix offrent un S et un besant; quant à la figure de saint Pierre, elle est tracée de la manière la plus barbare, quoiqu'on y reconnaisse l'intention évidente de représen– ter la calvitie de l'apôtre. Le n° 8 figure un denier; le n° 9, pesant 15 grains, est probablement un demi-denier; le poids du denier est 21 grains.

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4. Quatorzième siècle.

La quatrième et dernière classe des monnaies épiscopales se compose de pièces en billon, frappées au quatorzième siècle et probablement en suite des conventions passées soit en 1300 entre l'évêque Martin et le monnayeur Thomas d'Ast (1), soit plus tard entre la monnaierie de Savoie établie à Nyon et l'Église de Genève (2).

Ces pièces offrent les principaux caractères de celles de la catégorie précédente, à l'exception toutefois de la forme des lettres, qui est plus châtiée et se rapproche, à beaucoup d'égards, de celle des monnaies frappées à Nyon vers 1308, et avec l'autorisation de l'évêque de Genève, par Louis de Savoie, baron de Vaud [fig. 12 (3)]. Les figures 10 et 11 représentent deux de ces épiscopales attribuables à Martin; la première est une pièce pesant 12 grains, et la seconde paraît une

(1) Arch. de Genève, Pièces hist., no 138, et Spon, Preuves, no XXVIII.

(2) Un acte du 11 mars 1364, relatif à la monnaie de Genève frappée à Nyon, se trouve dans le 2o vol. des Mém. de la Soc. d'Hist. de Genève, p. 381, analyse, p. 286.

(3) Voici l'indication des collections où se trouvent les douze pièces

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poëse ou quart-de-denier, du poids de 6 grains, et portant à l'avers† GENEVAS, et au revers†s PETRUS autour de la tête de l'apôtre.

La signification de la lettre S que l'on trouve répétée dans les cantons de la croix des anciennes épiscopales genevoises est difficile à préciser, peut-être que Genève, à l'instar de beaucoup de villes et en particulier de Vienne, sa métropole ecclésiastique, prit au moyen âge l'épithète de sainte; nos S rappelleraient alors les mots sancta et sanctissima; toutefois, nous pensons plutôt que ces caractères sont une manifestation du droit monétaire des évêques, et qu'ils indiquent seulement que la croix qu'ils accompagnent, est le Signum Sedis, la marque de l'évêché rappelée sur d'autres pièces par les quatre besants, et sur les plus modernes par l'union de l'S et du besant montrant plus clairement encore que la croix est le signum, la marque, des droits monétaires de l'évêque souverain de Genève.

La base du système employé par ces prélats pour leurs monnaies, était la livre genevoise, valeur nominale qui se divisait en vingt sols, se subdivisant eux-mêmes en douze deniers; le sol paraît avoir été une monnaie réelle, quoiqu'on n'en possède aucun exemple; le denier se divisait en oboles ou demi-deniers, et en poëses ou quart-de-deniers.

La valeur de la livre épiscopale de Genève, comparée à nos monnaies actuelles, a beaucoup varié; au commencement du quatorzième siècle elle équivalait à 42 francs 40 centimes; à la fin du même siècle, elle ne représentait plus que 27 francs (1). Le florin d'or, monnaie d'Italie, origine du florin de Genève,

figurées sur cette planche: nos 1, 5, 6, 8, 10, 11, médailler du Musée; no 2, médailler de M. le docteur Coindet; nos 3, 4, 7, 9, 12, id. de M. Marin.

(1) Voy. Mémoire sur les hôpitaux de Genève avant la Réformation, par M. le docteur Chaponnière et M. Sordet, Mém. de la Soc. d'Hist., t. III, p. 176, en note, où l'on trouve la valeur du sol épiscopal de 1301 à 1396.

dont nous avons parlé (p. 74 et suivantes), et que les princes de Savoie battirent dès 1352, fut admis à Genève pour douze sols épiscopaux, qui formaient ce qu'on appela pendant longtemps le florin d'or bon poids; le florin d'or petit poids, était le florin composé de douze sols de valeur versatile et courante.

CHAPITRE IV.

ARMOIRIES ET SCEAUX DU CHAPITRE CATHÉDRAL,

Comme nous l'avons vu précédemment, les armes du Chapitre de Saint-Pierre furent d'abord les mêmes que celles de l'évêque, mais au treizième siècle ce corps prit pour insignes deux clefs d'abord mises en pal et tenues, puis plus tard placées en sautoir.

C'est vers 1234 qu'apparaissent les clefs en pal adossées et dont les anneaux brochant l'un sur l'autre ont, l'un la forme en losange du sceau primitif, l'autre la forme circulaire; les mots,

SIGILLVM CAPITULI : GEBENNENSIS sont écrits autour de ce sceau, dont on trouve des exemplaires jusqu'au quatorzième siècle [pl. XXXVIII, fig. 1] (1).

Au quinzième, le Chapitre prit pour armoiries les clefs en sautoir de l'évêché brisant souvent d'une étoile placée en chef; on voit les clefs disposées de cette manière sur deux sceaux, dont les matrices, conservées aujourd'hui aux archives de Genève, furent trouvées le 28 août 1535 dans l'église de Saint-Pierre (2). Ces

(1) Arch. de Genève, Pièces hist., no 54 (7 juin 1234), no 203 (9 septembre 1326). Dès le milieu du quatorzième siècle (acte du 15 avril 1359), on trouve une variante de ce sceau, qui ne diffère que par la forme des clefs dont les deux anneaux sont en losange; ce dernier était encore en usage en 1483. (Arch., Pièces hist., no 726.)

(2) Notes historiques sur l'église de Saint-Pierre, p. 65; les em

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