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de ceux ou de celuy qui sera incommodé comme sus est dict, de leur faire tirer de leur Arbaleste toutefois de diuerses flesches.

35. ITEM que le Thresorier et Secretaire, ou autres qui auront quelque chose appartenant au dict noble Iev, seront tenus d'en rendre compte, tous les ans au Roy, et Conseillers, et ce auant que le Roy nouueau se face.

36. ITEM que si pour l'aduenir il arriuoit quelque difficulté sur le Iev, dont il n'eust esté faict aucune mention aux presentes Ordonnances, le Roy, et Conseil, en pourront deliberer et ordonner

37. ITEM que tous ceux qui tireront au dict Noble Iev, promettront par leur Serment, de bien et loyalement observer les Ordonnances du dict Noble Iev, cy dessus escriptes.

:

38. FINALEMENT les compagnons ont estably le Roy et Conseillers, pour aller presenter les susdictes Ordonnances, a nos Tres-honorés Seigneurs les supplier icelles approuuer et confirmer et donner arrest, aux fins que les defaillans n'ayent occasion d'en pretendre cause d'ignorance, ainsi toutesfois que semblera bon a nos dicts Tres honorés Seigneurs auxquels on remet le tout, a leur bonne volonté, comme a nos Peres et protecteurs, lesquels Dieu face prospérer.

Signé GVAICT.

3. Exercice de l'Arquebuse et de la Carabine.

Nous avons vu qu'en 1474 un prix fut établi pour les arquebusiers, l'année suivante ils demandèrent une subvention pour bâtir un tirage; en 1524 ils achetèrent le pré de la Coulouvrenière, et, en janvier 1515, Berthelier y fit construire le premier couvert du tirage, dès lors situé sur l'emplacement actuel, car le registre du Conseil de 1515 dit que le pré à eux vendu était auprès de l'hôpital des pestiférés, dont les bâtiments s'élevaient sur l'emplacement du cimetière actuel. En 1527 les arquebusiers tiraient encore à l'oiseau ou papegay. En 1580, on leur imposa le tir à bras franc, avec des arquebuses à serpentin ou rouet (1).

(1) Reg. du Conseil, 1580, p. 214.

En 1541, année où il leur fut accordé un prix de quatre livres d'étain tous les dimanches (1), on jeta les fondements de l'hôtel de la Coulouvrenière, mais cet ancien bâtiment fut détruit. Celui actuel date en partie du dix-septième siècle (2), la grande salle fut construite dans les premières années du dix-huitième. Le roi de l'Arquebuse obtint, le 20 juillet 1647, les honneurs de la préséance sur ceux de l'Arc et de l'Arbalète, contre les prétentions du roi de l'Arc qui disait les posséder de temps immémorial, ce qui semblerait indiquer que l'Exercice de l'Arc était sinon le plus important, du moins le plus ancien (3).

Les anciens règlements de l'Exercice ont trop d'analogie avec ceux dont nous avons donné le texte pour qu'il soit nécessaire de les reproduire.

Les tirs à l'arquebuse de Jussy, Peney, Céligny, Genthod, Dardagny et Petit-Saconnex, avaient aussi des rois qui jouissaient de plusieurs priviléges (4); en 1673 on voit Barthélemy Baud, roi de l'Arquebuse à Céligny, exempt des tailles sa vie durant pour avoir été roi pendant 3 années (5).

Le tirage du mousquet fut longtemps joint à l'exercice de l'arquebuse, les armes rayées, inventées dès les premières années du 17me siècle (6), furent imposées en 1673; un arrêt du Petit

(1) Ces prix étaient marqués des armes de la ville et d'une arquebuse. (Reg. du Conseil.)

D

(2) Reg. du Conseil, du 30 décembre 1616: « Arrêté de donner 3000 florins pour la réparation de la maison des Arquebusiers, outre les pierres de taille pour les arcades. On voit par le Reg. de 1617 que l'Etat faisait annuellement un don de 200 florins à l'Exercice. En 1622 il permit l'établissement d'un cabaret dans l'hôtel, dont, en 1637, il abandonna la pleine propriété à l'Exercice. (Reg. du Conseil.)

(3) Les questions de préséance étaient fort goûtées au dix-septième siècle, en 1627, les professeurs de droit tenaient sur cette matière des conférences spéciales. (Reg. du Conseil.)

(4) Reg., du 17 mai 1671 et des époques antérieures.

(5) Reg., du 19 février.

(6) Les premiers canons rayés datent de 1600; en 1564 on inventa

Conseil du 28 mai porte que d'année en année on tirera le prix au mousquet rayé et à l'arquebuse. On voit, par le registre du 23 avril 1675, que le tirage du mousquet était séparé de celui de l'arquebuse et avait un roi à part, un arrêté en date de ce jour concédant au roi du mousquet de guerre certains priviléges.

4. Exercice du Canon.

En 1618, le conseil des Deux-Cents autorisa l'établissement du jeu du CANON, qui s'établit à la Servette, et le gratifia en fournissant les munitions nécessaires pour les exercices, et en fondant des prix au nombre de huit, qui se délivraient les deux premiers dimanches des mois de juin, juillet, août et septembre.

On trouve dans les manuscrits de Minutoli les notes suivantes relatives à la devise de l'Exercice du Canon. « Le Corps des Canonniers ayant pris pour corps de deuise Vne Tour attaquée du Canon de tous côtez et de mortiers iettanz force bombes, ce qui la fait tomber; ils me demanderent vne deuise pour animer cela, et ie leur baillay ces mots, IGne micant fragORE TONANT ET FULMINE STERNUNT, ce qui marque les trois effets de l'artillerie qui brille comme l'éclair, bruit comme le tonnerre et fracasse et abat comme la foudre; ou bien, igne, fragore, fulMINE; mais ils se sont contentez de mettre, FULMINA Belli, ce qui est emprunté d'ailleurs, et qu'on doit pourtant éviter dans les devises. »

En 1652, plusieurs exemptions fiscales furent accordées au roi du Canon, ainsi qu'une gratification de soixante florins et une pistole, qui lui furent donnés par la Seigneurie. L'année suivante les chevaliers du Canon demandèrent que leur roi portât la couronne comme ceux des autres jeux, ce qui leur fut accordé

à Genève des arquebuses qui tiraient chacune onze coups, ensemble ou séparément. (Reg. du Conseil.)

en 1654 (1). On trouve de nouvelles concessions au roi du Canon en 1656. Cet Exercice fut supprimé en 1782, sous la royauté de Rath (2), et ne fut point rétabli lors de la réintégration des autres Sociétés militaires.

5. Exercice de la Navigation.

Le lac de Genève avait autrefois beaucoup plus d'importance pour cette ville qu'aujourd'hui. Alors qu'aucune voie de terre n'était bien sûre, surtout en temps de troubles, et on sait combien ceux de paix absolue étaient rares, le lac fournissait un moyen de communication aussi prompt que facile; aussi voyons-nous dans le moyen âge la République s'efforcer de réunir des forces navales qui pussent lui en garantir l'usage.

De son côté le duc de Savoie ne négligeait aucun moyen de se rendre maître de la navigation : possesseur des deux rives, les forêts des côtes lui fournissaient des bois, et les villes d'Hermance, d'Yvoire, de Thonon, de Versoix, et du littoral vaudois un refuge assuré pour ses embarcations, et nous voyons que, pendant que Genève équipait ses frégates de guerre, le duc construisait force galères armées.

Ces circonstances firent naître à Genève un corps militaire principalement destiné aux combats maritimes, ce corps était assez considérable pour qu'un amiral ait dû être nommé en 1589 ou 1590, en même temps que les capitaines des galères et autres vaisseaux qui composaient la flotte genevoise (3). Les jours de fête c'était au Molard que ces barquiers s'assem

(1) Extrait du Reg. du Conseil, au 22 avril.

(2) Reg. de la Chambre des Comptes, du 23 novembre 1782.

(3) Dès 1536, les Genevois eurent des bateaux armés sur le lac. Un arrêt du Conseil, du 8 janvier de cette année, ordonne d'équiper deux barques pour aller chercher des vivres et faire des prisonniers,

blaient et tiraient à l'oiseau. Vers le milieu du dix-septième siècle, ils se réunirent en corporation qui prit le titre d'Exercice de la Navigation. L'un des premiers rois fut Abraham Gevray, qui parvint à la royauté en 1677; à cette époque la Société fut

puis on élit en même temps des officiers de marine auxquels tous les bateliers furent subordonnés.

En 1589, les bâtiments genevois se saisirent de tous les bateaux savoyards qui se trouvaient sur le lac, depuis Thonon jusqu'à Genève. En 1602, une frégate armée le balaya jusqu'à Évian, enfonçant et rompant tous les bateaux qu'elle ne pouvait amener; l'année suivante, Jacques de la Maison Neuve, commandant une expédition semblable, rançonna tout le Chablais et ramena quatorze bateaux pris sur l'ennemi. En 1612, on fit des frégates doublées de fer, qui étaient à l'épreuve du canon ; et deux ans après, de petits vaisseaux garnis de lames d'acier si tranchantes qu'elles coupaient, dit-on, les chaînes tendues sous l'eau. En 1616, Noble Gallatin, conseiller, fut élu amiral avec la charge de surintendant des galères, et, en 1665, on établit de nouvelles embarcations de guerre. Voici, d'après un document de 1672 (a), quelques détails curieux sur l'équipement et l'armement des vaisseaux genevois.

Le vaisseau amiral, appelé le Soleil, était une petite frégate à neuf bancs ou dix-huit rames, fournie d'une bonne voilure, et sur laquelle se trouvaient dix pièces de canon, savoir, deux Signes (b) tirant trois livres de balles, quatre Gallatines tirant quatre livres, et quatre Dimanches tirant une livre; des munitions pour tirer deux cents coups; des provisions de bouche pour trois jours; un grand nombre de grenades, pots, cercles et lances à feu, des demi-piques et mousquets pour l'équipage, qui était composé d'un capitaine, un lieutenant, deux sergents, un tambour, un pilote et son second, un chirurgien, un commis sur les munitions, un ministre, un prévôt, un trompette, un maître et un ouvrier charpentier, huit canonniers, un maître d'artifice, deux caporaux, vingt-cinq mousquetaires, trente-six rameurs munis

(a) 5 juillet. Arch. de Genève, Pièces hist., no 3566.

(b) Les pièces de canon dites les signes, parce qu'elles portaient les signes du zodiaque, étaient au nombre de douze et dataient de 1541 (Reg., du 11 mars); en 1544, on en fondit douze autres appelées les dimanches; trente petites pièces d'artillerie, fondues en 1641 et 1667, portaient les armes des corps de métiers qui avaient coopéré à leur fabrication par de généreux dons.

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