Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]

On a retrouvé de nos jours dans Ville Juan Fert nandés, le nommé Selkirck, Ecossois , qui étoit presque tombé dans cet état de nature où de plus longs malheurs ont fixé des générations entieres.

Le régiment de huffards danois qu'on eft actuellement occupé à lever, sera composé de deux escadrons de 60 hommes chacun, non compris les officiers & les bas - officiers. Le premier efcadron s'assemblera à Elseneur , & le second à Veerlen, en Holstein, où ils doivent rester en garnison.

On équipe ici les vaisseaux de guerre fuivans: le Lannebrog , de 60 canons, capitaine Risbrigh; Je Schlejuig, de so canors, capitaine Stibolt; la frégate le Falster; de 34 canons, capitaine Hofn & la Perle , de 30 canons , capitaine Lutkens.

Le vaisseau de la compagnie asiatique , la Soo phie · Madelaine ; que l'on attendoit d'un jour à l'autre de la Chine, est cntré dans notre rade, ainsi que la frégate la Samsoe, qui étoit allée croiser dans la mer du Nord avec une partie des cadets de la marine.

Le 28 du mois dernier, entre 7 & 8 heures du matin , le tonnerre est tombé à Elseneur , sur une des cours du château de Cronenbourg., &

fut

que vers les 10 heures que le feu s'y manifesta. Comme cette tour renfermoit dans ses souterreins 70 tonneaux de poudre , & que le feu s'y nourriffoit intérieurement, il étoit à craindre que le château & la ville ne saurassent en l'air. On auroit voulu y donner du secours; mais on n'osa en approcher, dans la crainte d'être écrasé par sa chûte. Pour prévenir l'un & l'autre malheur , le Sr. Holk, lieutenant d'artillerie , qui étoit de garde , prit le parti de faire braquer 3 canons contre la tour, qui fut renversée à la seconde décharge. Alors le feu, qui avoit de l'air fe porta vers le haut;& les ouvriers, n'ayant plus à craindre, accoururent en foule pour l'éteindre; ce qui réussit parfaitement. Le roi informé de l'intrépidité de ses fideles sujets d'Elseneur dans une circonstance aufli critique, a fait écrire par le prince Fréderic , son frere, au magistrat & à la bourgeoisie de la ville la lettre suivante :

ce ne

Le roi ayant appris avec une finguliere satisfaction, le zele & le courage louable & vraiment patriotique que vous avez tous montré

pour

éteindre l'incendie du cháteau de Cronenbourg , o pour prévenir les autres malheurs qui pouvoient en réa sulter , vous en fait témoigner la reconnoiffance, & se souviendra de ces braves & fideles sujets dans l'occasion. C'est un plaisir Sensible pour moi de cone noitré de tels citoyens, & de vous notifier cessen timens du roi, Friedensbourg, &c.

FREDER I Co!

POLO G N E.

WARSOVIE (le 2 Août. ) Le duc de Braganie te , qui voyage dans les différentes cours de l'Europe, s'est arrêté 5 à 6 jours en cette capitale ou il a été reçu avec tous les égards dûs à fon rang. Le roi , le prince Casimir Poniatowski,

la com telle Oginska , épouse du grand général de Lithuanie, & l'ambassadeur de Russie lui ont donné des: fêtes. Ce prince a pris, le 21 du mois dernier, la route de Pétersboug, accompagné du comte de Zinzendorff.

Le 31, le roi accompagné du nonce du pape , de plusieurs prélars & autres personnes du premier rang, se rendit au college des nobles, & y aslista aux exercices des éleves. S. M. fut complimentée à son arrivée par le fils du prince Jablonowski & du palatin de Culm , & après la séance par la fils du palacin de Bieczu

La délégation , qui devoit reprendre ses séaná ees le 1er. de ce mois, les a prorogées de nouveau au 15. La plûpart des membres de cette afsemblée font encore à la campagne; les uns sone occupés à lier de nouvelles intrigues, & les autres s'y délaffent de bonne foi de leurs travaux. Le public, privé des nouvelles que leurs délibérutions faisoient éclore, fixe fon attention sur les diéri.. nes des différens palatinats, qui font occupées à nommer successivement les députés pour le grand tribunal de la couronne. Ces affernblées se tiene nent plus tranquillement qu'on ne l'auroit cru; il. n'y a jusqu'à-présent que celle de Gnesne qui ait été tumultueuse, On apprend qu'après les plus vives discussions, dont on ignore les mouifs, on s'y eft battu à coups de sabre , & mène à coups de pistolet, & qu'l y a eu du sang répandu. Les deux parcis opposés continuent à faire nouvoir tous les ressorts de l'intrigue pour faire tomber le bâton de miréchallu grand cribunal'entre les mains d'un de leurs partisans; mais on présume que le pu. blic ne ser i informé de la nominationde ce dignitaire que lorsque la délégation aura repris ses séances.

On ne cesse d'attaquer l'administration & l'avidité du prince Poni ski, & on ne lui pardonne ni le rang où il s'est élevé, ni la fortune innense qu'il s'est acquise par des moyens qu'on blâme hautement. Le projet qu'il avoit conçu de hârir un pont sur la Vistule, pour joindre cette capitale au faubourg de Prague , elt abandonné , & sera suppléé par un pont volant; mais le maréchal Poninski prétend , dit-on, ne rien perdre des droits dont il s'est attribué la perception.

Les commissaires des puitlinces c • artageantes continuent de travailler aux limites qui se l'approchent des contrées qui doivent nous rester. La délégation s'en plaint amérement dans ses comités; mais

on lui représente qu'il y a deux sortes de géographies, l'ancienne & la moderne; que c'est d'après les anciennes frontieres qu'on se regle pour donner aux noms des provinces actuelles la fie gnification qu'ils doivent avoir ; & c'est ce qui fait que la Mafovie , par exemple, telle qu'elle eft actuellement, a beaucoup moins d'étendue qu'elle n'en avoit autrefois.

L'évêque de Cujavie, président de la délégation , est revenu ici, après une absence de deux mois; son retour sembie détruire le bruit qui s'étoit répandu que ce prélat ne vouloit plus se mêler des affaires de la république. Le comte Krasinski, prince-évêque de Warmie , qui étoit ici depuis le 15 du mois dernier, en est parti le 21, pour le château de Kracowice , situé dans la Pologne-Autrichienne , où ce prélat va donner la bénédiction nuptiale à la fille unique du comte Cettner, fiancée au prince Sanguzko , grand maréchal de Lithuanie. Suivant les lettres de Cracovie, le prince-évêque de cette ville , célebre par sa détention à Maluga en Russie, est devenu mélancolique & solitaire, & la santé déjà altérée par les malheurs, s'affoiblit de jour en jour.

On se plaine avec autant d'amertume que de justice de la conduite des acquéreurs des biens des ex-jésuites; ils n'ont pas encore rempli la promesle, qu'ils avoient faire d'en payer la rente a la St. Jean. On reconnoi: aujourd'hui, mais trop tard, qu'on auroit dû préférer le projet de vendre ces biens au plus' offrant & dernier enchérisa seur. Les ex-jésuites non-seulement manquent de pensions; mais il ne se trouve point de fonds pour les frais de l'éducation qui languit en Pologne. On dit qu'il n'en est pas de même en Lithuanie ; la commission préposée à la vente des -biens des ex-jésuites de ce grand duché, en a versé le produit dans la caille destinée à l'entretien des

écoles publiques, qui sont actuellement en plein exercice ; le prince Maffalski , évêque de Wilna, en a confié de nouveau la direction aux jésuites fécularisés.

Le ciel irrité nous fait ressentir son courroux de différentes manieres : les élémens mêmes s'élevent à-présent contre nous. Des pluies continuelles qui font tombées depuis le 22 jusqu'au 24 du mois dernier, ont groffi extraordinairement le fleuve de la Vistule. Les eaux couvrent enfin la moitié du faubourg de Prague jusqu'aux toits des maifons. Elles ont pareillement inondé toutes les maisons qui s'étendent à 3 milles le long de la ville de Warsovie. Elles ont emporté par la rapidité de leur cours tout le bois dont nos marchands & nos seigneurs ont coutume de faire des provisions pour toute l'année, & dont la consommation est grande, & fi néceflaire dans un pays naturellement froid. Ce fleuve est monté à plus de 20 aunes au dessus de la hauteur ,ordinaire. Des toits, des pans de maison, des maisons entieres arrachées de leurs fondemens flottoient sur ses eaux orageuses, & ont été entraînées au hasard : plusieurs pourtant se sont arrêtées à des ifles voisines; notre pont a éprouvé le même fort. On évalue la perte que vient de faire notre ville, tant en bois de chauffage & de construction, qu'en maisons renversées, en jardins submergés, & autres différens effets qui ont disparu, à plus de trois millions de florins polonois. Le prince Lubomirski , grand-maréchal de la couronne, souffre pour sa part un dommage de cent mille florins. La perte qu'a fait le prince Casimir Poniatowski, frere du roi , eft de plus de 60 mille florins; celle du comte Ogrodzki , grand-secrétaire de la couronne , est de 40 mille. On ne peut apprécier celle des familles Czartoriski, Porocki, & de plusieurs autres magnats du premier

« PreviousContinue »