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défense du pays; dans le chapitre suivant nous dirons un mot des Petits Volontaires, et nous ajouterons ici qu'en 1574 les écoliers prirent les armes et formèrent un corps pour la défense de la ville (1).

La modification la plus essentielle que reçut la milice en suite de la révision des règlements qui eut lieu de 1839, fat: 1° la création d'un corps de Sapeurs-Pompiers, composé de trois compagnies, sous le commandement d'un état-major et d'un lieutenant-colonel. Son uniforme fut celui de l'artillerie, à l'exception de la coiffure, qui fut remplacée par le casque en laiton poli; 2o l'augmentation de la Cavalerie, portée à une compagnie entière; 3° la création de compagnies de Carabiniers dans chacun des districts de la campagne; 4° la création d'un Corps de Musique pour le contingent; 5o enfin la création d'une seconde compagnie de Sapeurs-Mineurs.

Par la loi du 29 mars 1848, qui est la dernière rendue sur cette matière, la milice genevoise a été un peu modifiée dans son organisation, voici les articles de cet arrêté qui sanctionnent les changements:

Les trois compaguies d'artillerie de contingent, formeront un corps qui sera placé sous les ordres spéciaux d'un ou de plusieurs officiers supérieurs de cette arme.

Les trois compagnies d'artillerie de la réserve et les deux compagnies de sapeurs-mineurs, formeront un second corps qui restera sous les ordres de l'état-major actuel du bataillon d'artillerie.

Les six compagnies de carabiniers de la ville et de la campagne forment un corps spécial et cessent, dès ce jour, d'être attachées en permanence aux divers bataillons d'infanterie.

Ce corps sera sous les ordres d'un état-major composé d'un officier supérieur (commandant ou major), d'un aide-major et d'un adjudant.

L'infanterie de la milice sera organisée comme suit:

(1) Ces compagnies de jeunes volontaires furent dissoutes en 1614.

1° Contingent fédéral d'après l'organisation actuelle.

2o Premier corps de landwehr composé d'hommes de 27 à

34 ans.

3o Second corps de landwehr composé d'hommes de 34 à 40. 4o Réserve locale.

Les milices cantonales formeront quatre brigades:

La première comprendra: 1° les deux corps de l'artillerie et les carabiniers; 2° la cavalerie; 3° le corps des sapeurs-pompiers du premier district.

La seconde comprendra les deux bataillons de contingent.
La troisième comprendra les deux corps de landwehr.
La quatrième comprendra les corps de la réserve locale.

La cocarde est une partie importante de l'accoutrement militaire; jusqu'en 1815 celle des milices genevoises fut noire, la cocarde rouge et jaune fut d'abord employée en 1783 pour la garnison, mais la cocarde noire, arborée le 31 décembre 1813 par plusieurs citoyens, n'ayant pas été goûtée, et la précédente étant généralement préférée, le Conseil, dans sa séance du 29 mai 1815, en sanctionna l'usage, rendant une loi qui porte qu'à l'avenir la cocarde genevoise sera rouge au milieu et jaune en dehors.

La cocarde rouge, jaune et noire apparut d'abord en 1792, un arrêté du Conseil en date du 7 décembre de cette année en approuva le port et la fit prendre à la garnison qui, depuis 1789, portait comme les autres milices la cocarde noire. En 1794 l'usage de suspendre au centre de cette cocarde un petit bonnet rouge s'introduisit, et bientôt à ce bonnet on en ajouta un ou deux autres; nous avons figuré dans la planche XIV et sous le no 2, une de ces cocardes qui avait près de sept pouces de diamètre, et portait au centre trois bonnets enfilés les uns dans les autres. A la même époque on portait aussi le honnet phrygien en décoration à la boutonnière.

Le port de la cocarde fédérale fut proposé en 1827, mais cette mesure, en opposition avec l'arrêté de la Diète Helvétique

qui, en 1817, arrêta que chaque canton porterait la cocarde aux couleurs cantonales, réunit peu de sympathies et fut rejetée.

2. Des Drapeaux.

En parlant des armoiries communales primitives, nous avons dit que l'ancienne bannière qui est représentée sous le no 1 de la planche VI en offrait les couleurs; outre cette bannière, il y en a d'autres analogues à l'arsenal de Genève, et un inventaire de 1507 nous apprend qu'il y avait alors à l'Hôtel-de-Ville plusieurs bannières et panonceaux aux couleurs noire et grise.

Le plus ancien drapeau rouge et jaune dont on retrouve la trace est un guidon, représenté dans les mains de Hugues de Burdignin sur une peinture de 1451; ce guidon, figuré sur la planche sixième, n° 2, est répété en grand sur la onzième planche. Au seizième siècle les drapeaux étaient souvent ornés d'une croix [pl. III; pl. VI, nos 3 et 4]; le drapeau entièrement blanc prit faveur après celui-là, mais un arrêt du Petit Conseil, en date du 27 mai 1617 en réserva l'emploi aux seules compagnies colonelles.

Les soldats genevois enrôlés au service de la France obtinrent en 1677, de la Seigneurie, l'autorisation de placer la Clef et l'Aigle à l'angle de leur bannière (Reg., du 15 octobre).

Au dix-septième et au dix-huitième siècle, le drap (1) des bannières était quelquefois disposé en soleil [pl. VI, no 6. Arsenal, nos 23, 27, 32, 37, 45], orné d'une bande [no 5] ou découpé en cotices soit bandes parallèles. Dans la planche VII, nos 1 et 2, nous avons représenté deux de ces derniers qui se trouvent.

(1) Dans les drapeaux on appelle drap ce qu'en blason on appelle champ; l'étoffe, considérée dans sa largeur, prend le nom de guindant ou flottant; l'écharpe attachée au fer de lance est désignée sous celui de cravate.

encore à l'arsenal; ils appartiennent à l'année 1705, époque où le Petit Conseil décida que les quatre bataillons, au lieu d'avoir tous les mêmes drapeaux comme cela s'était fait jusqu'alors, en auraient de couleurs différentes. En conséquence de cet arrêté, les quatre colonels ou chefs de quartier eurent à choisir leurs couleurs respectives, le rouge, le jaune, le bleu et le vert furent celles adoptées; on décida de plus, que les autres compagnies du régiment auraient chacune des drapeaux blancs mêlés par des bandes des couleurs de leur colonel; ce sont deux de ces der niers drapeaux dont nous avons donné la figure.

A l'époque de la Révolution on voit apparaître le drapeau coupé rouge et jaune, et dont le trait du coupé est chargé d'une burelle noire [pl. XIV, no 1].

La disposition des couleurs en parti comme sur l'écu se voit sur la bannière donnée AUX PATRIOTES DE SAINT-GERVAIS PAR LA SOCIÉTÉ DU PEUPLE TRAVAILLEUR DE LAUSANNE (1).

La couleur blanche, affectée d'abord aux compagnies colonelles puis à la garnison de 1783, a été choisie pour le drapeau donné AUX PATRIOTES GENEVOIS par les dames de Lausanne (2) en même temps que le précédent.

(1) Cette inscription entoure un cercle, au centre duquel on lit HOMMAGE AU COURAGE CIVIQUE LES 6, 7, 8. 8RE 1846. Au revers, la figure de la Liberté tient les armes helvétiques et couvre de son égide l'autel de l'Égalité, au pied duquel sont les écus de Vaud et de Genève.

(2) Ce drapeau et le précédent sont figurés sous les numéros 12 et 13 de la planche VII. Sur le drapeau blanc on voit d'un côté une barque dont la voile est aux couleurs réunies de Genève et de Vaud; la figure de la Liberté, en robe jaune et bonnet rouge, tient le gouvernail; à la pointe, le génie de l'Histoire foule aux pieds des instruments de destruction et de torture; le démon de la Discorde, tenant une torche incendiaire, s'efforce de mettre en cendres la frêle embarcation qui chemine guidée par l'oeil da la Providence. Au revers du drapeau on lit AUX PATRIOTES GENEVOIS COMBATTANT POUR LA LIBERTÉ ET LA COMMUNE PATRIE LES 6, 7, 8. OCTOBRE 1846. Les cravates des deux dra

PL. XV.

Lorsque sur des étendards l'on doit figurer des armoiries représentant des animaux, il faut toujours disposer ces derniers de manière à ce que leurs têtes, tournées vers la hampe, regardent l'ennemi lors de l'attaque; cette règle a très-souvent été inobservée dans les drapeaux de Genève.

Nous terminerons cet article en donnant la figure d'un ancien porte-enseigne genevois, d'après l'Armorial du SaintEmpire Romain, ouvrage publié à Francfort sur le Mein en 1579 (1).

CHAPITRE IV.

CES EXERCICES OU SOCIÉTÉS MILITAIRES DE GENÈVE.

Nous avons dit précédemment que les Exercices militaires genevois remontaient fort loin, les Registres d'Etat ne disent rien de l'origine de la plupart d'entre eux; leur existence y est seulement constatée depuis une époque reculée. En 1460, les Exercices de l'Arc et de l'Arbalète, qui sont très-probablement les plus anciens, avaient encore deux rois, l'un appartenant à la ville, l'autre à Saint-Gervais, mais on supprima, à cette époque, cette double royauté; en 1474 on établit pour les Archers, ies

peaux sont aux couleurs fédérales. Lors de leur réception, la jeunesse de Saint-Gervais avait en tête une petite bannière rouge portant la croix helvétique d'un côté, et de l'autre une scène de barricades avec la Clef et l'Aigle, les dates ci-dessus, et ces mots dans une banderolle, LES

DAMES DE SAINT GERVAIS AUX ENFANTS CITOYENS.

(1) Wapen desz Heiligen Römischen Reichs, 55me bannière. La figure originale est signée I K, initiales possibles de Jean Kelertaler, graveur saxon, qui travailla à Dresde vers la fin du seizième siècle. (Voy. Huber, Notice des graveurs, t. I, p. 93.)

(2) Extr. des Reg. de Noël, au 18 mars 1460.

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