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peu près sur le pied de la république de Raguse. 6o. Quatre millions & demi de roubles pour dédommager la Rullie des frais de la guerre. 7o. La restitution de toutes les autres conquères des Rulses. A l'égard d'Oczakow, cetre place restera à Ja Porte dans le même état où elle se trouve actuellement.

Le felde-maréchal comte Czagar de Tschernischew, prélident du college de guerre, avoit supplié l'impératrice de recevoir la démission; cette princesse lui a répondu que dans les circonstances actuelles, elle ne pouvoit lui accorder la demande ; mais que pour lui rendre moins pénibles les fonctions de la charge, elle lui donnoit pour adjoint le général Potemkin. L'impératrice a fait présent au comte d'Osterman , son miniftre à la cour de Suede , qui est ici depuis quelques mois, d'une terre de 2 mille paysans, elle a réintégré en nieme tems la comtesse, mere de ce ministre, dans le rang qu'elle avoit à la cour , avant l'exil du conte d'Osterman son époux. S. M. k vient auffi de rappeller des déserts de la Sibérie 12 prisorrniers de distinction ; il y en a deux qui sont dans cet affreux exil depuis 1746, & les 10 autres y ont été envoyés en 1760.

Sur l'avis d'une maladie qui s'étoit , diloiton, manifestée dans un petit village près de Ladoga , & dans un autre district de Staria-Russ, on avoit établi sur le chemin entre cette résidence & Novogrod, deux différentes stations avec les of

ficiers nécessaires pour couper la communication, jusqu'à ce que l'on fût informé des caules & de La nature de cette maladie. On envoya en même: tems dans deux villages un médecin qui en elt déjà revenu. Il rapporte que dans l'espace de 15 jours qu'il y est reité, il n'y est pas more une feu

le personne, & que surtout il n'a pu y découvrir la moindre trace de contagion ou d'une ma

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cour

Jadie maligne, si ce n'est qu'en quelques endroits, il étoit mort un grand nombre de chevaux; ce qu'on áttribuoit aux châleurs longues & excessives qui ont regne depuis quelque tems dans ces quartiers, où l'on n'y est point accoutumé.

Le régiment de Vélikonski, & un autre régiment d'infanterie , le corps de hussards hongrois du colonel Drewitz, & deux pulks de Coraques, qui étoient cantonnés dans les environs de cette capicale, ont reçu ordre de se mettre en marche plans les 24 heures. On ne doute pas que le départ précipité de ces troupes , qui se portent vers Moscou, ne soit occafionné par quelques avantages que les rebelles ont remporté. On dit que Pugatschew, leur chef, s'eft avancé de nouveau sur Calan, dont il a brûlé les faubourgs, & que la

peu fatisfaire de la conduite du général Tscherbatow, lui a retiré le commandement des troupes destinées à agir contre les séditieux, pour le confier au général prince de Gallitzin.

La relation publiée ici dernierement , & inférée dans la ze. quinzaine d'Août, étoit défectueuse à quelques égards; il y manquoit des détails qu'il est essentiel de rapporter pour complete ter le journal des opérations de l'armée de 'Ro. manzow. Ils sont copiés d'une lettre même du maréchal , écrite sur les bords du lac Galicz, en Iulgarie, le 11 Juillet.

Le 27 Juin, le général comte de Solcikow vint avec Ton cuips devant Ruszczuk, & enferma la ville du côté de Narurin, depuis le Danube jusqu'à la riviere Lom. Ce fue à cette occasion, que la garnison de la place fic vers le soir une fortie sur le régiment d'Archeron. Le 18, à 4 heures après-midi, les ennemis, tant infanterie que cavalerie fortirent par terre & par eau de Siliftrie pour attaquer nos postes sur la riviere de Galitz , que con manduir le lieutenant - général prince George Dol. gorucki. Les Coraques de Zaporoff allerent dans des bascaux à leur rencontre, & firent fur eux quelques salves de inousqueresie. L'ennemi répondir par une canoppade

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de 2 heures ; mais voyant qu'il ne pourroit réussir fans
en venir à une action, il rencra dans Silistrie. Dans
la rencontre qu'il y eut le 30 , entre le grand - visir &
Je général Kamenskoi, nous conies, outre is bas-offi-
ciers ou soldats cués, un sous lieutenant, un enseigne,
& 44 soldats blessés. . Ce fut le général, major En-
gelbard qui commanda les troupes légeres dans l'aso,
tion qu'il y eut le 2 Juillet , aux environs de Turna.
Le même jour, la cavalerie du grand-visir étant forcie de
Shumla pour fourrager, le général Kamenskoi la fit atrae
quer par la fienne, qui la chaira, & l'obligea à se fake
ver dans la ville avec perte de deux fourrageurs , & d'un
grand nombre de chevaux. Le 3, le major Bogdanow,
qui avoit été envoyé au corps du comte de Solcikow
entra à Rasgrad avec un décachement , & s'y empara de
deux pieces de canon. Dans l'attaque, que le major Wel.
janow, du corps du général-major Lloyd, fourint le 6,
dans un retranchement près de Silistrie, le prince Zi.
zianow, aide - de- camp du général Potemkin, eur une
jambe emportée par un boulet de canon. Le 7, trois
mille Turcs, fortis de Ruszczuk, attaquerenc un batail-
lon de chasseurs, posté sur le chemin de Conftantinople ;
mais , ayant été renforcé par le major Keck avec deux
compagnies , il les fit reculer. En même tems, un déca-
chement de 2 mille hommes de cavalerie pris le même
pofte à dos ; mais il fut repoussé par 3 escadrons & un
détachement de Coraques, qu'y envoya le colonel Ta-
!yfin. Sur cela l'infanterie ottomane , qui s'étoit accrue
jusqu'au aombre de 8 mille hommes, comba avec fureur
le fabre à la main sur le bataillon du régiment d'A
tracan, & sur le quarré du quatrieme régiment de gre-
nadiers ;

mais ils la reçurent fi vigoureusement, qu'ils Ja renverferent , & la sepoufferent jusques dans les jardins. Un gros corps fortit de la ville pour la foutenir , & recommencer l'arraque ; mais dans ce moment le général - major Naftschokin, envoyé au secours de ce poste par le comte de Soleikow, arriva avec son déca. chement, & ouvrie, à la portée du fusil du recranchement ennemi, ume batterie qui mic le feu à une maisos de la ville ; ce que les Turcs ayant vu , ils se retirerent précipicamınent dans la place. Nous avons cu dans ce combac , 10 hommes tués & 57 blessés, parmi lesquels le colonel Talyfin , & 30 bas-officiers ou soldats le fonc très-grievement. Deux hussards se sont égarés.

L'auteur du trait de générosice dont nous avons parlé ( voyez 2e, quinzaine d'Ayril, pag. 13), n'a

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point attendu les termes qu'il avoit fixés lui-mé. même pour s'acquitter de fa promeile; il a envoyé au Sr. de Feczkoi toute la somme de 40 mille roubles, avec la note suivante, écrite en françois.

Il y a quelques mois qu'un inconnu en voya an conseiller-privé aquel de Berzkoi 20000 roubles à compie d'une somme de 50000, destinés pour un des établissemens de l'empire de Rufie fi foigneufement dirigés par son excellence. Ce

même inconnu, applaudisant avec joie à l'emploi judicieux de ceca te fonime, s'emprese de son côté d'observer scrupue leusement les termes aurquels il s'est engagé ; & anticipant meme celui du mois d'Odobre, il a l'honneur de remettre ci-joints à son ercellence en une fois 40000 roubles pour favoriser des arrangemens zélés, tendant à remplir les vues bienfa:fantes de Carhérine io Grande.

Le Sr. de Berzkoi , premier-curateur de la maison impériale de Moscou, a fait la réponse suivante au bienfaiteur inconnu.

L'ai reçu, le 14 Juillet, les 40000 roubles que vous m'avez adressés, avec la note ci-dessus pour complecter la somme des 5060o que vous avez conSacrés volontairement à la maison impériale d’éducarion à Mofcou. Vous ne vous bornez pas , Mon. Jieur, à être exad à vos promesses; votre charité adive vous fait anticiper sur le tems, pour que Les fruits en soient plus prompts. Il faut convenir, Monsieur, que vous avez le don si rare d'encadrer les bienfaits, & de donner deux fois en une. Cette façon de sentir ů d'exécuter me persuadent que les arrangemens que j'ai eu l'honneur de vous propoposer dans les nouvelles publiques, vous sont agréables. En consequence , ces arrange nens vont deveair sacres à jamais pour le conseil de la maison d'éducation.' Totre bienfaisance & votre agrément ý donneront une fanction irrévocable.; tant qu'il y aura des hommes en Rufie, on y conservera la

mémoire de vos bienfaits. Les pauvres, les orphelins, les artijtes & les artisans , qui vous devront les moyens de leur établissement , vous béniront fans cele; bénir, c'est louer, c'est designer un bienfaileur genéreux D'un autre coré, votre exemple tôt ou tard éveillera le dejir de bien faire dans les cæurs des hommes, riches ä puillans, qui ne manquant de rien, n'imaginent pas que les pauvres manquent de tout, o que les plus petits secours suffisent louvent pour rendre l'indigence même indujineufe, laborieufe & vertueuse. Je suis, &c.

REVEL (le 10 Aolit.) On dit que le grand-duc de Rullie doit visiter toute la Livonie, & les provinces de Pologne cédées à la cour de Pétersbourg par le traité de partage ; on travaille en conséquence à réparer les chemins.

L'impératrice de Russie a jugé à propos d'accorder la liberté de la presse a la ville d'Oberpahlen en Estonie, où il y a une belle imprimerie, qui n'est soumise à aucune censure. Il a parlé par cette province, ainsi que par la Livonie, quelques jésuites qui vont en Ruilie. On ignore s'ils y sont appellés, ou s'ils y vont d'eux-mêmes; mais on sçait qu'ils poisedent plusieurs langues,

& qu'il vaque plusieurs places d'interprêtes, qu'on tâche toujours de confier à des sujets sçavans & laborieux. C'est un jésuite qui a formé le fameux Théodore Emin, conseiller titulaire & translateur du cabinet, que la Rullie a perdu il y a quelque tems. Il étoit né en 1735. La Pologne & la Rullie se le disputent. Après avoir parcouru toute l'Europe & une partie de l'Alie, Tous la direction d'un jésuite, pour apprendre les langues & les usages des nations, il quitta lon guide , & paffà en Turquie, où une indiscrétion le fit arrêter. Il ne put se sauver la vie que par la circoncision. Dès qu'il en trouya moyen, il se fauva : il étoit janisfaire,

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